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01/02/2013

Tout ce qui pivote, c'est de l'or

Pour citer la réplique immortelle du Faucon Maltais de Dashiell Hammett, filmé par John Huston, " parlons de l'oiseau noir" Parlons de cet oiseau d'or mystérieux, oui, parlons-en car c'est bien un scénario d'Hammett ou les protagonistes sont le Pentagone, Beijing, les guerres de l'ombre, le mouvement en général et surtout beaucoup d'or.

Commençons par la position officielle de Beijing : " Nous n'avons pas assez d'or ", ce qui mène la chine à des achats frénétique de tout l'or qu'elle peut trouver, particulièrement à Hong Kong, ce que tout le monde peut suivre en direct. La Chine est déjà le plus gros producteur et le plus important importateur d'or mondial.

Le solde or représente plus ou moins 70% des réserves détenus par les Etats-Unis et par l'Allemagne et c'est plus ou moins pareil pour la France et l'Italie. La Russie, elle aussi en pleine frénésie d'achat, n'en a que 10%. Mais le pourcentage de la chine, malgré ses spectaculaires 32.000 milliards de dollars de réserve n'est que de 2%.

Beijing observe attentivement les usuriers de la Réserve Fédérale à New York, à laquelle l'Allemagne a demandé de lui rendre son or, celle-ci lui a répondu que cela prendrait au moins sept ans.

Le journaliste financier allemand Lars Schall qui suit l'histoire depuis le début a fait, pratiquement tout seul, les liens cruciaux entre l'or, le papier monnaie, les ressources énergétiques et l'abysse auquel fait face le pétrodollar.

Si Beijing dit que la chine veut plus d'or c'est "pour garantir les risques sur ses réserves étrangères", c'est à dire les fluctuations du dollar, mais aussi en particulier, pour "promouvoir la globalisation de l'yuan" et obtenir finalement, en toute suavité, la liquidité de sa devise qui lui permettra de concourir sur les places internationales avec l'euro et le dollar, entre égaux.

Mais le cœur élusif de l'histoire, c'est que les Chinois aimeraient bien de se débarrasser de leur dépendance à l'égard du dollar et pour cela, ils ont besoin de beaucoup d'or. Ils tendent de faire pivoter leur économie vers l'yuan en espérant que l'économie globale suivra. Cette règle d'or est le Faucon Maltais de Beijing ; " le truc dont on fait les rêves".

Avons drones, accepte voyages

Le Qatar aussi pivote, mais dans le genre Moyen Orient Afrique du Nord. Doha a financé les Wahhabites et les Salafistes et même des salafistes combattants tout comme les rebelles de l'Otan en Libye, les bandes armées de l'Armée Libre Syrienne ainsi que la nébuleuse pan islamique qui occupe le nord du Mali.

Après le Département d'Etat, le Pentagone s'est réveillé en propulsant une série d'arrangements entre Doha et Washington et mettre au point une "coalition" plus comestible en Syrie. Mais des liens puissants et dangereux existent entre le francophile émir du Qatar et le quai d'Orsay, très actif, déjà, sous le règne du roi Sarko.

Tous les observateurs de la géopolitique connaissent les détails, après une fuite des renseignements généraux atterrie au Canard Enchainé, du modus operanti choisi par le Qatar. Ca n'a rien d'un casse-tête, sa politique étrangère c'est les Frères Musulmans, ici et partout, sauf à l'intérieur de cet émirat néo féodal. C'est là le Faucon Maltais du Qatar qui, en mène temps, pour la plus grande joie des élites françaises est un pratiquant avide du néo libéralisme dur et des premiers investisseurs de l'économie française

Ainsi, la coalescence de leurs intérêts met en œuvre le capitalisme du désastre avec succès en Libye et pas encore en Syrie. Le Mali, c'est autre chose, c'est là que les intérêts de Paris et de Doha divergent, sans parler de Doha et Washington, du moins pour ceux qui ne croient que le Mali pouvait être un prétexte pour rafraîchir l'empreinte de l'Africom

La presse algérienne se noie dans l'outrage en questionnant les agendas qataris et français, depuis que le prétexte fonctionne si bien.

Sans surprise, l'Africom est dans le rôle et l'Amérique s'apprête à installer une base de drones au Niger, c'est le résultat pratique de la visite du Général Carter Ham, commandant de l'Africom à Niamey, il y a quelques jours.

Il n'y a plus qu'à liquider les vieux turbo-props qui tournent au-dessus de l'Afrique de l'Est depuis des années. Voici venu l'époque des prédateurs, traduction : le futur chef de la Cia, John Brennan prévoit de couvrir une guerre de l'ombre, partout, dans la zone Sahara Sahel.

Pour l'Africom, le Niger, c'est de la tarte, le nord est le site de toutes ces mines d'uranium qui fournissent l'industrie nucléaire française. Cette région se trouve très près des réserves d'or du Mali. Imaginez tout cet or dans une région "instable" qui tomberait entre les mains des compagnies chinoises. L'instant du faucon maltais qui aurait enfin suffisamment d'or pour virer le dollar serait à portée de la main.

Le Pentagone a même donné la permission à tous ses appareils de se ravitailler en carburant partout et ainsi qu'à Agadez. La légion française a peut-être fait le sale boulot au sol. Mais c'est l'Africom qui, au final, en ramassera tous les profits partout au Sahara Sahel.

Que saviez vous à propos de l'oiseau (asiatique) ?

Ce qui nous ramène au fameux pivot vers l'Asie, censé être la priorité géopolitique de la seconde administration Obama. Tout irait bien avec les rotations, en mode drone, de l'Africom au Sahara Sahel, si ce n'est l'irritation croissante de la Chine et Washington, qui avec Doha font "pivoter" leur soutien vers d'anciens "terroristes" rhabillés en "Combattants de la Liberté" et vis et versa.

Sans mentionner ce qui ne bouge pas, dans cette sombre affaire, le soutien effarant de l'administration Obama 2.0, à l'institution médiévale de la maison Saoud et à la "stabilité dans la péninsule arabe"

La rotation vers l'Asie est un produit du plan Marshall, totem originel de la sécurité nationale américaineMarshall est à la Source de la révolution dans les affaires militaires, comme tous les fans de Donald Rumsfeld le savent. L'échec "Choc et Effroi", qui n'a servi qu'à détruire l'Irak presque sans retour, même en y injectant le capitalisme du désastre est suivi d'une doctrine nouvelle nommée "Combat Air Mer"

Cette assomption prévoit que Beijing attaquera les forces américaines dans le Pacifique, ce qui est ridicule, Alors les Etats-Unis riposteront par une "campagne aveuglante", l'équivalent naval de Choc et Effroi. La force aérienne et la marine adorent ce concept parce qu'il implique beaucoup de dépense en matériel stationné dans plein de bases sophistiquées dans le Pacifique et en haute mer.

Ainsi le style contre insurrection à la Petraeus devient la guerre des ombres de John Brennan. Pseudo stratégie, car la vraie raison de ce déploiement est de garder les budgets concoctés par le Pentagone à des niveaux exorbitants en vendant une nouvelle guerre froide avec la Chine. On a pu, un jour, entendre Marshall dire à propos de la Chine : " ils n'amasseront jamais assez d'or pour mener à bien leurs plans démoniaques ". Sans l'aplomb de Bogaert naturellement. Dashiell Hammett serait surpris. Le Faucon Maltais de Marshall est la guerre dont les rêves sont faits

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04/01/2013

Pour qui sonne le glas syrien

La tragédie géopolitique de 2013 restera celle de 2012 : le viol de la Syrie

Un des passages favoris d'Hemingway, Alep avec son souk le plus extraordinaire du Moyen-Orient, son architecture, son peuple et ses marchands, cœur d'Alep depuis ses siècles,, le voilà, incendié et détruit par les "rebelles" de la soi-disant Armée Libre de Syrie.

Dans cette tragédie syrienne, pas d'Hemingway et pas de Robert Jordan des Brigades Internationales pour combattre ensemble avec les révolutionnaires républicains durant la guerre civile espagnole. Ces brigades internationales sont faites de Salafistes et de Djiadistes qui décapitent et font exploser des voitures. Sans oublier quelques jeunes américains qui sont les pions technologiques de ces rapaces nommés OTAN et CCG (Conseil de Coopération du Golfe).

Le drame continue, l'état syrien, son appareil politique et ses institutions de sécurité militaire maintiendra sa petite guerre éclair, sans arrière pensées à propos des dommages collatéraux. Dans l'autre camp, les commandants rebelles parieront sur le nouveau Conseil Militaire Suprême encouragé par les Saoudiens et les Qataris

Les Salafistes et les Djiadistes du Front al-Nusrah, des fanatiques du septième siècle, décapiteurs enthousiastes font le gros des combats sans y être invités. Après tout le Front al-Nusrah n'est-il pas nommément décrit par Washington comme une organisation terroriste.

Si on observe la réaction des Frères Musulmans, le Député, Contrôleur Général Mohammed Farouk Tayfour dit que les réactions sont "trop hasardeuses" tandis que le nouveau chef de l'opposition syrienne, Ahmed Moaz al-Khatib, à Marrakech, pense que les décisions doivent être "réexaminées". Virtuellement, tous les porte-parole rebelles n'ont-ils pas déclarés leur amour immortel pour la radicalité en plaidant leurs allégeances à al-Nusrah.

Donc, avec tous les fanatiques d'al-Nusrah, qui, pour l'instant, dissimulent leurs barbes correctement islamiques, sous de prosaïques capuchons, s'attendent à de nouvelles avancées rebelles sur Damas, en dépit de deux défaites majeures (fin juin et en décembre) dues à la courtoisie de contre-offensives gouvernementales.

Après tout, ces jolis messieurs, entraînés aux Etats-Unis, des forces spéciales américaines, anglaises et jordaniennes doivent produire des résultats sans mentionner les quantités toujours plus grandes d'armes létales dispensées par ces parangons de la démocratie dans le Golfe Persique. Sinon, le Front al-Nusrah Front contrôle des sections entières d'Alep, ville dévastée.

Les règles de la haine sectaire

Nous avons aussi la toute nouvelle Coalition Nationale des Révolutionnaires Syriens et des Forces de l'Opposition, une coproduction Doha Washington. Rencontrez le nouveau chef, c'est le même que l'ancien, le Conseil National Syrien. Ce n'est que de la rhétorique, en fait, la seule chose qui les intéressent, c'est d'acquérir de plus en plus d'armes mortelles. Et ils aiment al-Nusrah, même si Washington ne l'aime pas.

Les Qatar, a déversé des tonnes d'armement "comme des bonbons" (d'après un marchand d'armes américain) sur la Libye "libérée" Après le coup de Benghazi, le Département d'Etat s'est dit qu'en continuant à armer les rebelles syriens comme çà, ils prenaient les mêmes risques qu'en Libye. Traduction: le Qatar continue à fournir de grandes quantités d'armes aux rebelles et l'Amérique continue à "diriger par derrière".

Il faut s'attendre à plus de massacres sectaires comme celui d'Aqrab, à d'autres distorsions contextuelles. Le Ministre des Affaires Etrangères russe Mikhaïl Bogdanov dit : " Les combats vont encore s'intensifier et la Syrie perdra encore des dizaines ou meme des centaines de milliers de civils. Si c'est le prix à payer pour l'empêchement du président et s'il vous semble acceptable, pas à nous".

La Russie fait tout ce qu'elle peut pour empêcher que cela n'arrive et si les "rebelles" de l'OTAN mènent à bien leurs menaces et qu'ils attaquent les ambassades de Russie et d'Ukraine à Damas, alors il va falloir qu'ils règlent leurs barbes sur la vitesse maximale pour échapper aux Spetnatz, les forces spéciales russes.

On peut s'attendre à plus grave comme le Cheikh Sunnite, vedette d'al-Jazeera, Yusuf al-Qaradawi qui formula incidemment une fatwa légitimant la mort de millions de syriens, qu'ils soient civils ou militaires peu importe tant qu'ils soient Alaouites ou Chiites.

La haine sectaire gouvernera, avec le Qatar à sa tète suivis par les Saoudiens avec leurs grands livres assortis d'islamistes purs et durs. L'agenda, c'est la guerre contre les Chiites, contre les Alaouites, même contre les modérés pas seulement en Syrie, mais partout au Moyen-Orient.

Un face à face Patriot contre Iskander

La nouvelle stratégie de l'Armée Syrienne Libre consiste à se retirer des ses bases à la campagne pour concentrer ses troupes dans les villes et les agglomérations.

Attendons-nous à ce que la stratégie générale du club de l'OTAN reste plus ou moins la même, tenter de battre l'Armée Syrienne, là où c'est possible, les démoraliser et savonner la planche pour son éventuelle intervention ( les armes chimiques et le discours sur la "catastrophe humanitaire" font partie du paquet psychologique opérationnel).

Les Syriens ont beau détenir les armes lourdes mais confrontés à un tsunami de mercenaires, de Salafistes et de Djiadistes armés et entraînés par l'OTAN, toute l'affaire peut prendre des années dans le style de la guerre civile au Liban. Ce qui nous mène à la "meilleure" option : la mort de l'état syrien par des milliers de blessures grandes et petites.

Ce qui est certain c'est que la "coalition des volontés" contre la Syrie, n'aura aucun problème à ramasser la mise quand le jeu s'achèvera. Washington parie sur un régime post-Assad gouverné par les Frères Musulmans. Il ne faut dont pas s'étonner de voir le petit Roi de Jordanie devenir nerveux, il sait que les Frères Musulmans prendront le pouvoir en Jordanie aussi, ce qui l'empêchera de rester le meilleur client permanent de chez Harrods.

Ces modèles de démocratie, les pétro monarchies médiévales du Golfe, ne sont pas moins inquiets tant ils craignent la popularité des Frères Musulmans comme on craint la peste. Le Kurdistan Syrien, maintenant bien engagé sur la voie d'une totale autonomie et d'une liberté éventuelle, aggrave la position d'Ankara dans un conflit que les Turcs mènent depuis quarante ans. Sans compter sur la perspective de Salafistes et de Djiadistes sans emploi coincés entre les frontières et qui sont prêts à tomber amok.

Téhéran a déjà prévenu Ankara en termes assez catégoriques des conséquences du déploiement prochain du système de missiles de défense de l'OTAN.

Le porte-parole du Pentagone, George Little, dans un de ses chef-d'œuvres n'a-t-il pas affirmé que " Les Etats-Unis aide la Turquie dans son effort d'autodéfense (contre la Syrie)."

Voilà pourquoi 400 militaires américains s'installent en Turquie afin de piloter les deux batteries de missiles Patriot pour mieux la défendre contre " les menaces potentielles émanant de la Syrie".

Traduction: çà n'a rien à voir avec la Syrie, c'est surtout la présence militaire russe en Syrie qui les énerve. Moscou a offert, non seulement les très efficaces missiles sol-sol hypersoniques Iskander (virtuellement immunisés contre les mesures antimissiles mais aussi le système de défense à cibles multiples Pechora 2M), un cauchemar pour le Pentagone si jamais une zone d'exclusion aérienne est décrétée contre la Syrie.

Bienvenue à la confrontation entre Patriot et Iskander. Juste sur la ligne de feu, nous trouvons le Premier Ministre turc Recep Tayyip Erdogan, à l'ego démesuré, et qui expose un profond complexe d'infériorité dans ses relations avec les Européens. On le laisse dans le froid, en attendant, la mise en œuvre des plans du maître.

Le talon d'Achille de la Turquie (à part les Kurdes), c'est le fait de se promouvoir au carrefour des routes de l'énergie entre l'Est et l'Ouest. Le problème, c'est que la Turquie dépend, pour ses fournitures en énergie, à la fois de la Russie et de l'Iran. Sottement, elle s'aliène les deux en même temps, avec sa politique syrienne informe.

Malédictions et brouillards

Comment résoudre cette tragédie ? Personne ne semble écouter le Vice-Président syrien Farouk Al-Sharaa.

Dans un échange de vue avec l'organe libanais Al-Akhbar, il souligne que " la menace de voir, par la présente campagne, la Syrie, son histoire, sa civilisation et son peuple... chaque jour qui passe, la solution s'éloigne, militairement et politiquement, Nous sommes dans la position de devoir défendre l'existence de la Syrie".

Il ne possède pas " une réponse claire à la question" mais il a un plan :

N'importe quelle solution soit en commençant des conversations entre arabes, dans les capitales régionales ou étrangères, ne peut exister sans une solide fondation syrienne ; La solution doit être syrienne. Elle se composerait d'un règlement entre les principaux pays de la région et le Conseil de Sécurité de l'ONU.

Cet arrangement doit inclure l'abandon de tout forme de violence et la création d'un gouvernement d'unité nationale avec de larges pouvoirs qui devra solutionner les dossiers sensibles relatifs à la vie des gens et à leurs demandes légitimes.

Ce n'est pas ce que veut le complexe otanesque, les Américains, les Anglais, les Français, les Turcs, le Qatar, l'Arabie Saoudite sont déjà tous engagés par leurs agendas divergents respectifs. L'OTAN a déjà accompli un objectif, assez similaire à l'Irak en 2003, réduire en poussière la fragile fabrique sociale syrienne.

C'est le capitalisme du désastre en action, phase I, le terrain est déjà prêt pour une "reconstruction" profitable de la Syrie, une fois le gouvernement turbo capitaliste pliable installé.

Parallèlement, les réactions sont souvent suscitées par leurs propres mouvements mystérieux ; des millions de Syriens qui initiallement, soutenaient l'idée de mouvement pro-démocratique, des classes d'affaire de Damas aux négociants d'Alep soutiennent aujourd'hui le gouvernement contre le nettoyage ethnique et religieux proposé par les "rebelles" du genre d'al-Nusrah.

Voilà, coincés entre l'OTAN, les Russes et les Iraniens de l'autre coté, les Syriens n'ont nulle part ou aller. Rien n'arrêtera l'OTAN de créer, dans le sang, n'importe quelle entité douteuse, allant d'émirats pro-américains à des "démocraties" gouvernées par les Frères Musulmans.

Il est facile de voir pour qui sonne le glas en Syrie, il ne sonne pas pour toi, mais pour la malédiction, l'égarement, l'errance, la mort et la destruction.

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02/01/2013

La Corée du Nord, une culture de guerriers

...La jeune guerrière Kumsuni , qui livre des lettres à ses camarades, un jour, est arrêtée par la police. Quand l'inspecteur l'interroge, elle lui crache au visage, alors il la traîne à l'exécution et elle crie en mourant "longue vie au Général Kim Il Sung !"'"

...Le petit Ri Kwang-ch'un a moins de 10 ans et est membre d'une organisation enfantine anti japonaise. En compagnies des autres il aide les "Oncles de la Garde Rouge". Un jour, la police l'arrête, quand les salauds le torturent, Ri se coupe la langue. Ses derniers mots sont " : Longue vie à la révolution coréenne"

 On peut donc observer que l'émulation de l'éducation patriotique est stimulée par une notion telle de se couper sa propre langue comme si la tortures et les exécutions étaient trop dérangeantes ou trop compliquées à présenter à des enfants. Les scènettes citées plus haut sont issus de bandes dessinées publiées dans le magazine Kkotpongori (bouton floral), mensuel à l'usage des jardins d'enfants, l'audience cible de la publication peut être déduite par des puzzles logiques comme " Regardes les photos d'un porc, d'un tracteur et d'une bicyclette, lequel va le plus vite ?" Bienvenue dans le monde de l'enfance en Corée du Nord. Dans ce monde des bandes dessinées tel  " l'obus crayon" de Cha Kye-ok, appelle les enfants à bien étudier. A l'inverse de la Corée du Sud ou l'impératif d'apprentissage est souligné par la curiosité intellectuelle et par le succès social, en Corée du Nord les paradigmes pédagogiques suggèrent un autre objectif lucratif à l'usage des étudiants : une meileure préparation de la défense de leur pays contre les envahisseurs. Une emphase constante mise sur une guerre potentielle oblige les enfants nord coréens à se préparer à la guerre pour le meilleur ou pour le pire.

 Les vers de leurs chants reprennent souvent des idiotismes tel kyolsaongwi (préparation désespérée à la mort, pour le guide, le pays, le parti) ou orch' ongp' et 'anadulttal, (fils et filles des fusils et des canons/ fusils et canons vivants). 

Lisez, par exemple, un poème enfantin typique par Kim Ch'angmu :

Ils Nous Envient,

Ils Ont Peur de Nous

Le monde entier nous envie

Le monde entier a peur de nous

Nous sommes la nation du soleil

Qui brille par son indépendance

Nous sommes fils et filles des fusils et des canons. 

Le Kunsanori ou jeux militaires constituent une partie importante de l'activité physique des jeunes enfants de Corée du Nord. Traditionnellement, la cible des ces jeux est la marionnette d'un soldat américain, archétype du "sale américain" et que les petits enfants battent dans la cour. Récemment, la liste des cibles s'est étoffée, par exemple, la couverture Kkotbonori, mai-juin 2012 nous informe des exploits de Ri Kwang-ch'un, histoire d'un groupe d'écoliers de l'école gardienne accompagnés d'une petite fille à la jolie robe jaune qui battent les poupées du Président sud coréen Lee Myung-bak, du Ministre de la Défense Kim Kwan-jin et du Chef d'Etat-Major Jeong Sung-Jo, avec des bâtons en bois. L'image expressive véhicule le titre" à bas la clique de Lee Myung-bak". 

Cette bacchanale d'imagination militariste au jardin d'enfants reflète une passion générale pour les armes, que les observateurs relient au Songun ou 'les militaires d'abord" propagande d'état mise en œuvre en 1996-1998. L'histoire nord coréenne démontre, la priorité pour la vie militaire dans tous les aspects de l'existence existe de puis le concept " d'Etat Guérilla" le militarisme est une part intégrale de la mythologie fondatrice de la République Populaire de Corée du Nord.

Les guerriers contre les confucéens. Une comparaison des paradigmes nord-sud montre la rupture entre les deux moitiés d'une culture jadis homogène, ces soixante dernières années. Mais pas dans leurs attitudes respectives à l'égard du communisme. Puisque bien des aspects du message communiste de Corée du Nord sont congruents avec les valeurs communales de la Corée patriarcale et peut trouver un écho en Corée du Sud. Ce qui différencie le monde spirituel de Corée du Nord, c'est sa rupture radicale d'avec la tradition confucéenne, qui traditionnellement rejette la force brutale et la violence militaire. 

L'idéologie nord coréenne a significativement redéfini le passé, le présent et le futur de la Corée. Quand elle définit la Corée traditionnelle, elle tente d'en gommer l'héritage confucéen et de représenter l'ancienne Corée comme un état essentiellement martial. Si on en croit un mythe idéologique populaire, le service militaire profite d'un prestige si important, il sert de processus d'initiation pour les jeunes hommes, sans lequel, ils ne sont pas autorisés à se marier. En décrivant les évènements présents dans des documents à la fois fictionnels et documentaires, les médias nord coréens présentent les choses de telle manière qu'ils laissent, à l'audience, l'impression que le pays participe réellement à des opérations de guerre.

" La guidance sur place" initiée par feu le Guide Kim Jong, le mettait en scène inspectant la ligne de front et les frontières. Les journalistes nord coréens insistent particulièrement sur les désagréments personnels et les dangers que ces inspections posent pour le précieux guide. Les chansons d'amour romantiques nord coréennes contemporaines se lamentent sur la séparation des amants qui partent vers une ligne de front pour prendre part à un combat qui n'existe pas. Sans être impliqués dans une guerre, les nord coréens se sont arrangés pour créer une culture de guerriers qui nourrit une soif inextinguible de gouvernement, d'autodiscipline et de dureté dans leurs relations à la fois avec le monde et avec eux-mêmes. On peut bien sur argumenter du fait que, d'abord, le militarisme nord coréen ne justifie la force qu'au nom de "bonnes" causes et ensuite "qu'il aboie mais ne mord pas", c'est à dire qu'il accomplit une fonction morale qui prend de l'ampleur.

Quoi qu'il en soit, cet esprit centré sur l'armée, de la direction du parti communiste, a donné naissance à une philosophie éducationnelle qui permet et encourage les enfants à cogner et à frapper, ce qu'on peut voir comme un évènement social significatif. Ce genre d'idées, injectées depuis des générations ne peut rester sans conséquences. Des guerriers entraînés à se battre contre des ennemis nommés, parmi lesquels la Présidence de la Corée du Sud, chercheront leur champ de bataille et pourront éventuellement le trouver. La tendance sud coréenne elle, se dirige rapidement dans le sens opposé. Pour une part, elle perpétue ses traditions confucéennes basées sur la prévalence du développement intellectuel sur les exercices corporels. Pour l'autre, le legs confucéen s'est agrandi des tendances pédagogiques inspirées des démocraties occidentales et leur emphase portée sur le pacifisme, la tolérance et la tolérance aux faiblesses humaines. Un des récents consensus de la pédagogie sud coréenne est de brider l'agression des enfants et de décourager les jeux et les jouets violents. Toute une rangée de livres parentaux attend sur les étagères d'une des plus vastes librairies de Séoul "Kyobomungo", les pères, ils pourront y lire qu'ils doivent mettre un frein à leur agression, à la fois physique et verbale quand ils communiquent avec leurs enfants et qu'ils doivent aussi faire la même chose dans les écoles et dans les plaines de jeux. Une campagne nationale encourage les écoliers sud coréens à trouver une solution pour résoudre la question du harcèlement en se plaignant à leurs professeurs ou en appelant des numéros de téléphone réservés. Sans la Corée du Sud contemporaine, ce sont des actions comme celles-ci qui parlent pour elles-mêmes.

On peut raisonnablement penser d'un garçon de Corée du Nord sympathiserait difficilement avec the type d'action puisque pour lui, ce type d'action correspond à la maîtrise de son propre corps et à la construction d'un corps qui répond à l'agresseur comme un soldat doit le faire s'il était trop fort, il rejoindrait ses camarades et frapperait avec eux comme le fait un peloton de soldats. L'endoctrinement politique est seulement responsable en partie de l'attitude de ces jeunes, la principale raison est le matérialisme. Une réalité ingrate ou la malnutrition est fréquente, le manque de matériel et les injustices sociales sont des faits de la vie mêlés d'actions et de fictions légales en pèchent les nord coréens d'élever leurs enfants avec délicatesse et sensibilité. Le "Paradis du Peuple", n'est pas un endroit pour les pleurnicheurs. Les enfants d'une République de Corée du Sud vivent entourés et la violence est soustraite à l'œil public. Dans ce monde, ou vivent de plus en plus nombreux de végétariens, d'amis des animaux et ou se développe une industrie de l'animal de compagnie ou un lapin, par exemple, est associé à un jouet amusant ou a un sympathique petit animal domestique. Pour les enfants de Corée du Nord, un lapin est un animal domestique qu'on élève pour sa peau, sa viande et sa fourrure. Des campagnes nationales encouragent les enfants de l'école gardienne à élever des lapins pou" "faire de la nourriture et des vêtements pour les braves oncles soldats de l'Armée du Peuple Coréen. Les Sud Coréens sont-ils prêts à négocier avec leurs frères du nord ? Comme indiqué plus haut, la philosophie pédagogique contemporaine des Sud Coréens reflète largement les tendances du monde occidental. Atteindraient-ils à l'adoucissement des mœurs ? Peut-ètre, dans les jardins d'enfants.

En Australie, aujourd'hui, les jouets représentant des armes sont strictement interdits, le panier de jouets disponibles sont des trams, des bateaux et des autos ainsi que des barques, des poupées, des ours et des ustensiles de cuisine ( les jouets ne sont pas séparés par genre). Un match de football, sérieusement supervisé est souvent, la seule forme de loisir violent permise. Une sensibilité croissante des parents rend plus difficile de lire aux plus jeunes, des fables, telle le Petit Chaperon Rouge, qui, jusque là, semblaient parfaitement innocentes. Les narrations, farcies de mères irresponsables, de prédateurs stupides et de fins heureuses impliquent d'éventrer le loup apparaissent trop dérangeantes au monde confortable de l'enfance que nous connaissons. Les vieux contes présentés aux enfants occidentaux sont souvent publiés pour exclure toutes allusions à la violence, à la morts et à la souffrance des personnages. Si on peut considérer l'humanisation des pulsions collectives comme un développement social positif. Nous ne devrions pas oublier que si nous pouvons élever nos enfants de cette manière c'est d'abord parce que nous n'avons pas d'ennemis i de système de conscription. 

Dans un cas d'urgence, peu probable, les civils belges, celui qui aime les frites, pourront toujours se cacher derrière le réseau important de professionnels de l'Armée Belge. Auxquelles on a enseigné qu'il ne fallait pas être trop sentimental quand on a affaire au grand méchant loup ? On peut se demander si la société sud coréenne a les moyens d'élever ses enfants d'une manière pacifiste et cotonneuse similaire. Après tout, les sud coréens, techniquement, sont toujours en guerre, avec tous les hommes valides mobilisables en temps de conflit. Il ne fait pas de doute que les militaires sud coréens soient fort assez pour se défendre. Quoi qu'il en soit, les guerres ne sont pas gagnées uniquement grâce à de bons équipements mais aussi avec un esprit approprié et aussi une préparation psychologique.Si la Corée du Sud doit se battre contre la Corée du Nord, les premiers auront affaire à des gens appris à ne pas être trop regardant quand on frappe la tète des gens avec un bâton et à se couper la langue si leurs camarades sont en danger.  

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17:01 Écrit par walloween dans Culture, Histoire, international, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : corée, nord, sud |  Facebook

18/12/2012

Frontières de sang

A quoi ressemblerait un meilleur Moyen-Orient ?

Les Frontières internationales ne sont jamais tout à fait justes. Mais le degré d'injustice infligé subis par ceux qu'elles réunit ou qu'elle sépare font une énorme différence, souvent celles entre de l'oppression, de la tolérance et des atrocités, de la loi et du terrorisme et même entre la guerre et la paix.

Les frontières les plus tordues et les plus arbitraires se trouvent en Afrique et au Moyen-Orient. Dessinées par des européens qui avaient eux-mêmes le plus grand mal du monde à définir les leurs, Les frontières de l'Afrique continuent à provoquer la mort de millions d'africains.

Mais les frontières du Moyen-Orient "génèrent plus de problèmes qu'elles ne peuvent en consommer localement" pour citer Winston Churchill. Le Moyen-Orient détient bien plus de problèmes en plus de ses limites territoriales disfonctionnelles, de la stagnation culturelle par une inégalité scandaleuse jusque qu'à l'extrémisme religieux. Le grand tabou qui nous permet d'éviter de comprendre les multiples faillites régionales n'est pas l'Islam mais bien les terribles mais sacro-saintes frontières révérées par nos propres diplomates.

Naturellement aucun ajustement de frontière aussi draconien soit-il ne saurait rendre heureuses toutes les minorités du Moyen-Orient. Dans certains cas, des groupes ethniques et religieux vivent ensemble sans problèmes socialisent et s'inter marient. Ailleurs, des réunions basées sur la loi du sang ou sur les croyances ne sont pas aussi joyeuses que leurs chefs respectifs le souhaitent.

On pourrait tenter de redresser les tricheries frontalières dont ont souffert les groupes de populations les plus significatifs, tels les Kurdes, les Baloutchis et les Arabes chiites sans pour autant tenir une comptabilité adéquate à propos des chrétiens du Moyen-Orient, des Bahaïs, des Ismaéliens, des Soufis et de nombreuses autres minorités numériquement plus faibles.

Un tort qui vous hante, tel les massacres des Arméniens par l'Empire Ottoman moribond, ne pourra jamais se payer d'une cession ou d'un échange de territoire. Toutes ces injustices, sans révisions de frontières majeures, ne trouveront jamais réparation.

Même ceux qui abhorrent l'idée d'altérer les frontières seraient bien inspirés de s'engager dans un exercice qui tenterait de concevoir des amendements aux frontières nationales, plus justes, sinon toujours imparfaits du Bosphore à l'Indus. Le talent des états, à part la guerre, n'a jamais développé des outils très pratiques, pour trouver une solution aux conflits frontaliers.

Un effort mental pour tenter d'appréhender les frontières "organiques" nous aide à cerner l'étendue des difficultés auxquelles nous continuerons à avoir à faire. Il s'agit de difformités colossales, gigantesques façonnées par la main de l'homme qui ne cesseront jamais de générer de la violence et de la haine tant qu'elles ne seront pas corrigées.

Pour ceux qui refusent de penser l'impensable, qui déclarent que les frontières ne doivent pas changer et que tout va bien comme çà, il ne faut pas oublier que les frontières n'ont jamais cessé de changer aux cours des siècles. Elles ne sont jamais restées statiques et de nombreuses d'entre elles du Congo, au Kosovo et dans le Caucase, changent même aujourd'hui (tandis que les ambassadeurs et les envoyés spéciaux se mirent dans le hublot pour vérifier si leur col est bien mis)

Sans oublier un autre petit secret bien sale vieux de 5.000 ans, les travaux de nettoyage ethnique. Pour que les Juifs aient quelque chance de vivre en paix avec ses voisins, ils devraient retourner vers les frontières d'avant 1967, (avec des ajustements nécessaires pour la sécurité locale). Mais la question des territoires entourant Jérusalem, ville tachée de milliers d'années de sang, peut ne pas trouver de réponse pendant plusieurs générations supplémentaires. Tous les partis ont changé leurs dieux en magnat de l'immobilier. Ces batailles tenaces et peu homériques, restent sans rivale face aux gloutonneries pétrolières et aux contredanses et autres passe-pieds ethniques.

Laissons de coté la question trop étudiée des Juifs et des Arabes pour nous intéresser à ce qui est studieusement ignoré. L'injustice la plus frappante dans ces terres notoirement injustes entre les Balkans et l'Himalaya est l'absence d'un état kurde indépendant la population de Kurdes qui vivent dans des régions contiguës du Moyen-Orient est, selon les estimations de 27 à 36 millions (les chiffres sont imprécis parce qu'aucun état n'autorise un recensement honnête.) Plus importante que la population irakienne, même les chiffres les plus bas font des Kurdes le groupe ethnique le plus important au monde, sans un état qui soit le sien. Les Kurdes se sont trouvés opprimés par tous les gouvernements qui contrôlèrent les collines et les montagnes depuis Xénophon.

La coalition et ses partenaires ont raté la glorieuse occasion de corriger cette injustice après la chute de Bagdad et l'Irak serait divisé en trois états immédiatement. A la fois par couarderie et par absence de vision, elle a poussé les Kurdes à supporter le nouveau gouvernement irakien, qu'ils confondent tout de suite avec un quiproquo du à sa bonne volonté. Mais soyez en sur organisez un plébiscite et l'immense majorité des Kurdes voteraient pour l'indépendance.

Comme le feraient les Kurdes de Turquie qui ont si longtemps enduré des décades d'oppression militaire violente à la dévotion de la "montagne turque", dans le but d'éradiquer leur identité. Bien le destin des Kurdes se soit un peu adouci ces dix dernières années, la répression récemment s'est à nouveau intensifié contre le cinquième oriental de la Turquie qui devrait être vu comme un territoire occupé. Les Kurdes de l'Iran, de l'Irak et de la Syrie, eux aussi rejoindraient un état kurde indépendant s'ils le pouvaient. Le refus des démocraties légitimes du globe de se faire les championnes de l'indépendance kurde est un péché d'omission humanitaire bien plus sot que bien d'autres qui excitent nos médias. D'autre part, un Kurdistan libre de Diyarbakir à Tabriz, serait l'état le plus pro-occidental entre la Bulgarie et le Japon.

Un alignement juste dans la région laisserait les trois provinces irakiennes majoritairement sunnites comme une troncature qui pourrait éventuellement choisir de s'unir à une Syrie qui perdrait sa façade maritime dans le Grand Liban. Ce serait la renaissance de la Phénicie. Le sud chiite du vieil Irak deviendrait un état arabe chiite contrôlant une bonne partie du golfe persique, avec quelques expansions aux dépens de l'Arabie Saoudite. Pour sa part, cet état subirait un démantèlement majeur aussi important que le Pakistan

Une des causes de la grande stagnation du monde arabe est le traitement que fait de Médine et de la Mecque la Famille Saoud qui considère les lieux saints comme un fief. Avec les saints reliquaires de l'Islam contrôlés par la police d'état d'une des nations les plus bigotes et les plus oppressives. Un régime qui commande à d'immenses réserves de pétrole enterré. Les Saoudiens se sont trouvés à même de projeter leur vision disciplinariste wahhabite, leur foi intolérante bien loin de leurs frontières.

L'accès de saoudiens à la richesse et par conséquent à l'influence est la pire chose qui soit arrivée au monde musulman depuis l'avènement du Prophète et la pire aux Arabes depuis la conquête (sinon mongole) ottomane

Les non-musulmans ne peuvent en aucune manière effectuer des changements dans les contrôles des cités saintes de l'Islam, mais imaginez, combien le monde musulman serait plus sain si Médine et la Mecque se voyaient gouvernées par un état sacré islamique sous contrôle enrôlé des représentants des plus grandes écoles et des mouvements majeurs, une sorte de super Vatican, ou l'avenir d'une grande foi peut y être débattu plutôt que décrété.

La véritable justice, que sans doute nous ne pourrions trop aimer, donnerait aussi les champs de pétrole côtiers aux Arabes Chiites qui peuplent cette sous-région. Le quadrant sud-est serait dévolu aux Yéménites.Confinés à leurs terres héréditaires, le Territoire Indépendant, autour de Riyad, la Maison des Saoud serait moins à même de jouer à son jeu de dupes envers l'Islam et le reste du monde.

L'Iran, non moins étrangement boutonnée quant à ses frontières perdrait une grande partie du territoire de l'Azerbaïdjan, du Kurdistan Libre, de l'Etat arabe Chiite et du Baloutchistan Libre, mais regagnerait les provinces autour de Herat, actuellement en Afghanistan, région d'anciennes affinités historiques et culturelles avec la Perse. L'Iran redeviendrait, en réalité, un état culturel et ethnique proprement perse, tout en sachant répondre à la question difficile de savoir si l'Iran conserve le port de Bandar Abbas ou le rendrait à l'Etat arabe Chiite.

L'Afghanistan perdrait à l'Ouest mais réunifierait à l'Est les tribus frontalières du Nord-ouest qui se réuniraient aux leurs. (sur la carte, comme ils le veulent et non pas nous).

Le Pakistan, autre état artificiel, perdrait aussi son territoire baloutche au profit du Baloutchistan Libre. Un Pakistan "naturel" s'étendrait à l'Est de l'Indus en plus de la grande voie de Karachi, vers l'Ouest.

Les villes états des émirats garderont leurs convictions habituelles et continueront à faire commerce des charmes de leur foi mélangée. Les cultures puritaines souffrant d'hypocrisie, comprendront et pourront très bien tolérer l'exception toujours si utile, à la règle. Les Arabes Chiites tiendront à conserver leur puissance vis-à-vis de Perses, et verront un moyen d'y arriver par cet expédient. Dubaï, par nécessité se verrait autoriser à conserver ce statut de plaine de jeu pour riches milliardaires débauchés et le Koweït restera dans ses frontières ainsi qu'Oman.

Dans chaque cas, cette redéfinition hypothétique des frontières reflète les affinités ethniques et le communalisme religieux, dans certains cas, les deux. La responsabilité des puissances occidentales, est partout présente dans ces dessins cartographiques, s'ils ne sont pas bons, on y devine au moins leurs intentions dans une région ou les populations se battaient pour émerger des humiliations et des défaites du dix-neuvième siècle.

Corriger les frontières pour refléter la volonté des gens peut sembler impossible. Maintenant, mais dans un temps donné et après bien des combats sanglants, des nouvelles frontières naturelles pourraient voir le jour, Babylone n'est pas tombée qu'une fois.

Pendant ce temps là, nos hommes et nos femmes, aussi, continueront à se battre pour se protéger du terrorisme, pour la perspective de la démocratie e pour l'accès à des ressources pétrolières dans une région destinée à se combattre elle-même.

Les divisions humaines habituelles et le mariage forcé entre Ankara et Karachi additionnées aux blessures que les régions s'auto-infligent, forment un substrat idéal pour l'extrémisme religieux, une culture de la honte et des blâmes et tout le monde peut y recrute des terroristes, là où les hommes et les femmes contemplent passionnément les horizons de leurs frontières tandis qu'ils cherchent du regard, avec enthousiasme, les ennemis.

Si, aux confins du grand Moyen-Orient, personne ne peut amender les frontières afin de rendre aux liens naturels du sang et de la foi, l'espace que la nature leur a offert, croyons alors, que ce sang versé continuera à rester le nôtre.

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13/12/2012

Pour Moscou, Le chemin de Damas passe par Groznyï

La politique russe conçernant la Syrie se préoccupe peut-être plus de Groznyï que de Tartous. Les critiques et les analystes, en Occident, ont déjà tout dit sur l'obstruction russe au Conseil de Sécurité relative à la crise humanitaire syrienne pour laquelle il ne semble y avoir aucune lumière au bout du tunnel.

Depuis le début du "soulèvement" armé en Syrie, vingt mois se sont passés, on se demande si le seul intérêt russe à soutenir le régime faiblissant de Bashar al-Assad n'est pas de protéger sa seule base navale, en mer chaude, de Tartous, unique facilité navale de ce genre en dehors de l'ancienne sphère soviétique et fournisseurs essentiels d'armes légères, d'artillerie et autres matériels militaires à la Syrie. Quoi qu'il en soit, ils savent très bien que les dictateurs à la recherche d'armement vont et viennent dans l'histoire de la guerre froide et que les contrats maritimes peuvent toujours se renégocier avec les régimes qui se succèdent.

Ce qui est crucial, pour le gouvernement de Vladimir Poutine, c'est la politique privilégiée des affaires intérieures d'une nation état. Les "Siloviki", sobriquet russe des élites dirigeantes se souviennent du chaos des années 90 et la perte brève mais si douloureuse à leur ego, de ce qui devint un état chètchène quasi-indépendant dans le nord du Caucase.

Boris Ieltsine affaibli, est obliger de négocier en août 1996, avec le chef nationaliste chètchène Aslan Maskhadov et de signer les accords de paix à Khasavyourt au Daguestan. Signature à laquelle il remédiera en lançant la seconde guerre russo-chètchène à l'automne de 1999. Poutine arrivait au pouvoir grâce à cette ré invasion de la chètchènie en exploitant la crise d'autorité de la fédération russe à son immense avantage, il y est toujours aujourd'hui.

Une Russie renouvelée économiquement et politiquement sous le duo rotatif Poutine Medvedev, soutenue par de copieuses ventes d'énergie en Europe et de métaux à la Chine trouvait le moyen de "perdre" Saddam et Kadhafi durant la tenue du duo. Ils se sont dits que la Syrie d'Assad, bon vieux client de la Russie depuis l'ère soviétique, ne serait pas une autre pièce de domino dans l'odieuse machination mise au point par les occidentaux sous les veneurs jumeaux de l'intervention humanitaire et de l'internationalisme libéral, concepts qui rendent les siloviki extrêmement sceptiques.

En dépit des coups significatifs portés par la vengeance des Chètchènes aussi loin au nord qu'à Moscou, secouée périodiquement par des bombardements suicide, le Kremlin est parvenu à prévenir toute intervention extérieure imposée en Chètchènie.

L'approche abstraite des puissances occidentales a laissé les forces terrestres russes et ses alliés chètchènes, pratiquer une politique de terre brûlée y compris la pulvérisation de la capitale Groznyï, ce qui ne manque pas de ressembler à la punition collective infligée par le régime d'Assad dans certains quartiers de Homs, Alep, Idlib et Daraa.

Assad et son frère, le vindicatif Maher ont, sans surprise, utilisé une artillerie russe identique ou similaire à celle utilisée à Groznyï contre la population

Sous Poutine, les Russes et les autorités locales ont supprimé avec succès l'accès de la presse dans la république chètchène, au point ou elle fut largement oubliée par l'Ouest, reléguée au chaos des années 90. Durant la gestion d'ivrogne de Ieltsine en 1994-1996, les journalistes occidentaux passèrent amok et rapportèrent la catastrophe humanitaire librement. Quand Poutine frappa à nouveau les rebelles trois ans plus tard, un de ses soucis principaux fut, après la mauvaise gestion des guerres antérieures, de contrôler l'accès au front des médias à tous les niveaux possibles.

Assad, ayant, au départ le sentiment que les puissances occidentales jouaient contre lui, a laissé deux options à la presse occidentale, fort réminiscente de la partition de Poutine, soit accepter les tours de piste orchestrées par le régime ou risquer la mort en entrant illégalement, avec les bandes erratiques de rebelles, sur son territoire. Poutine et Assad, par leurs tactiques contre insurectionnelles, à la fois anarchiques et brutales obtinrent un résultat similaire. Ils ont miné les commandements des rebelles nationaux et confinés les guerriers islamistes et djihadistes les plus virulents.

Pour éliminer toute évidence visuelle de la démolition de Grosnyi, Moscou s'est lancé dans sa reconstruction à toute vitesse. Mais tandis que le Kremlin y remet la main en sachant qu'il y avait défait l'ensemble de l'insurrection, elle s'est décentralisée, partout, loin, dans toute la région. La Russie s'est attaquée sans répit, avec un effet létal, au nationalisme ethnolinguistique chètchène. Le résultat de cette politique s'incarne dans une insurrection bien plus large qui se donne le nom d'Emirat du Caucase, dirigé par l'ambitieux commandant islamiste appelé "Emir" Doku Umarov. Si le Kremlin a écrasé le rêve d'un état chètchène, il a aussi donné naissance à l'ambition d'un état islamique qui s'étendrait des rives de la Caspienne à celles de la Mer Noire.

En Syrie, aujourd'hui, la rébellion a commencé avec des hommes qui proclamaient leur combat pour une nouvelle Syrie libérée de la dictature bathiste et qui doivent de plus en plus partager le chant de bataille avec des éléments qui prétendent installer un état islamique dans une Syrie traditionnellement pluraliste.

La Russie, après des décades de lutte contre des insurrections islamistes bien financées en Afghanistan et en Chetchènie pense que les faiseurs politiques occidentaux sont naïfs à propos de la dynamique politico-religieuse du monde musulman et que la Russie et l'Occident auront tous deux à faire face l'imprévisibilité des réactionnaires salafistes et djihadistes issus du printemps arabe.

La Russie et la Chine dans leurs empires, essentiellement continentaux, souffrent depuis toujours de périphéries peu sures, constellées de minorités irrédentistes aux mouvements nationalistes récurrents. Ces deux nations n'inclinent en aucune manière à acquiescer aux initiatives d'intervention occidentale, quelle qu'elles soient.

Pour les observateurs, Moscou et Beijing semblent montrer de la solidarité avec leurs pairs en autoritarisme ou craignent simplement la perte d'intérêts économiques établis depuis longtemps, quoi qu'il en soit, ils se voient comme les défenseurs du précepte infaillible de la souveraineté nationale contre la menace perceptible des projets d'intervention international avec un œil sur leurs propres colonies telles la Chètchènie et le Tibet. Préserver le statut quo en Syrie est devenu une de leurs "lignes rouges".

C'est Poutine, le premier gouvernant mondial à avoir téléphoné à George W Bush après les attaques du 9/11/2001 à New York pour manifester ses regrets. Les Russes étaient pressés de donner de la substance à leur intervention contre les séparatistes dans le Caucase, dans la perspective d'une "guerre totale" contre la terreur. Par la suite, les Etats-Unis tempérèrent fortement leurs critiques sur les tactiques brutales de la Russie en Chètchènie en échange de sa coopération avec sa nouvelle guerre globale.

La Russie cherche à interdire toute forme d'intervention militaire, partout, dans son ancienne sphère d'influence, avec actuellement la Syrie comme intérêt principal. La Chine a suivi avec sa position politique de non-intervention en Syrie, indiquant ainsi son anxiété à propos de Taiwan et du Tibet.

Les effets délétères des deux guerres chètchènes se reflètent dans les annonces de ses agences de presse, en Syrie, jusqu'au aujourd'hui, avec des rapports non-vérifiés de la présence de combattants chètchènes sur la ligne de front. Depuis des années, le gouvernement russe propage l'idée des la dangerosité des éléments chètchènes présentés comme les plus dangereux et les plus dispersés des djihadistes transnationaux.


Les généraux pakistanais racontent des histoires de cadavres chètchènes identifiés lors des opérations contre insurrectionnelles au Nord-Waziristan et les Marines américains croient s'être battus contre des nationaux chètchènes dans le gouvernorat d' al-Anbar en Irak, le cliché d'une guerre sans frontières de guerriers chètchènes avides de sang, se répand, maintenant, en Syrie

Ces rapports évitent de mentionner qu'en Syrie, en Irak, en Jordanie et en Turquie, il existe une diaspora Chètchène qui date de l'époque de la conquête tsariste du Caucase qui eut lieu au 19° siècle et poussa les Chètchènes à s'exiler dans l'Empire Ottoman.

Des opérateurs de l'Armée Libre Syrienne sont présents à Antioche, fiers à la fois d'être ethniquement chètchène et de nationalité syrienne, Dans ces régions du Levant, hautement factieuses, ce genre de rencontre n'est pas rare. En dépit des commentaires venus de Syrie du nord, l'archétype de ces djihadistes chètchènes n'auraient pas survécu à son utilité du moment.

Dans la perspective des jeux olympiques d'hiver à Sotchi en 2014, le Kremlin s'évertue, avec de grandes difficultés, à portraiturer la Chètchènie comme un république constituée, stable et revitalisée, dirigée par
Ramzan Kadyrov, l'homme fort de Poutine dans le Caucase, héritier des "bons" chètchènes vantés par le KGB, à l'époque, et par ses successeurs aujourd'hui.

La Russie, littéralement jetée hors d'Irak durant l'invasion anglo-américaine en 2003, avec des pertes financières considérables en termes d'énergie et d'armement, essaie, de se positionner à nouveau en Irak par le biez de sa principale organisation officielle de vente de systèmes d'armement, Rosoboronexport.

Une vente d'armes récente s'élevant à 4,2 milliards de dollars contractée par le gouvernement du Premier Ministre Nouri al-Maliki, est sur la table, ce qui démontre la volonté bien arrêtée, pour Moscou, d'influencer le nouvel ordre arabe. Le 10 novembre, l'agence Reuter rapporte l'histoire de nature très byzantine de la vente Rosoboronexport : le bureau de Maliki postpose sa signature sous des allégations de rétro commissions. En même temps le Ministre de la Défense faisant fonction, Sadoon al-Doulaimi, insiste pour dire que le contrat suit son cours.

Il a déclaré, pendant une conférence de presse, que l'Irak avait besoin de "diversifier ses sources" pour éviter de ne dépendre que d'un seul fournisseur (c. à d. les Etats-Unis) pour miner l'influence, des milices politiques armées, endémique dans le système politique irakien toujours très volatile.

La Syrie est tout à fait dépendante des modèles d'armes hérités de l'Union Soviétique et rien n'indique que Moscou ne continuera pas à en fournir à Damas même éventuellement post Assad comme elle le fait en Irak. Maliki joue sur les deux tableaux entre l'expansionnisme militaire américain au Moyen-Orient et le combat russe pour perpétuer une présence significative dans un monde arabe qui se remet en ordre.

A l'inverse de l'Iran, l'Irak ne peut se tenir entièrement aux cotés d'Assad, parce que Bagdad dépend énormément du complexe militaro-industriel américain. Washington reste le premier fournisseur d'armes de Maliki devant Moscou. Pour la bureaucratie américaine, ces priorités entre humanitarisme idéologique et le froid réalisme militaire entrent éventuellement en collision.

Pendant que le parlement américain stigmatise et sanctionne une entité comme Rosoboronexport parce qu'elle arme les régimes syriens et iraniens. Les prétoriens du Pentagone ne peuvent s'offrirent un tel luxe et ils ont besoin de leurs vieux compères de la guerre froide pour fournir à l'armée de l'air afghane des hélicoptères Mi-17 afin de permettre aux Américains de se dégager. Ce paradoxe très contre productif pose un dilemme embarrassant au Pentagone mais pas au Congrès.

Le système de sécurité actuel, qui date des cendres de la seconde guerre mondiale, montre que le schisme entre le Royaume-Uni, les Etats-Unis, la France et la Russie(suivie par la Chine) reste ce qu'il est. La guerre en Syrie devient aussi intracable que possible, en attendant d'en arriver à une solution très sanglante.

La situation a aussi la possibilité d'évoluer vers une dimension régionale plus problématique encore, en tirant les voisins de la Syrie tels le Liban et la Turquie, tout aussi fragmentés politiquement, jusqu'à la diffusion de l'insurrection et la recréation d'émirats, sur tout le pourtour, jusqu'au Nord Caucase.

Les activistes djihadistes se firent les courroies de transmission de l'argent wahhabite pour combattre les "infidèles" russes dans les années 1990-2000 et ils font la même chose maintenant. La seule différence importante, c'est que les saoudiens, dorénavant, le font ouvertement, avec l'aide de leur appareil d'état et le consensus des services secrets occidentaux.

Avec l'augmentation des violences sectaires et politiques dans le nord du Liban et dans les gouvernorats de la Bekaa, alors que des tirs sont dirigés vers les provinces méridionales de la Turquie couplés à une importante augmentation de l'activité du PKK dans toute la région, ce scénario effrayant se réalise sans doute déjà sous nos yeux.

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