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02/01/2013

La Corée du Nord, une culture de guerriers

...La jeune guerrière Kumsuni , qui livre des lettres à ses camarades, un jour, est arrêtée par la police. Quand l'inspecteur l'interroge, elle lui crache au visage, alors il la traîne à l'exécution et elle crie en mourant "longue vie au Général Kim Il Sung !"'"

...Le petit Ri Kwang-ch'un a moins de 10 ans et est membre d'une organisation enfantine anti japonaise. En compagnies des autres il aide les "Oncles de la Garde Rouge". Un jour, la police l'arrête, quand les salauds le torturent, Ri se coupe la langue. Ses derniers mots sont " : Longue vie à la révolution coréenne"

 On peut donc observer que l'émulation de l'éducation patriotique est stimulée par une notion telle de se couper sa propre langue comme si la tortures et les exécutions étaient trop dérangeantes ou trop compliquées à présenter à des enfants. Les scènettes citées plus haut sont issus de bandes dessinées publiées dans le magazine Kkotpongori (bouton floral), mensuel à l'usage des jardins d'enfants, l'audience cible de la publication peut être déduite par des puzzles logiques comme " Regardes les photos d'un porc, d'un tracteur et d'une bicyclette, lequel va le plus vite ?" Bienvenue dans le monde de l'enfance en Corée du Nord. Dans ce monde des bandes dessinées tel  " l'obus crayon" de Cha Kye-ok, appelle les enfants à bien étudier. A l'inverse de la Corée du Sud ou l'impératif d'apprentissage est souligné par la curiosité intellectuelle et par le succès social, en Corée du Nord les paradigmes pédagogiques suggèrent un autre objectif lucratif à l'usage des étudiants : une meileure préparation de la défense de leur pays contre les envahisseurs. Une emphase constante mise sur une guerre potentielle oblige les enfants nord coréens à se préparer à la guerre pour le meilleur ou pour le pire.

 Les vers de leurs chants reprennent souvent des idiotismes tel kyolsaongwi (préparation désespérée à la mort, pour le guide, le pays, le parti) ou orch' ongp' et 'anadulttal, (fils et filles des fusils et des canons/ fusils et canons vivants). 

Lisez, par exemple, un poème enfantin typique par Kim Ch'angmu :

Ils Nous Envient,

Ils Ont Peur de Nous

Le monde entier nous envie

Le monde entier a peur de nous

Nous sommes la nation du soleil

Qui brille par son indépendance

Nous sommes fils et filles des fusils et des canons. 

Le Kunsanori ou jeux militaires constituent une partie importante de l'activité physique des jeunes enfants de Corée du Nord. Traditionnellement, la cible des ces jeux est la marionnette d'un soldat américain, archétype du "sale américain" et que les petits enfants battent dans la cour. Récemment, la liste des cibles s'est étoffée, par exemple, la couverture Kkotbonori, mai-juin 2012 nous informe des exploits de Ri Kwang-ch'un, histoire d'un groupe d'écoliers de l'école gardienne accompagnés d'une petite fille à la jolie robe jaune qui battent les poupées du Président sud coréen Lee Myung-bak, du Ministre de la Défense Kim Kwan-jin et du Chef d'Etat-Major Jeong Sung-Jo, avec des bâtons en bois. L'image expressive véhicule le titre" à bas la clique de Lee Myung-bak". 

Cette bacchanale d'imagination militariste au jardin d'enfants reflète une passion générale pour les armes, que les observateurs relient au Songun ou 'les militaires d'abord" propagande d'état mise en œuvre en 1996-1998. L'histoire nord coréenne démontre, la priorité pour la vie militaire dans tous les aspects de l'existence existe de puis le concept " d'Etat Guérilla" le militarisme est une part intégrale de la mythologie fondatrice de la République Populaire de Corée du Nord.

Les guerriers contre les confucéens. Une comparaison des paradigmes nord-sud montre la rupture entre les deux moitiés d'une culture jadis homogène, ces soixante dernières années. Mais pas dans leurs attitudes respectives à l'égard du communisme. Puisque bien des aspects du message communiste de Corée du Nord sont congruents avec les valeurs communales de la Corée patriarcale et peut trouver un écho en Corée du Sud. Ce qui différencie le monde spirituel de Corée du Nord, c'est sa rupture radicale d'avec la tradition confucéenne, qui traditionnellement rejette la force brutale et la violence militaire. 

L'idéologie nord coréenne a significativement redéfini le passé, le présent et le futur de la Corée. Quand elle définit la Corée traditionnelle, elle tente d'en gommer l'héritage confucéen et de représenter l'ancienne Corée comme un état essentiellement martial. Si on en croit un mythe idéologique populaire, le service militaire profite d'un prestige si important, il sert de processus d'initiation pour les jeunes hommes, sans lequel, ils ne sont pas autorisés à se marier. En décrivant les évènements présents dans des documents à la fois fictionnels et documentaires, les médias nord coréens présentent les choses de telle manière qu'ils laissent, à l'audience, l'impression que le pays participe réellement à des opérations de guerre.

" La guidance sur place" initiée par feu le Guide Kim Jong, le mettait en scène inspectant la ligne de front et les frontières. Les journalistes nord coréens insistent particulièrement sur les désagréments personnels et les dangers que ces inspections posent pour le précieux guide. Les chansons d'amour romantiques nord coréennes contemporaines se lamentent sur la séparation des amants qui partent vers une ligne de front pour prendre part à un combat qui n'existe pas. Sans être impliqués dans une guerre, les nord coréens se sont arrangés pour créer une culture de guerriers qui nourrit une soif inextinguible de gouvernement, d'autodiscipline et de dureté dans leurs relations à la fois avec le monde et avec eux-mêmes. On peut bien sur argumenter du fait que, d'abord, le militarisme nord coréen ne justifie la force qu'au nom de "bonnes" causes et ensuite "qu'il aboie mais ne mord pas", c'est à dire qu'il accomplit une fonction morale qui prend de l'ampleur.

Quoi qu'il en soit, cet esprit centré sur l'armée, de la direction du parti communiste, a donné naissance à une philosophie éducationnelle qui permet et encourage les enfants à cogner et à frapper, ce qu'on peut voir comme un évènement social significatif. Ce genre d'idées, injectées depuis des générations ne peut rester sans conséquences. Des guerriers entraînés à se battre contre des ennemis nommés, parmi lesquels la Présidence de la Corée du Sud, chercheront leur champ de bataille et pourront éventuellement le trouver. La tendance sud coréenne elle, se dirige rapidement dans le sens opposé. Pour une part, elle perpétue ses traditions confucéennes basées sur la prévalence du développement intellectuel sur les exercices corporels. Pour l'autre, le legs confucéen s'est agrandi des tendances pédagogiques inspirées des démocraties occidentales et leur emphase portée sur le pacifisme, la tolérance et la tolérance aux faiblesses humaines. Un des récents consensus de la pédagogie sud coréenne est de brider l'agression des enfants et de décourager les jeux et les jouets violents. Toute une rangée de livres parentaux attend sur les étagères d'une des plus vastes librairies de Séoul "Kyobomungo", les pères, ils pourront y lire qu'ils doivent mettre un frein à leur agression, à la fois physique et verbale quand ils communiquent avec leurs enfants et qu'ils doivent aussi faire la même chose dans les écoles et dans les plaines de jeux. Une campagne nationale encourage les écoliers sud coréens à trouver une solution pour résoudre la question du harcèlement en se plaignant à leurs professeurs ou en appelant des numéros de téléphone réservés. Sans la Corée du Sud contemporaine, ce sont des actions comme celles-ci qui parlent pour elles-mêmes.

On peut raisonnablement penser d'un garçon de Corée du Nord sympathiserait difficilement avec the type d'action puisque pour lui, ce type d'action correspond à la maîtrise de son propre corps et à la construction d'un corps qui répond à l'agresseur comme un soldat doit le faire s'il était trop fort, il rejoindrait ses camarades et frapperait avec eux comme le fait un peloton de soldats. L'endoctrinement politique est seulement responsable en partie de l'attitude de ces jeunes, la principale raison est le matérialisme. Une réalité ingrate ou la malnutrition est fréquente, le manque de matériel et les injustices sociales sont des faits de la vie mêlés d'actions et de fictions légales en pèchent les nord coréens d'élever leurs enfants avec délicatesse et sensibilité. Le "Paradis du Peuple", n'est pas un endroit pour les pleurnicheurs. Les enfants d'une République de Corée du Sud vivent entourés et la violence est soustraite à l'œil public. Dans ce monde, ou vivent de plus en plus nombreux de végétariens, d'amis des animaux et ou se développe une industrie de l'animal de compagnie ou un lapin, par exemple, est associé à un jouet amusant ou a un sympathique petit animal domestique. Pour les enfants de Corée du Nord, un lapin est un animal domestique qu'on élève pour sa peau, sa viande et sa fourrure. Des campagnes nationales encouragent les enfants de l'école gardienne à élever des lapins pou" "faire de la nourriture et des vêtements pour les braves oncles soldats de l'Armée du Peuple Coréen. Les Sud Coréens sont-ils prêts à négocier avec leurs frères du nord ? Comme indiqué plus haut, la philosophie pédagogique contemporaine des Sud Coréens reflète largement les tendances du monde occidental. Atteindraient-ils à l'adoucissement des mœurs ? Peut-ètre, dans les jardins d'enfants.

En Australie, aujourd'hui, les jouets représentant des armes sont strictement interdits, le panier de jouets disponibles sont des trams, des bateaux et des autos ainsi que des barques, des poupées, des ours et des ustensiles de cuisine ( les jouets ne sont pas séparés par genre). Un match de football, sérieusement supervisé est souvent, la seule forme de loisir violent permise. Une sensibilité croissante des parents rend plus difficile de lire aux plus jeunes, des fables, telle le Petit Chaperon Rouge, qui, jusque là, semblaient parfaitement innocentes. Les narrations, farcies de mères irresponsables, de prédateurs stupides et de fins heureuses impliquent d'éventrer le loup apparaissent trop dérangeantes au monde confortable de l'enfance que nous connaissons. Les vieux contes présentés aux enfants occidentaux sont souvent publiés pour exclure toutes allusions à la violence, à la morts et à la souffrance des personnages. Si on peut considérer l'humanisation des pulsions collectives comme un développement social positif. Nous ne devrions pas oublier que si nous pouvons élever nos enfants de cette manière c'est d'abord parce que nous n'avons pas d'ennemis i de système de conscription. 

Dans un cas d'urgence, peu probable, les civils belges, celui qui aime les frites, pourront toujours se cacher derrière le réseau important de professionnels de l'Armée Belge. Auxquelles on a enseigné qu'il ne fallait pas être trop sentimental quand on a affaire au grand méchant loup ? On peut se demander si la société sud coréenne a les moyens d'élever ses enfants d'une manière pacifiste et cotonneuse similaire. Après tout, les sud coréens, techniquement, sont toujours en guerre, avec tous les hommes valides mobilisables en temps de conflit. Il ne fait pas de doute que les militaires sud coréens soient fort assez pour se défendre. Quoi qu'il en soit, les guerres ne sont pas gagnées uniquement grâce à de bons équipements mais aussi avec un esprit approprié et aussi une préparation psychologique.Si la Corée du Sud doit se battre contre la Corée du Nord, les premiers auront affaire à des gens appris à ne pas être trop regardant quand on frappe la tète des gens avec un bâton et à se couper la langue si leurs camarades sont en danger.  

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17:01 Écrit par walloween dans Culture, Histoire, international, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : corée, nord, sud |  Facebook

25/12/2012

Les mauvais pères Noël

On connaît Le père Noël qui s'introduit dans la cheminée la nuit
pour apporter des cadeaux aux enfants, mais de nombreuses cultures
possèdent différentes versions du mystérieux visiteur nocturne
et elles sont souvent sinistres. En voici cinq exemples.

Ils se manifestent souvent à l'aube ou au crépuscule, entre deux
mondes, et accréditent l'idée que nous portons tous en nous les traces
de comportements plus anciens et plus primitifs là où nous prenons
ce que nous voulons quand nous le voulons, cette part de nous-mêmes
à laquelle nous devons renoncer.

Le folklore et les traditions orales racontaient à des enfants qui menaient
une existence communautaire des histoires qui devaient faire écho à chacun.
Pour nous, ce qui est devenu important est la vérité "scientifique"
littérale que ces créatures existent ou non en réalité. Mais dans le
passé, les gens croyaient vraiment qu'elles se trouvaient dans les environs.

Islande, Gryla

Gryla est un gnome féminin qui vit bien loin et bien haut dans les montagnes
d'Islande Son histoire remonte aux époques païennes. Dans les siècles récents,
elle est devenue un personnage de Noël. Elle voyage dans les villes et dans
les villages à la recherche de mauvais enfants ensuite elle retourne dans sa grotte
avec son sac plein d'enfants en pleur puis elle les fait bouillir vivant
et les déguste ensuite. Elle a 13 fils, les gars de Yule, qui mettent aussi la main à la pâte
pour harasser les familles icelandaises pendant les treize jours
qui précèdent Noël bien que récemment ils sont devenus un peu
meilleurs puisqu'ils laissent des cadeaux dans les souliers.
Gryla est perpétuellement de mauvaise humeur principalement
parce qu'elle a toujours faim. Et ce ne sont pas uniquement
les enfants qui lui ouvrent l'appétit, ses deux premiers maris
l'ennuyait tellement qu'elle les mangea aussi.

Kenya, les coureurs de la nuit

Les coureurs de la nuit sont des gens ordinaires pendant la journée,
ils peuvent être qui que ce soit dans la communauté.
Mais, la nuit, ils se métamorphosent, leurs cheveux
se dressent sur la tête, leurs yeux encerclés par des anneaux
profonds et noirs et ils se promènent tout nu.
Ils courent partout dans le village en frappant les portes
en lançant des cailloux sur les toits.
Personne ne peut les attraper car ils peuvent voler et disparaître.
Parfois, ils déterrent les morts de leur tombe. S'ils ne se sentent
pas le courage de creuser, leur magie leur permet de faire
sauter les cercueils hors du sol. Alors ils prennent les
os pour la sorcellerie et ils mangent la chair.
Les déranger n'est pas une bonne idée, ils pourraient utiliser
leurs pouvoirs pour mettre la confusion dans votre esprit et vous
forcer à venir avec eux pour les exhumations

Europe du nord, le marchand de sable

Vieille figure du folklore européen, le marchand de sable,
alterne une figure ambivalente du bien et du mal.
Dans certaines histoires, ce caractère fantomatique visitent
les enfants qui refusent d'aller au lit, ils répandent de la poudre
magique ou du sable sur leurs yeux et les envoient au pays des rêves.
Parfois, il se promène avec une paire de parapluies, l'un couvert
d'images délicieuses pour les bons enfants et l'autre, tout noir
afin d'empêcher les mauvais enfants de rêver.
Dans d'autres versions de son histoire, il est bien plus sinistre.
Dans un conte d'Hoffmann, écrit au dix-neuvième siècle, le sable
qu'il jette dans les yeux des enfants les font sortir de leurs orbites,
Il remplit son sac de ces yeux sanglants et retourne sans la lune
pour en nourrir ses enfants aux yeux de hiboux.

Espagne, le coquet

Le coquet est un monstre ombrageux qui aime à manger
les enfants désobéissants.
Il se cache en dessous des lits et dans les garde-robes
des enfants qui refusent de dormir, de manger ou de se
tenir éloigné des endroits dangereux.
Plus le comportement de l'enfant est dégoûtant, plus il a faim.
Une fois attrapée, la victime est dévorée ou disparaît
et on n'en entend jamais plus parler.
Le personnage, à la face changeante, prend de nombreuses formes.
Parfois, on le décrit couvert de cloques, parfois comme un dragon
féminin vindicatif et parfois comme un monstre poilu ou gobelin.
D'habitude, ses yeux sont rouges, les oreilles aussi sont rouges et elles brillent.
On le connaît aussi comme le Coco ou le Cocuy, Certaines histoires racontent
que le monstre, quand il était un enfant, eut à subir de terribles violences
et qu'il est revenu du pays des morts pour terroriser les vivants.

Pays-Bas, le père fouettard

Pierre le noir, est le faire valoir du saint Nicolas hollandais
qui arrive le cinq décembre arrivant de sa maison, en Espagne,
dans un bateau à vapeur nommé Madrid.
Avant le dix-neuvième siècle, saint Nicolas faisait son sale
travail lui-même en apportant des cadeaux aux gentils enfants
et en emmenant les autres dans son sac afin de les rééduquer et de les fesser
Mais, en 1850, l'auteur pour enfants Jan Schenkman dessina saint Nicolas
avec un serviteur noir qui devint connu sous le nom de Pierre le Noir.
C'est devenu son travail de descendre dans la cheminée de distribuer
des cadeaux et d'attraper les enfants méchants et c'est pour çà qu'il
est tout noir. Le personnage est controversé en Hollande du
au fait de peindre une face noire en clown ce que certains trouvent offensants
on a tout essayé, le rouge, le bleu, l'arc-en-ciel, mais çà ne marche pas
ils terrifient les enfants et laissent les adultes perplexes

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18/12/2012

Frontières de sang

A quoi ressemblerait un meilleur Moyen-Orient ?

Les Frontières internationales ne sont jamais tout à fait justes. Mais le degré d'injustice infligé subis par ceux qu'elles réunit ou qu'elle sépare font une énorme différence, souvent celles entre de l'oppression, de la tolérance et des atrocités, de la loi et du terrorisme et même entre la guerre et la paix.

Les frontières les plus tordues et les plus arbitraires se trouvent en Afrique et au Moyen-Orient. Dessinées par des européens qui avaient eux-mêmes le plus grand mal du monde à définir les leurs, Les frontières de l'Afrique continuent à provoquer la mort de millions d'africains.

Mais les frontières du Moyen-Orient "génèrent plus de problèmes qu'elles ne peuvent en consommer localement" pour citer Winston Churchill. Le Moyen-Orient détient bien plus de problèmes en plus de ses limites territoriales disfonctionnelles, de la stagnation culturelle par une inégalité scandaleuse jusque qu'à l'extrémisme religieux. Le grand tabou qui nous permet d'éviter de comprendre les multiples faillites régionales n'est pas l'Islam mais bien les terribles mais sacro-saintes frontières révérées par nos propres diplomates.

Naturellement aucun ajustement de frontière aussi draconien soit-il ne saurait rendre heureuses toutes les minorités du Moyen-Orient. Dans certains cas, des groupes ethniques et religieux vivent ensemble sans problèmes socialisent et s'inter marient. Ailleurs, des réunions basées sur la loi du sang ou sur les croyances ne sont pas aussi joyeuses que leurs chefs respectifs le souhaitent.

On pourrait tenter de redresser les tricheries frontalières dont ont souffert les groupes de populations les plus significatifs, tels les Kurdes, les Baloutchis et les Arabes chiites sans pour autant tenir une comptabilité adéquate à propos des chrétiens du Moyen-Orient, des Bahaïs, des Ismaéliens, des Soufis et de nombreuses autres minorités numériquement plus faibles.

Un tort qui vous hante, tel les massacres des Arméniens par l'Empire Ottoman moribond, ne pourra jamais se payer d'une cession ou d'un échange de territoire. Toutes ces injustices, sans révisions de frontières majeures, ne trouveront jamais réparation.

Même ceux qui abhorrent l'idée d'altérer les frontières seraient bien inspirés de s'engager dans un exercice qui tenterait de concevoir des amendements aux frontières nationales, plus justes, sinon toujours imparfaits du Bosphore à l'Indus. Le talent des états, à part la guerre, n'a jamais développé des outils très pratiques, pour trouver une solution aux conflits frontaliers.

Un effort mental pour tenter d'appréhender les frontières "organiques" nous aide à cerner l'étendue des difficultés auxquelles nous continuerons à avoir à faire. Il s'agit de difformités colossales, gigantesques façonnées par la main de l'homme qui ne cesseront jamais de générer de la violence et de la haine tant qu'elles ne seront pas corrigées.

Pour ceux qui refusent de penser l'impensable, qui déclarent que les frontières ne doivent pas changer et que tout va bien comme çà, il ne faut pas oublier que les frontières n'ont jamais cessé de changer aux cours des siècles. Elles ne sont jamais restées statiques et de nombreuses d'entre elles du Congo, au Kosovo et dans le Caucase, changent même aujourd'hui (tandis que les ambassadeurs et les envoyés spéciaux se mirent dans le hublot pour vérifier si leur col est bien mis)

Sans oublier un autre petit secret bien sale vieux de 5.000 ans, les travaux de nettoyage ethnique. Pour que les Juifs aient quelque chance de vivre en paix avec ses voisins, ils devraient retourner vers les frontières d'avant 1967, (avec des ajustements nécessaires pour la sécurité locale). Mais la question des territoires entourant Jérusalem, ville tachée de milliers d'années de sang, peut ne pas trouver de réponse pendant plusieurs générations supplémentaires. Tous les partis ont changé leurs dieux en magnat de l'immobilier. Ces batailles tenaces et peu homériques, restent sans rivale face aux gloutonneries pétrolières et aux contredanses et autres passe-pieds ethniques.

Laissons de coté la question trop étudiée des Juifs et des Arabes pour nous intéresser à ce qui est studieusement ignoré. L'injustice la plus frappante dans ces terres notoirement injustes entre les Balkans et l'Himalaya est l'absence d'un état kurde indépendant la population de Kurdes qui vivent dans des régions contiguës du Moyen-Orient est, selon les estimations de 27 à 36 millions (les chiffres sont imprécis parce qu'aucun état n'autorise un recensement honnête.) Plus importante que la population irakienne, même les chiffres les plus bas font des Kurdes le groupe ethnique le plus important au monde, sans un état qui soit le sien. Les Kurdes se sont trouvés opprimés par tous les gouvernements qui contrôlèrent les collines et les montagnes depuis Xénophon.

La coalition et ses partenaires ont raté la glorieuse occasion de corriger cette injustice après la chute de Bagdad et l'Irak serait divisé en trois états immédiatement. A la fois par couarderie et par absence de vision, elle a poussé les Kurdes à supporter le nouveau gouvernement irakien, qu'ils confondent tout de suite avec un quiproquo du à sa bonne volonté. Mais soyez en sur organisez un plébiscite et l'immense majorité des Kurdes voteraient pour l'indépendance.

Comme le feraient les Kurdes de Turquie qui ont si longtemps enduré des décades d'oppression militaire violente à la dévotion de la "montagne turque", dans le but d'éradiquer leur identité. Bien le destin des Kurdes se soit un peu adouci ces dix dernières années, la répression récemment s'est à nouveau intensifié contre le cinquième oriental de la Turquie qui devrait être vu comme un territoire occupé. Les Kurdes de l'Iran, de l'Irak et de la Syrie, eux aussi rejoindraient un état kurde indépendant s'ils le pouvaient. Le refus des démocraties légitimes du globe de se faire les championnes de l'indépendance kurde est un péché d'omission humanitaire bien plus sot que bien d'autres qui excitent nos médias. D'autre part, un Kurdistan libre de Diyarbakir à Tabriz, serait l'état le plus pro-occidental entre la Bulgarie et le Japon.

Un alignement juste dans la région laisserait les trois provinces irakiennes majoritairement sunnites comme une troncature qui pourrait éventuellement choisir de s'unir à une Syrie qui perdrait sa façade maritime dans le Grand Liban. Ce serait la renaissance de la Phénicie. Le sud chiite du vieil Irak deviendrait un état arabe chiite contrôlant une bonne partie du golfe persique, avec quelques expansions aux dépens de l'Arabie Saoudite. Pour sa part, cet état subirait un démantèlement majeur aussi important que le Pakistan

Une des causes de la grande stagnation du monde arabe est le traitement que fait de Médine et de la Mecque la Famille Saoud qui considère les lieux saints comme un fief. Avec les saints reliquaires de l'Islam contrôlés par la police d'état d'une des nations les plus bigotes et les plus oppressives. Un régime qui commande à d'immenses réserves de pétrole enterré. Les Saoudiens se sont trouvés à même de projeter leur vision disciplinariste wahhabite, leur foi intolérante bien loin de leurs frontières.

L'accès de saoudiens à la richesse et par conséquent à l'influence est la pire chose qui soit arrivée au monde musulman depuis l'avènement du Prophète et la pire aux Arabes depuis la conquête (sinon mongole) ottomane

Les non-musulmans ne peuvent en aucune manière effectuer des changements dans les contrôles des cités saintes de l'Islam, mais imaginez, combien le monde musulman serait plus sain si Médine et la Mecque se voyaient gouvernées par un état sacré islamique sous contrôle enrôlé des représentants des plus grandes écoles et des mouvements majeurs, une sorte de super Vatican, ou l'avenir d'une grande foi peut y être débattu plutôt que décrété.

La véritable justice, que sans doute nous ne pourrions trop aimer, donnerait aussi les champs de pétrole côtiers aux Arabes Chiites qui peuplent cette sous-région. Le quadrant sud-est serait dévolu aux Yéménites.Confinés à leurs terres héréditaires, le Territoire Indépendant, autour de Riyad, la Maison des Saoud serait moins à même de jouer à son jeu de dupes envers l'Islam et le reste du monde.

L'Iran, non moins étrangement boutonnée quant à ses frontières perdrait une grande partie du territoire de l'Azerbaïdjan, du Kurdistan Libre, de l'Etat arabe Chiite et du Baloutchistan Libre, mais regagnerait les provinces autour de Herat, actuellement en Afghanistan, région d'anciennes affinités historiques et culturelles avec la Perse. L'Iran redeviendrait, en réalité, un état culturel et ethnique proprement perse, tout en sachant répondre à la question difficile de savoir si l'Iran conserve le port de Bandar Abbas ou le rendrait à l'Etat arabe Chiite.

L'Afghanistan perdrait à l'Ouest mais réunifierait à l'Est les tribus frontalières du Nord-ouest qui se réuniraient aux leurs. (sur la carte, comme ils le veulent et non pas nous).

Le Pakistan, autre état artificiel, perdrait aussi son territoire baloutche au profit du Baloutchistan Libre. Un Pakistan "naturel" s'étendrait à l'Est de l'Indus en plus de la grande voie de Karachi, vers l'Ouest.

Les villes états des émirats garderont leurs convictions habituelles et continueront à faire commerce des charmes de leur foi mélangée. Les cultures puritaines souffrant d'hypocrisie, comprendront et pourront très bien tolérer l'exception toujours si utile, à la règle. Les Arabes Chiites tiendront à conserver leur puissance vis-à-vis de Perses, et verront un moyen d'y arriver par cet expédient. Dubaï, par nécessité se verrait autoriser à conserver ce statut de plaine de jeu pour riches milliardaires débauchés et le Koweït restera dans ses frontières ainsi qu'Oman.

Dans chaque cas, cette redéfinition hypothétique des frontières reflète les affinités ethniques et le communalisme religieux, dans certains cas, les deux. La responsabilité des puissances occidentales, est partout présente dans ces dessins cartographiques, s'ils ne sont pas bons, on y devine au moins leurs intentions dans une région ou les populations se battaient pour émerger des humiliations et des défaites du dix-neuvième siècle.

Corriger les frontières pour refléter la volonté des gens peut sembler impossible. Maintenant, mais dans un temps donné et après bien des combats sanglants, des nouvelles frontières naturelles pourraient voir le jour, Babylone n'est pas tombée qu'une fois.

Pendant ce temps là, nos hommes et nos femmes, aussi, continueront à se battre pour se protéger du terrorisme, pour la perspective de la démocratie e pour l'accès à des ressources pétrolières dans une région destinée à se combattre elle-même.

Les divisions humaines habituelles et le mariage forcé entre Ankara et Karachi additionnées aux blessures que les régions s'auto-infligent, forment un substrat idéal pour l'extrémisme religieux, une culture de la honte et des blâmes et tout le monde peut y recrute des terroristes, là où les hommes et les femmes contemplent passionnément les horizons de leurs frontières tandis qu'ils cherchent du regard, avec enthousiasme, les ennemis.

Si, aux confins du grand Moyen-Orient, personne ne peut amender les frontières afin de rendre aux liens naturels du sang et de la foi, l'espace que la nature leur a offert, croyons alors, que ce sang versé continuera à rester le nôtre.

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05/12/2012

Mon Oncle Inutile - Satyagit Ray

Le mot inutile s'applique à beaucoup de gens, par exemple, notre domestique Nobokesto. Dans notre enfance, nous entendions, notre mère dire fréquemment, " Nobo, tu es parfaitement inutile. " Mais Nobo était bon travailleur, bien qu'une extrême lenteur se trouvait parmi ses défauts. Les après-midi, il prenait des siestes assez longues et la théière était servie à 4 heures et demi plutôt qu'à 4 heures. Alors Maman le tançait de ce mot. Je ne sais pas si le mot inutile s'applique de façon plus appropriée à qui que ce soit d'autre que Sejokaka. (1) qui avait pour sobriquet Khetu et pour nom complet Khetramohan Sen.  Un des cinq frères de mon père, l'aîné, ensuite suivait Mejo, Sejo, Sona et Choto. A l'exception d'oncle Sejo, tous réussirent dans la vie. Papa, un avocat bien connu, Mejo obtint une maîtrise de littérature et conte,satyagit rayd'histoire et devint un professeur respecté. Sona récolta assez d'argent dans les affaires pour acheter 3 maisons, Choto reçut l'approbation des maîtres musulmans les plus réputés et 36 médailles de gens fortunés pour son excellence en musique classique indienne. Et qu'arriva-t-il à oncle Seko ? Son histoire ne peut se résumer à quelques mots. Il y avait-il eu un tremblement de terre le jour de sa naissance. Pour beaucoup, c'était la cause de sa confusion. La varicelle et la petite vérole, fait partie de l'enfance de chacun, mais lui, il les avait eues toutes les deux. Périodiquement il avait aussi la coqueluche, la diphtérie, la dengue, de l'eczéma et la variole. Enfant, il hurlait à devenir bleu était pris de hoquets, puis perdait connaissance. Arrivé à l'age de 7 ans, son bégaiement se fit apparent, à 9 ans et demi, le hoquet disparut en tombant d'un goyavier. Mais cela lui cassa aussi la cheville et comme le docteur Biswas ne put réparer la cassure adéquatement, après oncle Sejo marcha avec un léger boitillement. Il ne pouvait plus participer aux jeux sportifs. En plus, l'extrémité de ses doigts manquait de sensibilité pour jouer au carrom et son esprit n'était pas équipé pour les cartes et les échecs. A l'école, il passait ses examens trois fois sans réussir. Alors, son père, c'est à dire mon grand-père, mit fin à ses études. Il dit : " Khetu, tu es des plus inutiles, dépenser de l'argent pour ton éducation, c'est jeter de l'argent à la rigole, mais je ne peux te garder pendu autour de mon cou comme un albatros. A partir de maintenant, tu accompagneras Bhombol au marché pour apprendre à acheter des épinards, des légumes, du poisson et de la viande. Après quoi tu feras les courses de la famille. " Bhombol était de la famille lointaine de mon père, il étudia et grandit jusque l'age d'homme chez nous. Assez longtemps, oncle Sejo accompagna Bhombol au marché. Un jour, nous attendions des invités à la maison, Grand-père mit 2 billets d'une roupie dans la poche d'oncle Seko et dit : " Voyons ce que tu vas acheter, aujourd'hui, le fardeau des commissions est sur tes épaules. " Ce fut la dernière qu'il fit le marché de la famille. Avant de le rejoindre, il perdit l'argent par un trou dans la poche de se chemise, qui se mêla à la poussière du chemin. Qui aurait confiance en Sejokaka après sa mésaventure ? Mon premier souvenir de lui quand j'avais trois ans le soir de Kalipuja. Quand je vous l'aurais raconté, vous comprendrez pourquoi je m'en souviens. Oncle Sejo rampe sur le sol de la véranda et je suis sur son dos. Soudain, un pétard jeté d'une maison voisine atterri dans le hamac de la véranda. Oncle Seko crie " Damnation " et en se relevant, il me jette sur le sol pavé. En tombant, je me fais un crin à la tête qui saigne à profusion. Ce jour là, il dut subir les terribles reproches de presque tout le monde à la maison. Mais j'ai eu pitié de lui, personne ne le respectait ni le considérait comme humain. C'est pourquoi, en grandissant, je ressentit de la compassion pour mon oncle. De taille moyenne et de complexion claire, la joie et le chagrin se disputaient son visage. Les hommes peuvent être intelligents, industrieux, et alors quoi ? Quel mal peut bien faire, dans une ville qui s'entrechoque, un homme comme oncle Sejo ? Quand j'en avais l'occasion, je montais dans sa chambre, au premier et m'asseyais près de lui pour lui raconter des histoires. Après un moment, j'ai réalisé l'inutilité de mes narrations puisqu'il ne pouvait garder l'histoire en mémoire jusque la fin. " Et puis, oncle Sejo ? " " Après… Hmm. Après. Attends, uh.. ce qui s'est passé après…après… " Pendant qu'il grommelait, après, il s'essoufflait comme un harmonium se vidant de son air. Abandonnant l'histoire, il se mettait à fredonner faux et à la fin de la chanson, jetait la tête en avant assoiffé, Oubliant l'histoire, il baragouinait encore un peu. Je compris alors qu'il ne pouvait rassembler l'effort de se rappeler l'histoire, je sortis en catimini de la chambre, Oncle Sejo n'appelle plus. Un jour, à 12 ans, je le trouvais dans sa chambre lisant un tome épais avec grand enthousiasme. En réponse à ma question, il réplique, " un livre d'Ayurveda. " " Pourquoi lis-tu ce livre ? " Après un instant de réflexion, il répond gravement, " Si ce n'est pas une maladie, qu'est-ce que c'est ? " " Quoi ? " " Je ne peux rien faire, je ne me souviens de rien, rien n'entre dans ma tête, si ce n'est pas une maladie, qu'est-ce que c'est ? Que pouvais-je dire ? " Ces choses arrivent, oncle Sejo. " " Pourquoi n'y il aurait-il pas de remède ? " Je dis " Tu veux dire que tu vas te soigner toi-même ? " Je savais, pour dire vrai, que personne n'avait jamais songé à le mener chez le docteur pour sa faiblesse d'esprit après ses maladies d'enfance. , Après lesquelles, généralement, il s'était bien porté. Oncle Kaka disait " Sur le chemin de Cox Bazaar, j'ai trouvé ce livre pour 10 annas. Peut-Être, me sera-t-il utile et j'espère qu'il existe une cure ayur-védique même pour ma maladie. " 2 jours plus tard dans l'après-midi, pendant la saison des pluies, comme j'approchais de la maison, je vis qu'il se préparait à sortir, chaussures de toile, conte, satyagit rayson dhoti bien serré entre les jambes, un drap de coton sur la poitrine et une ombrelle à la main. Il dit, " J'ai entendu parlé d'un arbre spécial dans le voisinage, derrière les ruines du temple de Civa, je vaux ses racines et si je les obtiens tous mes problèmes seront réglés. " Oncle Kaka s'en alla, le ciel s'assombrissait, s'il pleuvait, il ne pourrait réaliser son plan. J'errai au rez de chaussée pour une plus ou moins heure, puis, je me rendis en haut dans ma propre chambre. La pluie n'arriva pas et comme le soir arrivait, je le vis revenir, je descendis à temps pour l'accueillir à la porte. " Tu as la racine ? " " Non, j'ai oublié quelque chose, j'aurai du prendre une torche, cet endroit est une jungle bien trop sombre. " " Mais qu'est ce que c'est ? " Pendant qu'il parlait, mes yeux avaient remarqué une tache rouge au milieu de sa chemise. " Tiens, je ne l'ai pas remarqué. " Aussitôt qu'il ouvrit sa chemise, une sangsue apparut, comme Bhima suçant le sang de Duryodhana. Mêlée de son sang, il l'enleva d'une chiquenaude, elle tomba par terre avec un petit bruit mou. Mais qu'est-ce qu'une sangsue pouvait bien faire à l'oncle Sejo ? De son épaule, de son coude,, de ses cuisses, ses genoux, poignets et chevilles, on lui retira 14 sangsues. Pas de doute qu'il perdit 5 ou 6 onces de sang ce jour là. Inutile de dire, que cet incident mit fin à ses études sur l'Ayurveda. Je faisais de bonnes études, après mes préparatoires, je changeais d'université. Troisième aux examens, je voulais étudier les sciences et m'en fut à Calcutta. Je vécus à l'hôtel en apprenant ma maîtrise, Premier de la première classe, je partis pour l'Amérique et devint un scientifique connu. Finalement, à l'université de Chicago, je pris un double poste d'enseignant et de chercheur. Si loin de la maison, mes liens avec oncle Sejo devinrent fort épisodiques. Juste quand je commençais à enseigner, je reçus d'étranges nouvelles, une lettre étrange. Oncle Sejo avait eu la chance de jouer dans un film. Ici, je dois dire de l'apparence d'oncle Sejo présente une certaine ressemblance avec Swami Vivekananda. Non pas en corpulence car il était plus petit mais pour tous il y avait une ressemblance frappante dans la face. Un jour qu'il entendit qu'on allait faire un film à propos de Ramakhrisna Paramhamsa dans lequel apparaîtrait le personnage de Swami Vivekananda, oncle Seko rencontra personnellement le réalisateur et exprima le désir de jouer le rôle Il n'eut aucune difficulté à l'obtenir avec sa ressemblance. Juste une semaine plus tard, dans une autre lettre, j'appris que c'était fini, parce que bien qu'en renfermant dans sa chambre et en annonant ses lignes furieusement, Si Vivekananda répond à Ramakhrisna les lignes de la troisième scène pendant la première. Comment oncle Seko pouvait-il continuer à jouer ? . Même comme acteur, oncle Seko était parvenu à établir qu'il était complètement inutile. L'année de mes 48 ans, je lus une lettre de mon jeune frère, il m'écrivait qu'oncle Seko était parti à Coimbatore pour se faire l'élève d'un sâdhu. L'année dernière, je du me rendre à Calcutta au début de décembre pour le mariage de Kakali la fille d'oncle Choto, Mon épouse et mes deux filles complètement américanisées. Depuis la dernière lette, je n'avais plus eu de nouvelles d'oncle Sejo. On m'apprit qu'il se trouvait justement dans cette ville pour sa santé, j'étais naturellement pressé de le rencontrer. J'avais soixante ans, il devait bien en avoir nonante. J'entendis qu'il habitait sur la route de Fern, chez le fils de sa sœur, qui était docteur. On s'est vu pendant trois mois. Apparemment, il ne pouvait rien entendre à la religion et ses dix années passées à Coimbatore ne lui en avaient pas apporté les secours. Il avait perdu trente kilos. Quand il entendit que je venais, il avait dit à son neveu le docteur, dis à Jhontu qu'il vienne me voir au moins une fois. " Un dimanche soir, j'y allais. On bardait la maison, au second étage, dans la pénombre, éclairé d'une simple chandelle hésitante était assis oncle Sejo, penché sur un lit de camp, un étroit châle en roulé au cou. Je sus, tout de suite, que c'était lui, et je dois dire que pour un homme de son age, il se portait bien. Ses cheveux étaient complètement gris mais en avoir, à cet age, c'est déjà pas mal. Sa bouche s'ouvrit d'un sourire quand il me vit. On y voyait toujours une douzaine de vraies dents. Sa voix s'était affaiblie, il parlait de façon notablement vigoureuse, que je ne lui avais jamais connu. Sans doute, désormais aîné, il n'avait plus à baisser la tête devant ses frères. Son attitude semblait plus digne. " Alors Jhontu " dit oncle Sejo, " Dis moi ce que tu fais en Amérique. " Je décrivis mon travail avec le plus de modestie possible. " Physique, Recherche ? " dit oncle Sejo, " Les gens te respectent-ils ? " Ma tante de septante ans interrompit mes humbles bégaiements et se mit à exposer ma gloire dans un crescendo hyperbolique. " Oh ! Vraiment ? " dit Sejo " As-tu eu le prix Nobel, au moins ? " Je secouais la tête avait un léger sourire " S'il y a bien quelque chose à désirer alors, c'est parfaitement inutile ! " Alors que je commençais à parer ses proclamations théoriques, je disparus sous la surface de la tirade de Sejo. " Tu es parti pour vivre dans un autre pays, quand je pensais que tu trouverais la paix à Calcutta. Tu vas passer les derniers jours de ma vie avec moi. Dis moi ce qui se passe ici, les vautours ont rongé cette ville jusqu'à l'os, 10 heures par jour sans électricité, on ne peut échapper aux brouillards et aux fumées. Tout est cher et l'estomac ne peut se satisfaire d'une si pauvre nourriture. Tout est si… si inutile ! ". Ce jour là je réalisais que mon affection pour oncle Sejo était intacte, L'écouter restait encore un délice, il m'apparut l'esprit que nous avions peut-être tort ensemble, Les dispositions d'oncle Sejo étaient naturellement saines ; que dans cette parfaite création, nous étions les inutiles. Ce n'était pas vraiment exact comme oncle Sejo le prouva quelques jours plus tard. Un matin, je reçus un coup de téléphone de la maison de ma tante me disant qu'oncle Sejo avait quitté ce monde à l'aube. Il fit pour mourir le choix qu'il fit de sa vie. Le soir de ce jour était celui du mariage de mon cousin. 

 

 

 

Notes

- Kaka signifie en Bengali " oncle "

- Mejo et Sejo veulent dire en bengali second et le troisième dans l'ordre de la naissance. Après on peut choisir, Sona signifie Or et Choto le cadet.

Littérature indienne, petites histoires du Bengale vol XXXII n°1 (jan-fev ; 1981)  Khetramohan Sen 

11/04/2012

Religion et sécularisme

L’Europe engagea des guerres dynastiques et politiques sous l'étendard fallacieux de la religion jusqu'à ce que la guerre de 30 ans( 1618-1648) détruise presque ma moitié de la population d'Europe centrale. Le Traité de Westphalie qui mis fin à cette guerre effrayante enterra le modèle politique mis en œuvre par le christianisme depuis Saint Augustin: un empire chrétien universel gardienne de la paix et limitant le pouvoir des rois. Les choses sont moins simples qu'elles ne paraissent. L'interprétation conventionnelle des historiens à propos de la violence théopolitique qui posséda l'ouest. Depuis, nous allons le voir, que les nations états qui s'opposaient à l'empire universel se trouvaient fondés sur un type de foi concurrente, une forme fanatique d'auto célébration nationale dont on n'a pu comprendre la logique interne que par les guerres mondiales et les génocides du vingtième siècle, la fin des croyances et la chute démographique du vingt-et-unième siècle. Quand Thomas Hobbes publie son Léviathan, trois ans après la fin de la guerre de trente ans, il apparaissait vraisemblable que « la papauté n'est rien d'autre que le fantôme du défunt empire romain, assis, couronné, sur une tombe.»

Un élément attractif le la révolution hobbésienne dans la pensée politique, était le pouvoir promis aux intellectuels. Si la politique se réduit aux questions individuelles et matérielles alors, il est possible de manipuler l'individu par l'alternance des circonstances matérielles. Une élite avertie pourrait régler tous les problèmes du monde. Emmanuel Kant trucha, en 1793, qu'il pourrait écrire une constitution de démons, «pour autant qu'ils soient rationnels.» L'Europe ignora sa sentence et s'appliqua à s’autodétruire pendant les guerres napoléoniennes et les deux guerres du siècle derniers. Aujourd'hui, comme à l'époque de Kant, la grande frustration, dans les affaires du monde, est le refus de quelques protagonistes, à agir rationnellement. Il y eu des gains mais plus encore fut perdu dans la révolution hobbésienne de la pensée politique du dix-septième siècle. Voir l'humanité comme des créatures seulement concernées par le pouvoir, la richesse et la sécurité est une approche anthropologique appauvrie. Les outils égarés, ceux que Machiavel et Hobbes ont retiré de la boite à outils, sont exactement ceux dont nous avons besoin pour comprendre et répondre au danger inhérent à l'effondrement général des cultures qui nous fait face aujourd'hui. La réponse du sécularisme, dans toutes ses formes, a échoué vis-à-vis du besoin humain le plus fondamental. Le sociologue Eric Kaufmann, qui célèbre, lui même la fécondité des religions et la stérilité du sécularisme, l'expose de cette façon: «  le maillon faible de ce compte-rendu séculariste est constitué par son refus de prendre en compte le désir puissant des populations à chercher l'immortalité pour eux-mêmes et pour ceux qu'ils aiment.» Les sociétés traditionnelles confrontées à la mortalité infantile, à la faim, la maladie et la guerre étaient trop troublantes, quoiqu'il en soit: « nous ne serons sans doute pas à même de faire disparaître la mort sous le tapis complètement, mais elle devient si peu fréquente qu'on l'oublie facilement». L'est-elle,non, le taux de mortalité reste de 100%. On peut se fourrer les doigts dans les oreilles et chanter « je ne vous entend pas » depuis très longtemps face à la mort. Le religion offre à l'homme les moyens de transcender sa propre condition matérielle et de survivre à la fragilité de son existence. L'homo religiosus se confronte à la mort afin de lui survivre. Mais les différentes grandes religions du monde se distinguent par les différentes approches de leur relation à la mort. On ne peut faire sens du rôle des religions dans le développement démographique, politique et économique et de celui des différentes religions dans l'espace-temps sans comprendre l'expérience existentiel de l'individu religieux. C'est un vrai défi que de se livre à une telle récollection pour l'analyste séculier, c'est un peu comme de tomber amoureux pour la première fois, on n'est pas obliger d’être religieux pour le comprendre mais çà aide beaucoup. Si on ne comprend pas le rôle de la confrontation de l'espèce humaine à la mort face à sa propre moralité religieuse. La science politique est confinée à l'analyse sur la base de l'instinct de survie qui semble soudain manquer à des peuples entiers ni l’intérêt rationnel à une époque ou les nations et les peuples n'agissent en rien d'une manière concertée et rationnel. A la fin d'une irruption d'irrationalité comme la première guerre mondiale, un jeune soldat allemand, en poste dans un obscure endroit de Macédoine jetait ses pensées à propos des mois finaux du conflit sur des cartes postales militaires. Un petit homme bien mis, avec une fine moustache, éduqué pour devenir un des mandarins de l’académie allemande, un philosophe dont le rôle consistait à renforcer la confiance du pays dans sa culture. Juste après s’être retourner vers le judaïsme suivant une presque conversion au christianisme. Alors le le compte des corps augmentait en proportion inverse des espoirs de victoire, le consolations de la philosophie semblaient bien minces. Les philosophes, écrivait-il, étaient comme de petits enfants qui applaudissent en criant «je ne t'entend pas» face à la peur de la mort. «De la mort, de la crainte de la mort, vient notre connaissance du tout» commençait-il. Ce n'était pas la peur individuelles de la mort qui fascinait le jeune soldat mais comment des nations entières répondaient à l'effroi de leur propre mort collective. Il dit : «tout à fait comme l'individu à l'instinct de sa propre mort, les peuples du monde possèdent la vision de leur extinction éventuelle, aussi distante que elle puisse être dans le temps. L'amour des peuples pour leur propre identité est, certainement, empreint de la douce grossesse du pressentiment de la mort. L'amour ne se surpasse, dans sa grâce, que quand il est dirigé vers un objet mortel et le secret de l'éternel douceur n'est défini que par l'amertume de la mort. Ainsi, les peuples prophétisent le temps ou le pays avec ses rivières, ses prairies et ses montagnes gisants sous le ciel, comme aujourd'hui, sera habité par d'autres gens, quand leur langue sera inhumée dans les livres et que leurs lois et leurs coutumes auront perdu tout existence. Son nom, Franz Rosenzweig, comme ses cartes postales deviendront un grand livre: l’Étoile de la Rédemption. La conscience de la mort défini la condition humaine et elle ne peut la porter sans l'espoir de l'immortalité. Ce sens est social, la culture d'une communauté unit les morts et ceux à naître. La mort d'une culture est un événement imprévisible qui efface à la fois le passé et le futur c'est à dire ses espoirs et ses craintes, La sueur et le sacrifice de générations sans nombre dont le souvenir est perdu, quand plus aucun vivant ne chantera leurs chansons et ne racontera leurs histoires . L'épopée de Gilgamesh, premier témoignage de littérature écrite fut rédigé il y a, sans doute, 3.700 ans, raconte la quête des rois de Sumer pour l’immortalité. Après un voyage périlleux et difficile, il est dit à Gilgamesh «La vie que tu cherches, tu ne la trouveras jamais, les dieux ont allouer la mort à l'homme en le créant, mais la vie, ils la retiennent pour eux.» Rosenweig souligne qu'aux ères pré-chrétiennes, les peuples anticipèrent leur extinction. Le narcissisme des nations est gros du pressentiment de la fin. Chaque tribu sait que son temps sur terre est limité, Certaines se battent jusque la mort, d'autres cessent de se reproduire, certaines les deux. Le christianisme leur prêcha la promesse juive de la vie éternelle, Parler de la recherche du sens de la vie rend la question triviale, Ce que veut l'humanité est une direction qui transcende la mort . Cela explique un grand nombre de comportements qui autrement apparaîtraient parfaitement irrationnels. Personne n'a besoin d’être religieux pour appréhender le fait fondamental de la condition humaine, mais la religion y aide, parce que la foi rend explicite le besoin humain d'une moralité transcendante. Les rationalistes séculiers ont beaucoup de peine à s'identifier aux motifs de peuples menacés dans leurs existences, non parce qu'ils manquent de foi mais parce qu'ils l'entretiennent dans le rationalisme lui-même, ils croient avec l'enthousiasme du converti à la capacité de la raison d'expliquer toute l'expérience humaine. Il n'y a pas que les religions, les espoirs communistes les plus athées souhaitent que leur mémoire survivra dans le cœur d'un prolétariat reconnaissant. Même si nous ne croyons pas que nous aurons une place au paradis ni que la chair ressuscitera, nous pensons néanmoins que quelque chose de nous-mêmes subsistera, sous la forme d'une progéniture, de mémoires ou de conséquences des actions, que cette chose continuera à exister aussi longtemps que nos semblables continueront à habiter la terre. L'humanité persévère dans la consolation d'une part immortelle qui transcenderait la mort. Tristement, cette espoir est fragile et souvent vain, Une telle immortalité dépend de gens comme nous, c'est à dire de la continuité culturelle. Si vous croyez véritablement dans une après vie surnaturelle, rien ne peut vraiment vous décevoir. Les humains ne sont pas les seuls animaux qui recèlent le sentiment de la mort, les éléphants pleurent leurs morts et les chiens leurs maîtres. Mais, nous sommes les seuls pour qui le sentiment de la continuité dépend autant de la culture que des gènes Contrairement aux hommes et aux femmes, les animaux montrent un instinct universel d'auto préservation et de propagation de leur espèce. On n'observe jamais des chats décider de ne pas avoir de chatons pour mieux poursuivre leur carrière de chasseur de souris. On ne veut pas suggérer que les différents êtres humains appartiennent à des espèces différentes. Au contraire, le fils d'un hottentot trouvera sa voie si il est élever par un mécanicien écossais et un homme contemporain peut se montrer aussi stupide dans l'état providence que le cueilleur chasseur d'une tribu papoue. Mais la culture joue, pour les hommes, le même rôle que la différenciation des espèces pour les animaux. Un hottentot adulte aura du mal à s'adapter à la société industrielle tout autant qu'un écossais dans le Kalahari. L'impulsion de l'animal vers le futur s'incarne dans la propagation des espèces. Mais l'individu humain projette la culture qui le nourrit, l'entretient et transmet et transmet sa contribution aux générations futures. La culture est le fil du vêtement qui tisse l'espoir de l'immortalité. Pas tellement par la transmission génétique mais par la communication inter-générationnelle. En l'absence de foi, notre culture meurt et notre espoir de transcender plus d'existence physique meurt aussi. Les individus, piégés dans une culture agonisante vivent dans un monde crépusculaire. Ils embrassent la mort par la stérilité. Un chien se traînera dans un trou pour mourir. Les membres de cultures malades ne font rien d'aussi dramatique, mais ils cessent d'avoir des enfants, pervertissent leurs sens par l'alcool et les drogues, ne répondent plus à rient pour la plupart s'abandonnent si ils ne font pas la guerre à la source perçue de leur humiliation. Quand les hommes et les femmes perdent le sens du sacré, ils perdent le désir de vivre. En désespérant de l'immortalité, nous restons étonner devant ce fait que nous connaissons, qu'un jour, nous devrons mourir. C'est aussi vrai pour l'homo sapiens moderne que pour nos ancêtres les plus lointains. On a déterré des cadeaux avec les sites funéraires de Neanderthal. L'homme ne vit pas que pour se reproduire dit Moise sur les rives du Jourdain. Les gens riches peuvent manger tout le pain qu'ils veulent mais ils ont perdu le goût de vivre. Les occidentaux sont mal équiper pour sympathiser avec les angoisses existentiels des autres nations. L’Amérique est la grande exception à l'effondrement démographique qui balaye le monde moderne. Comme nation d'immigrants, elle se régénère. Elle ne porte pas le bagage d'un passé tragique. Le lien qui l'unit sont les concepts communs de la justice et de l'opportunité. C'est une nation propositionnelle. Sa bonne grâce et son optimisme pense que tout le monde est comme elle et elle oublie qu'elle descend de peuples qui ont choisi d'abandonner le dramatique destin de leurs propres nations pour les rivages plus lointains de l'Amérique qu'ils ont choisi. Ils ont appris que sa capacité d'influencer les événements du monde même ne l'absence de la compétition des super puissances, est limitée et que la dissipation de ses ressources peut s'avérer mortelle. Sa pensée stratégique souffre de ne pas prendre en compte les problèmes existentiels des autres nations. Elle pense en catégories géopolitiques étroites mais n'a pas étudié la théopolitique, l'impact puissant des croyances religieuses et les aspirations suggérées par les événements mondiaux. Mme cette Amérique exceptionnelle doit en venir aux mains avec cet effondrement de la foi et de la fécondité, en particulier dans un monde musulman qui décline rapidement et dangereusement, de façon à prévaloir dans un monde ou les fins sont la plupart du temps plus tragiques qu'heureuses

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