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20/06/2013

Mœurs et coutumes de l'Angleterre sous les Stuart

Cette période, se distingue pour la beauté et l'abondance de son ameublement domestique. Pour le goût, l'élaboration de ses gravures et sa décoration somptueuse, elle reste inégalée. L'architecture privée ne change guère, si ce n'est par ses nombreux incendies, tel celui de Londres en qui incite à construire en pierre et en briques en abandonnant le plus possible le bois (1610). Cette modification voit graduellement disparaître les projections et les colombages. Les hobereaux ruraux occupent de vastes immeubles qui gardent l'apparence de châteaux et ils continuent à, fièrement, s'entourer d'une foule de domestiques. Jacques I dépense 100.000 £, annuellement, pour l'entretien de sa maison, seulement. Dans les districts des comtés, le vieux cérémonial d'état est préservé. L'influence des mœurs françaises, si dommageable à la cour, y est peu ressentie. Les gaietés, l' extravagance et l'indulgence charnelle tentent un grand nombre de jeunes nobles, ils s'expatrient à la ville et négligent leurs propriétés campagnardes. Ce qui réduit grandement leurs revenus. Plus les puritains se montrent rigides en s’élevant contre l'efféminisation du temps, plus les chevaliers et courtisans se précipitent en des extravagances de n'importe quel type. La rudesse des manières caractérise les deux sexes, L’ivrognerie et la dissipation prévalent à la cour. Les dames se mettent au maquillage, portent des visières pour cacher leurs visages. La mascarade et l'échange de robes sont partout très communs. Rochester et Buckingham donnent le ton de tels travestissements, la grossièreté et le jeu ruinent les réalisations en manière de politesse et les dame de qualités prennent rang dans les tavernes, souvent théâtres des désordres et des bagarres les plus sauvages. A l'exception de l'élégant costume Vandyke (comme le peintre), qui est celui d'un cavalier espagnol, la vesture de la période se trouve en accord avec la licence et l'anarchie des mœurs, en particulier sous Charles II. Les dames trouvent leurs délices dans les fards et les hautes coiffures des temps élisabéthains. Les broderies, lisières et garnitures suggèrent l'immodestie. Elles poudrent leurs cheveux, s'affublent de perruques à la mode des hommes et de hauts chapeaux coniques. Les hommes portent des gilets croisés matelassés, des culottes pareilles qui ressemblent à des pantalons noués de lacets aux genoux. La chemise est entièrement exposée par dessus. La restauration se débarrasse des contraintes imposées par les puritains. Non seulement les théâtres rouvrent, mais les actrices sont introduites, contrairement aux coutumes précédentes, les gens de scène n'ont plus besoin des nobles pour patronner leur entretien. La cour semble instituée afin d'encourager les passe-temps et les loisirs. Les courtisans et les rivalités divise son attention, pas de sports assez cruels ou grossiers pour se trouver remis à l'honneur, même les combats de chevaux et de mâtins. Un age sans religion est celui des superstitions, deux d'entre-elles, en particulier, le toucher du mal par le souverain et la persécution des sorcières. On appointe régulièrement des chasseurs de sorcières et l'un d'entre eux, Hopkins, voyage dans tout le pays et teste toute accusée par l'antique épreuve de l'eau. Si elles flottent, elles sont coupables, donc exécutées et si elles se noient, leurs innocence est déclarée.

L'éducation est négligée, peu de choses a part le latin et le grec. Les étudiants aux universités sont largement infectés par la dissolution des mœurs. Un signe de progrès apparaît néanmoins par l'établissement de libraires ambulantes. La sûreté publique est mise en péril par le caractère batailleur des gens de club, par les apprentis des villes et par les routiers qui errent sur les chemins. Les membres de ces bandes doivent jurer de s'aider mutuellement au premier appel. Les querelles entre partis sont si fréquentes qu'elles appellent l'intervention militaire. S'il est hasardeux de s'aventurer dans la rue durant la journée, la nuit est réellement dangereuse, même armé. Les grandes rues de Londres ne sont éclairées que du crépuscule à neuf heures du soir par des lanternes personnelles accrochées à chaque porte des citoyens (1415). Les enfants sont couramment enlevés dans la rue et vendus comme esclaves pour l'agriculture. Les crimes de tous ordres grandement facilités par l'état des rues, étroites, sombres et pleines de rebuts. L'usage de la rapière et de la dague qui prend la place des vieilles armes de tournoi des temps féodaux, mènent à de fréquentes querelles, d'après la mode du duello à l'italienne, s'exécutent sur place devant la foule. La familiarité avec la France produit l'égarement des valeurs morales,tandis que les relations avec la Hollande permettent d'importantes améliorations de l'agriculture et des jardins. Les marais sont drainés. Beaucoup de fruits (1530,1540,1548,1553,1563) et de légumes, auparavant importés,croissent désormais en Angleterre. Le pain de blé s'obtient plus facilement. La viande fraîche devient plus abondante. Le café et le thé (1641,1660) remplacent, comme boissons, la bière et le vin à chaque repas.

Le transport commercial est aux mains du hollandais, son intention : faire d'Amsterdam, la plus grande réserve d'importation de l'Europe. C'est à cette époque que commence le négoce de l'Inde sous la Compagnie des Indes, son stock s'évalue à 203% en 1617. La pèche à la baleine du Groenland est florissante et le commerce de charbon occupe 400 bateaux en plus des vaisseaux étrangers. Les importations représentent un vingtième de ce qu'elles sont en 1871. De nouvelles lignes de commerce naissent de la colonisation de l'Amérique, en particulier dans le domaine du tabac (1565). En 1638, l'Angleterre est assurée du commerce de Venise et d'une grande portion de celui de l'Espagne et du Portugal, qui fournit ces pays et d'autres en produits étrangers et domestiques. Une idée de l'état du pays peut s'exprimer par les faits que les hardes de cerfs errent dans le voisinage immédiat de Londres. Parmi les animaux sauvages tels l'ours, le loup, le taureau, le blaireau , la martre et le daim continuent à exister à l'état endémique. Tout comme l'aigle et l' épervier, en grande abondance.

L'attouchement pour le « mal du Roi », coutume qui date d’Édouard le Confesseur, se perpétue jusqu'en 1714, repose sur la supposition que les rois légitimes d'Angleterre détiennent le pouvoir miraculeux de guérir la scrofule. Il est dit que Charles II imposa les mains à 92.107 malades, lesquels furent presque tout guéris, d'après le témoignage du médecin royal. La reine Anne publie aussi l' intention de sa présence à la même cérémonie (1712). Á l'époque de Charles II, les patients sont menés au trône de White-hall par le médecin de cour où ils s'agenouillent devant le souverain qui leur touche la face tandis que le prieur répète les mots : «  Il a porté ses mains sur eux, ils sont guéris » Une pièce d'or, appelée « ange » suspendue à un ruban blanc est placée au cou de chacun d'eux par le roi, qui prononce les mots, «  C'est la vraie lumière venue au monde ». Le service se termine par un épître et des prières aux malades.Les foules se précipitaient pour obtenir un ticket d'admission Lors d'une de ces occasions, plusieurs personnes furent écrasées et moururent.



Source: Reed's manual of systematic history,Jarrold & Sons, 12 Paternoster Row, London 1871





 

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18/06/2013

Mœurs et coutumes de l'Angleterre sous les Tudor

Le luxe et la richesse augmentent chez les marchands de cette période et mènent des changements sociaux considérables, notamment, l'avènement de classes moyennes puissantes. Les nobles décimés par les guerres civiles et leurs propriétés, dans une large mesure, se trouvent confisquées, divisées ou aliénées. La pairie spirituelle, sera destinée à être humiliée par la Réforme, quand l’Église est dépouillée de sa richesse et de son indépendance. Dans cet état, le propriétaire terrien est pauvrement logé dans des bâtiments de bois et de branches plâtrées, occasionnellement on peut voir une cheminée, sinon, autrement il n'y a pas de place pour quelque confort que ce soit. Ils dorment sur de la paille recouverte de drap grossier avec une bûche comme oreiller. Ils utilisent des couteaux et des cuillères de bois. Le pain de blé est une gourmandise pour personnes de rang, l'orge et le pain de seigle comme les fèves et le gruau constituent l'ordinaire du fermier et ses domestiques. Les femmes entreprennent leurs propres travaux ainsi que ceux des hommes, au dedans comme au dehors. Même sous le règne de Henri VIII, les loyers doublent et les tenanciers des petites fermes ne peuvent plus se maintenir. La valeur augmentée de la terre mène à la clôture de tout ce qui peut l’être y compris les terres sans valeur agricole, qui servaient jusque là de pâtures aux pauvres gens. De nombreux fermiers sont réduits à la condition de salariés. Les gentilshommes ne sont plus capables de maintenir la tenure de leurs ancêtres. Leurs grandes maisons sont désertées pour la vie en ville. Les terres arables sont transformés en pâturages puisque la laine est la plus demandée. On n' attend toutefois pas longtemps pour que toutes les classes ressentent une amélioration. Les fermiers sont mieux nourris, logés dans de substantielles maisons en pierre, ils possèdent des crachoirs et de la vaisselle d'argent, de luxueux lits de plume et ils détiennent plusieurs années de loyer. Les mécaniciens se retrouvent, à cette époque, à même de «  garnir leurs tables de plats et de belles nappes,leurs lits de tapisseries et leurs pieds de bas en soie. Les jardins s'enrichissent de nouvelles et nombreuses variétés de plantes. Des villes manufacturières s'élèvent un peu partout, dépeuplant les vieilles cités en attirant le monde agricole, donnant de l'emploi à la multitude d'oisifs improductifs démissionnés des couvents. L'abolition des institutions monastiques restitue 50.000 individus à la société et celle des vœux de célibat, 100.000. La rapacité et la spéculation, pour la circulation des biens, sont extrêmement répandus. Les méthodes du commerce sont très élémentaires. La législation procède entièrement de l'idée que le commerce n'est avantageux que dans l'échange monétaire, elle bat le troc en brèche, L'usure est dénoncée pour le prêt à intérêt, parfois totalement interdite et de temps en temps permise à taux fixe.

Les découvertes maritimes ouvrent le commerce d'Angleterre et les échanges se développent avec des pays lointains. Mais les étrangers sont plus avertis que les Anglais. Ils installent leurs agences et s'enrichissent immensément, parmi les londoniens, à leur grand dam. En 1517, une conspiration importante est mise en œuvre pour massacrer tous les étrangers. 300 complices sont pendus pour la participation à cette affaire connue pour longtemps sous le nom de «  le mai du mal » bien que la seule victime fut Lincoln le carillonneur. La perte de Calais constitue un désastre pour le commerce britannique. Cette cité qui resta longtemps l'étape principale du transfert de marchandises anglaises. Le trafic est redirigé vers Bruges qui le partage avec Anvers aux lisières du commerce espagnol de l'Inde, jusque la capture et le sac de la ville fameuse par le Prince de Parme en 1585. Le commerce d'Anvers est dispersé. La Hollande y gagne son commerce de poissons, Leyde ses lainières, Harlem et Amsterdam ses commerces de tissu. Un tiers de ses manufacturiers et de ses marchands se transportent en Angleterre, ils donnent une telle impulsion à la manufacture anglaise et on peut dire que ses branches les plus importantes datent de cette époque (1553,1555,1571,1588 etc...). Les foires sont les étapes annuelles les plus importantes pour le gros, le demi-gros comme le détail, celle de Bartholomew, tenue à Smithfield est la plus considérable. La sidérurgie et la ferronnerie du Kent, du Sussex et du Surrey expérimentent des changements importants dus à la rareté croissante du bois et par la découverte de minerai de fer dans les districts charbonniers des comtés du nord. En 1584 toute construction de sidérurgie nouvelle est interdite dans le sud. Avec l'amélioration du commerce, celle des routes devient nécessaire. En 1566, des messagers voyagent jour et nuit pour porter les missives des évêques au Gouvernement, ce qui demande 40 heures pour 100 kilomètres. Les rues défoncées de Londres sont pavées mais continuent à rester « incommodantes, incertaines et dangereuses » pour de nombreuses années. A l'époque de Marie, des surveillants sont préposés à chaque paroisse, afin d'assurer la réparation des routes. Six actes, à ce sujet, sont passés durant son règne et dix-neuf sous le règne d’Élisabeth. Les demeures domestiques des Tudor et de la période élisabéthaine, en particulier, sont remarquables pour leur élégance sans cesse améliorée. Elles abondent de fenêtres pittoresques et spacieuses, de poivrières et de colombages, de dômes au style italien, de chenets ornementés, de parpaings ainsi que des nombreuses formes de l'architecture lombardo-vénitienne introduites par Jean de Padoue. Les fenêtres sont fixes de la plupart de ces immeubles et la ventilation y est inconnue. Les cheminées restent des éléments de luxe plutôt que de nécessité.

Le vêtement de l'époque se distingue par des manches à lacet et à tube. Le costume de guerre par le casque de guerre à la forme du crane. Les dames adoptent le col raide ou fraise d'une taille énorme. Les processions royales sont la cause de terribles difficultés pour la noblesse et ses ressources ruineusement taxées afin de maintenir exactement le nombre de ses commensaux. La reine Élisabeth, commande 24.000 chevaux, en une fois, pour son transport et celui de sa suite. On pense que de telles faveurs sont accordées aux sujets que la richesse rend dangereux ou trop indépendants. A l'approche de la Couronne, le peuple tombe à genoux et les courtisans observent la solennité cérémonielle du prêtre à l'autel, quand ils mettent la vaisselle à la table royale ou l'offre à la reine Élisabeth. Les citoyens riches se moquent de la royauté accompagnés de leurs apprentis armés de gourdins portant des lanternes. Élisabeth et Henri VIII, tous deux apprécient les pages, les spectacles,les mascarades et la pantomime, On parie sur les taureaux, les ours, les combats et les chants de coqs sont populaires, plus particulièrement le dimanche. Relativement aux punitions barbares de la torture et du bûcher, alors si communs. Le volume du bol alimentaire diminue, il est plus raffiné, associé à des occupations sédentaires. On prend les repas à huit, douze et six heures du soir. Quand le maître et ses invités ont dîné, leurs commensaux prennent leurs places et ce qui reste est distribué aux pauvres qui attendent à la porte de l'homme riche. On se nourrit à l'aide de couteaux, de cuillères et avec les doigts, les fourchettes sont inconnues.

Les tavernes se multiplient à l'excès et les habitudes d'ivrogne prévalent tristement. L'habitude de fumer s'installe ainsi que les courses de chevaux. Les jurons deviennent très communs dans toutes les classes. Le gouvernement parental est sévère et patriarcal. Les enfants se s'aventurent pas à parler ou à s'asseoir en présence de leurs parents si on ne les sollicitent pas. Ils regardent leurs parent avec plus de crainte que d'affection. Les mariages sont contractés dès l'enfance sans aucune option possible de la part des enfants.

Des festivités telles le jour de noël, l’Épiphanie, le jour de la charrue (premier lundi après l’Épiphanie), qui marque le début de l'année agricole, le premier mai et ses vierges laitières, les danseurs folkloriques dont les nombreux aspects sont trop longs à évoquer ici. Les nuits d'été, sont dûment observées. D'abord, les laboureurs cherchent un bénéfice en levant des contributions. La bûche est brûlée le soir de noël, c'est un présage favorable si elle se consume jusque la fin du jour de noël. Le jour de mai célèbre la déesse Flora. Les danseurs sont affublés de clochettes de tailles diverses. Le solstice est célébré la veille de la fête de Saint Jean l’Évangéliste. On entretient les feux jusque l'aube. Le Dimanche des Palmes, célébré avant la Réforme représente l'entrée du Christ à Jérusalem. On traîne un âne de bois à roulettes hors de l'église, monté par un homme censé représenté le Sauveur, devant lequel les prêtres et les gens se prosternent en lançant des branches et des fleurs. Le jour de l'an, les cadeaux sont librement échangés, le soir, un punch fait de bière ou de cidre épicé est mené porte à porte par les filles que chacun puisse en goûter. Le Jeudi-Saint est le jour ou le riche professe son humilité en lavant les pieds de certains pauvres, à la manière du Sauveur. Lors de la Saint Valentin, s'exprime la célébration coutumière de quelque dieu de l'amour. Elle fut rechristianisée par l'église de Rome. Les jeunes filles et les jeunes hommes dessinent sur des bouts de papier sur lesquelles sont écrits le nom de chaque parti, appariés ,ils anticipent des chances à former des couples pour l'année à venir. La première personne célibataire vue, ce matin là, montre la voie du destin.

Les bières d'église, les bières de Pâques, celles de Pentecôte sont les moyens qui permettent d'obtenir de l'argent pour réparer l'église. Le prêtre confectionne une bière appréciée vendue dans la cour de l'église et dans l'église elle-même. Ce qui ne manque pas d'encourager les excès sous l'excuse de l'indulgence dont bénéficient les causes saintes. Les veillées, qui trouvent leurs origines dans la consécration des églises ou lors de la célébration d'un saint, quand c'était la coutume de garder vigile toute la nuit. De telles pratiques, telle la messe de minuit dégénèrent en usage profane et deviennent l'occasion de débauches.

La mendicité systématique de cette époque montre à quel point la grande misère fraie avec la plus grande des prospérités, spécialement pendant les révolutions sociales. Leurs curieuses coutumes qui se rencontrent partout ailleurs, jusque aujourd'hui, sont l'expression de notre propre société et d'autres plus lointaines. On mentionne, à plusieurs reprises, l'interdiction faite aux étudiants anglais de mendier, excepté avec l'autorisation de leur chancelier. Les mendiants assemblés en grand nombre errent sur le pays en créant la terreur et les gens se trouvent impuissants à résister à leurs demandes. Les punitions étaient par voie de conséquence très sévères. Les vagabonds sont attachés nus à une charrette et flagellés à travers la ville. On y met aussi le feu, on les mutile, on les emprisonne. De plus, on peut les saisir de corps et les mettre au travail, marqués de la lettre V. Si ils tentent de s'échapper, ils sont marqués d'une lettre S au front ou sont condamnés à mort comme félons. Sous Henri VIII, il est dit que 73.000 personnes, voleurs ou vagabonds, subissent la mort et que durant le règne tardif d’Élisabeth, de 300 à 400 criminels par an sont exécutés sur l'échafaud. L'influence de la bible traduite et la séparation de Rome induisent d'importants changements dans la vie sociale tout comme dans les pratiques religieuses et les doctrines. L'exercice du jugement privé dans les affaires de foi et de conscience, mène rapidement à l’indépendance et à la confiance en soi qui deviennent des traits nationaux Les manières et la morale ne sont plus jugées par l'indulgent code romain, par les épaisses conventions de la doctrine propre du Christ.



  • Source: Reed's manual of systematic history,Jarrold & Sons, 12 Paternoster Row, London 1871



23:12 Écrit par walloween dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

11/06/2013

Mœurs et coutumes de l'Angleterre du quinzième siècle

Au quinzième siècle, les tours et donjons sont toujours de mise dans les gentilhommières, qui tout en s'agrémentant de cuisines et d'une architecture intérieure plus pratique, préservent leurs défenses de meurtrières, pont-levis etc...Une particularité de ces immeubles aux allures de châteaux est la remise à l'honneur de la brique, presque entièrement négligée depuis les temps de l'occupation romaine. Les Âtres sont décorés de fines représentations héraldiques. La pierre est utilisée pour la construction, le bois et les colombages sculptés dans la partie haute des murs. Les étages supérieurs continuent à se projeter vers l'extérieur, rendant les rues toujours aussi sombres, Draperies et tapisseries s'utilisent à nouveau pour le confort et la décoration. Les coiffes sont le couvre-chef à cornes porté par les femmes,le chapeau cloche et le bonnet emplumé portés par les hommes. L'armure à l'époque de Henry V tenait du costume complet en plaques métalliques. Les fabricants de poulaines longues, bannis par l’Église, restent à la mode tout au long de la période. Les lois appelées somptuaires qui régulent les qualités et styles de vêtements dont l'usage est permis dans les différents rangs de la société, sont appliquées fréquemment. La chevalerie comme démonstration des qualités du cavalier, survit dans les tournois, davantage telle une mode, un jeu et ne sont plus des combats réels.

 

L'hospitalité somptueuse du début de la période se perpétue sans s'affaiblir. La famille Warwick éclipse la monarchie par le nombre de ses commensaux. Dans leur auberge (comme on appelait les maisons des grands) sur l'allée qui porte leur nom, elle y accommodait 600 invités et 30.000 clients se trouvaient logés dans les nombreuses tavernes de la cité, à ses frais. Régulièrement, elle servait six bœufs pour le petit déjeuner du gynécée du Comte. Le plan originel de ses demeures est conservé dans les auberges de loi tenues par la basoche. Il devient habituel pour les familles distinguées d'imiter le style de la cour dans ses rendez-vous et présentations officiels. Les repas se prennent quatre fois par jour, à sept, dix et quatre heures auxquels s'ajoutent une livraison de pain, de bière et de vin, au lit, vers neuf heures du soir. Au dîner, qui conserve un caractère public, de la vaisselle à caractère allégorique nommée subtilités sont introduites, afin de célébrer les occasions spéciales. Ces amusements duraient trois heures permettant des intervalles ou les invités se régalent de musique qui suscite l'hilarité des fêtards. On désigne par messe gloutonne des fêtes en l'honneur de la Vierge Marie, ou les villageois, après la messe, ayant amener leur provisions, se font plaisir dans l'église en compagnie de prêtres, la seule règle,une indulgence excessive. La chasse s’exerce avec moins de noblesse encore ; le cerf et autre gibier, de l'enclos, sont poussés vers une embuscade de chasseurs qui leur tirent dessus. Les Mystères sont toujours joués tout en étant bruyamment condamnés comme source de licence et d'infidélités. Lydgate décrit les parties basses de la métropole, telle Whitechapel, le samedi soir quand, les marchands, en hurlant, pressent les passants d'acheter. De telles pressions, quoi qu'il en soit, sont communes à tous les négoces. Les marchands disposent leurs marchandises sur des tréteaux en dehors de leurs boutiques et saisissent même les personnes par la main pour les induisent à acheter.

 

Le quatorzième introduit les cartes à jouer en Angleterre (1391), elles étaient chères et enluminées. L'impression à matrice de bois est utilisée pour fabriquer des cartes meilleur marché avant son utilisation pour les livres. Les quilles, jeu plus particulièrement anglais, les boules, le tennis, la canne et le patinage forment les passe-temps favoris. Le siècle est marqué par une grande opulence commercial, beaucoup de marchands sont à même de prêter des sommes d'argent considérables aux rois dans le besoin. Les rois, eux-mêmes et le clergé s'engagent fébrilement dans la poursuite de négoces lucratifs.la question qui se pose est la jalousie créée par les marchands étrangers qui achètent les matériaux bruts pour leurs manufactures de vêtements de cuirs, etc... pour ensuite revendre les produits finis aux anglais ce qui déséquilibre la balances des importations et des exportations. Le Parlement tente vainement de légiférer sur ces difficiles questions d'économie politique en limitant les échanges et en ordonnant que les marchands étrangers déposent leurs produits en douane et qu'un monopole à terme paye en partie pour leurs marchandises. On requiert des vénitiens qu'ils fournissent du bois d'archeriepour chaque tonneau de vin de Malsmey. Une ordonnance de 1429, amendée en 1464, interdit l'achat de laine, excepté pour les métiers domestiques. L'archerie, en danger de déclin, depuis l'introduction des armes à feu (1471) ; le bois adéquat vient à manquer. Le métier doit être protégé par la loi et le prix des arcs est fixé à trois shillings et deux deniers pour que chacun puisse en posséder. On doit cultiver des ifs sur les terres d'église(1483) afin d'assurer assez de bois pour l'archerie. D'autres actes curieux exigent , des fabricants de chandelles qui accablent les religieux, pour leurs offrandes votives, de tarifs énormes qu'ils se contentent d'un profit de trois deniers par livre. Les fabricants de chaussures sont punis d'une amende de vingt shillings s'ils ouvrent leur commerce le dimanche(1433). Une ordonnance de 1455 réduit le nombre d'avoués autorisés à pratiquer à Norfolk et à Suffolk à six par comté et deux pour Norfolk. Le négoce de charbon devient considérable et un acte est passé pour assurer les payements.

 

Ainsi se termine une période définie, appelée moyen-age, qui sépare l'histoire ancienne et l'histoire moderne de l'Angleterre. Le féodalisme et ses particularités sont morts, le peuple, s'était émancipé de lui-même ; les révoltes de Tyler et Straw signent l'avènement du pouvoir populaire. L'invention des armes à feu et de l'imprimerie distribue le pouvoir de quelques uns au plus grand nombre. La Réforme de la période suivante couvre et couronne la structure sociale moderne tout entière.

 

Source: Reed's manual of systematic history,Jarrold & Sons, 12 Paternoster Row, London 1871

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

22:13 Écrit par walloween dans Economie, Histoire, international | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

06/06/2013

L'Angleterre des Plantagenets

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Sous les exigences du règne sévère de Henri, les deux races, anglo-saxonne et normande trouvent, par les inter-mariages, des communautés d’intérêts, à l'exemption des serfs ou vilains, attachés au sol. Leurs mœurs politiques, aussi se modifient et il semble impossible de revivre les dominations tyranniques de Guillaume I et d'Henri I.

 

La construction de places fortes est soumise à un contrôle tatillon sous Henri II. Ainsi personne ne peut fortifier sa résidence sans l'autorisation royale. L’autel tombeau et le catafalque datent des Plantagenets. Jusqu’à alors, les habitations, construites en bois, se trouvent détruites par des incendies fréquents,. Après l'incendie de 1189, elles furent, dès lors, construite en pierre. Après le grand incendie de 1212, il est ordonné de replacer le chaume par des tuiles. Les fenêtres sont de simples ouvertures fermés par des panneaux et les cheminées ne sont pas d'un usage commun, Rien ne change, vraiment. On parle de verre peint sous Henri III. Les caves comme les murs sont peints. Les grandes cheminées, projetées vers le centre de la pièce, de construction tubulaire autour desquelles s'articule forment une sorte de petit cabinet muni de sièges. A l'époque du Roi Jean, ces foyers lits, ornés de pièces héraldiques,de motifs de velours multicolores, de soie, de satin curieusement brodés d'argent et d'or, possèdent une telle valeur que seules les familles nobles en détiennent. Même au temps de Richard III, on voit le Roi prendre avec lui son foyer, il reste à Leiscester après la bataille fatale de Bosworth. On le découvre, bien des années plus tard comme le réceptacle du trésor royal. La cache contient 300 Livres.

 

Les goûts vestimentaires des Plantagenets sont allégés, plus remplis et gracieux que leurs prédécesseurs et ils s'ornent de riches ceintures ornementées, portaient de couvres-chefs hautes et tubulaires, des chaussures et des bottes brodées et des gants couverts de bijoux. Henry II introduit, la cape courte ou manteau court. Sous le règne de Jean, le clergé abdique de sa volonté d'imposer les cheveux longs et les barbes. Les hommes comme les femmes adoptent ondulations capillaires et filets.

 

Aux temps de Henri III les styles de robe sont ridicules. Chaussures effilées, de trois à quatre fois la longueur du pied, plates, chantournées et attachées au genou, des bas, d'une autre couleur, des petites guêtres partiellement colorés de revêtements de soie et de velours. Les coiffures sont comiques. Édouard I décourage cette extravagance, s'habille simplement et ne porte même plus sa couronne après son sacre. Sous Édouard III, la mode copies toues les tenues fantastiques rencontrées ailleurs. Les longues robes font place à des tenues plus légères. Les Grands, rivalisent de splendeur dans la tenue de leurs maisons. Richard II invite 10.000 personnes chaque jour parmi lesquels 300 cuisiniers. Le Comte de Lancastre, petit fols de Henri III, dépense, en un an 22.000 Livres pour ses invités et ses commensaux.Ce type de clientélisme crée de terrible problèmes quand à la question de la répartition. Dès lors, des bandes locales s’organisent à des fins défensives et offensives. Ils portent, généralement la livrée de quelque seigneur local. Sous les règnes de Édouard III et de Henri II, ces maraudeurs conspirent contre le droit et la justice, harcèlent les gens, pour la terre, ils rançonnent les riches et prétendent venir en aide au destitué, se livrent au chantage à leur guise, prennent possession des terre, titres, fonctions et femmes. Une période précédente, a vu, sous Édouard I, une abondance comme jamais auparavant, de vols journaliers, de meurtres, d'incendie et de cambriolages. Avec des magistrats, désormais trop effrayés pour rendre des verdicts dans leur propre juridiction, la nécessité impose de rétablir le système de Frankpledge qui rend collectivement responsable la centaine pour un. Toutes les villes sont fermées du crépuscule jusque l'aube, il est stipulé qu'aucun étranger ne peut dans la ville plus que 24 heures si son hôte ne se porte garant de sa personne. Quiconque trouvé dans la rue, sans permission et sans porter une lanterne est arrêté par la garde.Simultanément, les grandes routes doivent voir leurs abords dégagés des broussailles, monticules, troncs, fossés,refus sur une largeur de soixante-dix mètres de chaque coté de celles-ci afin d'éviter les embuscades des routiers. Chacun doit se munir d'armes et d'armures et courir sus ces bandes de voleurs, de ville en cille, jusqu'à les délivrer au Sheriff.

 

Durant cette période, le prix de la terre augmente beaucoup. On affranchit les vilains attachés à la glèbe afin de pouvoir spéculer plus aisément. Ils deviennent les salariés de leurs anciens maîtres. Progressivement, le propriétaire préfère recevoir son du en argent ou en annuités, L'ancien serf se retrouve à disposer de sa personne et de sa propriété n'étant plus que le locataire du bien sans devoir de corvée au propriétaire. Les vrais esclaves, les anciens deviennent aussi des laboureurs libres qui gagnent leur liberté après un séjour de un an et un jours sans l'enceinte d'une ville fortifiée après quoi, ils s’installent, pour leur propre compte, dans ce qui devient les premières banlieues. Édouard III impose des lois aux agriculteurs. Richard II décrète que nul vilain pourra quitter son lot sans une lettre patente et personne, dans certains métiers, ne peut changer d'occupation. Les Communes demandent même l'abolition de la vieille loi touchant la résidence urbaine, « pour l'honneur de tous les hommes du Royaume ». Les vilains ne peuvent mettre leurs enfants à l'école si ils ne deviennent pas clercs et n'échappent à la servitude par l'église. Au temps de Jean, les nobles sont ignorants de l'écriture et ils signent la Grande Charte de leur marque ou d'une croix.C'est seulement en 1356 que rédaction des livres en latin de moines, cesse. Tant que le servage fonctionne, le paupérisme, tel qu'il existe sous les Tudor, est impossible. Le servage, ce droit oblige les feudataires à nourrir leurs esclaves en retour de leurs services. Les pauvres, les jeunes, les malades sont inclus dans cette distribution. Cela demeure, néanmoins, une vie d'esclavage ou le sujet humain n'était pas plus pris en compte que le bétail.

 

Les Plantagenets n'avaient pas, à table, la modération des Normands. Édouard II et III tentent de restreindre la prodigalité de leurs sujets. On peut lire qu'en 1243, un banquet fournit de de 300 à 30000 rations. Il n'y a que deux repas par jour, mais chacun dure plusieurs heures. Les fêtes se prolongent dans l'allégresse. Les troubadours sont retenus dans la maison des Grands ou on les encourage à plus de licence de langage sans respect des personnes, excitant l'amusement par leurs remarques caustiques sur les individus tout en applaudissant par leurs flatteries. Vêtus d'oripeaux comme les clowns de la pantomime, nombreux, ils personnifient les géants patibulaires de la fable qui sans cesse maugréent tout le temps de rudes comédies, les acrobates accompagnés de jongleurs, trembleurs, danseurs, mimes, etc.... leur jeu reste grossier et licencieux. Ce genre de représentations, interdites au clergé, sont rejouées dans les monastères et dans les églises, en contre-emploi.  « La fête des fous » célébrée en Europe autour de Noël, rassemble les anciennes saturnales de Rome et le moderne carnaval, tenté en Angleterre, elle n'a jamais gagner la faveur du public. On transforme les plus pauvres en hauts dignitaires de l'église, ils parodient le service de la messe par des chants et des sermons obscènes, niais et bouffons. De telles licences sont possible, par exemple, à la fête dite de « l'Évêque garçon », ce sont des acolytes qui font l'acteur et les vêtements sont fournis par le clergé.

 

La description des « cavalcades » ou processions royales qui traversent le pays est assez désenchantée. Un chroniquer, sous Henri II, dit « La bande du Roi n'était rien moins qu'une bande ou tout ce qui tient du bon goût et de l'ordre sont inconnus ou négligés. Elle est composée de gens sans réputation tirés des rues et des antres du vice ».

 

Source: Reed's manual of systematic history,Jarrold & Sons, 12 Paternoster Row, London 1871

 

 

 



 



 



 



 



 



 



 



 



 



 



 

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14:12 Écrit par walloween dans Culture, Histoire, Monde | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook