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03/03/2011

L’Europe sur sa berge

Le monde, pas trop loin de nos cotes, semble entrer dans une dangereuse zone d’instabilité. Dans cinq ans nous regarderons, peut-être , les décades 1980-2010 comme une époque de tranquilité bénie, une époque ou, des autocrates, sans imagination mais habiles tels les Moubarak, les Gaddafi, les Ben Ali, les Saleh au Yemen et les monarchies du golf gardaient leur population proliférante sous un boisseau utilement suppressif. L’agitation dans ces région est une bien mauvaise nouvelle, pas seulement pour le prix du carburant. Une implosion sociale réelle dans le monde arabo-mulsuman pourrait générer de grands mouvements de population et poser de gros problèmes éthiques et sociaux pour l’Europe et Les Etats-Unis. On sait déjà que des réfugiés tunisiens, par milliers, débarquent sur le territoire italien, que les Libyens fuient vers l’Egypte et La Tunisie, mais qu’ils veulent se rendre en Europe la trouvant beaucoup plus attractive. Les bureaucrates européens sont très perplexes quant à la façon de réagir devant ce nouveau scénario du camp des saints. Le monde arabo-musulman n’est sans doute pas le plus gros problème potentiel. L’Egypte, la Libye, la Tunisie, et le Yémen possèdent ensemble un taux de fertilité de 3,01, 3,01, 1,71, et 4,81 par femme respectivement. De l’autre coté du Sahara vous avez le Soudan à 4,93, le Tchad à 5,18, L’Ethiopie à 6.07, le Mali à 6,54, et le Niger, un sensationnel 7,68. Chez ces nations subsahariennes. Avec des populations en train de ballonner, la pression sur les ressources s’accélère et les choses ne peuvent que s’aggraver. On peut spéculer sur l’utilité de l’aide des nations occidentales, mais si la récession s’aggrave et se prolonge, comme on peut le penser, on va voir ce qu’on va voir. Ces nations qui grondent depuis quelques semaines sont la digue des de ces centaines de millions de nécessiteux, qui, plus au sud, victimes aussi de gouvernements dis fonctionnels, voient leurs rations diminuer. Les nations de la ceinturent saharienne, sont à la remorque des nations nordiques depuis des décades. 15 à 20 % de la population libyenne est déjà subsaharienne et elle voudrait bien émigrer vers l’Europe. Gaddafi a déjà empoché des milliards en pot-de-vin pour les en empêcher. Le payement par l’Italie d’une somme de 5 milliards de dollars, officiellement au nom des réparations de guerre, durant une campagne électorale durant laquelle Berlusconi promettait de combattre l’immigration clandestine se trouve au cœur du pacte d’amitié Rome Tripoli. Si le désordre continu coïncide avec la récession, nous entrerons dans un cycle ou pour la première fois depuis le moyen age, l’histoire sera menée par de grands mouvements de peuples primitifs. Si on a de la chance, ces mouvements seront sans chefs et désordonnés. Si un Attila ou un Tamerlan se mettent à avoir des idées, tout ceci peut tourner très mal. D’abord, ce sera le problème des Européens. Les libéraux observent le camp des saints tout en se livrant à des querelles éthiques sur la façon de gérer des millions de désespérés, d’après leurs affiliations politiques. Les plaintes méridionales ne feront que de s’exacerber, l’enlèvement et la piraterie qui hantent ces rivages depuis des siècles. Un auteur écrit : "  L’effet, sur les populations côtières européennes fut dramatique, des régions entières furent dépeuplées, la culture de l’Italie baroque, se trouva déterminée, en partie, par le besoin de se tourner vers soi-même face aux terreurs de la vie côtière, par cette peur de l’horizon dont souffraient les régions victimes des menées esclavagistes et qu’il existe encore aujourd’hui, une expression de la Sicile dialectale exprimant le fait d’être pris par surprise ‘pigliato dai turchi’, être pris par les Turcs. La détresse des oubliés, laissés à l’arrière reste douloureuse à lire. " Avec un GPS bon marché, on peut traverser l’Atlantique et les Américains ont déjà reçu leurs premiers réfugiés dérivants, ils ne seront pas les derniers. C’est aussi une question lancinante qui se pose aux parlementaires australiens et géographiquement nous ne somme pas plus loin du désespoir du tiers-monde qu’eux. Comme la technique et l’information rétrécissent toutes les limites, l’idée du lointain ou de l’inaccessible devient aussi toute petite et les aujourd’hui de Canberra seront peut-etre nos lendemains. Il est temps de réfléchir, les ordinateurs y servent comme autant de mines, mais l’argent, qui est intelligent, dit non.

Taki’s magazine

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