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13/03/2013

Les secrets de Bergoglio et de Massera

 

Jorge Mario Bergoglio, cardinal de Buenos Aires fait nommer l'Amiral Cero comme docteur honoris causa.

Au fond de la vaste atmosphère de la cathédrale métropolitaine, au-dessous d'une grande tapisserie de la Vierge, le cardinal hermétique Jorge Mario Bergoglio se réfugie dans le silence. Il ne prie pas et ne donne pas de messe : il fait une déclaration comme témoin de la grande cause de l' Esma (Ecole Supérieure Militaire de l'Aviation). Le déclarant s'est abrité derrière ses droits écclésiastiques pour éviter l' estrade de Commodore Py, parce que les juges du Tribunal Oral Fédéral Numéro 5 ont dû se déplacer ce lundi à la Cathédrale pour écouter pendant quatre heures les réponses évasives du grand référant de l'Église argentine.

Il ne s'agit pas de révéler de mystère de la foi, mais d'expliquer devant la justice terrestre un secret inavouable : le chapelet invisible qui a uni les propriétaires ténébreux de la vie et de la mort dans les cachots de l'Esma : l'amiral Emilio Eduardo Massera.

Le hasard l'a joué mauvaise l'année passée au cardinal : au même instant ou il se perdait dans des balbutiements labyrinthiques en face des magistrats l'amiral décérébré expirait dans la pièce 602 de l'Hôpital Naval. Un arrêt cardiaque a scellé les lèvres du marin qui a emporté dans la tombe les secrets inavouables que Bergoglio s'obstine à préserver.

La perte de mémoire du cardinal s'étend sûrement sur un événement arrivé le 25 novembre 1977 quand il composait une grande page de l'Université du Salvador. Ce jour, l'Usal (université de Buenos aires ) en octroyant au chef de la Marine de guerre, Emilio Eduardo Massera, le titre de “docteur honoris causa”, pendant une cérémonie publique. Les données de cette distinction ont fait disparaître mystérieusement l'Amiral Cero des fichiers de l'Université parce que s'y trouvaient les signatures de ceux qui l'ont proposé et les raisons pour lesquelles étaient motivées la délivrance d'un doctorat à un génocidaire. Mais, le cardinal ne se rappelle pas aujourd'hui les motifs de cet hommage au grand manitou de la Marine.

Cette après-midi, Bergoglio a écouté Massera prononcer un discours ampoulé dans l'indifférence des jeunes officiers, l'amour dissolu, des drogues hallucinogènes et de la “dérive prévisible”, “l' escalade sensorielle” dans “le frisson de la foi terroriste”. Avec un sourire sur les lèvres, le patron propriétaire et monsieur de l'Esma ont aussi assuré que l'Université était “le meilleur instrument pour commencer la contre-offensive” de l'Occident.

Bien qu'il applaudît avec ferveur, discret, le Bergoglio n'est pas monté sur l’estrade. mais ses fidèles disciples de la Garde Fer, la puissante organisation paramilitaire dans laquelle Bergoglio milita dès 1972 et qui est intervenue par la suite dans l'appropriation des biens des disparus, l'ont fait.

La garde de Fer était, à cette époque, la meilleure école de cadres militaires, son directeur était un péroniste. Alejandro Galicien Álvarez, il commandait 15.000 militants formés sous une discipline de fer et endoctrinés par l'orthodoxie ultra des montaneros. L'organisation s'est officiellement auto dissoute en 1974, mais elle a continué d'agir et grâce aux bons offices de Bergoglio, entre autres, elle avait d'excellentes relations avec Massera.

Le 31 juillet 1973, Bergoglio a été nommé provincial ce qui est le sommet de la hiérarchie dans la Compagnie de Jésus,ordre caractérisé par une obéissance et une discipline quasi militaire.

Un rapport de la Side spécialisée dans le suivi des sujets et des acteurs ecclésiastiques de l'époque, conservé dans un fichier de la Chancellerie, soutient que Bergoglio se proposait de nettoyer la Compagnie des “jésuites de gauche”.

L'une de ses premières décisions comme Provincial fut de remettre l'Université du Salvador à une association civile formée par des laïques militant à la Garde de Fer avec lui. Vers la fin de 1974, le cardinal a remis l'Usal à deux dirigeants de la Garde de Fer : Francisco Cacho Piñón, qui a été nommé recteur, et Walter Romero, chef de l'État-Major d'un groupe politique puissant, tout deux opérateurs occultes de l'Université.

Dans ce sens, la nomination de Massera comme docteur “honoris causa” de l'Usal s'est produite presque exactement un mois après que les prêtres Orlando Yorio et Francisco Jalics ont été trouvés drogués et semi nus sur un champ de Cañuelas. Les deux curés qui s'occupaient de travail pastoral dans une ville de Las Flores, étaient restés, presque six mois, séquestrés par l'Esma.

Pendant le jugement aux Assemblées réalisé en juillet 1985, le prêtre Orlando Yorio – qui a été captif de l'Esma entre mai et octobre 1976 – a déclaré : “Bergoglio ne nous a jamais averti du danger que nous courrions. Je suis sûr que lui même a fourni le listing avec nos noms aux marins”.

Le religieux,qui est décédé en août 2000 – a réitéré ses déclarations dans plus d'une occasion : “Je n'ai pas d'indices pour penser que Bergoglio nous a libérés, au contraire. Il est prévenu mes frères que je serais fusillé, je ne sais pas s'il l'a dit comme chose possible ou sûre, pour qu'ils y préparent ma mère.

Le père Yorio soutenait que Bergoglio était présent à l’École de Mécanique de la Marine dans laquelle ils avaient passés quelques mois après être sorti de l'Esma. “Une fois ils nous ont dit que nous avions une visite importante. Un groupe de gens est venu que nous n'avons pas pu voir parce que nous avions les yeux bandés, mais Francisco Jalics a senti que l'un d'entre était Bergoglio”, a affirmé le prêtre.

Le père Yorio ne s'est pas basé sur les perceptions sensorielles de son collègue de captivité. Bergoglio a reconnu devant d'autres parents avoir vu Yorio et Jalics pendant leur séquestration et il en a donné des détails exacts.

Dans son livre l'Église et une dictature, édité en 1986, quand Bergoglio n'était pas encore connu en dehors du monde ecclésiastique, Emilio Mignone l'a mentionné comme exemple de “la complicité ecclésiastique ”avec les militaires, qui “se sont chargés d'accomplir le sale travail de nettoyer la cour intérieure de l'Église, avec l'acquiescement des prélats”. Selon le fondateur du Centre d'Études Légales et Sociales, “dans quelques occasions le feu vert a été donné par les mêmes évêques”.

Une source des Gardes de Fer, l'organisation qui est devenue plus tard le bras politique du masserismo, soutient que Bergoglio a intercédé devant Massera pour les deux prêtres et que la distinction académique de l'Université du Salvador constituait le tribu de Bergoglio au marin.

Cependant, les témoignages d'Yorio et de Jalics démentent cette théorie. Ils ont toujours assuré avoir été libérés grâce à l'intervention d'un militant chrétien des droits de l'homme, par l'ex-président du Cels, Emilio Mignone, et par le cardinal Eduardo Pironio.

Le père Yorio avait si peur de Bergoglio qu'en 1992, quand Antonio Quarracino l'a nommé évêque auxiliaire, il est parti pour l'Uruguay, où il a résidé jusqu'à sa mort.

La controverse porte sur le rôle vitreux que Bergoglio a joué dans la séquestration des deux prêtres et sur les conséquences de son comportement. 1979 a marqué un autre chapitre mystérieux dans la vie de Bergoglio. l'histoire officielle assure le cardinal terminait sa thèse en Allemagne, d'autres sources suggèrent qu'il était claustré, comme châtiment, dans un couvent jésuite quelque part en Europe.

Vers le milieu de 1988 ils l'ont confiné à une paroisse de la province de Cordoue, où il donnait seulement la messe et la confession.

L'autre des points obscurs autour de la vie de Bergoglio consiste en ce qu'il n'a jamais voulu se présenter devant la Justice. Quand le jugement a été porté aux Assemblées, Yorio a demandé qu'il comparût. Il a été cité mais a refusé de se présenter, en argumentant qui était malade à Cordoue. Cette attitude de Bergoglio explique les raisons personnelles pour lesquelles il a fait porter tout le poids de l'Église contre la révision judiciaire des crimes commis pendant la dictature militaire.

Mais cette assignation à résidence a été abruptement interrompue en 1992 par l'appel providentiel de Quarracino qui l'a nommé coadjuteur et héritier cardinalice.

Dispensez-moi, Monsieur de porter la main sur votre saint chrême”, il était, et c'est la phrase finale, ce berger machiavélique de l'Église qui a trahi ses frères et il qui les a remis à la Junte militaire, les vouant à la disparition et à la torture en l'honneur d'une ambition insatiable de pouvoir.

 

 

source
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