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12/05/2012

Les Frères Musulmans choisissent le Chaos

Les Frères Musulmans ont signalé leur intention d'amener l'Egypte au chaos. Avec des réserves de liquidités atteignant à peine deux mois d'importations et la panique qui gagne l'économie égyptienne, le candidat des Frères Musulmans, Khairat al Shater a prévenu qu'il bloquerait le prêt d'urgence de trois milliards de dollars alloués par le Fond Monétaire International jusqu'à ce que le gouvernement militaire cède le pouvoir. "Nous avons dit au gouvernement qu'il se trouvait devant une alternative, soit de postposer l'emprunt sans chercher à l'obtenir par d'autres moyens et sans notre acceptation, soit d'accélérer la formation d'un nouveau gouvernement" disait-il à un journaliste de Reuter. Il ajoute qu'Al Shater indique que les finances du pays sont précaires et qu'une dévaluation sévère pourrait avoir lieu à la fin de l'année fiscale, qui approche, c'est à dire début mai, et que c'est de la responsabilité du gouvernement de la résoudre. Récemment la Banque Centrale d'Egypte, dans un rapport, énonce que les réserves de change totales ont chuté de quinze milliards de dollars à seulement neuf milliards de dollars, ce qui équivaut à deux mois d'importations. Les projections sur le marché des changes à terme montrent que la Livre pourrait perdre la moitié de sa valeur durant l'année à venir et que les Egyptiens ont répondu en se restreignant sur le diesel, le propane et d'autres nécessités premières. Avec la moitié de la population vivant sur deux dollars par jour ou moins, la dévaluation attendue en une partie significative sous le seuil de nutrition au prix, pour le gouvernement de subsidier l'importation des biens de première nécessité pour une nation qui importe déjà la moitié de sa consommation calorique. Le prêt du Fond Monétaire International permettait donnait un délai à la dévaluation, mais al Shater et les Frères Musulmans refusent ce ballon d'oxygène en arguant du fait qu'il n'est pas logique d'accorder une telle somme à un gouvernement de transition qui durera deux ou trois mois, alors que le prochain gouvernement, lui, permanent, devra le rembourser. Alors que l'Egypte s'achemine vers le chaos, les observateurs occidentaux comment stabiliser l'économie. Il apparaît que la question est mal posée. Pourquoi les Frères Musulmans ne veulent-ils pas permettre à l'occident de stabiliser la position financière de l'Egypte ? La vraie question est : qui bénéficiera de la chute ? A ce stade, les Frères Musulmans apparaissent comme seuls vainqueurs par défaut. Nul autre acteur ne semble avoir le courage et ne sang froid nécessaire pour exploiter la crise à venir. Par contraste, l'Amérique est bloquée dans la défense d'une position qui se détériore et les chefs militaires égyptiens sont plus concernés à s'aménager un nid en exil, comme les généraux iraniens en 1979. Les Frères pensent qu'une famine générale ne peut que renforcer leur position et ils ont probablement raison de le croire. Quand le système tricard et corrompu des subsides alloués par le gouvernement s'effondrera, les chefs islamistes locaux prendront le contrôle de la distribution de nourriture et établiront ainsi une dictature de facto dans les rues. Une fois de plus, les analystes américains se sont égarés dans leurs évaluations en confondant les manifestants de la place Tahrir avec des révolutionnaires. Alors qu'ils n'ont jamais cessé d'être les instruments d'une organisation révolutionnaire construite sur le modèle léniniste ou nazi. Le programme des Frères est en gestation depuis longtemps déjà, a su se substituer, à l'époque de la chute de Moubarak, au manque grandissant de combustible et de nourriture. Le Ministère de la Solidarité et de la Justice Sociale s'est mis à former des "comités révolutionnaires" afin de faire respecter la loi aux boulangers et aux marchands de propane et aux vendeurs de rue qui "font payer plus que le prix prescrit par la loi". D'après le Ministre " des opérateurs contrôlent le prix du pain et du butane et des comités populaires sont nécessaires pour les contrer". Le gouvernement avait déjà réduit l'importation de combustibles et d'autres biens subsidiés à un niveau égale à 35% de la normale. Mais si la patience des gens est mise à l'épreuve, ils n'ont d'autre choix que de l'entretenir tant ils craignent qu'une crise de plus ne compromette la production subsidiée de pain. Avec les semaines qui passent, des queues de milliers d'automobiles s'allongent dans les stations services tout comme celles des piétons du propane. On n'en est pas encore au pain. Que ce soit le gouvernement qui, anticipe la dévaluation en engrangeant des devises fortes ou les particuliers en stockant des vivres. Dans les deux cas, le résultat est le même, L'Egypte manque d'argent et fait face à une dévaluation chaotique. Les acteurs politiques ont renoncé à éviter la crise pour se positionner plutôt que de l'exploiter. La politique américaine se retrouve entièrement démunie face à ce scénario. Depuis le traité de paix avec Israël, en 1979, l'Amérique a versé 75 milliards de dollars aux militaires égyptiens et continue à voir dans le Conseil Suprême des Forces Armées, le seul sanctuaire de stabilité de la politique égyptienne. La posture est bipartisane, les Sénateurs John Mc Cain de l'Arizona et Lindsey Graham de San Francisco ont rencontré les chefs des Frères Musulmans au Caire en mars, évidemment avec l'espoir de persuader les Frères Musulmans de ne pas remettre en question le contrôle des forces armées sur le gouvernement. Mc Cain a clairement déclaré qu'il voulait réduire les tensions entre les Islamistes et le régime des forces armées comme il le dit lors d'un échange avec un journaliste au Caire : " la tension actuelle en le conseil militaire et les Frères Musulmans pourrait aggraver la situation dans le pays, la période à venir qui va élaborer la constitution risque de connaître une escalade des tensions et la possibilité de plus de confrontations et de démonstrations en Egypte. Quoi qu'il en soit, la question la plus importante est de savoir si les Frères Musulmans adoptent une approche modérée ou si certains de ses membres les plus extrémistes dirigent le processus d'élaboration de la constitution et les élections. C'est la position américaine conventionnelle. Depuis, les Frères Musulmans ne se sont pas contentés d'entrer au Parlement, ils ont aussi présenté leur candidat Khairat al Shaker. Organisation révolutionnaire qui vit naître ses premiers succès sous l'influence du département des affaires étrangères de l'Allemagne nazie, elle n'a aucun état d'âme à exacerber la misère économique des égyptiens afin de poursuivre son agenda. La consolidation du pouvoir des Frères Musulmans en arrière plan des dévaluations et du manque de nourriture sont des techniques utilisées par les bolcheviks en 1917 et par les nazis en 1933, La problématique est engagée. Il n'y a aucun moyen de l'éviter et les militaires connaîtront leur défaite quand l'argent étranger cessera de leur parvenir. Les Américains profitèrent de l'opportunité créée par l'arrestation d'agents d'organisations non gouvernementales pour fournir 1,3 milliards de dollars en échange du règlement du contentieux. L'Amérique continue à mettre tous ses œufs dans le même panier militaire comme le montre ses représentations aux militaires et l'affaire des agents. La maison Saoud est en pleine crise d'hystérie contre les Frères Musulmans et reflète l'inquiétude des émirats. Cette importante hypothèque, virtuellement ignorée par les services américains au point qu'en analysant leurs liens, ils ont conclu que les saoudiens avaient gagné une nouvelle influence chez les Frères Musulmans et même chez les Salafistes. Les monarchies du golfe ont de bonnes raisons de craindre les Frères Musulmans opposés au tribalisme monarchique, les Frères remodèlent le radicalisme islamique sous la forme d'un parti totalitaire révolutionnaire moderne. Si l'Egypte a faim, les pleurs viendront du Caire : " Nos frères manquent de pain et la maison corrompue des Saoud dépensent des fortunes en whisky et en putains". Les officiels des états du golfe ont fait part de leurs. L'éditorialiste indépendant égyptien, Sultan al-Qassemi écrit : Dans la vidéo largement distribuée d'un discours récent à Bahrain, le chef de la police de Dubai qui entretient d'excellentes relations avec le Premier Ministre du pays, a prévenu contre les Frères Musulmans constatant que leur menace sur la région était" tout aussi dangereuse que celle de l'Iran. Un conflit potentiel entre les états du golfe et l'Egypte en ajoutera encore aux tendances centrifuges de la région. Ils sont alliés contre l'Iran mais de mortels compétiteurs en puissance. Les efforts des Frères Musulmans pour subtiliser le pouvoir à la famille Assad alliée de Téhéran peuvent pousser le conflit vers une dimension entièrement nouvelle. Une attention insuffisante a été portée au fait que la désintégration de la Syrie puisse inciter Israël à frapper l'Iran. Dans les jours derniers a émis des avertissements à propos des réserves d'armes chimiques syriennes estimées les plus importantes du monde. Comme le dit le Financial Times: " Israël est profondément concerné par le stock gigantesque d'armement que détient la Syrie, y compris, des missiles à longue portée, des armes chimiques et biologiques ne finissent entre les mains de militants radicaux libanais ou d'autres. Ehud Barak, Ministre de la Défense israélien parlant devant le Parlement met en exergue les dangers à court terme posé par l'instabilité en Syrie. "Nous surveillons les évènements de Syrie et tout effort pour transférer de l'armement qui romprait l'équilibre, les incertitudes augmentent et nous devons nous préparer à n'importe quel scénario. Les fonctionnaires israéliens soulignent un risque plus grand encore en cas d'intervention de l'Iran dans les affaires syriennes à l'aide de troupes régulières pour aider le régime d'Assad, sans doute en réponse au soutien réel ou perçu des occidentaux à l'opposition syrienne. Dans ce cas, les Iraniens disposeraient du contrôle des armes chimiques syriennes. Ce qui leur donnerait les moyens de riposter à n'importe quelle frappe sur l'Iran. L'armement chimique syrien est évoqué régulièrement par la presse spécialisée. Mais personne n'évoque ce que devrait être le souci principal. La dissuasion a toujours fonctionné avec le régime d'Assad mais si la Syrie utilisait ses armes chimiques contre Israël, Damas serait vitrifiée. La famille Assad refuse l'émergence de ce scénario mais les Iraniens sont beaucoup moins regardants sur une manière plutôt qu'une autre. D'ailleurs, pour commencer, ils n'ont jamais aimé les Arabes. Si l'Iran obtient un contrôle sur le stock syrien, cela signifie une force de frappe hors de ses frontières ce qu'Israël ne pourra tolérer. La politique américaine marche sur trois jambes, utiliser une combinaison de menaces et de gratifications pour stabiliser la Syrie, faire confiance au Conseil Militaire pour stabiliser l'Egypte. Utiliser le bâton des sanctions et la carotte du nucléaire civil. Ce qu'il se passe c'est que Washington ne marche sur aucune jambe, le Moyen-Orient se dirige vers le chaos du fait de la force politique dominante du pays arabe le plus peuplé. L'Egypte des Frères musulmans croit que le chaos tournera à son avantage. Avec l'échec des outils traditionnels de la diplomatie américaine, l'alternative, pour promouvoir la stabilité consiste à gérer l'instabilité. C'est une action pour laquelle les Américains manquent des qualifications culturelles nécessaires et de l'estomac d'acier assorti. Mais ils vont devoir apprendre vite. Si les frères Musulmans se proposent des gains à partie de la crise économique pour transférer le pouvoir des vieilles institutions civiles vers les organisations révolutionnaires dans la rue. La riposte évidente est d'intensifier la crise qui deviendrait ingérable pour les organisations révolutionnaires et discréditerait les Frères Musulmans accusés de combattre le feu par le feu.

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01/05/2012

Le Sud, la guerre et l'esclavage chrétien

Dans l'esprit de nombreux sudistes, la capture de la Nouvelle-Orléans, le 25 avril 1862 par les forces de l'Union représentait d'avantage qu'une défaite militaire troublante. Elle mit aussi en évidence la possibilité dérangeante d'une punition divine infligée à une Confédération pécheresse égarée spirituellement. La perte de la ville et du port le plus important suivait celle de Fort Henri et Fort Donelson, ouvrages du Tennessee, en février et la retraite ignominieuse de Shiloh début avril. Ces retraites, après les succès pratiquement ininterrompus de 1861, poussèrent les Confédérés à se demander comme l'exprime les mots de la nouvelliste de Caroline du Sud Pauline De Caradeuc Heyward, si « ces revers et ces terribles humiliations venaient de Lui pour rendre nos cœurs humbles et nous rappeler que nous sommes impuissants sans Son aide ». Ce genre de pensée incarnait une réflexion typique de l'Amérique du dix-neuvième siècle. Avec différents degrés de sophistication et de conviction, les américains pensaient que les croyances des individus et des nations se déroulaient accordement à un plan divin intangible, tous les événements, grands et petits, réfléchissaient la volonté de Dieu étaient l'expression soir de sa faveur, de son épreuve ou de son jugement. Bien sur, certains tel le confédéré Edward Porter Alexander écrira du conflit que la «  Providence s'en fichait comme de colin tampon ».Mais la plupart des des nordistes et des sudistes, luttèrent tout au long de la guerre pour discerner les buts et les intentions de leur Dieu. Alors que les masses innombrables des deux bords dépendaient des narrations théologiques pour les soutenir, une vision providentielle de l'histoire influença particulièrement la manière de réagir des sudistes et leur interprétation des événements de la guerre.

Après tout, le préambule de la constitution confédérée, contrairement à la constitution fédérale invoquait explicitement « la faveur et la guidance du Dieu Tout-Puissant ». Les sudistes se pensaient peuple choisi par Dieu pour manifester Sa Volonté sur terre. « Nous réalisons une grande pensée divine », déclarait le théologien épiscopalien James Warley Miles, « c'est à dire un développent humain supérieur par la capacité de sa liberté constitutionnelle ». Il se faisait le héraut d'un mandat divin s'étendant bien au delà de la simple interprétation confédérée sur le droit des états et que les sudistes liés par la bible pour chercher davantage qu'une indépendance égoïste. La Confédération doit « montrer au monde un effort suprême de l'humanité » afin de créer et de défendre une société construite sur l’obéissance aux prescriptions bibliques en regard de l'esclavage, une société « sanctifiée par l'esprit divin du Christianisme ». En résumé, comme l’Église Épiscopale de Virginie en fit état un peu après le début de la guerre civile, les sudistes combattaient pour « une révolution aussi bien ecclésiale que civile ». qui établirait, rien de moins,dans les mots d'une femme de Géorgie que  « l'établissement final et universel de la civilisation de l’Évangile ». Cette « civilisation de l’Évangile » beaucoup pensaient qu'elle ne faisait pas que permettre l'esclavage mais aussi qu'il était requis et les chrétiens, partout dans la Confédération, se trouvaient convaincus qu'ils étaient appelés non seulement à perpétuer l'esclavage mais aussi à le « perfectionner ». ils trouvèrent dans la bible les guidances morales pour justifier leur pratique. Les patriarches de l'ancien testament possédaient des esclaves, la loi juive le permettait et les lettres du nouveau testament de l’apôtre Paul obligeaient les esclaves à l'obéissance à leurs maîtres. De plus, les sudistes ne se fatiguaient jamais de souligner leurs griefs contre l'abolition et les évangiles n'enregistrent nulle part la condamnation de la pratique par Jésus Christ. En conséquence apparaît un paradoxe fascinant sinon incertain dans l'effort des maîtres d'esclaves pour remplir ce qu'il considéraient comme des devoirs imposés par la divinité à l'égard des esclaves. Les chrétiens du sud croyaient que la bible imposaient aux maîtres toute une quantité d'obligations pour leurs esclaves. Fondamentalement, les maîtres devaient regarder leurs esclaves comme des membres à part entière de leur propres maisonnées et comme des frères et des sœurs dans le Seigneur. Comme le déclarait la Conférence Méthodiste de Caroline du Sud avant la guerre, les maîtres pèchent contre leurs esclaves par «  un travail excessif, des punitions extrêmes, la rétention de la nourriture et des vêtements nécessaires, la négligence de la maladie et du grand age etc... » De plus, les maîtres ne pouvaient pas laisser des considérations économiques gouverner le traitement de leurs esclaves. Les chefs religieux imploraient des maîtres d'esclave la reconnaissance du mariage et de la famille comme une prescription divine et qu'en conséquence, ils ne pouvaient séparer les époux ni les parents de leurs enfants même quand il était avantageux financièrement de le faire. Presque' aucune loi ne résulta de ces plaidoyers, seule, la force de la conscience déterminait si ces prescriptions bibliques se trouvaient honorées. Beaucoup de protestants du sud se firent les avocats de l’abolition des lois qui prohibaient l'alphabétisation des esclaves pour qu'ils puissent lire la bible comme moyen de leur salut éternel. Avant la guerre, ces pratiques étaient d'abord justifiées par les mandats bibliques. Non sans coïncidence mises en œuvre afin de s'assurer d'esclaves plus heureux et plus productifs et pour déterrer les objections religieuses à la pratique de l'esclavage lui-même. Au début du printemps de 1862 et se perpétuant bien après la guerre, la signification théologique de l'esclavage chrétien se modifia. Les pasteurs et les théologiens sudistes combinèrent une vision providentiel de l'histoire avec la compréhension de ce qui était requis bibliquement des maîtres d'esclaves pour conclure à l'échec global de l'engagement dans l'esclavage chrétien et qu'il s'agissait là de la cause principale de la faveur divine retirée à l'authentique peuple de Dieu. En d'autres termes, ils blâmèrent les excès des propriétaires d'esclaves pour la chute de la Nouvelle-Orléans mais jamais l'esclavage en soi. Pour s'en assurer, ce n'étaient pas seulement les seuls péchés qui amenèrent la Confédération à cette rétribution mais aussi le blasphème, la rupture du Sabbat, l’égoïsme. L’Église Luthérienne de Caroline du Sud déclara que la punition divine amènerait aussi l'échec sur les champs de bataille ainsi que l'avarice, la sécheresse du cœur, l'incroyance et d'autres maux. C'était bien sur le catalogue des péchés, bien éprouvé,distillés par les prêcheurs du nord et du sud depuis des décades. Mais les combats continuèrent et la fortune de la Confédération s'assombrissait. Les sudistes s’effrayèrent de plus en plus de l'éventualité que leur traitement des esclaves les avaient rendus adversaires de Dieu. Par exemple, même quand il fut convaincu que finalement Dieu ferait tomber sa colère sur la Confédération, le ministre baptiste Isaac Taylor Tichenor s'exprima pour de nombreux sudistes quand il s'adressa à l'Assemblée Générale de l'Alabama en 1863 en ces mots «  la réalisation de nos devoirs à l'égard des esclaves est un échec », il ajoutait « Le mariage est une institution divine, pourtant il n'existe que dépendant de la volonté des maîtres » pervertissant ainsi le commandement divin en le rendant sujet à la passion, à l'avarice ou au caprice des maîtres ». De manière similaire, le théologien et président d'université John Leadley Dagg vit les reculs de la Confédération comme «  un châtiment paternel conçu pour notre profit ». Néanmoins, il insista pour dire, pendant toute la guerre, que l'échec de la protection du mariage des esclaves n'était qu'une partie du mal général. » Nous n'avons pas travaillé de toutes nos forces, à promouvoir le bien-être, dans les temps et pour l'éternité de la population des esclaves en tant qu'immortels dépendants et sans défense que Dieu ont placés en notre puissance et notre pitié ». En septembre 1862, l’Évêque Stephen Elliott prévint les sudistes que «  la grande révolution par laquelle nous passons, certainement, tourne autour de la question de l'esclavage, et notre destinée future lui est liée. Notre prospérité ou notre souffrance dépendra de la manière dont nous la traiterons ». Une année après la fin de la guerre Dagg insistera sur le fait que la défaite de la Confédération trouve son origine dans l'échec des blancs du sud à prendre soin de façon adéquate de leurs devoirs à l'égard des noirs. La guerre était le « fléau de Dieu » infligé à la Confédération pour son échec à respecter le mariage et la protection des familles dus aux esclaves comme le dit l’Évêque John McGill de Richmond en Virginie. Tous les sudistes n'étaient pas de cet avis. Certains tel Louis Blanding, écarta simplement tout effort pour justifier les raison divines qui permirent la destruction du sud comme «  de vagues jeux théologiques, sûrement appropriés à des fins de partie mais sans réalité matérielle ». D'autres comme la journaliste du Tennessee Belize Fain se trouvait clairement mystifiée que Dieu puisse permettre la fin de l'esclavage alors que la bible le justifiait clairement, en concluant, «  nous ne pouvons savoir, mais Il le sait et c'est tout ce que nous méritons de connaître ».

Finalement, beaucoup de sudistes, se firent les interprètes de leur histoire telle que suggérée par Elliott et expliquée par le révérend J.C. Mitchell qui les admonesta «  Lisez les annales des autres nations et voyez ce qui les détruit, ce ne fut point une force étrangère mais leur propre mal ». Après la guerre, pour d'innombrables sudistes blancs, chrétiens vertueux, le mal qui provoqua la colère divine et la fin de la Confédération s'incarnait dans les myriades de torts contre les esclaves dont ils étaient les gardiens. Quelques uns, seulement se demandèrent si le vrai péché n'était pas de posséder ceux que la bible appelle leurs frères et sœurs en Christ.

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13:55 Écrit par walloween dans Histoire, Monde, Politique, Spiritualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sud, guerre, esclavage |  Facebook

11/04/2012

Religion et sécularisme

L’Europe engagea des guerres dynastiques et politiques sous l'étendard fallacieux de la religion jusqu'à ce que la guerre de 30 ans( 1618-1648) détruise presque ma moitié de la population d'Europe centrale. Le Traité de Westphalie qui mis fin à cette guerre effrayante enterra le modèle politique mis en œuvre par le christianisme depuis Saint Augustin: un empire chrétien universel gardienne de la paix et limitant le pouvoir des rois. Les choses sont moins simples qu'elles ne paraissent. L'interprétation conventionnelle des historiens à propos de la violence théopolitique qui posséda l'ouest. Depuis, nous allons le voir, que les nations états qui s'opposaient à l'empire universel se trouvaient fondés sur un type de foi concurrente, une forme fanatique d'auto célébration nationale dont on n'a pu comprendre la logique interne que par les guerres mondiales et les génocides du vingtième siècle, la fin des croyances et la chute démographique du vingt-et-unième siècle. Quand Thomas Hobbes publie son Léviathan, trois ans après la fin de la guerre de trente ans, il apparaissait vraisemblable que « la papauté n'est rien d'autre que le fantôme du défunt empire romain, assis, couronné, sur une tombe.»

Un élément attractif le la révolution hobbésienne dans la pensée politique, était le pouvoir promis aux intellectuels. Si la politique se réduit aux questions individuelles et matérielles alors, il est possible de manipuler l'individu par l'alternance des circonstances matérielles. Une élite avertie pourrait régler tous les problèmes du monde. Emmanuel Kant trucha, en 1793, qu'il pourrait écrire une constitution de démons, «pour autant qu'ils soient rationnels.» L'Europe ignora sa sentence et s'appliqua à s’autodétruire pendant les guerres napoléoniennes et les deux guerres du siècle derniers. Aujourd'hui, comme à l'époque de Kant, la grande frustration, dans les affaires du monde, est le refus de quelques protagonistes, à agir rationnellement. Il y eu des gains mais plus encore fut perdu dans la révolution hobbésienne de la pensée politique du dix-septième siècle. Voir l'humanité comme des créatures seulement concernées par le pouvoir, la richesse et la sécurité est une approche anthropologique appauvrie. Les outils égarés, ceux que Machiavel et Hobbes ont retiré de la boite à outils, sont exactement ceux dont nous avons besoin pour comprendre et répondre au danger inhérent à l'effondrement général des cultures qui nous fait face aujourd'hui. La réponse du sécularisme, dans toutes ses formes, a échoué vis-à-vis du besoin humain le plus fondamental. Le sociologue Eric Kaufmann, qui célèbre, lui même la fécondité des religions et la stérilité du sécularisme, l'expose de cette façon: «  le maillon faible de ce compte-rendu séculariste est constitué par son refus de prendre en compte le désir puissant des populations à chercher l'immortalité pour eux-mêmes et pour ceux qu'ils aiment.» Les sociétés traditionnelles confrontées à la mortalité infantile, à la faim, la maladie et la guerre étaient trop troublantes, quoiqu'il en soit: « nous ne serons sans doute pas à même de faire disparaître la mort sous le tapis complètement, mais elle devient si peu fréquente qu'on l'oublie facilement». L'est-elle,non, le taux de mortalité reste de 100%. On peut se fourrer les doigts dans les oreilles et chanter « je ne vous entend pas » depuis très longtemps face à la mort. Le religion offre à l'homme les moyens de transcender sa propre condition matérielle et de survivre à la fragilité de son existence. L'homo religiosus se confronte à la mort afin de lui survivre. Mais les différentes grandes religions du monde se distinguent par les différentes approches de leur relation à la mort. On ne peut faire sens du rôle des religions dans le développement démographique, politique et économique et de celui des différentes religions dans l'espace-temps sans comprendre l'expérience existentiel de l'individu religieux. C'est un vrai défi que de se livre à une telle récollection pour l'analyste séculier, c'est un peu comme de tomber amoureux pour la première fois, on n'est pas obliger d’être religieux pour le comprendre mais çà aide beaucoup. Si on ne comprend pas le rôle de la confrontation de l'espèce humaine à la mort face à sa propre moralité religieuse. La science politique est confinée à l'analyse sur la base de l'instinct de survie qui semble soudain manquer à des peuples entiers ni l’intérêt rationnel à une époque ou les nations et les peuples n'agissent en rien d'une manière concertée et rationnel. A la fin d'une irruption d'irrationalité comme la première guerre mondiale, un jeune soldat allemand, en poste dans un obscure endroit de Macédoine jetait ses pensées à propos des mois finaux du conflit sur des cartes postales militaires. Un petit homme bien mis, avec une fine moustache, éduqué pour devenir un des mandarins de l’académie allemande, un philosophe dont le rôle consistait à renforcer la confiance du pays dans sa culture. Juste après s’être retourner vers le judaïsme suivant une presque conversion au christianisme. Alors le le compte des corps augmentait en proportion inverse des espoirs de victoire, le consolations de la philosophie semblaient bien minces. Les philosophes, écrivait-il, étaient comme de petits enfants qui applaudissent en criant «je ne t'entend pas» face à la peur de la mort. «De la mort, de la crainte de la mort, vient notre connaissance du tout» commençait-il. Ce n'était pas la peur individuelles de la mort qui fascinait le jeune soldat mais comment des nations entières répondaient à l'effroi de leur propre mort collective. Il dit : «tout à fait comme l'individu à l'instinct de sa propre mort, les peuples du monde possèdent la vision de leur extinction éventuelle, aussi distante que elle puisse être dans le temps. L'amour des peuples pour leur propre identité est, certainement, empreint de la douce grossesse du pressentiment de la mort. L'amour ne se surpasse, dans sa grâce, que quand il est dirigé vers un objet mortel et le secret de l'éternel douceur n'est défini que par l'amertume de la mort. Ainsi, les peuples prophétisent le temps ou le pays avec ses rivières, ses prairies et ses montagnes gisants sous le ciel, comme aujourd'hui, sera habité par d'autres gens, quand leur langue sera inhumée dans les livres et que leurs lois et leurs coutumes auront perdu tout existence. Son nom, Franz Rosenzweig, comme ses cartes postales deviendront un grand livre: l’Étoile de la Rédemption. La conscience de la mort défini la condition humaine et elle ne peut la porter sans l'espoir de l'immortalité. Ce sens est social, la culture d'une communauté unit les morts et ceux à naître. La mort d'une culture est un événement imprévisible qui efface à la fois le passé et le futur c'est à dire ses espoirs et ses craintes, La sueur et le sacrifice de générations sans nombre dont le souvenir est perdu, quand plus aucun vivant ne chantera leurs chansons et ne racontera leurs histoires . L'épopée de Gilgamesh, premier témoignage de littérature écrite fut rédigé il y a, sans doute, 3.700 ans, raconte la quête des rois de Sumer pour l’immortalité. Après un voyage périlleux et difficile, il est dit à Gilgamesh «La vie que tu cherches, tu ne la trouveras jamais, les dieux ont allouer la mort à l'homme en le créant, mais la vie, ils la retiennent pour eux.» Rosenweig souligne qu'aux ères pré-chrétiennes, les peuples anticipèrent leur extinction. Le narcissisme des nations est gros du pressentiment de la fin. Chaque tribu sait que son temps sur terre est limité, Certaines se battent jusque la mort, d'autres cessent de se reproduire, certaines les deux. Le christianisme leur prêcha la promesse juive de la vie éternelle, Parler de la recherche du sens de la vie rend la question triviale, Ce que veut l'humanité est une direction qui transcende la mort . Cela explique un grand nombre de comportements qui autrement apparaîtraient parfaitement irrationnels. Personne n'a besoin d’être religieux pour appréhender le fait fondamental de la condition humaine, mais la religion y aide, parce que la foi rend explicite le besoin humain d'une moralité transcendante. Les rationalistes séculiers ont beaucoup de peine à s'identifier aux motifs de peuples menacés dans leurs existences, non parce qu'ils manquent de foi mais parce qu'ils l'entretiennent dans le rationalisme lui-même, ils croient avec l'enthousiasme du converti à la capacité de la raison d'expliquer toute l'expérience humaine. Il n'y a pas que les religions, les espoirs communistes les plus athées souhaitent que leur mémoire survivra dans le cœur d'un prolétariat reconnaissant. Même si nous ne croyons pas que nous aurons une place au paradis ni que la chair ressuscitera, nous pensons néanmoins que quelque chose de nous-mêmes subsistera, sous la forme d'une progéniture, de mémoires ou de conséquences des actions, que cette chose continuera à exister aussi longtemps que nos semblables continueront à habiter la terre. L'humanité persévère dans la consolation d'une part immortelle qui transcenderait la mort. Tristement, cette espoir est fragile et souvent vain, Une telle immortalité dépend de gens comme nous, c'est à dire de la continuité culturelle. Si vous croyez véritablement dans une après vie surnaturelle, rien ne peut vraiment vous décevoir. Les humains ne sont pas les seuls animaux qui recèlent le sentiment de la mort, les éléphants pleurent leurs morts et les chiens leurs maîtres. Mais, nous sommes les seuls pour qui le sentiment de la continuité dépend autant de la culture que des gènes Contrairement aux hommes et aux femmes, les animaux montrent un instinct universel d'auto préservation et de propagation de leur espèce. On n'observe jamais des chats décider de ne pas avoir de chatons pour mieux poursuivre leur carrière de chasseur de souris. On ne veut pas suggérer que les différents êtres humains appartiennent à des espèces différentes. Au contraire, le fils d'un hottentot trouvera sa voie si il est élever par un mécanicien écossais et un homme contemporain peut se montrer aussi stupide dans l'état providence que le cueilleur chasseur d'une tribu papoue. Mais la culture joue, pour les hommes, le même rôle que la différenciation des espèces pour les animaux. Un hottentot adulte aura du mal à s'adapter à la société industrielle tout autant qu'un écossais dans le Kalahari. L'impulsion de l'animal vers le futur s'incarne dans la propagation des espèces. Mais l'individu humain projette la culture qui le nourrit, l'entretient et transmet et transmet sa contribution aux générations futures. La culture est le fil du vêtement qui tisse l'espoir de l'immortalité. Pas tellement par la transmission génétique mais par la communication inter-générationnelle. En l'absence de foi, notre culture meurt et notre espoir de transcender plus d'existence physique meurt aussi. Les individus, piégés dans une culture agonisante vivent dans un monde crépusculaire. Ils embrassent la mort par la stérilité. Un chien se traînera dans un trou pour mourir. Les membres de cultures malades ne font rien d'aussi dramatique, mais ils cessent d'avoir des enfants, pervertissent leurs sens par l'alcool et les drogues, ne répondent plus à rient pour la plupart s'abandonnent si ils ne font pas la guerre à la source perçue de leur humiliation. Quand les hommes et les femmes perdent le sens du sacré, ils perdent le désir de vivre. En désespérant de l'immortalité, nous restons étonner devant ce fait que nous connaissons, qu'un jour, nous devrons mourir. C'est aussi vrai pour l'homo sapiens moderne que pour nos ancêtres les plus lointains. On a déterré des cadeaux avec les sites funéraires de Neanderthal. L'homme ne vit pas que pour se reproduire dit Moise sur les rives du Jourdain. Les gens riches peuvent manger tout le pain qu'ils veulent mais ils ont perdu le goût de vivre. Les occidentaux sont mal équiper pour sympathiser avec les angoisses existentiels des autres nations. L’Amérique est la grande exception à l'effondrement démographique qui balaye le monde moderne. Comme nation d'immigrants, elle se régénère. Elle ne porte pas le bagage d'un passé tragique. Le lien qui l'unit sont les concepts communs de la justice et de l'opportunité. C'est une nation propositionnelle. Sa bonne grâce et son optimisme pense que tout le monde est comme elle et elle oublie qu'elle descend de peuples qui ont choisi d'abandonner le dramatique destin de leurs propres nations pour les rivages plus lointains de l'Amérique qu'ils ont choisi. Ils ont appris que sa capacité d'influencer les événements du monde même ne l'absence de la compétition des super puissances, est limitée et que la dissipation de ses ressources peut s'avérer mortelle. Sa pensée stratégique souffre de ne pas prendre en compte les problèmes existentiels des autres nations. Elle pense en catégories géopolitiques étroites mais n'a pas étudié la théopolitique, l'impact puissant des croyances religieuses et les aspirations suggérées par les événements mondiaux. Mme cette Amérique exceptionnelle doit en venir aux mains avec cet effondrement de la foi et de la fécondité, en particulier dans un monde musulman qui décline rapidement et dangereusement, de façon à prévaloir dans un monde ou les fins sont la plupart du temps plus tragiques qu'heureuses

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20/02/2012

Les Noirs de la Confédération

Le 15 février 1862, La Louisiane dissolva toutes ses milices en exécution des nouvelles lois militaires. Parmi ces organisations démembrées figurait une milice unique dans la Confédération, le Premier Régiment de la Garde Indigène. Ce qui le rendait particulier, sa composition, faite d'Afro-Américains. On peut trouver naturel que le seul régiment noir de la Confédération se trouva fondé en Louisiane et plus spécialement à la Nouvelle-Orléans, bruissante de racines françaises, espagnoles et africaines. La cité du Croissant était une métropole cosmopolite, la plus grande du sud d'avant la guerre et possédait en 1860, 168.000 habitants, par comparaison, Charleston, fer de lance du Sud n'en comptait que 40.000. Un groupe distinct qui parlait français, dans une cité diverse s'incarnait dans «les gens de couleur libres» La progéniture d'hommes et de femmes européens de descendance africaine se fit une place dans la société de Louisiane quelque part entre la population blanche et les noirs esclaves d'origine africaine. Leur position héritée trouvait son origine dans les gouvernements maintenus par les Français et les Espagnols sur la Louisiane, qui montraient plus de tolérance pour les métis. En réalité, beaucoup de ces «gens de couleur» étaient propriétaires et possédaient même des esclaves, ils travaillaient à des artisanats spécialisés et a des occupations professionnelles qui embrassaient tous les pièges d'une société respectable. Malgré leur efforts pour gagner le droit de cité comme troisième caste, les «gens de couleur libres» trouvaient beaucoup de blancs hostiles à leur discrètes sinon évidentes hérédités. Si leur position, à bien des égards se trouvait meilleure que celle de la plupart des noirs du sud, ils n'en étaient pas moins, en rien ,égaux aux blancs de la Louisiane. La Garde Indigène encourut l'inimitié raciale durant sa courte existence, en dépit d'une longue tradition de service militaire noir en Louisiane. Des hommes d'origine africaine avaient combattu pour la Louisiane depuis 1727 lorsqu’ils se joignirent aux Français pour battre les indiens Choctaw; ils se battirent pour les espagnols durant leur gouvernement sur la Louisiane, aidant à capturer les forts de Natchez et de Baton-Rouge en 1779. quand les États-Unis prirent le contrôle de la Louisiane en 1803, les «libres gens de couleur» offrirent simplement leur allégeance au nouveau pouvoir, il aidèrent à réprimer la révolte des esclaves en 1811 et plus notablement, sous Andrew Jackson, ils se battirent à la Nouvelle-Orléans à la fin de la guerre de 1812. Sinon, quand les noirs libres de la Nouvelle-Orléans organisèrent le Premier Régiment Indigène au début de la guerre civile, ils ne manquèrent pas de rencontrer des résistances. Bien que le Gouverneur Thomas D. Moore déclara l'unité bonne pour le service le 2 mai 1861 et nomma un colonel blanc, Henry D. Ogden, pour commander les 33 officiers noirs et les 733 hommes enrôlés, l'état refusa de leur fournir des armes et de les équiper. L'unité subsista, parce que beaucoup de Gardes Indigènes refusèrent d'accepter l'augure et s'équipèrent à leurs frais. La question évidente: pourquoi ces officiers et ces hommes voulaient-ils se battre pour la Confédération, alors qu'il existait tant d'hostilité contre eux à l'exception d'une mince venue de journaux applaudissant à leur patriotisme, le Général Benjamin Butler,vainqueur de la place pour l'Union après la capture de la Cité du Croissant en avril 1862, la posa. Les anciens membres de la Garde Indigène lui dirent qu'ils avaient organisé l'unité parce qu'ils voulaient tempérer toute suspicion de déloyauté noire pendant l'hystérie guerrière de 1861. En d'autres mots, ils cherchaient à protéger leurs propriétés et leur position sociale relativement privilégiée dans la hiérarchie raciale louisianaise, en montrant leur patriotisme, réellement ressenti ou non. En dépit de ces gestes de loyauté, les blancs restaient indifférents ou hostiles au Premier Régiment de la Garde Indigène. Il fut permis à l'unité de participer à plusieurs grandes parades militaires de la milice urbaine. Le gouvernement de l'état refusa de les armer et de les équiper pendant toute l'année 1861. Le temps passa et les membres de la Première Garde Indigène réalisa qu'elle n'était rien de plus qu'un instrument de propagande qu'on ne mettait en avant que elle servait l'état mais que jamais, on ne lui donnait de responsabilités ayant un sens. Le coup de tocsin de l'unité se matérialisa par les nouvelles lois sur la milice de 1862, qui limitait le service aux hommes blancs. L'unité sera dissoute formellement un mois plus tard, mais réinstallée le 24 mars 1862 lors que les forces de l'Union menaçait la Nouvelle-Orléans. Bien qu'ayant à faire face à l'invasion, les chefs de la Confédération n'assignèrent jamais un rôle substantiel à la Garde Indigène. On leur donna des vieux mousquets et l'ordre fut de garder l'est du quartier français. Quand les forces confédérées abandonnèrent la Nouvelle-Orléans fin avril 1862, la Garde Indigène fut laissée derrière et elle se débanda pour de bon. Le Premier Régiment de la Garde Indigène devint bientôt un épisode oublié de l'histoire de la Guerre Civile. Son nom sera repris par un régiment de l'Union constitué de gens de couleur libres, avec quelques uns des mêmes hommes dans ses rangs qui avaient essayé de servir la Confédération. Un des premiers héros militaires noirs de la cause de l'Union, André Cailloux, fut tué à la bataille de Port Hudson en mai 1863, avait été officier dans l'unité de la Confédération du début. Manifestement, certains gens de couleur étaient préparer à défendre leur position sociale en combattant pour qui que ce fut qui détienne le pouvoir à la Nouvelle-Orléans. Après une longue obscurité, dans les années récentes, l'unité a trouvé une notoriété grâce aux partisans sudistes ayant souligné l'évidence que que des dizaines et même des centaines de milliers d'Afro-Américains se soient battus pour la Confédération, assertion que les spécialistes de la guerre civile, y compris l'auteur,rejettent fermement. Alors que quelques évidences anecdotiques suggèrent la présence de soldats noirs dans les rangs du Sud, Armer des Afro-Américains se trouvait à l'encontre de la politique confédérée, jusqu'à la défaite finale et, à l'exception du Premier Régiment Indigène de Louisiane, il n'existe aucune preuve d'autres unités confédérées noires. La Garde Indigène elle-même est la meilleure preuve qu'elle ne fut jamais vraiment acceptée et qu'elle fut rapidement démantelée face à l'idéologie suprématiste blanche fondamentale à la Confédération. En réalité le Premier Régiment de la Garde Indigène de Louisiane vint à l'existence pour des raisons liées à la complexité de la hiérarchie raciale dans certaines régions du Sud de l'avant-guerre qui créa des poches d'Afro-Américains relativement privilégiés qui comprirent clairement la vulnérabilité de leur position et firent ce qu'ils purent afin de la protéger. source

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17/02/2012

Reddition sans conditions

A Douvres, dans le nord ouest du Tennessee sur les rives de la rivière Cumberland, trois généraux confédérés se réunissent en conseil de guerre. Leur travail en cette aube du 16 février 1862, grave moment ou se décide le destin de Fort Donelson défendu par 13.000 confédérés qui le défendent depuis quatre jours froids et sanglants. Le courage commençait à manquer, en dépit d'une tentative de sortie menée par le Général John B. Floyd, Commandant incompétent mais politiquement correct qui rend son commandement à son compagnon, le Général Gideon Pillow et part vers le sud. Pillow panique à son tour et se démit devant Simon Bolivar Buckner qui lui, espère négocier les termes de sa reddition dans des conditions raisonnables avec son opposant Ulysses S. Grant, Général de l'Union. Une reddition négociée n'était pas impossible, Buckner et Grant étaient des amis proches avant la guerre et il avait aidé Grant dans son combat particulièrement difficile contre son alcoolisme dans les années 1850. Mais cela comptait peu à l'époque, Buckner reçu un ultimatum de Grant fait pour désespérer et humilier l'Armée Confédérée si il était signer, «aucun termes excepté ceux de réédition inconditionnelle ne peuvent être accepter. Je propose d'occuper immédiatement vos ouvrages.» Privé de ses deux officiers supérieurs qui avaient abandonné la place, Buckner sentit qu'il n'avait d'autre choix que d'accepter. Une chef de Cavalerie Confédéré inconnu, Nathan Bedford Forrest, qui grommela plus tard,« je ne suis pas venu ici pour rendre mon commandement.» s'échappa et devint un des commandants les plus craints des deux cotés de la guerre. Mais, ce matin là, c'est Grant qui choque tout le monde par ses termes rudes et sans compromis. Plus tard dans la journée, Buckner et Grant se rencontrèrent à l’hôtel de Douvres pour planifier les détails de ce qui sera, à ce point, la plus grande reddition militaire de l'histoire américaine. Plus de 12.000 Confédérés eurent à déposer leurs armes sur les rives du Cumberland et aborder des vaisseaux qui les menèrent dans les prisons du nord. Avec la fin de la bataille de Fort Donelson, les villes de Clarksville et Nashville, Tennessee, furent ouvertes à l'invasion et à la capture, c'est, selon toute estimation, un des grands tournants de la Guerre Civile Américaine. Cette bataille est une histoire de géographie autant que celle de la sottise militaire et de la couardise. Après l'invasion du Kentucky, début septembre 1861, par les troupes confédérées, une longue ligne très mince s'étendant au travers du sud du Kentucky du Mississippi à la faille du Cumberland, pour protéger le Tennessee d'une invasion certaine de l’Union. Si les stratèges des deux camps pensaient généralement que c'est par là que l'Union pénétrerait dans l'est du Tennessee – ou des civils unionistes attendaient fébrilement leur délivrance du contrôle de la Confédération. Le Général Unioniste Henry Halleck et le Général Confédéré Albert Sidney Johnston comprirent que la géographie rendait une invasion de l'ouest du centre du Tennessee plus adéquate, l'Est, pays de hautes montagnes pouvant se révéler un piège mortel pour les envahisseurs. Mais si cela se passait dans l'ouest, où et comment exactement? Johnston s'imagina que les troupes de l'Union ferait tête vers Bowling Green, Kentucky, ou le chemin de fer de Louisville et Nashville passe vers la capitale du Tennessee. Mais Halleck et Grant décidèrent qu'un chemin d'invasion plus approprié passerait par les rivières jumelles, la rivière Tennessee qui traverse le Tennessee de l'ouest vers l'Alabama du nord et la Cumberland qui mène tout droit à Nashville. Fort Donelson était la clé qui ouvrait les deux cours. La campagne fut une opération amphibie assez compliquée et nécessita trois garnisons pour couvrir les deux rivières. La plupart des combats se passèrent sur une étroite bande de terre le long de la frontière entre le Kentucky et le Tennessee, ou les rivières parallèles Cumberland et Tennessee ne sont séparées que par 8 kilomètres. Le périmètre était truffé de défenses confédérées, collées à la rivière Tennessee à l'ouest se trouvait Fort Heiman du coté Kentucky et Fort Henry dans le Tennessee. Le 6 février l'officier de marine de l'Union Andrew Foote avec des canonnières en bois et de l'infanterie sous Grant et le Général Charles F. Smith capturent Fort Heiman et persuadent le Brigadier Général Confédéré Lloyd Tilghman à rendre Fort Henry, qui grâce aux pluies diluviennes et à sa situation basse, était presque sous eau. La rivière Tennessee se trouvait ouverte à l'invasion aussi loin que l'Alabama. Mais le prix le plus cher à payer se trouvait sur la Cumberland et ses affluents, très loin, dans le cœur du Tennessee gardé par le bien plus formidable Fort Donelson. De larges glacis et des canons de ligne garnissaient ses épais remparts assis sur un méandre de la rivière. Grant décida d'attaquer le fort par terre mais la piste de 8 kilomètres qui menait de Fort Henry à Fort Donelson démontra qu'elle était bien plus hasardeuse qu'il ne l'avait imaginé. Ses hommes subirent des attaques de cavalerie harassantes sous Forrest tout au long de la marche. Mais la météo qui tourna d'humide et douce à froide et glacée alors que sept centimètres de neige s'abattaient, prit les Yankees, pourtant habitués à l'hiver, par surprise. Pour ajouter aux difficultés, l’assaut naval de Fort Donelson fut facilement repousser. L'infanterie de Grant encercla la partie émergée de Fort Donelson, menaçant de piéger la garnison confédérée. Pour un bref moment, au matin du 15 février, les Confédérés brisèrent l'encerclement, sur une route de fuite en direction de sud-est vers Nashville disponible entre les forces de Grant et la Cumberland. Inexplicablement, sans doute du fait de mauvaises informations sur la position de l'ennemi, le Général Floyd inversa sa trajectoire en pleine échappée et regagna les tranchées encerclées. Plus tard, ce soir là, Floyd se rencontra avec Pillow et Buckner afin de planifier la reddition du fort. Le résultat était prévisible et fut catastrophique pour la Confédération sur le théâtre occidental. Quand la nouvelle de la chute de Fort Donelson arriva à Clarksville et à Nashville, de nombreux habitants paniquèrent et s'enfuirent. Le Fort Defiance de Clarksville leva le drapeau blanc seulement trois jours après la défaite de Fort Donelson, pavant le chemin qui mènera à la capture de Nashville une semaine plus tard. Après la prise de Nashville, Grant continua sa poussée tenace au long de la rivière Tennessee vers l'ouest de l'état, avec, pour objectif le pont de chemin de fer de Corinth dans le Mississippi. Plus loin encore dans l'ouest, les canonnières fédérales poussèrent vers le Mississippi et capturèrent Memphis en juin. En dépit des contre-attaques de Forrest, le centre et l'ouest du Tennessee restera entre les mains de l'Union jusque la fin de la guerre. La route d'invasion vers le sud profond était ouverte pour de bon. Les historiens ont souvent argumenté sur les points de retournement de la Guerre Civile. Des batailles plus importantes et plus fameuses, Gettysburg, Antietam et Chattanooga méritent de droit leurs réputations de inflexions décisives dans ce grand conflit stratégique. Mais aucune bataille, à un stade plus précoce de la guerre n'a eut des conséquences aussi durables que celle de Fort Donelson. En établissant la réputation d'audace de Grant sur le théâtre occidental qui permit la capture de la première capitale d'un état Confédéré, en démontrant l'efficacité de la Marine de l'Union au sud de ce vaste réseau hydrographique, en éliminant l'armée Confédérée du champ de bataille, c'est à dirent 12.000 qui ne seront pas disponibles pour la baille de Shiloh, deux mois plus tard, la bataille de Fort Donelson s'est montrée l'engagement militaire le plus décisif stratégiquement au cours de la première moitié de la guerre

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Sources: