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25/09/2013

Chickamauga

Un après midi d'automne ensoleillé, l'enfant s'en allait, errant, loin de la maison rustique vers un petit champ, il entra dans une forêt sans être vu, il ressentait de la joie ainsi libéré de tout contrôle, heureux de l'exploration et de l'aventure. Pour l'esprit de cet enfant, les corps de ses ancêtres, qui avaient depuis mille ans la pratique de ces mémorables découvertes et de ces conquêtes, de ces victoires, de ces batailles pour lesquelles les siècles sont les moments critiques et ou le camp des vainqueurs s'installait dans des villes en pierre de taille. Du berceau de leur race, ils avaient fait leur chemin à travers deux continents, passés la grande mer et pénétrés l'autre. Là-bas, ils naquirent à la guerre et à la domination. Ce fut leur héritage.

L'enfant, de quelque six ans, fils d'un pauvre planteur qui dans sa jeunesse était soldat, s'était battu contre des sauvages nus en suivant le drapeau de son pays vers la capitale d'une race civilisée, bien loin au sud. Le feu du guerrier, qui, allumé ne s'éteint jamais, survivait dans l'existence paisible du planteur. L'homme aimait les ouvrages et les images militaires et le garçon en comprit assez pour se fabriquer une épée de bois même si l’œil du père aurait pu difficilement la discerner pour ce qu'elle était. Muni de cette arme qu'il brandissait avec bravoure, comme s'il devenait le fils d'une race héroïque, il posait dans les clairières ensoleillées de la forêt en exagérant les postures agressives et défensives que lui avait appris l'art du graveur. Rendu idiot par son talent à battre des ennemis invisibles, il commit l'erreur militaire assez commune de pousser la poursuite jusqu'une dangereuse extrémité et se retrouva à la marge d'un ruisseau large mais peu profond dont les eaux rapides lui barrait une avance directe vers les ennemis qui s'enfuyaient en le traversant avec une facilité imprévisible. Mais, le vainqueur intrépide ne s'en trouvait pas rebuté, l'esprit de la race qui passa la grande mer inconquise brûlait, sans rien nier, dans cette petite poitrine. Il trouva, à passer à gué plus loin, dans le lit du ruisseau. Et il put, à nouveau, se lancer sur les traces de son ennemi imaginaire en misant tout sur l'épée. Maintenant, la victoire acquise, la prudence demandait qu'il se retire sur ses bases d'opération. Hélas, tel de nombreux conquérants, parmi les plus puissants, il ne put brider la passion de la guerre ni apprendre que la foi tentée quittera son étoile. Avançant le long de la berge, il se trouva soudain confronté à un nouvel ennemi plus formidable, sur le sentier, qu'il suivait, debout, trépignant, les oreilles dressées, c'est un lapin! L'enfant poussa un cri alarmé, se retourna et s'enfuit, il ne savait pas dans quelle direction, appelait sa mère avec des sons informes en pleurant, tremblant, sa tendre peau cruellement griffée par les broussailles, son petit cœur accélérait de terreur, à bout de souffle, aveuglé par les larmes, perdu dans la forêt!

Alors, pour plus d'une heure, il erra, les pieds douloureux, dans les jeunes pousses rugueuses, jusqu'au moment ou, vaincu par la fatigue, il se coucha, dans l'espace étroit entre deux rochers, à quelques mètres du ruisseau, étreignant toujours son épée de bois, non plus comme une arme désormais mais comme une amie. Il s'endormit en sanglotant. Les oiseaux du bois chantaient joyeusement; les écureuils lustrant bravement leurs queues, courraient en criant d'arbre en arbre, inconscient du malheur qui se déroulait sous eux. Quelque part, dans le lointain, un étrange tonnerre étouffé, les perdrix célébraient la victoire de la nature sur le fils de leurs maîtres immémoriaux.

Dans la petite plantation, ou les hommes blancs et noirs alertés, cherchaient les champs et les abords, le cœur brisé d'une mère attendait son enfant égaré. Les heures passèrent, et le petit dormeur se leva. La fraîcheur du crépuscule dans les jambes, la crainte de la brume dans son cœur, reposé, il ne pleurait plus. Avec cet instinct aveugle qui pousse à l'action, il luttait contre les broussailles qui l'entouraient et se retrouva en terrain plus ouvert, sur sa droite, le ruisseau, une pente douce à gauche parsemée d'arbres rares, envahie d'une auréole crépusculaire. Une brume fine et fantomatique se leva tout au long de l'eau. Elle l'effraya et le faisait reculer, à la place de retraverser, dans la direction d’où il venait, il lui tourna le dos et s'en alla tout droit vers le bois sombre et enfermé. Soudain, il vit devant lui un étrange objet mouvant qu'il prit pour un grand animal, un chien, un cochon, il ne le savait pas, un ours, peut-être. Il avait vu des images d'ours, mais ne savait rien qui puissent les discréditer et il avait vaguement souhaiter d'en rencontrer un. Mais, quelque chose dans la forme ou le mouvement de l'objet, quelque chose dans la maladresse de son approche, lui indiquait qu'il ne s'agissait pas d'un ours. La peur l'emporta sur la curiosité. Il demeura immobile et comme cela arrivait lentement, il regagna courage à chaque instant quand il vit, qu'au moins, çà n'avait pas les longues oreilles menaçantes du lapin. Son esprit impressionnable prit, sans doute conscience d'une familiarité de la démarche. Avant qu'il ne se trouva assez près pour pouvoir résoudre ses doutes, il vit qu'un autre le suivait et d'autres encore. A gauche comme à droite, il y en avait de plus en plus. L'espace ouvert autour de lui en était rempli, tous marchant vers le ruisseau.

C'était des hommes, Ils rampaient sur leurs mains et leurs genoux ou n'usaient que de leurs mains, traînant leurs jambes. Ils n'utilisaient que leurs genoux, leurs bras pendants inutiles, de chaque coté de leurs troncs. Ils essayaient de se mettre debout mais directement ils retombaient. Ils n'agissaient ni naturellement ni normalement, sinon d'avancer pas à pas dans la même direction. Seuls ou par pairs traversant le brouillard, certains s’arrêtaient ou repartaient, les autres se glissant entre eux , ils reprenaient leur chemin. Ils venaient par dizaines puis par centaines, de chaque coté, aussi loin qu'ont pouvait voir dans la brume qui s'épaississait et le bois sombre derrière eux paraissait inépuisable. Le sol lui-même semblait en mouvement vers les rives. Occasionnellement, l'un ou l'autre, qui s'était arrêter ne repartait pas mais restait couché, immobile. Il était mort. Certains,sans bouger, faisaient des gestes étranges avec leurs mains, levaient les bras, les abaissaient à nouveau, dodelinaient de la tète, levaient leurs paumes vers le haut, comme on voit les hommes, parfois le faire dans la prière publique.

L'enfant ne voyait pas tout, c'est ce dont l'observateur prit note, il voyait peu de choses sinon qu'ils étaient des hommes, maintenant recroquevillés comme des bébés. Étant des hommes, ils n'étaient pas si terribles bien qu’harnachés de manière peu familière. Il se déplaçait parmi eux librement, allant de l'un à l'autre scrutant leurs faces d'une curiosité enfantine. Tous ces visages, singulièrement blancs, certains strillés d'un rouge qui s'égouttait. Quelque chose, peut-être dans leurs mouvements et leurs attitudes grotesques lui rappela le clown peint vu l'été dernier au cirque. Il riait en les regardant. Mais, sans cesse, ces hommes mutilés et saignants, avançaient, aussi insensibles que lui au contraste dramatique de son rire et de leurs mines graves. Pour lui le spectacle n'était pas sans gaieté. Il avait vu les nègres de son père marcher à quatre pattes pour son amusement. Ils les enfourchait même en prétendant les traiter comme ses montures. Il s'approcha, par derrière, d'une de ces créatures rampantes et, d'un mouvement agile la chevaucha. L'homme s'effondra sur sa poitrine, se reprit, jeta l'enfant sur le sol, comme un étalon non dressé l'aurait fait. Il tourna vers lui un visage auquel manquait la mâchoire inférieure, des dents de dessus jusqu'à la gorge se trouvait un grand trou rouge garni de morceaux de chair et d'éclats d'os. La proéminence peu naturelle du nez, l'absence de menton, les yeux farouches, donnait à l'homme, l'apparence d'un gigantesque oiseau de proie au jabot et au tronc rendus écarlates par le sang de sa proie. L'homme se mit à genoux, l'enfant sur ses pieds. Il lança son poing vers l'enfant, qui finalement terrifié, courut vers un arbre tout près, se cacha derrière et prit conscience de la gravité de la situation. Pendant que la stupide multitude se traînait lentement et douloureusement, pantomime hideuse, avançait , descendant la pente comme une troupe de gros scarabées noirs, sans aucun son, dans un silence profond, absolu. Plutôt que de s'assombrir, le paysage hanté commença à s'éclairer. Tout autour de la ceinture d'arbres, au delà de la courbe du ruisseau, une étrange lumière rouge, les branches et les troncs dessinaient en silhouette, un entrelac noir. Elle frappa les figures déformées et leur donna des ombres monstrueuses qui caricaturaient leur mouvement, sur l'herbe dressée. Elle tombe sur leurs faces, touchant leur blancheur de stries rudes, accentuant les taches desquelles beaucoup d'entre étaient souillés, Elle brillait sur les boutons et les morceaux de métal de leurs vêtements.

Instinctivement l'enfant se tourna vers la splendeur grandissante et descendit la pente avec ses horribles compagnons; quelques moments plus tard, il passa le plus gros de la troupe, ce n'était pas un grand exploit considérant ses avantages. De lui-même, il se plaça à sa tête, l'épée de bois toujours à la main et dirigea solennellement la marche, formant ses pas dans les leurs en se retournant à l'occasion comme pour voir si ses forces ne l’abandonnaient pas. Sûrement qu'un chef, jamais, n'avait eu une telle suite. Dispersés sur le sol rendu étroit par le déroulement de cette horrible marche vers l'eau, où certains objets, que le guide n’associait à rien, ici, quelque couverture bien serrée, roulée dans sa longueur, doublée à ses extrémités d'une ficelle, là, un lourd havresac, plus loin, un fusil brisé, enfin tout ce qui reste à l'arrière des troupes en retraite, la trace d'hommes qui fuient leurs chasseurs. Partout, près de la crique, sur la marge des terre basses, le sol transformée en boue par les pieds des hommes et des chevaux. Un observateur, avec un meilleur usage de ses yeux aurait noté que ces empreintes pointaient dans deux directions, le sol foulé deux fois par l'avance et la retraite. Quelques heures plus tôt, ces hommes éreintés et désespérés en compagnie de leurs camarades plus fortunés, maintenant lointains, pénétraient la forêt par milliers. Leurs bataillons, divisés en bandes et reformant leurs lignes, passaient l'enfant endormi, presqu'en le piétinant. Le bruit et les murmures de leur marche ne l'avait pas éveillé. A un jet de pierre d'où il couchait, ils combattirent mais il n'entendit ni le ronflement de la mousqueterie ni le choc des canons, ni le tonnerre des capitaines ni les tirs. Il avait dormi tout le temps, serrant sa petite épée de bois avec, peut-être une étreinte plus forte dans sa sympathie inconsciente pour cet environnement martial, mais sans connaissance de taille du combat, comme le cadavre qui en fait la gloire.

L'incendie, derrière la ceinture boisée, du côté le plus éloigné de la crique, réfléchissait la terre par la canopée de sa propre fumée, perfusant tout le paysage. Il avait transformé la ligne sinueuse de la brume en vapeur d'or. L'eau rougeoyait, les pierres aussi qui dépassaient de la surface. C'était le sang des blessés les moins graves qui en avait taché le passage ; eux aussi, l'enfant les dépassa d’un pas décidé, il montait au feu. Une fois sur l'autre berge, il se retourna pour regarder les compagnons de sa marche, ils étaient arrivés à la crique. Les plus forts, déjà immergés près du bord plongeaient leurs faces dans le flot. Quelques uns qui couchés, immobiles, semblaient n'avoir plus de têtes. L'enfant resta émerveillé devant un phénomène tellement vif que même sa sympathie ne pouvait le comprendre. Après avoir étanché leur soif, ces hommes n'avaient plus la force de sortir de l'eau, ni d'en sortir la tête, ils s'étaient noyés. Derrière cette scène, les espaces ouverts de la forêt montraient au chef les figures informes de son triste commandement, il n'y en avait plus autant en marche qu'au début, Il agita sa casquette en guise d'encouragement et avec un sourire, pointait de son arme la lumière qui le guidait, pilier de feu de cet étrange exode.

Confiant dans ses forces, il entrait maintenant le cercle forestier, le passant aisément dans la lumière écarlate, grimpa sur une clôture, courut à travers champ, tournant sans cesse pour jouer avec son ombre qui lui répondait et approcha la ruine en feu d'une demeure. La désolation, partout. Dans cet immense halo, rien de vivant n'était visible. Il s'en fichait, le spectacle lui plaisait et il dansait de joie en imitant les vagues enflammées. Il courut çà de là, en essayant de récolter du butin, mais il était trop lourd pour lui et trop près de la chaleur qui limitait son approche. Désespéré il jeta son épée, réédition aux forces supérieures de la nature. Sa carrière militaire était finie. Changeant de position, ses yeux tombèrent sur des constructions qui lui semblait curieusement familières comme s'il les avait rêvées. Il les regarda, étonné, quand soudainement, toute la plantation et le bois avoisinant pivotèrent. Son petit monde tourna sur lui-même, les points cardinaux inversés. Il reconnu dans l'immeuble en feu, sa propre maison. Pour un instant il demeura stupéfait par le pouvoir de la révélation, puis courut, les pieds hésitants jusqu'à l'entour des ruines, et affiché dans la lumière de la conflagration, tomba sur le corps couché d'une femme morte à la face blanche tournée vers le ciel, les mains levées, serrant de l'herbe, les vêtements défaits, les longs cheveux noirs décoiffés et plein de sang coagulé. Presque tout le front arraché, du trou, le cerveau sortait et remplissant le couronnement, une masse grisâtre garnie de bulles mauves, le travail d'un obus !

L'enfant agita ses petites mains, aux gestes sauvages et incertains. Il émit une série de pleurs inarticulés et indescriptibles entre le hurlement du singe et le glouglou de la dinde, un cri remarquable et sans âme, un son terrestre, le langage du diable. L'enfant était sourd-muet.

Alors, il demeura, immobile, les lèvres tremblantes à regarder le désastre.

Ambrose Bierce

 

 

13:47 Écrit par walloween dans Culture, Fiction, Lettres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

14/07/2013

Le mélodiste universel

J'ai découvert un recueil des 400 chansons les plus populaires de la première moitié du 19ième siècle. Ce cadeau gratuit d'internet pour l'amateur de mélodies qui vous écrit s'intitule «  livre universel de mélodies », ces mélodies de toutes les nations adaptée pour le violon et la flûte en clé de sol sur une seule ligne, publié à Glasgow en 1853, recèle de vrais trésors dont les élèves comme les arrangeurs pourraient s'inspirer. Pas de texte mais des portées bien titrées et rangées de la manière la plus naturelle et la plus simple. Les chansons les plus anciennes datent de la fin du dix-huitième siècle. Ces 400 titres nous guident sur les sentiers peu connus de la culture et de la présence sociale de ceux qui les dansèrent et qui les composèrent durant plus de soixante années. Ces titres, évocateurs des raisons qu'on peut avoir pour danser ou non, qui sonnent comme des avertissements et des leçons de choses donnent une impression des mentalités, des problèmes, des questions, des mœurs et des amours des populations de l'Empire Britannique en pleine expansion inspirées par Macaulay et gouvernées par Palmerston. La plupart des mélodies sont naturellement anglaises, écossaises, irlandaises et galloises, mais déjà une culture européenne se dessine par la présence d'Auber, de Rossini, de Mozart, des français, comme les thèmes de « la charmante Gabrielle ». et de « seule dans un bois ».Que nous disent ces titres, ou se mêlent chants de marins, chants d'église, complaintes paysannes, britonnes, gaéliques, irlandaises, hymnes patriotiques, mélodies allemandes de l'Angleterre des Hanovre et des premiers patriotes allemands, étudiants inspirés, qui combattirent Bonaparte. Quelles interprétations culturelles et historiques peut-on en extraire ?

Tournons nous vers ces braves allemands qui voulaient qu'on leur apporte « le sang de la vieille vigne », voyaient « le frère couché sur la croix », qui dansaient « la valse de Darmstadt », écoutaient « le chanteur alpin », appelaient « au secours mon père » sur « la célèbre marche militaire de Beethoven ».

Le suisse, lui, toutefois, bien que rare n'est pas absent par sa « ballade du berger » et sa « poupée jouet » qui contemple «  la rose de Lucerne ».

Avec les britanniques, « parcourons les plaines durant les nuits d'été ». prions le « guerrier, reposes-toi, guerrier,reposes-toi ». Goûtons « le bœuf rôti de la vieille Angleterre, passons « le samedi soir en mer » pour connaître, peut-être, plus tard, la « félicité rurale » quand, pour un instant «  une vaguelette s'écoule autour de son cotillon », « un doux matin de mai » sans « Sylvie pour la honte. » ni la voix de basse de l'opéra du docteur Arnold qui chante « Ne me parles pas de tes sales hectares ». « Le soldat fatigué », « le soldat qui danse », » le pauvre soldat » qui boit dans « un cruchon brun » et ses arguments sonores : « Nous serons tout malheureux ensemble », «  confiance à personne » tout en faisant «  retour chez le changeur ». Ils dansent « la contrefaite », « le chant des berceaux » et le docteur Arnold nous convie «  flotter sur ce délicieux courant écarlate ». Naturellement « elle me quitta parce que je n'avais pas d'or » , «  l'espoir me conta cette parabole flatteuse » mais « comment nous abstenir de whisky » quand « un rayon glorieux se reflète sur l'océan » et qu'elle me dit « vas-t-en Georges, je ne peux plus te supporter ». Heureusement, « les bonnes épouses acceptent l'étranger », « les vieilles femmes charmantes » aussi, «  les vierges honteuses de quinze ans » peut-être. Et tout à l'avenant, « le gros coq proclame l'aube », « La veuve de la frontière se lamente », « relève ta visière », « galon d'amour », « gentille jeunesse, ah, dis moi pourquoi », » la lavandière irlandaise » et «  qu'elle est gaie la vie à la campagne » ou « cœurs de chêne », «  l'adieu d'un écossais à l'Irlande », « un écossais qui embrasse sa mère », « jetez les méchants dehors ». « L'amour est la cause de mon chagrin », «  la gavotine »,(air français). Pour le gallois, «  nombreux sont les cris et hurlements du malheur ». Pour les marches, nous avons celle de Barbe-bleue, des marseillais de Guillaume Tell, de Pierre l'Ermite, de Tancrède. « la dernière rose de l'été », « langueur d'amour », « le passereau », «  maître Cupidon ». Pour Purcell, « nymphes et bergers s'éloignent »

 Tous ces titres se chantaient dans l’île, européenne déjà. Il y en a bien d'autres, mais j'arrive à la fin de la page, adieu chère Molly, adieu chère Peggy et à ma prochaine fantaisie.

 

Source : Universal tune-book, melodies of all nations, W.Hamilton, music printer, Clasgow 1853.

 

12:32 Écrit par walloween dans Culture, Histoire, Humour, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

06/06/2013

L'Angleterre des Plantagenets

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Sous les exigences du règne sévère de Henri, les deux races, anglo-saxonne et normande trouvent, par les inter-mariages, des communautés d’intérêts, à l'exemption des serfs ou vilains, attachés au sol. Leurs mœurs politiques, aussi se modifient et il semble impossible de revivre les dominations tyranniques de Guillaume I et d'Henri I.

 

La construction de places fortes est soumise à un contrôle tatillon sous Henri II. Ainsi personne ne peut fortifier sa résidence sans l'autorisation royale. L’autel tombeau et le catafalque datent des Plantagenets. Jusqu’à alors, les habitations, construites en bois, se trouvent détruites par des incendies fréquents,. Après l'incendie de 1189, elles furent, dès lors, construite en pierre. Après le grand incendie de 1212, il est ordonné de replacer le chaume par des tuiles. Les fenêtres sont de simples ouvertures fermés par des panneaux et les cheminées ne sont pas d'un usage commun, Rien ne change, vraiment. On parle de verre peint sous Henri III. Les caves comme les murs sont peints. Les grandes cheminées, projetées vers le centre de la pièce, de construction tubulaire autour desquelles s'articule forment une sorte de petit cabinet muni de sièges. A l'époque du Roi Jean, ces foyers lits, ornés de pièces héraldiques,de motifs de velours multicolores, de soie, de satin curieusement brodés d'argent et d'or, possèdent une telle valeur que seules les familles nobles en détiennent. Même au temps de Richard III, on voit le Roi prendre avec lui son foyer, il reste à Leiscester après la bataille fatale de Bosworth. On le découvre, bien des années plus tard comme le réceptacle du trésor royal. La cache contient 300 Livres.

 

Les goûts vestimentaires des Plantagenets sont allégés, plus remplis et gracieux que leurs prédécesseurs et ils s'ornent de riches ceintures ornementées, portaient de couvres-chefs hautes et tubulaires, des chaussures et des bottes brodées et des gants couverts de bijoux. Henry II introduit, la cape courte ou manteau court. Sous le règne de Jean, le clergé abdique de sa volonté d'imposer les cheveux longs et les barbes. Les hommes comme les femmes adoptent ondulations capillaires et filets.

 

Aux temps de Henri III les styles de robe sont ridicules. Chaussures effilées, de trois à quatre fois la longueur du pied, plates, chantournées et attachées au genou, des bas, d'une autre couleur, des petites guêtres partiellement colorés de revêtements de soie et de velours. Les coiffures sont comiques. Édouard I décourage cette extravagance, s'habille simplement et ne porte même plus sa couronne après son sacre. Sous Édouard III, la mode copies toues les tenues fantastiques rencontrées ailleurs. Les longues robes font place à des tenues plus légères. Les Grands, rivalisent de splendeur dans la tenue de leurs maisons. Richard II invite 10.000 personnes chaque jour parmi lesquels 300 cuisiniers. Le Comte de Lancastre, petit fols de Henri III, dépense, en un an 22.000 Livres pour ses invités et ses commensaux.Ce type de clientélisme crée de terrible problèmes quand à la question de la répartition. Dès lors, des bandes locales s’organisent à des fins défensives et offensives. Ils portent, généralement la livrée de quelque seigneur local. Sous les règnes de Édouard III et de Henri II, ces maraudeurs conspirent contre le droit et la justice, harcèlent les gens, pour la terre, ils rançonnent les riches et prétendent venir en aide au destitué, se livrent au chantage à leur guise, prennent possession des terre, titres, fonctions et femmes. Une période précédente, a vu, sous Édouard I, une abondance comme jamais auparavant, de vols journaliers, de meurtres, d'incendie et de cambriolages. Avec des magistrats, désormais trop effrayés pour rendre des verdicts dans leur propre juridiction, la nécessité impose de rétablir le système de Frankpledge qui rend collectivement responsable la centaine pour un. Toutes les villes sont fermées du crépuscule jusque l'aube, il est stipulé qu'aucun étranger ne peut dans la ville plus que 24 heures si son hôte ne se porte garant de sa personne. Quiconque trouvé dans la rue, sans permission et sans porter une lanterne est arrêté par la garde.Simultanément, les grandes routes doivent voir leurs abords dégagés des broussailles, monticules, troncs, fossés,refus sur une largeur de soixante-dix mètres de chaque coté de celles-ci afin d'éviter les embuscades des routiers. Chacun doit se munir d'armes et d'armures et courir sus ces bandes de voleurs, de ville en cille, jusqu'à les délivrer au Sheriff.

 

Durant cette période, le prix de la terre augmente beaucoup. On affranchit les vilains attachés à la glèbe afin de pouvoir spéculer plus aisément. Ils deviennent les salariés de leurs anciens maîtres. Progressivement, le propriétaire préfère recevoir son du en argent ou en annuités, L'ancien serf se retrouve à disposer de sa personne et de sa propriété n'étant plus que le locataire du bien sans devoir de corvée au propriétaire. Les vrais esclaves, les anciens deviennent aussi des laboureurs libres qui gagnent leur liberté après un séjour de un an et un jours sans l'enceinte d'une ville fortifiée après quoi, ils s’installent, pour leur propre compte, dans ce qui devient les premières banlieues. Édouard III impose des lois aux agriculteurs. Richard II décrète que nul vilain pourra quitter son lot sans une lettre patente et personne, dans certains métiers, ne peut changer d'occupation. Les Communes demandent même l'abolition de la vieille loi touchant la résidence urbaine, « pour l'honneur de tous les hommes du Royaume ». Les vilains ne peuvent mettre leurs enfants à l'école si ils ne deviennent pas clercs et n'échappent à la servitude par l'église. Au temps de Jean, les nobles sont ignorants de l'écriture et ils signent la Grande Charte de leur marque ou d'une croix.C'est seulement en 1356 que rédaction des livres en latin de moines, cesse. Tant que le servage fonctionne, le paupérisme, tel qu'il existe sous les Tudor, est impossible. Le servage, ce droit oblige les feudataires à nourrir leurs esclaves en retour de leurs services. Les pauvres, les jeunes, les malades sont inclus dans cette distribution. Cela demeure, néanmoins, une vie d'esclavage ou le sujet humain n'était pas plus pris en compte que le bétail.

 

Les Plantagenets n'avaient pas, à table, la modération des Normands. Édouard II et III tentent de restreindre la prodigalité de leurs sujets. On peut lire qu'en 1243, un banquet fournit de de 300 à 30000 rations. Il n'y a que deux repas par jour, mais chacun dure plusieurs heures. Les fêtes se prolongent dans l'allégresse. Les troubadours sont retenus dans la maison des Grands ou on les encourage à plus de licence de langage sans respect des personnes, excitant l'amusement par leurs remarques caustiques sur les individus tout en applaudissant par leurs flatteries. Vêtus d'oripeaux comme les clowns de la pantomime, nombreux, ils personnifient les géants patibulaires de la fable qui sans cesse maugréent tout le temps de rudes comédies, les acrobates accompagnés de jongleurs, trembleurs, danseurs, mimes, etc.... leur jeu reste grossier et licencieux. Ce genre de représentations, interdites au clergé, sont rejouées dans les monastères et dans les églises, en contre-emploi.  « La fête des fous » célébrée en Europe autour de Noël, rassemble les anciennes saturnales de Rome et le moderne carnaval, tenté en Angleterre, elle n'a jamais gagner la faveur du public. On transforme les plus pauvres en hauts dignitaires de l'église, ils parodient le service de la messe par des chants et des sermons obscènes, niais et bouffons. De telles licences sont possible, par exemple, à la fête dite de « l'Évêque garçon », ce sont des acolytes qui font l'acteur et les vêtements sont fournis par le clergé.

 

La description des « cavalcades » ou processions royales qui traversent le pays est assez désenchantée. Un chroniquer, sous Henri II, dit « La bande du Roi n'était rien moins qu'une bande ou tout ce qui tient du bon goût et de l'ordre sont inconnus ou négligés. Elle est composée de gens sans réputation tirés des rues et des antres du vice ».

 

Source: Reed's manual of systematic history,Jarrold & Sons, 12 Paternoster Row, London 1871

 

 

 



 



 



 



 



 



 



 



 



 



 



 

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14:12 Écrit par walloween dans Culture, Histoire, Monde | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook

08/04/2013

Guy Fawkes

Guy Fawkes aka Guido Fawkes (13 avril 1570 – 31 janvier 1606) anglais catholique de province, officier espagnol, spécialement engagé par les Jésuites afin de  réaliser la Conspiration des Poudres en 1605. Il fut livré à la torture  pour lui faire révéler les noms de ses associés.

En prenant les armes pour se défendre, ils avouèrent. Fawkes fut exécuté en compagnie de nombreux complices. Il adopta le nom de Guido à l’époque ou il combattait pour les espagnols dans les Pays-Bas. Il sauta de l’échafaud et se cassa les cou ce qui lui évita l’agonie longue

et douloureuse de la roue et du démembrement. Fawkes devint le synonyme de la Conspiration des Poudres et de son échec.  Chaque année depuis le 5 novembre 1605, l’Angleterre commémore cet évènement. Guy Fawkes est brulé en effigie dans un feu de joie généralement accompagné d’un feu d’artifice.


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00:22 Écrit par walloween dans Culture, Histoire, Nature, religion | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

04/01/2013

Pour qui sonne le glas syrien

La tragédie géopolitique de 2013 restera celle de 2012 : le viol de la Syrie

Un des passages favoris d'Hemingway, Alep avec son souk le plus extraordinaire du Moyen-Orient, son architecture, son peuple et ses marchands, cœur d'Alep depuis ses siècles,, le voilà, incendié et détruit par les "rebelles" de la soi-disant Armée Libre de Syrie.

Dans cette tragédie syrienne, pas d'Hemingway et pas de Robert Jordan des Brigades Internationales pour combattre ensemble avec les révolutionnaires républicains durant la guerre civile espagnole. Ces brigades internationales sont faites de Salafistes et de Djiadistes qui décapitent et font exploser des voitures. Sans oublier quelques jeunes américains qui sont les pions technologiques de ces rapaces nommés OTAN et CCG (Conseil de Coopération du Golfe).

Le drame continue, l'état syrien, son appareil politique et ses institutions de sécurité militaire maintiendra sa petite guerre éclair, sans arrière pensées à propos des dommages collatéraux. Dans l'autre camp, les commandants rebelles parieront sur le nouveau Conseil Militaire Suprême encouragé par les Saoudiens et les Qataris

Les Salafistes et les Djiadistes du Front al-Nusrah, des fanatiques du septième siècle, décapiteurs enthousiastes font le gros des combats sans y être invités. Après tout le Front al-Nusrah n'est-il pas nommément décrit par Washington comme une organisation terroriste.

Si on observe la réaction des Frères Musulmans, le Député, Contrôleur Général Mohammed Farouk Tayfour dit que les réactions sont "trop hasardeuses" tandis que le nouveau chef de l'opposition syrienne, Ahmed Moaz al-Khatib, à Marrakech, pense que les décisions doivent être "réexaminées". Virtuellement, tous les porte-parole rebelles n'ont-ils pas déclarés leur amour immortel pour la radicalité en plaidant leurs allégeances à al-Nusrah.

Donc, avec tous les fanatiques d'al-Nusrah, qui, pour l'instant, dissimulent leurs barbes correctement islamiques, sous de prosaïques capuchons, s'attendent à de nouvelles avancées rebelles sur Damas, en dépit de deux défaites majeures (fin juin et en décembre) dues à la courtoisie de contre-offensives gouvernementales.

Après tout, ces jolis messieurs, entraînés aux Etats-Unis, des forces spéciales américaines, anglaises et jordaniennes doivent produire des résultats sans mentionner les quantités toujours plus grandes d'armes létales dispensées par ces parangons de la démocratie dans le Golfe Persique. Sinon, le Front al-Nusrah Front contrôle des sections entières d'Alep, ville dévastée.

Les règles de la haine sectaire

Nous avons aussi la toute nouvelle Coalition Nationale des Révolutionnaires Syriens et des Forces de l'Opposition, une coproduction Doha Washington. Rencontrez le nouveau chef, c'est le même que l'ancien, le Conseil National Syrien. Ce n'est que de la rhétorique, en fait, la seule chose qui les intéressent, c'est d'acquérir de plus en plus d'armes mortelles. Et ils aiment al-Nusrah, même si Washington ne l'aime pas.

Les Qatar, a déversé des tonnes d'armement "comme des bonbons" (d'après un marchand d'armes américain) sur la Libye "libérée" Après le coup de Benghazi, le Département d'Etat s'est dit qu'en continuant à armer les rebelles syriens comme çà, ils prenaient les mêmes risques qu'en Libye. Traduction: le Qatar continue à fournir de grandes quantités d'armes aux rebelles et l'Amérique continue à "diriger par derrière".

Il faut s'attendre à plus de massacres sectaires comme celui d'Aqrab, à d'autres distorsions contextuelles. Le Ministre des Affaires Etrangères russe Mikhaïl Bogdanov dit : " Les combats vont encore s'intensifier et la Syrie perdra encore des dizaines ou meme des centaines de milliers de civils. Si c'est le prix à payer pour l'empêchement du président et s'il vous semble acceptable, pas à nous".

La Russie fait tout ce qu'elle peut pour empêcher que cela n'arrive et si les "rebelles" de l'OTAN mènent à bien leurs menaces et qu'ils attaquent les ambassades de Russie et d'Ukraine à Damas, alors il va falloir qu'ils règlent leurs barbes sur la vitesse maximale pour échapper aux Spetnatz, les forces spéciales russes.

On peut s'attendre à plus grave comme le Cheikh Sunnite, vedette d'al-Jazeera, Yusuf al-Qaradawi qui formula incidemment une fatwa légitimant la mort de millions de syriens, qu'ils soient civils ou militaires peu importe tant qu'ils soient Alaouites ou Chiites.

La haine sectaire gouvernera, avec le Qatar à sa tète suivis par les Saoudiens avec leurs grands livres assortis d'islamistes purs et durs. L'agenda, c'est la guerre contre les Chiites, contre les Alaouites, même contre les modérés pas seulement en Syrie, mais partout au Moyen-Orient.

Un face à face Patriot contre Iskander

La nouvelle stratégie de l'Armée Syrienne Libre consiste à se retirer des ses bases à la campagne pour concentrer ses troupes dans les villes et les agglomérations.

Attendons-nous à ce que la stratégie générale du club de l'OTAN reste plus ou moins la même, tenter de battre l'Armée Syrienne, là où c'est possible, les démoraliser et savonner la planche pour son éventuelle intervention ( les armes chimiques et le discours sur la "catastrophe humanitaire" font partie du paquet psychologique opérationnel).

Les Syriens ont beau détenir les armes lourdes mais confrontés à un tsunami de mercenaires, de Salafistes et de Djiadistes armés et entraînés par l'OTAN, toute l'affaire peut prendre des années dans le style de la guerre civile au Liban. Ce qui nous mène à la "meilleure" option : la mort de l'état syrien par des milliers de blessures grandes et petites.

Ce qui est certain c'est que la "coalition des volontés" contre la Syrie, n'aura aucun problème à ramasser la mise quand le jeu s'achèvera. Washington parie sur un régime post-Assad gouverné par les Frères Musulmans. Il ne faut dont pas s'étonner de voir le petit Roi de Jordanie devenir nerveux, il sait que les Frères Musulmans prendront le pouvoir en Jordanie aussi, ce qui l'empêchera de rester le meilleur client permanent de chez Harrods.

Ces modèles de démocratie, les pétro monarchies médiévales du Golfe, ne sont pas moins inquiets tant ils craignent la popularité des Frères Musulmans comme on craint la peste. Le Kurdistan Syrien, maintenant bien engagé sur la voie d'une totale autonomie et d'une liberté éventuelle, aggrave la position d'Ankara dans un conflit que les Turcs mènent depuis quarante ans. Sans compter sur la perspective de Salafistes et de Djiadistes sans emploi coincés entre les frontières et qui sont prêts à tomber amok.

Téhéran a déjà prévenu Ankara en termes assez catégoriques des conséquences du déploiement prochain du système de missiles de défense de l'OTAN.

Le porte-parole du Pentagone, George Little, dans un de ses chef-d'œuvres n'a-t-il pas affirmé que " Les Etats-Unis aide la Turquie dans son effort d'autodéfense (contre la Syrie)."

Voilà pourquoi 400 militaires américains s'installent en Turquie afin de piloter les deux batteries de missiles Patriot pour mieux la défendre contre " les menaces potentielles émanant de la Syrie".

Traduction: çà n'a rien à voir avec la Syrie, c'est surtout la présence militaire russe en Syrie qui les énerve. Moscou a offert, non seulement les très efficaces missiles sol-sol hypersoniques Iskander (virtuellement immunisés contre les mesures antimissiles mais aussi le système de défense à cibles multiples Pechora 2M), un cauchemar pour le Pentagone si jamais une zone d'exclusion aérienne est décrétée contre la Syrie.

Bienvenue à la confrontation entre Patriot et Iskander. Juste sur la ligne de feu, nous trouvons le Premier Ministre turc Recep Tayyip Erdogan, à l'ego démesuré, et qui expose un profond complexe d'infériorité dans ses relations avec les Européens. On le laisse dans le froid, en attendant, la mise en œuvre des plans du maître.

Le talon d'Achille de la Turquie (à part les Kurdes), c'est le fait de se promouvoir au carrefour des routes de l'énergie entre l'Est et l'Ouest. Le problème, c'est que la Turquie dépend, pour ses fournitures en énergie, à la fois de la Russie et de l'Iran. Sottement, elle s'aliène les deux en même temps, avec sa politique syrienne informe.

Malédictions et brouillards

Comment résoudre cette tragédie ? Personne ne semble écouter le Vice-Président syrien Farouk Al-Sharaa.

Dans un échange de vue avec l'organe libanais Al-Akhbar, il souligne que " la menace de voir, par la présente campagne, la Syrie, son histoire, sa civilisation et son peuple... chaque jour qui passe, la solution s'éloigne, militairement et politiquement, Nous sommes dans la position de devoir défendre l'existence de la Syrie".

Il ne possède pas " une réponse claire à la question" mais il a un plan :

N'importe quelle solution soit en commençant des conversations entre arabes, dans les capitales régionales ou étrangères, ne peut exister sans une solide fondation syrienne ; La solution doit être syrienne. Elle se composerait d'un règlement entre les principaux pays de la région et le Conseil de Sécurité de l'ONU.

Cet arrangement doit inclure l'abandon de tout forme de violence et la création d'un gouvernement d'unité nationale avec de larges pouvoirs qui devra solutionner les dossiers sensibles relatifs à la vie des gens et à leurs demandes légitimes.

Ce n'est pas ce que veut le complexe otanesque, les Américains, les Anglais, les Français, les Turcs, le Qatar, l'Arabie Saoudite sont déjà tous engagés par leurs agendas divergents respectifs. L'OTAN a déjà accompli un objectif, assez similaire à l'Irak en 2003, réduire en poussière la fragile fabrique sociale syrienne.

C'est le capitalisme du désastre en action, phase I, le terrain est déjà prêt pour une "reconstruction" profitable de la Syrie, une fois le gouvernement turbo capitaliste pliable installé.

Parallèlement, les réactions sont souvent suscitées par leurs propres mouvements mystérieux ; des millions de Syriens qui initiallement, soutenaient l'idée de mouvement pro-démocratique, des classes d'affaire de Damas aux négociants d'Alep soutiennent aujourd'hui le gouvernement contre le nettoyage ethnique et religieux proposé par les "rebelles" du genre d'al-Nusrah.

Voilà, coincés entre l'OTAN, les Russes et les Iraniens de l'autre coté, les Syriens n'ont nulle part ou aller. Rien n'arrêtera l'OTAN de créer, dans le sang, n'importe quelle entité douteuse, allant d'émirats pro-américains à des "démocraties" gouvernées par les Frères Musulmans.

Il est facile de voir pour qui sonne le glas en Syrie, il ne sonne pas pour toi, mais pour la malédiction, l'égarement, l'errance, la mort et la destruction.

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