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15/02/2012

L'Acte d'Honneur d'un immigrant Mexicain

La guerre d'escarmouche à Picacho Peak entre les Confédérés du Texas et les soldats de l'Union de Californie, le 15 avril 1862. Son souvenir est célébré chaque année. C' est sans doute l' histoire d'honneur la plus exemplaire du combat courageux des immigrants mexicains face à l'occupation de Tucson par les Confédérés. En 1862, le jour de la Saint Valentin, Jefferson Davis désignait le territoire de l'Arizona, en réalité, le sud de l'Arizona, en dessous du trente quatrième parallèle, comme sa capitale la plus occidentale. Il fallut arriver à la fin de la guerre pour reconnaître ce territoire non sans de longs atermoiements faits de déclarations et de requêtes. Pendant que le Congrès Américain se livrait à des atermoiements. Les Confédérés se réunissisaient à Mesilla, au Nouveau Mexique, le 16 mars 1861, déclarèrent qu'ils ne «reconnaîtraient pas l'actuelle administration Républicaine Noire.» Subséquemment, une convention de Tucson élut un délégué au Congrès Confédéré. Le jour ou, les drapeaux confédérés s'érigèrent aux mats de la grand place déserte de Tucson, le bataillon des Confédérés se vit rejoindre par Mark Aldrich, un marchand de l'Illinois, impliqué mais non accusé du meurtre du fondateur des Mormons, Joseph Smith et qui fut aussi Maire. Le reste des marchands de la ville occupée comme le pionnier Sylvester Mowry, se rangea aux cotés des Confédérés. Mowry, Républicain de Rhode Island tira avantage de son esprit d'entreprise en fournissant du plomb de ses mines pour leurs munitions. Un immigrant mexicain prit position pour l'Union. Estevan Ochoa,impeccablement vêtu, déambulait dans les rues de Tucson, en mécène de la version locale de l'Union des Immigrants fondée à New York. Un des entrepreneurs les plus actifs d'avant et d'après la guerre civile, il avait amassé une petite fortune de ses frets et de ses activités de pionnier dans le coton, le bétail sur pied et les mines. Ochoa et Mowry, membres du comité spécial de la convention de 1859 de Las Cruces, Nouveau Mexique, avaient signé la pétition pour l’organisation de l'Arizona comme territoire séparé. Il avait immigré deux ans plus tôt et à 28 ans déjà, un des chefs du nouveau territoire. Le journal hebdomadaire de l'Arizona l'avait décrit avec aménité comme un bel homme auJohnny_Rebel_Book.jpg tempérament joyeux avec un style unique qui requérait de chaque membre du Congrès une travail diligent et énergique pour la bonne cause dans laquelle ils étaient embarqués. Les contemporains, les journalistes et les historiens, tous, en fait lui décernait le titre honorifique de “Don Estevan,” sans doute pour souligner le rôle influent d'Ochoa dans l'élite de l'Arizona, sans cesse grandissante, dominée par les anglo-saxons. Ochoa était né à Chihuahua en 1831, ou sa famille possédait de nombreuses terres et dont les armoiries remontaient à Colomb. Il aurait pu agir en profiteur de guerre et faire de beaux bénéfices an répondant aux demandes de Confédérés pour des trains de convois. Les Texans occupant sa ville, Ochoa avait fait son choix. L'historien Frank Underwood narre l'instant dramatique vu par le capitaine rebelle. «Monsieur Ochoa, vous réalisez que l'union n'existe plus, j'espère, dès lors, que vous céderez aux instances de la Confédération qu'elle ne confisque vos propriétés et ne vous expulse de la ville.» Poliment et sans faiblesse, Don Estevan répondit:«Capitaine Hunter, il est hors de question, pour moi, de prêter allégeance à quelque parti que ce soit qui fut hostile à l'Union, celle à elle que je dois ma joie et ma prospérité. Quand, voulez-vous, Monsieur, que je parte?» On lui permit d'emmener son cheval favori, 20 cartouches et du ravitaillement et il s'en alla, seul pour traverser le pays apache. A la vérité, La Troisième Armée eut plus de difficulté an Arizona que les restes de l'Union et de la force occupante des Confédérés: Les Apaches. Leur menace inquiéta le gouverneur auto-appointé du territoire confédéré de l'Arizona; le Lieutenant-colonel texan John Baylor et il déploya son armée dans le sud ouest. Au printemps de 1862, Baylor franchi un pas de plus dans la barbarie à l'encontre des indiens en écrivant au commandant de la place de Tucson: « Le Congrès des États Confédérés vient de voter une loi permettant l'extermination de tous les indiens hostiles. Tous les moyens amenant les Apaches de n'importe quelle tribu a résipiscence seront employés, quand ils seront réunis, tuez les adultes et vendez les enfants pour défrayer les dépenses des massacres» Cette déclaration lui coûta son poste de gouverneur mais il resta membre du Congrès. Les Confédérés demeurèrent autour de Tucson for peu de temps. En été 1862, Les forces de l'Union de Californie les obligèrent à fuit Tucson. Mowry fut arrêté comme «sympathisant unioniste, espion et traître» et emprisonné brièvement à Yuma. Un déserteur confédéré, Jack Swilling, émigrera vers le nord et fondera Phœnix. Certains proclamèrent qu'Ochoa entrevoyait le destin de l’État, par son départ, « Dès aujourd'hui, je vivrai pour vous voir partie d'ici dans de plus mauvaises conditions que vous me faites»; En effet, il revint dans le vieux pueblo et rétablit ses diverses activités. Finalement, Abraham Lincoln reconnu la légitimité de l'autonomie de l'Arizona le 24 février 1863. Ornée de gages d'oiseaux en bambou, de faisans et de paons, l'hacienda d'Ochoa à Tucson, devint, après la guerre civile, la point de ralliement des familles les plus importantes de Tucson, des visiteurs et des desseins progressistes. Réputé pour la douceur de ses manières, pour sa générosité et sa courtoisie, il aimait à se rouler des cigarettes dans un cornet de mais. Plus tard dans la vie, il se maria et couvrit sa jeune épouse des meilleurs lins et soies, des vêtements les plus élégants que le commerce urbain mexicain pouvait offrir. En 1875, en tant que Maire de Tucson, premier et seul mexicain à l’être, Président du comité scolaire, il combattit une législature territoriale récalcitrante et une évêque catholique dominateur en levant tout seul des fonds, en offrant des terres afin d'y établir la principale école public de Tucson.(Trois ans plus tôt, comme Président du comité pour l'éducation publique, il construisit le premier système d'éducation durable à Tucson après l'échec des premiers essais.). Au printemps de 1876, le Citoyen d'Arizona déclarait: «Ochoa agit constamment pour le bien du public,» et concluait« il est l'ami véritable et utile du pauvre méritant, de l'opprimé et d'un bon gouvernement.» En 1877, Ochoa plaça littéralement la dernière tuile de la pergola de la façade de l'école terminée. Et le journal de commenter «Le zèle et l'énergie que Monsieur Ochoa à porter à l'éducation publique doit lui donner une place importante au rôle d'honneur pour lui permettre d’être plus près encore de ses concitoyens, il a tellement fait pour préparer la jeunesse au combat de la vie.» Le chroniqueur militaire John Bourke, qui servit dans les campagnes des guerres Apache avec le Général George Crook, décrivait Ochoa comme “un des homme les plus aimables et les plus courageux de tout le sud ouest et citait aussi un compagnon pionnier: «c'était l'homme typique de la frontière, entier, agressif, fertile en ressource, se moquant du danger, rarement arrêté par un obstacle, en bref possédant justement ces qualités essentielles à la fondation d'un nouvel état.» Mais c'est la défense de l'Union à Tucson qui restera son plus grand héritage. Cinquante ans plus tard, avec un état en voie d’institutionnalisation, le Quotidien d'Arizona rappelle à ses lecteurs que le pionnier mexicain fut le seul à soutenir l'Union.

09/02/2012

Le Cinquième cavalier de l'apocalypse

Le déclin des populations est un éléphant dans notre salon. C'est une question d'arithmétique. Nous savons que la vie sociale de la plupart des pays développés se décomposera en moins de deux générations. Deux tiers des italiens et trois quart des japonais seront vieux et dépendants en 2050. Si le taux présent de fertilité persiste le nombre d'allemands chutera de 98% dans les deux siècles prochains Aucun système et pension ni de santé publique ne peut supporter une telle pyramide inversée. Le problème n'est pas limité aux nations industrielles. Le taux de fertilité tombe à un rythme encore plus rapide dans le monde musulman à une vitesse inconnue jusqu'ici. La population mondiale diminuera de 20% d'ici à la fin du siècle prochain. Le monde fait face à un danger pire que les scénarios verts les plus pessimistes. Les environnementaliste européens qui voudraient voir se réduire la population européenne afin de réduire les émissions de carbone passeront leurs années de déclin dans la misère comme il n'y aura plus assez d'européens pour payer pour leurs pensions et leurs soins de santé. Pour la première fois dans l'histoire mondiale les naissance en Europe sont bien en dessous du taux de remplacement et un nombre significatif de communautés ont atteint le point de non retour.

Mais la société islamique est encore plus fragile. Le taux de natalité chute à une vitesse inconnue jusqu'ici qui converge vers les taux européens. L'iranienne moyenne de 30 ans qui vient d'une famille de six enfants mais elle ne portera qu'un ou deux enfants dans sa vie. La Turquie et l'Algérie sont juste derrière et la plupart des pays musulmans sont en train de les rejoindre. vers le milieu de ce siècle, la ceinture des pays méditerranéens du Maroc à l'Iran deviendront aussi gris que l'Europe dépeuplée. Le monde islamique aura le même nombre de vieux dépendants que les pays industrialisés avec seulement un dixième de leur productivité. Le mécanisme d'une bombe à retardement qui ne peut être neutralisée fonctionne dans le monde musulman. La dépression démographique imminente rend l'Islam radical plus dangereux et non pas moins. Les musulmans radicaux qui peuvent déjà goûter la ruine de leur culture pensent qu'ils n'ont rien à perdre. La science politique est perdue face au déclin démographique et à ses conséquences. Le gaspillage des nations est une équation impossible pour la théorie politique moderne, qui est basée sur le principe de l'intérêt personnel rationnel. Aux confins de l'apocalypse les beaux modèles de la géopolitique ne fonctionnent plus. Nous "ne négocions pas avec les terroristes" Mais un voleur de banque qui tient des otages est une sorte de terroriste et la police négocie avec de tels mécréants. Et si l'un d'eux sait qu'il va mourir d'une maladie incurable dans quelques semaines, alors, la négociation change. La vérité simple et universelle, c'est qu'un homme ou une nation aux portes de la mort ne possède pas un "intérêt personnel rationnel". La théorie géopolitique conventionnelle, dominée par les facteurs matériels tels le territoire, les ressources naturelles et la commande de la technique ne s'adresse pas aux gens qui agissent sous une menace existentielle. Les modèles géopolitiques ne peuvent identifier le monde réel dans lequel nous vivons, ou la question cruciale est la volonté ou son absence des habitants un territoire donné d'amener une nouvelle génération au monde. Le déclin des populations, question décisive du vingt et unième siècle, causera des soulèvements violents dans l'ordre mondial. Les pays comme l'Iran qui connaissent une forte baisse de fertilité, répondront par l'agression. Des nations confrontées à leur propre mortalité choisiront peut-être un dernier baroud pour la gloire. Des conflits se propageront au delà de tout espoir rationnel d'y mettre en œuvre des solutions stratégiques jusque qu'à ce que tous ceux souhaitent se battre à mort aient disparus. L'analyse des intérêts nationaux ne peut expliquer pourquoi certains pays choisissent de partir en guerre sans espoir de vaincre et pourquoi d'autres ne se battent pas, même pour défendre leurs intérêts vitaux. Cela n'explique pas la raison du fait historique pour laquelle des collectivités se battent plus dur, acceptent plus de sacrifices de sang et d'or, quand tout espoir de victoire est passé. Pas plus qu'elle n'explique les causes de dépression démographique ni de ses conséquences, les deux guerres ont-elles détruit les aspirations des perdants et ont-elles produit comme résultat l'apathie et la mort démographique. Pourquoi les individus, les groupes et les nations agissent-ils de manière irrationnel, souvent au risque de l'auto-destruction? Une partie du problème réside dans la définition de la rationalité. Normalement on parlera de comportement irrationnel un homme d'age moyen qui revendrait son assurance vie pour en dépenser l'argent aussi vite que possible. Mais si cette personne est en phase terminale et n'a pas d'héritiers, on pense qu'il est raisonnable qu'elle dépense tout en vitesse. Et si nous savons que nous allons mourir de la rage, qui nous empêchera de mordre les gens que nous n'aimons pas. Les nations parfois souffrent d'équivalents de maladie terminale. Ce qui paraît suicidaire à des belges peut paraître naturel à des groupements anthropologiques confrontés à une mortalité imminente. L'auto immolation de gens en danger est hélas trop commune. Des cultures de l'age de la pierre se désintègrent souvent au contact du monde extérieur. Leur culture se rompt et les suicides explosent, phénomène connu chez les peuples indigènes, en particulier chez les hommes d'une même communauté qui se suicident à un taux alarmant. On parle de contagion de suicides ou de mort par cloisonnement. Un rapport de la fondation canadienne pour la santé des peuples aborigènes souligne: «Le taux global de suicides chez les communautés des nations premières est deux fois plus élevé que la moyenne canadienne, le taux chez les Inuits en encore plus grand, de 6 à 11 fois la moyenne. Le suicide est épidémique chez les tribus amazoniennes. Le Télégraphe de Londres rapporte le 19 novembre 2000: «La plus importante des tribus d'Amazonie, Guarani, forte de 27.000 membres, est dévastée par une vague de suicides parmi ses enfants, déclenchée par leur entrée en contact avec le monde moderne. Jadis, inconnus parmi les tribus de l'Amazone, le suicide ravage les Guaranis, qui vivent au sud ouest du Brésil, région qui, aujourd'hui détient le record d'un des plus haut taux de suicide du monde entier. Plus de 280 Guarani se sont tués ces dix dernières années, y compris 26 enfants en dessous de l'age de 14 ans qui se sont empoisonnés ou pendus. L'alcoolisme s'est largement répandu comme le désir de posséder des radios, des télévisions et des pantalons de fantaisie, focalisant l'attention sur leur pauvreté. Les structures communautaires et familiales se sont décomposées et les rites sacrés ne se pratiquent plus. Sur plus des 6.000 langages parlés sur terre, deux disparaissent chaque semaine et la plupart des estimations font voir que la moitié d'entre eux seront éteint à la fin de ce siècle. Un rapport des Nations-Unies clame que les 9/10 des langues parlées auront disparus dans les siècles prochains. Beaucoup de ces langues sont parlées par très peu de locuteurs. Mille langages distincts sont, sans doute, parlés en Papouasie Nouvelle Guinée, beaucoup par des tribus de seulement quelques centaines de membres. Plusieurs sont en train de disparaître dans la foret pluviale amazonienne, les montagnes andines et dans la taïga sibérienne. 18 langues n'ont plus qu'un seul locuteur, Il est pénible d'imaginer le regard qu'ils jettent sur le monde. Ils sont les orphelins de l'éternité, à la mémoire nettoyée, avec une existence réduite aux exigences du moment. Ces restes mourants des sociétés primitives sont-ils si différents du reste d'entre nous? La mortalité harcèle la plupart des peuples du monde, pas cette année ni la prochaine mais à l'horizon identifié de la compréhension humaine. Une bonne partie du monde semble avoir perdu le goût de vivre. La fécondité est tombée en quenouille,k à un tel point, dans le monde industrialisé, que des langues comme l'ukrainien et l'estonien seront en danger dans le laps d'un siècle et l'allemand, le japonais et l'italien dans deux. La répudiation de la vie chez les pays avancés qui vivent dans la paix et la prospérité , n'a pas de précédent historique, excepté, peut-être à l'époque de l'anomie de la Grèce à l'époque du déclin post-alexandrien et de Rome au premier siècle de l'ère courante. Rome fit chuté la Grèce et les barbares Rome. Dans le passé, les nations qui prévoyèrent leur propre chute furent les victimes des quatre cavaliers de l'apocalypse: la guerre, la peste, la famine et la mort. Le point de monte pour le vieux quatuor, aujourd'hui, dans un monde plus civilisé, est celui du cinquième, la perte de la foi. Les cultures d'aujourd'hui ne meurent plus par l'épée de leurs ennemis mais d'apathie. Le kamikaze suicidaire arabe est le cousin spirituel de l'aborigène déchu de la foret pluviale amazonienne. L'apathie européenne est le revers de la médaille de l'extrémisme islamique. A la fois les européens apathiques et les musulmans radicaux ont perdu leur relation au passé et leur confiance dans l'avenir. Il reste peu de lumière entre la résignation européenne et l'extinction culturelle à l'horizon de deux siècles, et l'accélération islamique, «Vous aimez la vie et nous aimons la mort.» Ce qui introduit la seconde loi : Quand les nations du monde voient leur décadence non comme une perspective indéfinie à l'horizon mais comme une réalité prévisible à venir, elles périssent ou se désespèrent tel le patient en phase terminal qui va toucher l'argent de son assurance, une culture qui anticipe sa propre extinction adopte une logique différente de la science politique conventionnelle. La théorie des jeux a tenté de faire de la stratégie politique une discipline quantitative. Les joueurs avec des intérêts à long terme pensent différemment que ceux avec des intérêts à court terme. Un escroc qui ne s'attend pas à rencontrer à nouveau sa victime prendra tout ce qu'il peu et s'en ira en courant, un marchand qui veut voir ses clients revenir, agira honnêtement pour une question de bénéfice personnel. Dans le même ordre d'idée, les nations apprennent qu'il est dans leur intérêt d'agir de manière responsable au monde, pour des avantages à long terme et les avantages d'un comportement approprié surpassent les profits passés de la prédation. Mais que se passe-t-il, si quelques joueurs ne dispose d'aucune perspective temporelle, si dans une guerre existentielle, ils s'attendent à ne plus être là à la n-ixième itération du jeu. Des communautés entières se trouvent ainsi face à une extinction probable et qu'aucune solution pacifique ne leur paraît possible? Des situations similaires apparaissent fréquemment dans l'histoire mais jamais autant qu'aujourd'hui alors qu'un grand nombre de cultures ne survivront pas aux deux siècles prochains. Un peuple qui fait face à l'extinction culturelle pourrait très bien choisir la guerre si elle offre la moindre chance de survie. C'est ainsi que les radicaux islamistes interprètent le prédicat de la société traditionnelle musulmane face à la modernité. Les islamistes craignent que si ils connaissent l'échec, leur religion et leur culture disparaîtra dans le maelström du monde moderne. Beaucoup d'entre aux préfèrent mourir en combattant. Paradoxalement, il est possible que des guerres d’annihilation soit le produit de choix rationnels et l'éventail des choix doit toujours supposer que celui qui choisit continuera à exister. Le critère existentiel fausse le calcul ordinaire de l'échec et du succès. Si un groupe pense que la paix implique sa disparition, il n'a aucune raison de la vouloir. C'est ainsi que les radicaux islamistes du Hamas voient l'avenir de la société musulmane. Un état juif prospère et efficace à coté d'un état palestinien pauvre et peu fonctionnel peut signifier la fin de l'autorité morale de l'Islam et de nombreux palestiniens préféreront mourir que d'envisager une telle alternative. Plutôt que de consigner leurs enfants au milieu occidental de la liberté personnelle et de la licence sexuelle, les musulmans radicaux se battront jusque la mort. Pourquoi, les musulmans, les européens et les japonais vivent-ils sous une menace de mort sociétal? Pourquoi les populations implosent-elles dans le monde moderne? Les démographes ont identifié plusieurs facteurs associés avec le déclin des populations, l'urbanisation, l'éducation et l'alphabétisation, la modernisation des sociétés traditionnelles. Les enfants, dans la société traditionnelle, possédaient une valeur économique comme travailleur agricole et apportant des soins à leurs vieux parents; l'urbanisation et lesdurer-apocalypse.jpg systèmes de pension ont fait des enfants des coûts plutôt que des revenus et l'alphabétisation des femmes est une bonne indication du déclin des populations. Les femmes du Mali et du Niger, pour la plupart, pauvres et analphabètes porteront huit enfants durant leur existence. Les femmes blanches, riches et éduquées en porteront un ou deux. Mais qu'est-ce qui définit si c'est un enfant ou deux? Les enfants recèlent aussi une valeur spirituelle. C'est la raison pour laquelle le degré de foi religieuse explique significativement la grande variation des taux de croissance des populations. Les taux de fécondité le plus bas se rencontrent dans les pays de l'Europe de l'Est ou l'athéisme est resté l'idéologie officielle pour des générations et les plus hauts dans les contrées avec un haut degré de foi religieuse, c'est à dire les États-Unis et Israël. Les démographes identifient la religion comme un facteur crucial de la différences entre les populations dans les pays., Quand la foi s'en va, la fertilité s'évanouit aussi. La spirale mortelle du taux des naissances dans la plus grande partie du monde industrialisé a forcé les chercheurs à penser en termes de foi. De douzaines de nouvelles études mettent le parallèle entre croyance religieuse et fécondité. Pourquoi certaines religions semblent-elles offrir une meilleur protection contre les effets stérilisants de la modernité que d'autres? Le déclin démographique le plus rapide jamais enregistré a lieu, aujourd'hui dans les pays musulmans, l'hiver démographique descend rapidement sur un cinquième du monde ou pourtant la religion apparaît dominante. Plus intrigant encore, pourquoi le christianisme semble-t-il inoculer les gens contre le déclin démographique (en Amérique) mais pas les autres comme en Europe? Ce que nous pensions être le rocher indestructible de la foi s'est évanouit sous la lumière chaude de la modernité. Ailleurs, la foi s'est enrichie de la modernité. Apparemment certains types de foi vont survivre dans le monde moderne et d'autres échouer Les analystes et les politiciens sont mal équipés pour comprendre ces circonstances nouvelles et dérangeantes et leurs implications structurelles en économie et en stratégie politique. Pour faire sens, nous devons faire mieux que la science politique universitaire qui range la foi au rayon des structures de croyances comme une structure parmi d'autres dans sa collection de spécimens. Notre science politique n'a pas les moyens pour faire sens de la crise globale dont la cause ultime est spirituelle. Mais ce ne fut pas toujours le cas. Des débuts du christianisme au aux lumières du dix-septième siècle. L'ouest voyait la politique au travers de la lentille de la foi. Le traité de Saint Augustin, au cinquième siècle, La Cité de Dieu s'envisageait dans l'état de la société civile sous-jacente et comprit cette société civile comme une congrégation, un corps uni par un amour commun, en opposition à l’État de Cicéron construit sur l’intérêt personnel. Comme si, le traité du cinquième siècle de Saint Augustin décrivait les choix qu'impliquent les remises en questions provoquées par la stase démographique. Les transformations historiques de la pensée politique depuis Machiavel à Hobbes à Montesquieu étapes de la l'avènement de la pensée rationaliste finissent par se focaliser, sans autre perspective, sur la destinée matérielle de l'homme. Le combat pour la vie fait des vainqueurs et des vaincus, ceux-ci sont forcés de de mander la protection des vainqueurs. Cet anthropologie tronquée qui inscrit l'homme dans un combat incessant pour la richesse, la puissance et la gloire. Hobbes lui, la réduit au combat de l'individu pour sa survie, il détermine que, dans l'état de nature, certains individus et certains groupes possèdent assez d'empire et d'imagination pour triompher des difficultés de l'existence et d'autres ; ceux-ci, seront donc forcés d'abdiquer de leur souveraineté afin de demander leur protection. Si vous rajouter le climat, le terrain et les différences de ressources à la recette, la contemplation de l'homme atomisé et entièrement déterminé par son destin matériel s'exprime simplement par le vocable «géopolitique».

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06/01/2012

Les idées de l'Inde dans le monde gréco-romain

Il est courant de parler des idéologies des civilisations, mais existent-elles ? Par exemple, les doshas de l'Âyurveda sont une classification trinitaire basée sur le système cognitif védique. Platon introduit un système similaire : les trois humeurs, dans la médecine grecque ou la respiration tient un rôle central(pneuma en grec). Mais la place centrale de la respiration (prana en sanskrit) est déjà représentée dans la pensée védique ancienne. Donc, admettons avec Filliozat (1970) que Platon ait emprunté les notions de vent, de glaire et de bile de la théorie primitive tridosha et que cette transmission s'est opérée par l'empire perse ? D'autre proclament que les similarités entre les systèmes médicaux grecs et indiens doivent être le résultat d'un héritage indo-européen partagé et ce qui peut apparaître indien est en fait indo-européens. La démonstration de Dumézil sur les catégories tripartites fonctionnant aussi ailleurs dan le monde indo-européen, confirme ce point de vue. Dumézil argue que les religions indo-européennes possèdent trois fonctions hiérarchiques : la souveraineté sacrée, la force et la fécondité représentées par les catégories de Brahman, Rajan (ou Kshatra) et Vish. La souveraineté religieuse et politique est conçue sur le mode dualiste : le roi magicien et le juge prètre. En Inde, cette dualité est incarnée par le rôle du Rajan et du Brahman ; à Rome, par Rex et Flamen. Même les noms sont similaires ! Dumézil dans son Mitra Varuna en 1948, montre que le roi magicien (Varuna en Inde ou Romulus à Rome) initie l'ordre social par la violence alors que le juge prêtre (Mitra en Inde ou Numa à Rome) le développe par la paix. La souveraineté magique procède par les moyens du crédit et des dettes et la souveraineté juridictionnelle utilise les pactes et la croyance. Ce schéma est invariant dans le temps : le culte christique montre un fils sauveur et intercesseur juxtaposé un père vengeur qui punit. D'autres ressemblances entre les religions indiennes et grecques telles la société esquissée dans le Mahabharata et les poèmes homériques. La métempsycose est connue des deux cotés. L'imagerie d'un monde ovoïde, si centrale à la pensée védique est réécrite plus tard dans les légendes orphiques. Selon Rawlinson (1975), " la ressemblance entre les deux légendes est trop évidente que pour être accidentelle ". Ces parallèles sont soit le résultat d'une même origine, de la migration ou de la diffusion culturelle et sans doute, d'une combinaison des trois. En elles-mêmes, elles ne peuvent nous aider à déterminer l'histoire du système, mais l'articulation du schéma de base possèdent différentes caractéristiques dans des régions distinctes. C'est ce style, cette articulation qui représente l'idée de civilisation. Une représentation plus claire se trouve dans l'art, la peinture, la musique et la littérature. Considérons la notion de l'ego dans les dialogues des Upanisad, c'est l'essence du Veda, son savoir secret. Une emphase similaire sur la connaissance de soi est introduite dans le monde grec par les pythagoriciens et les orphiques. Correspondant aux trois gunas : Sattva, Rajas et Tamas, Platon parle de trois catégories : logistikon, thumos et epithumia et utilisait aussi une classification en trois parts de la société. Selon Lomperis (1984), " Platon, par les pythagoriciens et les orphiques subit l'influence de la pensée indienne sans peut-être savoir qu'elle venait d'Inde " Indépendamment de l'origine de ces idées, il est clair qu'ils existaient d'importants parallèles culturels, à leur époque, entre la Grèce et l'Inde. Mais ce sont aussi ces différences significatives qui font l'originalité des civilisations. L'amplification des idées du moi et de la société apparurent de manières différentes dans les deux civilisations. La communauté d'intentions entre les idées védiques et la philosophie de Platon n'est pas si importante que la forme de l'exposition, avec ses saveurs diverses qu'on peut appeler indienne ou grecque. On peut se demander s'il est possible de remonter avant les philosophes grecs et observer l'évidence d'idées transculturelles avant qu'elle ne s'assimile. Les innovations en art et en connaissances scientifiques, épaulées par l'archéologie et les matériaux textuels, peuvent aider à délinéer les processus sur la base pivotante des transformations culturelles. L'intrusion des peuples de l'Inde, et, sans doute, de leurs idées, au Moyen-Orient est bien connue. Un élément indien faisait partie des Mitanni qui, vers le quinzième siècle av.J.C., répandirent leur pouvoir des rives de la Méditerranée aux montagnes de Zagros. Dans un traité avec les Hittites, le roi des Mitanni jure par les dieux indiens Mitra, Varuna, Indra et Nasatya. D'autres documents Mitanni, découverts dans les archives de Bogâzköy (Hittite) et d'El Amarna (Égypte) met clairement en évidence les influences indiennes. Les textes hittites sur l'entraînement des chevaux et sur le charroi utilisent des chiffres en sanskrit. Un texte hourrite se sert du sanskrit pour décrire la couleur des chevaux. Les Kassites ou Hourrites qui régnèrent en Mésopotamie durant plusieurs siècles au second millénaire avant Jésus-Christ possédaient un élément indien représenté, là comme ailleurs dans la région, par une aristocratie gouvernante. Il a peut-être joué un rôle dans le développement des représentations culturelles de l'Égypte et du Moyen-Orient au second millénaire av.J.C. Le début de cette invasion spécifique se situe autour de 1.800 av.J.C. Vers 1.650, un peuple indien occupa le delta du Nil pour un siècle, il est désigné sous le nom d'Hyksos, " Les princes étrangers ". Les nouvelles visions eschatologiques et les innovations mythologiques sont prises comme preuve de cette présence, séquence logique de leur présence en Asie de l'Ouest. Une invasion antécédente des idées de l' " orient " en Égypte a été supposée par la lecture des " textes de pyramides " vers 2.600 av. J.C. L'activité militaire du roi des Hittites, Hattusilis est considérée comme le moteur de ce processus. Mais cette période ancienne ne nous concerne pas ici. Le souvenir de la suprématie de la région indo-iranienne dans les idées religieuses et concomitamment artistiques est préservé dans un texte ancien Pahlavi. Le monde est divisé en trois régions : l'Ouest (Rome avec des riches ; Le nord et l'est(Turkestan et les déserts) à la turbulence martiale, le sud (Iran et Inde) avec "la religion, la loi en plus de la royauté suprême ".(Dumézil 1973). Le Moyen-Orient a-t-il servi de conduit aux idées indiennes ? " Dans ce texte, nous tracerons le passage de certaines idées indiennes en art et en astronomie vers le monde gréco-romain. Nous montrerons comment cela nous aide à comprendre l'antique interaction entre l'Inde et l'occident en phase avec les découvertes récentes des archéologues. Le Langage du Mythe Le langage du mythe représente la connaissance astronomique et spirituelle. Santillana et von Dechend, dans leur " Moulin d'Hamlet " (1969) montrent les similarités structurelles de nombreux mythes de l'ancien monde. Ils lisent ces mythes comme la narration des cadres perpétuellement mouvants d'une précession. Les mythes exposent aussi les transformations qui se déroulent dans les mentalités. Ce sens dual peut fournir une imagerie spécifique rendant son compte rendu possible. Considérons Venus, planète, déesse romaine de la productivité naturelle et aussi de l'amour et de la beauté. Les Grecs l'appelaient Aphrodite et aussi Eosphoros ou " celle qui apporte la lumière, quand elle apparaît l'étoile du matin et Hesperos quand elle apparaît comme l'étoile du soir. On croit qu'au début les Grecs ne savaient pas si c'était la même étoile mais à l'époque des pythagoriciens, son identité était connue. La Venus romaine dérive, par ses caractéristiques de l'Aphrodite grecque qui en retour semble l'héritière de l'Ishtar babylonienne. On attribue, dans la légende grecque d'Aphrodite, sa naissance à Kupris ou Chypre ; Kupris, déesse féminine est dérivée du masculin Kupros. En Inde, l'attestation du Rigveda (10.123) nomme Vena la planète Venus et Shukra dans es textes ultérieurs. Nous avons alors une affinité linguistique entre ces noms Venus et Vena, Kupros et Shukra. Le Rigveda décrit deux aspects de Venus : la première, comme Gandharva patronne du chant et des arts et l'autre, fils est fils du soleil et d'un asura. Ces conceptions conjuguées avec la signification de Vena : " appartenir " et " amour " mène aux mythologies plus tardives trouvée en Inde ainsi qu'en Asie de l'Ouest. Alvarez en 1978 a suggéré que les représentations des déesses en Mésopotamie et plus tard subirent l'influence des idées indiennes. Une évocation des premières conceptualisations de la déesse peut nous aider à établir une chronologie des idées en Inde. Aphrodite, comme Lakshmi, est née de la mer Mais l'histoire indienne est techniquement plus convaincante Puisque la naissance est obtenue par barattage, comme on fait du beurre avec du lait alors que la circonstance de la naissance d'Aphrodite n'est pas décrite. Ishtar ne peut précéder Vena, car elle n'est qu'un des nombreux éléments de l'hymne du Rigveda 10.123. Vena connaît le secret de l'immortalité ; ce qui fait, sans doute, référence au fait que Venus émerge à nouveau après avoir été obscurcie par le soleil. Dans les gloses puraniques, Shiva avale Shukra, et est, plus tard, vomi sous forme sperme. C'est un jeu sur l'étymologie de Shukra comme " brillant "Les Puranas nous enseignent comment Les dieux apprenent le secret de l'immortalité de Shudra par subterfuge. Il y a un autre souvenir de l'immortalité de Venus dans le mythe du phénix homonyme de Vena, il ressuscite, réchauffé par les rayons du soleil. Les sources indiennes nommément le Rigveda et les Puranas, explique toute la base du mythe du Vena-Shukra mythe à plusieurs niveaux. En Mésopotamie, en Grèce et à Rome, il n'y a que des suggestions éparses pour mener à la conclusion que ces idées voyagèrent d'Inde en Europe par la Mésopotamie. Les spécialistes de la mythologie comparative mirent en évidence d'autres parallèles. Dumézil (1970, 1983) a comparé les épisodes épiques des Puranas avec les mythes d'une variété de peuples européens et a pu détailler des similarités cruciales. Dumézil évoque les racines trinitaires de la pensée indo-européenne pour expliquer cette similarité, il est plus probable que des histoires se sont transmises telles que celles, tardives, des fables indiennes et des Jatakas. Les histoires indiennes s'accordent à leur propre logique et les auteurs encyclopédiques des Puranas n'eurent aucune peine à en produire en grandes quantités. L'exposition des mythes dans les textes indiens est complète et explicative ce qui n'est pas le cas pour ceux des européens qui sont plus hétérogènes. Nicholas Kazanas (1998) montre que le Rigveda contient une portion nettement plus importante de l'héritage mythologique indo-européen commun. En fait, à peine un motif majeur commun à deux ou plus des autres branches qui ne se trouvent pas dans le Rigveda, c'est encore plus vrai dans la littérature Purana Astronomie Durant de nombreuses années le point de vue conventionnel voulait que l'astronomie indienne soit essentiellement dérivée des sources grecques et mésopotamiennes. Parce, qu'à l'époque, on croyait que les Indiens ne possédaient pas la tradition d'un empirisme raisonnable. Roger Billard (1971) a prouvé, grâce à l'utilisation de l'analyse informatique, que c'était faux et que les paramètres de la période Siddhantique étaient exacts pour la date des textes établissant ainsi qu'ils ne pouvaient être empruntés à d'autres vieilles sources à l'extérieur du pays. Pendant ce temps, notre compréhension de l'astronomie a complètement changé. Un code astronomique, découvert, dans l'organisation des livres védiques. L'astronomie des autels de feu, védiques est aussi mieux comprise (Kak 1994, 1995, 1996a,b). Ces découvertes indiquent une longue tradition d'observation astronomique en Inde. L'origine des mathématiques indiennes est aussi beaucoup plus ancienne qu'on ne le pensait jusque là. Remontons plus en amont des débuts de l'histoire de l'Inde qui remontent à 40.000 ans, par l'art rupestre trouvé dans de nombreux sites du sub continent (Wakankar 1992). Il est presque certain de l'étude du ciel, existe depuis longtemps si on en croit les peintures rupestres. Un sceau amulette de Rehman Dheri (2400 av.J.C.) indique que le système du nakshatra est très ancien. Le sceau montre une paire de scorpions au recto et deux antilopes au verso. L'argument (Ashfaque 1989) que le sceau représente l'opposition entre Orion (Mrigashiras ou tête d'antilope) et le Scorpion (Rohini) nakshatras. Il existe une autre relation entre Orion et Rohini, c'est le nom d'alpha Tauri, Aldebaran. Le fameux mythe védique de Prajapati en Orion, personnification de l'année, désirant sa fille (Rohini) (par ex : Aitareya Br. 3.33) représente l'époque quand le début de l'année passe d'Orion à Rohini. Pour cette " transgression " Rudra (Sirius, Mrgavyadha) coupe la tête de Prajapati. On a suggéré qu'une des antilopes représente la décapitation d'Orion, ce qui semble être une représentation très raisonnable de l'iconographie du sceau. On a de bonnes raisons de penser que de nombreuses constellations furent nommées au troisième millénaire avant l'ère chrétienne. Ce qui expliquerait les appellations données par le Rigveda à celles-ci, telles les Rikshas (La Petite Ourse et la Grande Ourse), Les deux chiens divins(Le Grand Chien et le Petit Chien, les Gémeaux (dans le Cancer), La Chèvre (Capricorne) (Canis Major et Canis Minor), les gémeaux (dans le Cancer), et le vaisseau d'Argos sont les mêmes en Europe. D'autres constellations évoquent des événements mythologiques similaires : Prajapati en Orion présentant sa décapitation, Osiris comme Orion quand Seth le tue. Le Vedanga Jyotisha de Lagadha (1300 av.J.C.) est un des textes védiques subsidiaires et son contenu doit être considéré grosso modo sur un plan comparable avec celui des Brahmanes et autres textes post védiques ainsi que le Vedanga Jyotisha qui arrive à une période bien ultérieure. Les Puranas contiennent aussi un grand nombre de matériel très ancien et leur astronomie apparaît, sous tous les angles, bien antérieure à l'Aryabhata et ainsi nous procurent des indices sur l'évolution de la pensée astronomique. On a longtemps considéré que l'astronomie siddhantique de l'Aryabhata trouvait son origine principalement dans les idées mathématiques de la Grèce et de Babylone. Vue inspirée, d'une part, par le fait que deux des cinq Siddhantas dans le Panchasiddhantika du Varahamihira nommément Romaka et Paulisha, paraissent être liés À l'ouest par les noms Rome et Paul. Mais le modèle planétaire des premiers Siddhantas est, élémentairement, l'extension de la théorie des orbites du soleil et de la lune dans le Vedanga Jyotisha. De plus, la compilation des cinq Siddhantas pré-Aryabhique dans le Panchasiddhantika (PS) du Varahamihira pose la question du développement graduel des idées à laquelle on en peut répondre, en l'examinant, que difficilement. L'affirmation d'absence de traditions d'observations astronomiques chez les Indiens, continue à se répéter par des auteurs peu attentifs. Mais Billard (1971) a montré que les paramètres des différents Siddhantas se trouvaient ajustés à leur temps. L'idée d'évaluer le diamètre du soleil à cinq cent fois le diamètre de la terre, venait-elle des uns ou des autres. Kak (1998) a montré récemment que cette distance est présente dans le Panchavimsha Brahmana, précède l'astronomie grecque dans toutes ses évidences. il a présenté les détails techniques du corpus ailleurs (ex : Kak 1998c). La conclusion principale de ces découvertes est que l'astronomie indienne la plus ancienne précède celle de la Mésopotamie. La trace des certaines idées indiennes se trouvent en Mésopotamie au cours du second et du premier siècle avant l'ère chrétienne. Elles furent, subséquemment transmises en Grèce. Art Sur les bases de l'évidence donnée ci-dessus, il n'est pas surprenant que les thèmes et les motifs de la sculpture et des derniers sceaux d'Harappa. dont l'un d'entre eux, est l'image du héros, la figure de Gilgamesh, se répètent au Proche-Orient et en Grèce (Kak 1998a). Ce qui rend vraisemblable l'idée d'une interaction entre l'inde et les régions occidentales autour du troisième millénaire avant l'ère chrétienne. Jetons un coup d'œil sur quelques formes comparatives spécifiques. Héros, Sacrifice Le Kirttimukha, un gardien de la marge, est daté assez tardivement dans l'art indien, en adéquation avec la tradition mythologique. Zimmer (1946) tente de démontrer que l'image de la gorgone doit être vue comme une interprétation grecque ludique du Kirttimukha assimilé à une légende différente. Napier (1986, 1982) appuie cette thèse en suggérant les que marques du front de la Gorgone et que l'œil unique des cyclopes sont des éléments indiens, production proto sociale de l'interaction avec les fantassins indiens qui combattaient dans les armées perses. Mais, la Grèce, aussi, accueillait des marchands indiens. Le fait que le nom de la cité mycénienne grecque de Tiryns, L'endroit ou se trouve les monuments les plus anciens de la Grèce, est le même que celui du peuple de marins le plus puissant de l'Inde appelé Tirayniens (Krishna 1980). Napier a montré que l'histoire de Persée et de la Gorgone convergeait avec des éléments indiens, plus particulièrement en relation avec les mythes de Lycie. " Ce royaume ancien prend sa place, principalement, dans la mythologie grecque comme une localisation de l'exotisme : là-bas se trouve l'ivoire, les paons, les " vaches aux yeux innombrables ", on s'y amuse et on l'assimile à l'esprit pré classique qui trouve tout exotique. Au British Museum, nous trouvons une construction lycienne, avec son toit, descendant clairement d'un ancien style sud asiatique. La démonstration de cette hypothèse ne se limite pas à ce qui pourrait sembler être une similarité superficielle, ni des nombreuses références auxquelles la Lycie est associée, mais dans le nom même de la structure qui date du milieu du quatrième siècle av.J.C. : la tombe gréco-indienne, s'il y en avait une, de Payava. Et qui étaient les Tirayniens, sinon les ancêtres des plus fameux clans indiens, les Pallavas et les Cholas ? " (Napier 1998). Art Funéraire La mythologie indienne possède de riches descriptions de la cité d'Indra, le paradis, avec ses nénuphars et ses jardins. Octavio Alvarez (1978) suggère que ces thèmes védiques, de l'au-delà, sont croqués sur les tombes étrusques. Il suit la transmission de ces thèmes via l'Égypte ou les âmes n'étaient plus reçues par la tragique déesse de la mort Osiris, mais par Athor, l'enchanteresse, déesse de la joie et de l'amour comme dans la conception primitive gréco-romaine ou les âmes étaient supposées vivre " sans diaphragme ", c'est à dire, privées de nourriture et de sexe. Mais finalement, l'idée du paradis védique, quand, dans la cité d'Indra, tout est jeunesse et plaisir, déplace ces vues plus anciennes et Alvarez est à même de démontrer les nouveaux symboles de résurrection utilisée dans l'art étrusque et l'art funéraire plus tardif. Il établit la relation entre les nénuphars dans la mythologie gréco-romaine et les apsarases of the de la mythologie védique. Prenons note du fait que l'interprétation occidentale de l'au-delà védique fonctionne comme un rendu littéral de la métaphore. Le paradis védique transcende l'espace et le temps et représente l'absorption dans le Brahmâ. Et il est fascinant que la notion de paradis comme jardin de plaisir fut adopté plus tard par l'Islam. Alvarez peut expliquer l'iconographie des sarcophages marins étrusques, de manière très convaincante en usant des parallèles indiens. Il décrit huit éléments de base : 1. La scène de l'océan céleste, refuge des âmes disparues qui ressemble au paradis d'Indra. 2. Les femmes sont les apsarases, nymphes des eaux. Sur les sarcophages anciens, l'imagerie sépulcrale revêt la coiffure et les pendants d'oreille, mais sont, sinon, nus conformément aux modèles indiens. Ils sont vus intentionnellement avec des ventres proéminents et de gros postérieurs, drapés à la manière indienne 3. Les bébés sont les âmes du disparu qui réaparait au paradis, réapparition semblable à une résurrection. 4. Les fleurs sont les véhicules naturels de la résurrection comme celle qui vient du lotus. 5. L'allaitement des âmes enfants montre la réception et le nourrissement par les ôtes célestes 6. Les centaures de la mer sont les gandharvas, contrepartie males et amants des asparses. Ils ont des nageoires et des queues de poisson pour les différencier des centaures gréco-romains. 7. Les amorini qui remplissent l'atmosphère des symboles méditerranéens et dénote l'océan céleste, si brillamment décrit dans l'eschatologie indienne 8. Le portrait du décédé montré dans un coquillage, sans doute pour indiquer la renaissance dans " l'Océan Céleste " D'autres éléments indiens sont présents dans l'iconographie telles passementeries et noix de bétel Le Chaudron de Gundestrup Considérons le cas du chaudron de Gundestrup, découvert au Danemark, il y a une centaine d'années, Ce vase d'argent, daté autour du milieu du deuxième siècle av.J.C.. Ses flancs sont garnis de scènes variées de guerre et de sacrifice, divinités luttant avec des animaux, déesse flanquée d'éléphants, une figure méditative portant une ramure de cerf. Le parallèle est suggéré par les éléphants, complètement hors de contexte en Europe et par la déesse à la pose yogique. Si on en croit l'historien de l'art Timothy Taylor (1992), " Une tradition technique et picturale partagée s'est étendue de l'Inde à la Thrace ou le chaudron fut fait, pour se retrouver au Danemark. Les rituels yogi, par exemple, peuvent s'inférer des poses montrant l'homme portant la ramure sur le chaudron et d'une figure à tête de taureau sur une matrice de sceau du Mohenjo-Daro. Trois autres liens indiens : les bains rituels des déesses avec les éléphants( la déesse indienne est Lakshmi) ; les dieux à figure circulaire (Vishnou) ; La déesse aux cheveux tressés avec des couples doiseaux(Hariti) ". Taylor se demande si ce ne sont pas des classes d'artisans itinérants indiens, un peu semblables aux gitans en Europe, eux aussi originaire de l'Inde, étaient, peut-être, les créateurs du chaudron. Terres cuites égyptiennes Harle (1992) les a examinées découvertes par Petrie à Memphis en Égypte et il les croit indiennes, elle date de l période gréco-romaine et il est convenu qu'une colonie indienne existait à Memphis à partie du cinquième siècle avant l'ère chrétienne. Renouvellant l'évidence, Harle conclut que les figurines furent fabriquées par des colons indiens. Il souligne que la pose, dans les deux cas sont lalitasana et rajalilasana. Il ajoute : " La sensation plastique, quoi qu'il en soit, difficile à définir, est aussi indienne " il y a d'autres formes qui évoquent aussi certaines figures indiennes : la corpulence, un genre de dhoti comme vétement d'en bas rt dans un cas, un petit bras à droite et un foulard sur l'épaule gauche, toutes ces formes ramènent au Pancika (Kubera) indien de Gandhara et des sculptures Panchika et Hariti du musée de Peshawar''. Les figures comprennent aussi celle qu'on a traditionnellement pour Harpocrate, le fils d'Isis et d'Osiris. Mais il est possible que pour les colons indiens la figure représente Krishna-Vasudeva comme l'enfant dieu. Deux bronzes de cet enfant dieu ont été trouvés à Begram et Taxila. Le contexte archéologique En étudiant l'interaction entre l'Inde et l'Europe, on doit noter que les dernières découvertes archéologiques placent les indo-aryens, fondateurs de la tradition littéraire indienne, dans l'Inde même (Feuerstein et Al 1995). Les antécédents de la civilisation d'Harappa remontent en inde à 8.000 ans avant l'ère chrétienne. On ne sait pas si cette tradition dérive ou de la tradition de l'art des roches(40,000 av.J.C.). Mais on ne peut lire aucune évidence de discontinuité dans les minutes archéologiques, les seules ruptures sont dues à des facteurs écologiques. Suivant Shaffer et Lichtenstein (1998), qui sont contre le modèle invasion/immigration, " alors que les données s'accumulent pour étayer la continuité culturelle dans les périodes préhistoriques et historiques, une restructuration considérable des paradigmes interprétatifs doit s'opérer, nous rejetons vivement les interprétations historiques simplistes, qui datent du dix huitième siècle et qui continuent à s'imposer à l'histoire culturelle de l'Asie du sud. Ces interprétations se trouvent significativement diminuées par l'ethnocentrisme européen et son héritage colonialiste et raciste ". La littérature indienne se souvient d'évènements qui remontent au quatrième ou au cinquième millénaire av.J.C. La présence de l'élément indien au Proche Orient au second millénaire av.J.C. devrait se lire comme une invasion de l'Inde ou de groupes indianisés culturellement. L'assèchement de la Sarasvatî autour de 1.900 av.J.C. qui induisit une relocalisation majeur de la population centrée sur les vallées du Sindhu et de la Sarasvatî, serait aussi un événement qui aurait contribué à l'immigration vers l'ouest. C'est peu après, que l'influence indienne apparaît partout en Asie de l'ouest, en Égypte et en Grèce. Dans ce texte nous avons révisé quelques éléments de l'astronomie indienne en Grèce, une étude sur l'art nous a montré l'évidence d'une présence indienne dans le monde gréco-romain comme dans le cas de la Gorgone, du sarcophage marin de Rome, des figures yogique et autres déités sur le chaudron de Gundestrup et des figures de Memphis, en argile cuite. Nous pensons que l'ancienne Eurasie entretenait des interactions et un commerce considérable à l'intérieur de ses régions. Processus complexe dont les migrations faisaient, sans aucun doute, partie. La diffusion des idées étant un élément important du commerce, nous avons vu ici, quelques exemples d'idées artistiques et astronomiques qui voyagèrent d'est en ouest et vice et versa.


Bibliographie

Alvarez, O. 1978. Celestial Brides: A Study in Mythology and Archaeology. Stockbridge. Ashfaque, S.M. 1989. ``Primitive astronomy in the Indus civilization.'' in Old Problems and New Perspectives in the Archaeology of South Asia, J.M. Kenoyer (ed.). 207-215, Madison, WI. Billard, R. 1971. L'astronomie Indienne. Paris. Dumezil, G. 1948 (1988). Mitra-Varuna. Cambridge. Dumezil, G. 1970. The Destiny of the Warrior. Chicago. Dumezil, G. 1973. The Destiny of a King. Chicago. Dumezil, G. 1983. The Stakes of the Warrior. Berkeley. Feuerstein, G. Kak, S. and Frawley, D. 1995. In Search of the Cradle of Civilization. Wheaton. Filliozat, J. 1970. "The Expansion of Indian Medicine Abroad" In India's Contributions to World Thought and Culture, Lokesh Chandra (ed.). Madras: Vivekananda Memorial Committee. 67-70. Kak, S. 1994. The Astronomical Code of the Rigveda. New Delhi. Kak, S. 1995. ``The astronomy of the age of geometric altars." Kazanas, N. 1998. ``I-E mythological interconnections.'' Omilos Meleton, Athens. Krishna, Nanditha. 1980. The Art and Iconogrpahy of Vishnu-Narayana. Bombay. Lomperis, T. 1984. Hindu Influence on Greek Philosophy. Calcutta.

18/11/2011

Lincoln et les Mormons

L'Amérique est folle des Mormons, elle n'en a jamais assez, deux candidats à la présidence le sont, Romney et Huntsman, en plus d'un formidable succès dans une comédie de Broadway. Il y a 150 ans, ils tentaient de s'éloigner de la guerre civile. En réalité Ils fuyaient l'Union depuis longtemps. Pratiquement depuis l'Eglise de Jésus Christ et des Saints des Derniers Jours, fondée en 1830, ses disciples restaient sur l'expectative pour la bonne raison qu'ils eurent à souffrir ici ou là, de la brutalité des uns et des autres. Ils étaient attaqués pour leur religion inhabituelle, pour leurs croyances anthropologiques et sexuelles ( ils proclamaient aussi que les anciens juifs, immigrés de la terre sainte en Amérique du Nord devinrent les naturels américains comme le leur révèle des tablettes d'or écrites découvertes dans le nord de l'état de New York. On les attaquait pour la certitude irritante avec laquelle ils clamaient ces croyances. Ainsi, des séries de migrations vers l'ouest, sorte de version moderne de l'exode les menèrent du nord de l'état de New York vers l'Ohio, le Missouri et Nauvoo, ou le fondateur du mormonisme, Joseph Smith fut exécuter par une bande violente en 1844,. Finalement le reste de la communauté échappa à toute juridiction connue. En 1847, ils arrivèrent dans la vallée du grand lac salé ou Brigham dit : "voilà l'endroit"

L'endroit n'était pas spécialement folichon à l'époque, mais pris une ampleur considérable au cours des décades suivantes. C'était encore une partie dumormons.jpg Mexique qui entra en possession des Etats-Unis avec le traité de Guadalupe Hidalgo en 1848. La découverte de l'or fit augmenter le trafic terrestre. Rapidement les paysages solitaires du Territoire de l'Utah furent parcouru par les messagers du Pony Express et les apprentis millionnaires. Dès leur arrivée, dans l'Utah, les Mormons constituèrent un gouvernement de leur cru sans aucun lien avec les Etats-Unis. L'état fantôme nommé Deseret, présidé par Brigham Young administrait la loi et la moralité à la manière des patriarches bibliques. Comme beaucoup de ces patriarches, ils définissaient le mariage avec une élasticité pratique. Dans ce cas, c'était le droit d'un Mormon craignant Dieu de choisir autant d'épouses qu'il le souhaitait. Autre raison pour laquelle, les Mormons se retrouvaient en conflit avec les fonctionnaires du gouvernement

Mais les Etats-Unis cherchaient à gouverner ces nouveaux territoires, qui gagnaient rapidement en importance, même si 90% de ses habitants étaient des Mormons hautement sceptiques à propos de ces fonctionnaires fédéraux si lointains. En 1858, L'expédition de l'Utah sous le Général Albert Sidney Johnston, fut commandée pour mener le territoire à la soumission, elle fit des centaines de morts, coûta 15 millions de dollars et n'accomplit aucun de ses objectifs. L'histoire moderne des Mormons appellent encore cette période "l'occupation". Un cessez le feu difficile se traîna jusqu'aux élections de 1860 et à l'irruption de la guerre civile. Ces faits ajoutèrent un prédicat supplémentaire, à l'automne de 1861, à la politique d'Abraham Lincoln. La plupart des américains pensaient avant tout au nord et au sud, mais l'ouest aussi inquiétait son esprit. Avec la rébellion qui faisait rage, Lincoln avait besoin d'autant d'alliés qu'il le pouvait. Al a fois le gouvernement de Jefferson Davis et lui-même convoitaient pour ses minéraux et ses accès au Pacifique. Pouvait-il compter sur les Mormons ? La place ne manquait pas pour le doute, Comme les Confédérés ressentaient une profonde aversion pour le contrôle fédéral, ils favorisaient une institution particulière, la polygamie, assimilée dans l'esprit républicain, à un esclavage. Dénoncé par le parti de Lincoln. La plate-forme républicaine ridiculisait spécialement la polygamie et l'esclavage en tant que "reliques jumelles de la barbarie." En attendant, la plupart des Mormons, profondément religieux, venaient des états du nord. Même si leurs croyances contredisaient, d'une certaine manière, le christianisme, raison qui continuaient à animer les attaques contre le mormonisme en tant que culte, ils n'appréciaient guère l'esclavage. Au point de souhaiter la bienvenue à l'arrivée d'un président barbu avec un nom de patriarche biblique. Certains d'entre eux pensèrent que la rébellion signalait le début d'une guerre sainte qui remodèlerait le monde et finirait par le second retour de Jésus Christ. De façon prémonitoire, Joseph Smith prophétisa en 1932, qu'une guerre civile immense transformerait un jour l'Amérique et qu'elle commencerait en Caroline du Sud. Le 20 octobre 1861, la controverse de l'Utah fut neutralisée et la jonction du télégraphe transcontinental s'opéra à Salt Lake City. A cette occasion, tout le monde parla si fort d'union, Brigham Young remarquait, " L'Utah n'a pas fait sécession et tient fermement à la constitution et aux lois de notre heureux pays." Ces mots ne pouvaient que réchauffer le cœur de Lincoln. Deux jours plus tard, autre bonne nouvelle, le Général J. Arlington Bennett lui écrit afin de lui proposer de recruter de 1.000 à 10.000 Mormons et combattre avec l'Union. Le conflit était loin d'être éteint. Le 18 novembre, Lincoln attaqua la question mormon, dans un style bien à lui. En évitant d'ordonner l'invasion, Il demanda des informations à la Bibliothèque du Congrès de lui envoyer une pile se livres traitant de Mormonisme pour qu'ainsi l'agrégateur en chef puisse mieux les comprendre. Elle comprenait " Le Livre de Mormon" dans son édition originale de 1831 et trois autres études sur la secte, couvertes de chapitres choquants sur la polygamie. Pour une raison qu'on ignore, il commanda aussi un volume de Victor Hugo en français, langage qu'il ne connaissait pas. Edifié par ses lectures, Lincoln prit la grande décision de ne rien faire. Ce qui peut être aussi une forme de gouvernement, ce que Churchill appelait " une inactivité magistrale." La tradition raconte que Lincoln prit sa décision, par une parabole, contée à l'émissaire mormon:

"Quand j'étais encore un petit garçon dans une ferme de l'Illinois, la forêt était vaste et nous devions y abattre du bois. A l'occasion, nous rencontrions un tronc tombé. Il était dur à couper, trop humide pour être brûlé et trop lourd à déplacer alors nous avons labouré autour. Vas dire à Brigham Young que s'il me laisse en paix, je ferais de même."

Nous n'avons qu'elle comme explication formelle, mais cela suffit. A sa généreuse réserve de bon sens, nous pouvons aussi ajouter sa mémoire vive de la saignée de Nauvoo en 1844, quand une populace furieuse tua les chefs mormons sous le regard de fonctionnaires impuissants. La place centrale de l'Utah dans la grande vision d'une république transcontinentale, entièrement prise en compte par le premier président avec une vision continentale de l'Amérique.

Les relations entre les Mormons et les Etats-Unis ne furent jamais parfaites. Elle furent mises à l'épreuve tout au long de la guerre civile. Un représentant républicain du Vermont, Justin Morrill, introduisit une législation bannissant la polygamie dans l'Utah en 1862. Lincoln la signa mais dans par un autre signe d'inactivité magistrale, il ne fit rien pour la mettre en œuvre. Des tensions se manifestèrent entre l'armée, stationnée là pour protéger le télégraphe et les diligences, et les habitants de Salt Lake City en 1863.

Les Mormons n'étaient pas exactement des citoyens modèles. Pendant la guerre quand ils évoquaient "le Président" c'était de Brigham Young dont il s'agissait et le peu légal état de Deseret continua ses réunions jusqu'en 1870. Young n'aimait pas les abolitionnistes et les républicains " au cœur noir". Ce ne fut qu'en 1978 que les Afro-américains furent invités à rejoindre l'Eglise de Jésus Christ et des Saints des Derniers jours. Mais finalement, la raison prévalut, pour le bien à la fois des Mormons et des Etats-Unis. En 1869 quand la traverse finale du chemin de fer continental fut posée. Cet acte d'union, favorable, prit place à Promontory, Utah. Lincoln l'avait permis par ses choix, déjà lointains de 1862. Un mormon succédera-t-il à l'héritage de Lincoln. Cette éventualité est peut-être possible avec l'Utah, état patriotique, sur lequel on peut compter, membre entier de la fédération. C'est pourquoi, parmi d'autres raisons, l'Amérique vit encore la présidence d'Abraham Lincoln.

 source

10/11/2011

Une petite guerre splendide

Une petite guerre splendide

L"Amérique et Israël vont-ils joindre leurs efforts pour frapper l'Iran ?

La Russie et l'Allemagne ont prévenu Israël, que des bombardements contre l'Iran ne seraient pas tolérés. Il y a quelques jours, le Premier Ministre israélien Benjamin Netanyahu était préparé à attaquer l'Iran. Partout, il est écrit que l'Iran est tout près de créer des armes nucléaires. Des rapports belliqueux étaient publiés un peu avant la publication par l'agence internationale à l'énergie atomique des derniers développements du programme nucléaire iranien. D'après la presse britannique, ce mémorandum est basé à la fois sur le travail des inspecteurs de l'agence et des informations reçues des services secrets. L'utilisation de modelage informatique aurait aussi donné au pays la capacité de construire des têtes nucléaires n'importe quand. La république Islamique rejette ces accusations en proclamant qu'elles sont fabriquées. Les responsables iraniens disent que l'agence est devenue un outil pour mettre la pression sur l'Iran. En même temps, Sergei Lavrov et Guido Westerwelle craignent qu'une attaque de l'Iran ne puisse régler le problème. De plus, les pertes seraient considérables et mettraient en danger la sécurité de la région et du reste du monde. Les ministres pensent qu'il reste des fenêtres diplomatiques pour résoudre le problème du programme nucléaire iranien pacifiquement. Quoi qu'il en soit, les Israéliens, tout comme les Américains et les Britanniques voient les choses autrement. Ils croient que les sanctions, encore en usage, ont omis de produire le résultat requis. Imposer un embargo complet sur les exportations iraniennes de pétrole est impossible à cause de la Chine. Le céleste empire reçoit près d'un tiers de son pétrole de la République Islamique. Et par conséquent les Israéliens, les Américains et les Britanniques pensent qu'il n'existe pratiquement aucune chance d'éviter le scénario militaire afin de solutionner le problème iranien. Ils pensent aussi que la Chine n'est pas en mesure de répondre adéquatement à une action militaire contre l'Iran. La Chine exprimera son souci mais ce sera tout. Israël possède une expérience à succès dans la destruction d'objets nucléaires d'un ennemi potentiel. C'est arrivé avec le réacteur irakien d'Osirak, détruit en 81. Israël a aussi détruit une installation, en Syrie, dans la région de Deir ez-Zur. Mais aujourd'hui, l'état des affaires est très différent avec l'Iran, D'abord et en premier lieu, Israël devra détruire plusieurs sites en même temps. Ensuite, les opérations précédentes furent menées très près de leurs bases. Les installations iraniennes sont bien plus loin et beaucoup d'entre elles sont enterrées profondément dans le sol et très bien protégées. Elles peuvent survivre à des incursions. L'Iran proclame que l'ennemi ne sera pas à même de les détruire. Israël peut détruite-il détruire d'un coup le programme iranien tout seul ? Si l'attaque a lieu, on verra beaucoup de missiles venus de la partie du Liban contrôlée par le Hezbollah et de l'Iran. Techniquement Israël est capable de liquider le programme nucléaire de la République Islamique. Le pays a des douzaines de missiles balistiques Jéricho III. Il est pourtant impossible qu'Israël, seul, attaque l'Iran. Il pourrait le faire bien sur, mais ce n'est constitutionnellement possible que si l'état d'Israël doive faire face à un danger mortel. Ce n'est pas la première fois que les responsables israéliens menacent l'Iran mais les choses restent là où elles ont commencé. Les dernières déclarations de Tel-Aviv semblent donné une impulsion aux Américains pour bombarder l'Iran. Alexandre Khramchikhin, directeur de l'Institut d'Analyse Politique et Militaire de Russie, affirme qu'Israël ne peut attaquer l'Iran seul. Israël n'a pas les moyens de détruire les installations iraniennes uniquement avec des armes conventionnelles, ils ne peuvent rien faire sans l'aide américaine. Ils ont les munitions qu'il faut pour frapper en sous-sol mais ce n'est pas assez quand il s'agit de l'Iran. La tache demande bombes aériennes très puissantes et des bombardiers stratégiques, qu'Israël ne possède pas. C'est ce qu'il s'évertue à répéter aux Américains, que la question reste en suspens et qu'elle doit être résolue maintenant. Les Américains pourront vivre sans le pétrole du golfe persique pour longtemps. La déclaration iranienne quant à sa capacité de repousser une possible agression est une hypothèse difficile à tenir, les forces ne sont égales ni techniquement ni quantitativement. Les Américains s'engageront-ils dans un futur proche, peut-être. La popularité d'Obama a baissé, il lui devient difficile d'espérer une victoire aux prochaines présidentielles. La situation deviendra peut-être meilleure à l'aide d'une splendide petite guerre. Cette guerre résoudrait aussi, les problèmes si difficiles encourus par les présidents américains précédents

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