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13/04/2011

Israël vainqueur des révoltes arabes

Les victimes civiles sont la devise de la diplomatie du moyen-orient, La question militaire n'est pas de savoir si Israël peut battre ses opposants mais si la permission lui est octroyée. L' Iran et la Syrie ont fourni 50,000 missiles à Hezbollah, pour la plupart capables d'atteindre n'importe quelle cible en Israël avec précision. Beaucoup sont cachés sous les maisons, les écoles et les hôpitaux.


Des milliers de gens servant de boucliers humains involontaires périront si Israël décide de les détruire. Trop de dommages collatéraux «  ferons tache sur la conscience mondiale », comme le dit le président américain. En reconnaissant le phénomène libyen, le Président Bashar al Assad et les autres dictateurs arabes ont renforcé la position stratégique d'Israël en faisant bon marché de la vie des Arabes. L'autre vendredi, 34 Syriens sont morts, durant les manifestations. 170 sur trois semaines. L' estimation des morts libyens se situent entre 1.000 et 10.000. Personne ne fait fort attention à la vingtaine de morts des ripostes israéliennes récentes sur Gaza. Le 7 avril le porte parole du département d'état a «  condamné dans les termes les plus vifs » les frappes d'Israël. Mais personne n'a évoqué sa réponse. C'est la réponse de Cassandre aux évènements à venir. Assad peut s'accrocher au pouvoir mais la Syrie s'évanouit comme négociatrice potentielle. Une paix compréhensive est impossible sans la Syrie, raison pour laquelle, Washington ne demande pas l'éviction d'Assad comme celle de Kaddafi. Ceci demanderait l'annonce officielle de la mort des accords d'Oslo. La remise en question de sa sécurité alimentaire fera que la Syrie restera impuissante. Ce qu'Israël peut faire de mieux, c'est de rester enterrée jusqu'au élections américaines de 2012 tandis que ses adversaires s'enfoncent dans le chaos tout en calculant le moment opportun pour régler ses comptes avec le Hezbollah et le Hamas. L' Iran et ses alliés, ne peuvent défaire Israël dans une guerre ouverte, mais ils espèrent mener des actions qui tendraient à l'isolement diplomatique et à l'imposition de la ligne de cessez le feu de 1949. Avec seulement 13 kilomètres entre les territoires arabes et la mer, Israël deviendra vulnérable au nord, au sud et à l'ouest de ses frontières et plus contrainte encore par la présence de l'action militaire d'un état palestinien reconnu. La Syrie et l'Iran croient que par cette tactique du salami, la position de l'état d'Israël deviendra éventuellement intenable. Le seul pays dont la voix pèse réellement, c'est celle des États-Unis. L'administration précédente a rejeté explicitement cette tactique en échange du retrait de Gaza. Dans une lettre à Ariel Sharon, Bush constatait : « A la lumière des nouvelles réalités sur le terrain, y compris celle de centres de population majeurs d'Israël, il n'est pas réaliste de penser que le résultats de négociations statutaires finales se solderont par un retour aux lignes d'armistice de 1949. » D'autre part, Condoleeza Rice avait mis au point un arrangement pour la guerre de 2006 sur la frontière nord en forçant Israël à accepter les garanties internationales pour démilitariser le sud Liban, ce que la Syrie et l'Iran ignorèrent et que l'Amérique ne fit rien pour appliquer. Au contraire, Obama s'appuie sur des conseillers qui ont, dans le passé, proposer une intervention militaire internationale. Samantha Power, architecte supposée de la récente intervention en Libye et passage obligé de la campagne d'Obama en 2008 avait déclaré dans une interview qu'elle faisait explicitement appel à une solution militaire afin d'imposer une solution : « les deux chefs politique, Sharon comme Arafat restent dans un silence glacé, ce qui demande, malheureusement, une intervention extérieure. » Power a accusé le coup, durant la campagne, à cause d'une insulte délivrée à l'intention d' Hillary Clinton. Elle ne reçu, pour cela qu'un poste mineur, pour les droits de l'homme, au conseil national de sécurité d'Obama. Mais, depuis, elle a émergé comme le conseiller privilégié d' Obama pour le moyen-orient. Elle désavoua sa proposition d'intervention de 2003, mais il très improbable que son point de vue puisse avoir changé au regard de sa dévotion à la politique des « droits de l'homme » Un article La Revue Nationale concluait : « Obama et Power essaient de nous habituer à une nouvelle vision de la guerre et de la place des États-Unis dans le monde. » L'objet de l'intervention n'est plus de protéger les USA ou les intérêts américains, mais de faire des victimes. Power n'est pas seulement insidieuse, elle est aussi incompétente. Ses prix littéraires ne l'ont pas préparer aux réalités du terrain au moyen orient. Elle a tiré trop fort en Libye et embarrasse ainsi la nation. Les frappes de l'OTAN ont eu peu d'impact et la fanfare hétéroclite des rebelles ( y compris des éléments d'al Queda) se sont dissous avant même que Kaddafi ne contre attaque. L' Amérique a liquidé son vieil allié Moubarak et bombardé Kaddafi, qui collaborait à leurs efforts anti-terroristes, sans parvenir à le déloger. L'intervention limitée aidera à prolonger la guerre civile et la catastrophe sanitaire, réduisant à néant l'argument de l'intervention humanitaire. Les doutes de Goldstone sur son propre rapport ne peut que rasséréner Israël. Susan Rice ambassadrice américaine aux Nations-Unies a dit que les États-unis voulait voir son rapport disparaitre de la commission des droits de l'homme de l'ONU. La Syrie sera impossible à stabiliser, victime, derrières ces tensions, d'un passif socio-économique extrêmement grave. C'est un aspect important de la question syrienne que les observateurs occidentaux ont bien de la peine à cerner, La société syrienne est trop fragile pour absorber des réformes avec 30% des Syriens vivant en dessous du seuil de pauvreté : «  L'agriculture syrienne souffre de son accès à une 'économie de marché' L'introduction de nouveaux modes se subsidiations en application des traités de commerce internationaux, y compris une association avec la communauté européenne (que la Syrie n'a pas ratifié). La politique agricole précédente était largement subventionnée et assurait, à grands frais, la sécurité alimentaire du pays tout en fournissant de la nourriture bon marché à la population. En remplaçant ceci par une politique plus libérale, on provoque des conséquences difficiles pour les fermiers et les paysans qui fournissent 20% des travailleurs et du produit intérieur brut. » Le secteur agricole syrien vient de souffrir de 4 ans de sécheresse, Les petites fermes sont les plus affectées, beaucoup n'ont même pas pu cultiver assez de nourriture pour leur famille. Comme résultat, des dizaines de milliers de paysans se sont installés dans des camps de fortune aux environs de Damas. Assad a aboli les subsides en carburant en 2008, les prix ont triplé d'un jour à l'autre. En conséquence, les prix de la nourriture de base, exaspérés, de plus, par la sécheresse, ont grimpé de 30%. Le régime a bien tenté de stabiliser les prix mais il n'a fait que de provoquer plus de protestations. La crise des prix de l'alimentation a frappé la société syrienne comme une catastrophe exposant l'incapacité d'un régime corrompu et fracturé a se réformer. La Syrie ne peut bouger plus que l'Égypte. Les citadins craignent que l'évolution récente ne mène des élites rurales au pouvoir. Les élites urbaines ont été apaisées par la libéralisation économique et ils craignent que les paysans ne poussent au chaos. L'alliance des la communauté des affaires, principalement, sunnite et des forces de sécurité d'abord alaouïte forme la base du régime et, comme sections de la population rebelle, elles ont toutes les raisons de lutter . La prospective indique une période d'instabilité prolongée, où les deux cotés n'ont rien à gagner du compromis et tout à craindre de la défaite, les pauvres dépossédés et les riches retranchés règlent leurs comptes dans la rue. La Syrie ne sera pas plus facile à stabiliser que le Yémen ou la Libye. Et il est douteux que l'armée égyptienne puisse éviter une descente aux enfers similaire. Anjar Raja, chef de la résistance palestinienne à Damas déclarait, début avril, à l'agence Novosti, «  la Syrie jour un rôle clé dans la région comme support des mouvements de résistance dans le monde arabe, en particulier au Liban et en Palestine, La déstabilisation de ce pays permettrait aux États-Unis et à Israël de restaurer leur domination dans la région, qu'ils ont perdu, en particulier suite aux évènements d'Égypte. » C'est d'autant plus remarquable que c'est Washington qui a retiré le tapis de sous les pieds de Moubarak en fragilisant ainsi sa position dans la région mais en bénéficiant de la misère d'Assad qui n'y est pour rien. L'administration Obama s'enivre de l'illusion que les démocraties vont fleurir au « printemps arabe » et qu' Assad est un partenaire crucial de la paix. Dans la course à la descente, Damas a une longueur d'avance sur Washington et va nous amener un scénario hilarant, si ce n'est pour le nombre de cadavres. Hélas, les corps arabes vont continuer à s'empiler tant que la presse continue à les photographier et que la « conscience du monde » n'est pas fatiguée du spectacle. Il va sans dire que les islamistes vont s'évertuer à exploiter le chaos, mais que, même eux doivent manger tout les jours. Pour les Syriens qui vivent en dessous du seuil de pauvreté, l'augmentation du prix de l'huile, en mars dernier, représente un quart de leurs revenus. Ce n'est pas tant la faim, mais bien l'humiliation et le désespoir qui jettent les manifestants sous les fusils des forces de sécurité. Le discours d' Obama, dans ces circonstances, sonne étrangement creux et l'urgence d'un règlement entre Israël et le Palestine, quand tout le monde joue, est illusoire. Ni les bombes ni les dollars distribués avec plus de parcimonie du fait de la crise ne peut arrêter la glissade de ces régimes qui révèle un symptôme d'échec sociétal. La Palestine continuera à militer pour sa « reconnaissance » ce qui n'aura aucun sens à moins que les puissances ne l'entérinent. Angela lui a déjà dit de ne pas agir seule. Comme 63% des américains soutiennent les juifs et seulement 15% les Palestiniens, on ne voit pas grande chose bouger d'ici à l'échéance de 2012. Et peut-être, que d'ici là, la carte du moyen-orient sera différente. Une chose est sure, c'est qu' Obama pousse Tel Aviv à des concessions unilatérales afin de maintenir l'illusion que le processus de paix existe encore. Le seul bâton qui lui reste est le droit de veto au conseil de sécurité si les palestiniens demandaient la reconnaissance de leur état dans les frontières de 1949. Mais cette menace est vide se sens comme l'écrivait un commentateur israélien début avril: » Si Neta apparaissait s'incliner devant la reconnaissance de la Palestine par la communauté internationale, et impose souveraineté sur Jérusalem, La Judée, la Samarie et Gaza, si l'Assemblée Générale accepte la Palestine dans son sein, L' Amérique poserait son veto au Conseil de Sécurité. Obama ne pourra pas jouer le gambit et sa marche de manœuvre est très limitée. Le prix du veto serait prohibitif. Si il jette Israël sous le bus, çà lui couterait encore plus cher. Rien n'est très plaisant pour Israël dans tout ceci, qui risque d'encourir des dommages considérables consécutifs aux missiles d'Hezbollah, dans l'éventualité d'une nouvelle guerre au nord. Dans cette perspective, Israël se battra et vaincra de manière décisive. Je ne souhaite la guerre pour personne mais il ne faut pas oublier que les ailes de la victoire feraient plus pour discréditer les islamistes du monde arabe que toutes les élections du monde.

Spengler

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