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14/07/2013

Le mélodiste universel

J'ai découvert un recueil des 400 chansons les plus populaires de la première moitié du 19ième siècle. Ce cadeau gratuit d'internet pour l'amateur de mélodies qui vous écrit s'intitule «  livre universel de mélodies », ces mélodies de toutes les nations adaptée pour le violon et la flûte en clé de sol sur une seule ligne, publié à Glasgow en 1853, recèle de vrais trésors dont les élèves comme les arrangeurs pourraient s'inspirer. Pas de texte mais des portées bien titrées et rangées de la manière la plus naturelle et la plus simple. Les chansons les plus anciennes datent de la fin du dix-huitième siècle. Ces 400 titres nous guident sur les sentiers peu connus de la culture et de la présence sociale de ceux qui les dansèrent et qui les composèrent durant plus de soixante années. Ces titres, évocateurs des raisons qu'on peut avoir pour danser ou non, qui sonnent comme des avertissements et des leçons de choses donnent une impression des mentalités, des problèmes, des questions, des mœurs et des amours des populations de l'Empire Britannique en pleine expansion inspirées par Macaulay et gouvernées par Palmerston. La plupart des mélodies sont naturellement anglaises, écossaises, irlandaises et galloises, mais déjà une culture européenne se dessine par la présence d'Auber, de Rossini, de Mozart, des français, comme les thèmes de « la charmante Gabrielle ». et de « seule dans un bois ».Que nous disent ces titres, ou se mêlent chants de marins, chants d'église, complaintes paysannes, britonnes, gaéliques, irlandaises, hymnes patriotiques, mélodies allemandes de l'Angleterre des Hanovre et des premiers patriotes allemands, étudiants inspirés, qui combattirent Bonaparte. Quelles interprétations culturelles et historiques peut-on en extraire ?

Tournons nous vers ces braves allemands qui voulaient qu'on leur apporte « le sang de la vieille vigne », voyaient « le frère couché sur la croix », qui dansaient « la valse de Darmstadt », écoutaient « le chanteur alpin », appelaient « au secours mon père » sur « la célèbre marche militaire de Beethoven ».

Le suisse, lui, toutefois, bien que rare n'est pas absent par sa « ballade du berger » et sa « poupée jouet » qui contemple «  la rose de Lucerne ».

Avec les britanniques, « parcourons les plaines durant les nuits d'été ». prions le « guerrier, reposes-toi, guerrier,reposes-toi ». Goûtons « le bœuf rôti de la vieille Angleterre, passons « le samedi soir en mer » pour connaître, peut-être, plus tard, la « félicité rurale » quand, pour un instant «  une vaguelette s'écoule autour de son cotillon », « un doux matin de mai » sans « Sylvie pour la honte. » ni la voix de basse de l'opéra du docteur Arnold qui chante « Ne me parles pas de tes sales hectares ». « Le soldat fatigué », « le soldat qui danse », » le pauvre soldat » qui boit dans « un cruchon brun » et ses arguments sonores : « Nous serons tout malheureux ensemble », «  confiance à personne » tout en faisant «  retour chez le changeur ». Ils dansent « la contrefaite », « le chant des berceaux » et le docteur Arnold nous convie «  flotter sur ce délicieux courant écarlate ». Naturellement « elle me quitta parce que je n'avais pas d'or » , «  l'espoir me conta cette parabole flatteuse » mais « comment nous abstenir de whisky » quand « un rayon glorieux se reflète sur l'océan » et qu'elle me dit « vas-t-en Georges, je ne peux plus te supporter ». Heureusement, « les bonnes épouses acceptent l'étranger », « les vieilles femmes charmantes » aussi, «  les vierges honteuses de quinze ans » peut-être. Et tout à l'avenant, « le gros coq proclame l'aube », « La veuve de la frontière se lamente », « relève ta visière », « galon d'amour », « gentille jeunesse, ah, dis moi pourquoi », » la lavandière irlandaise » et «  qu'elle est gaie la vie à la campagne » ou « cœurs de chêne », «  l'adieu d'un écossais à l'Irlande », « un écossais qui embrasse sa mère », « jetez les méchants dehors ». « L'amour est la cause de mon chagrin », «  la gavotine »,(air français). Pour le gallois, «  nombreux sont les cris et hurlements du malheur ». Pour les marches, nous avons celle de Barbe-bleue, des marseillais de Guillaume Tell, de Pierre l'Ermite, de Tancrède. « la dernière rose de l'été », « langueur d'amour », « le passereau », «  maître Cupidon ». Pour Purcell, « nymphes et bergers s'éloignent »

 Tous ces titres se chantaient dans l’île, européenne déjà. Il y en a bien d'autres, mais j'arrive à la fin de la page, adieu chère Molly, adieu chère Peggy et à ma prochaine fantaisie.

 

Source : Universal tune-book, melodies of all nations, W.Hamilton, music printer, Clasgow 1853.

 

12:32 Écrit par walloween dans Culture, Histoire, Humour, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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