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05/12/2012

Mon Oncle Inutile - Satyagit Ray

Le mot inutile s'applique à beaucoup de gens, par exemple, notre domestique Nobokesto. Dans notre enfance, nous entendions, notre mère dire fréquemment, " Nobo, tu es parfaitement inutile. " Mais Nobo était bon travailleur, bien qu'une extrême lenteur se trouvait parmi ses défauts. Les après-midi, il prenait des siestes assez longues et la théière était servie à 4 heures et demi plutôt qu'à 4 heures. Alors Maman le tançait de ce mot. Je ne sais pas si le mot inutile s'applique de façon plus appropriée à qui que ce soit d'autre que Sejokaka. (1) qui avait pour sobriquet Khetu et pour nom complet Khetramohan Sen.  Un des cinq frères de mon père, l'aîné, ensuite suivait Mejo, Sejo, Sona et Choto. A l'exception d'oncle Sejo, tous réussirent dans la vie. Papa, un avocat bien connu, Mejo obtint une maîtrise de littérature et conte,satyagit rayd'histoire et devint un professeur respecté. Sona récolta assez d'argent dans les affaires pour acheter 3 maisons, Choto reçut l'approbation des maîtres musulmans les plus réputés et 36 médailles de gens fortunés pour son excellence en musique classique indienne. Et qu'arriva-t-il à oncle Seko ? Son histoire ne peut se résumer à quelques mots. Il y avait-il eu un tremblement de terre le jour de sa naissance. Pour beaucoup, c'était la cause de sa confusion. La varicelle et la petite vérole, fait partie de l'enfance de chacun, mais lui, il les avait eues toutes les deux. Périodiquement il avait aussi la coqueluche, la diphtérie, la dengue, de l'eczéma et la variole. Enfant, il hurlait à devenir bleu était pris de hoquets, puis perdait connaissance. Arrivé à l'age de 7 ans, son bégaiement se fit apparent, à 9 ans et demi, le hoquet disparut en tombant d'un goyavier. Mais cela lui cassa aussi la cheville et comme le docteur Biswas ne put réparer la cassure adéquatement, après oncle Sejo marcha avec un léger boitillement. Il ne pouvait plus participer aux jeux sportifs. En plus, l'extrémité de ses doigts manquait de sensibilité pour jouer au carrom et son esprit n'était pas équipé pour les cartes et les échecs. A l'école, il passait ses examens trois fois sans réussir. Alors, son père, c'est à dire mon grand-père, mit fin à ses études. Il dit : " Khetu, tu es des plus inutiles, dépenser de l'argent pour ton éducation, c'est jeter de l'argent à la rigole, mais je ne peux te garder pendu autour de mon cou comme un albatros. A partir de maintenant, tu accompagneras Bhombol au marché pour apprendre à acheter des épinards, des légumes, du poisson et de la viande. Après quoi tu feras les courses de la famille. " Bhombol était de la famille lointaine de mon père, il étudia et grandit jusque l'age d'homme chez nous. Assez longtemps, oncle Sejo accompagna Bhombol au marché. Un jour, nous attendions des invités à la maison, Grand-père mit 2 billets d'une roupie dans la poche d'oncle Seko et dit : " Voyons ce que tu vas acheter, aujourd'hui, le fardeau des commissions est sur tes épaules. " Ce fut la dernière qu'il fit le marché de la famille. Avant de le rejoindre, il perdit l'argent par un trou dans la poche de se chemise, qui se mêla à la poussière du chemin. Qui aurait confiance en Sejokaka après sa mésaventure ? Mon premier souvenir de lui quand j'avais trois ans le soir de Kalipuja. Quand je vous l'aurais raconté, vous comprendrez pourquoi je m'en souviens. Oncle Sejo rampe sur le sol de la véranda et je suis sur son dos. Soudain, un pétard jeté d'une maison voisine atterri dans le hamac de la véranda. Oncle Seko crie " Damnation " et en se relevant, il me jette sur le sol pavé. En tombant, je me fais un crin à la tête qui saigne à profusion. Ce jour là, il dut subir les terribles reproches de presque tout le monde à la maison. Mais j'ai eu pitié de lui, personne ne le respectait ni le considérait comme humain. C'est pourquoi, en grandissant, je ressentit de la compassion pour mon oncle. De taille moyenne et de complexion claire, la joie et le chagrin se disputaient son visage. Les hommes peuvent être intelligents, industrieux, et alors quoi ? Quel mal peut bien faire, dans une ville qui s'entrechoque, un homme comme oncle Sejo ? Quand j'en avais l'occasion, je montais dans sa chambre, au premier et m'asseyais près de lui pour lui raconter des histoires. Après un moment, j'ai réalisé l'inutilité de mes narrations puisqu'il ne pouvait garder l'histoire en mémoire jusque la fin. " Et puis, oncle Sejo ? " " Après… Hmm. Après. Attends, uh.. ce qui s'est passé après…après… " Pendant qu'il grommelait, après, il s'essoufflait comme un harmonium se vidant de son air. Abandonnant l'histoire, il se mettait à fredonner faux et à la fin de la chanson, jetait la tête en avant assoiffé, Oubliant l'histoire, il baragouinait encore un peu. Je compris alors qu'il ne pouvait rassembler l'effort de se rappeler l'histoire, je sortis en catimini de la chambre, Oncle Sejo n'appelle plus. Un jour, à 12 ans, je le trouvais dans sa chambre lisant un tome épais avec grand enthousiasme. En réponse à ma question, il réplique, " un livre d'Ayurveda. " " Pourquoi lis-tu ce livre ? " Après un instant de réflexion, il répond gravement, " Si ce n'est pas une maladie, qu'est-ce que c'est ? " " Quoi ? " " Je ne peux rien faire, je ne me souviens de rien, rien n'entre dans ma tête, si ce n'est pas une maladie, qu'est-ce que c'est ? Que pouvais-je dire ? " Ces choses arrivent, oncle Sejo. " " Pourquoi n'y il aurait-il pas de remède ? " Je dis " Tu veux dire que tu vas te soigner toi-même ? " Je savais, pour dire vrai, que personne n'avait jamais songé à le mener chez le docteur pour sa faiblesse d'esprit après ses maladies d'enfance. , Après lesquelles, généralement, il s'était bien porté. Oncle Kaka disait " Sur le chemin de Cox Bazaar, j'ai trouvé ce livre pour 10 annas. Peut-Être, me sera-t-il utile et j'espère qu'il existe une cure ayur-védique même pour ma maladie. " 2 jours plus tard dans l'après-midi, pendant la saison des pluies, comme j'approchais de la maison, je vis qu'il se préparait à sortir, chaussures de toile, conte, satyagit rayson dhoti bien serré entre les jambes, un drap de coton sur la poitrine et une ombrelle à la main. Il dit, " J'ai entendu parlé d'un arbre spécial dans le voisinage, derrière les ruines du temple de Civa, je vaux ses racines et si je les obtiens tous mes problèmes seront réglés. " Oncle Kaka s'en alla, le ciel s'assombrissait, s'il pleuvait, il ne pourrait réaliser son plan. J'errai au rez de chaussée pour une plus ou moins heure, puis, je me rendis en haut dans ma propre chambre. La pluie n'arriva pas et comme le soir arrivait, je le vis revenir, je descendis à temps pour l'accueillir à la porte. " Tu as la racine ? " " Non, j'ai oublié quelque chose, j'aurai du prendre une torche, cet endroit est une jungle bien trop sombre. " " Mais qu'est ce que c'est ? " Pendant qu'il parlait, mes yeux avaient remarqué une tache rouge au milieu de sa chemise. " Tiens, je ne l'ai pas remarqué. " Aussitôt qu'il ouvrit sa chemise, une sangsue apparut, comme Bhima suçant le sang de Duryodhana. Mêlée de son sang, il l'enleva d'une chiquenaude, elle tomba par terre avec un petit bruit mou. Mais qu'est-ce qu'une sangsue pouvait bien faire à l'oncle Sejo ? De son épaule, de son coude,, de ses cuisses, ses genoux, poignets et chevilles, on lui retira 14 sangsues. Pas de doute qu'il perdit 5 ou 6 onces de sang ce jour là. Inutile de dire, que cet incident mit fin à ses études sur l'Ayurveda. Je faisais de bonnes études, après mes préparatoires, je changeais d'université. Troisième aux examens, je voulais étudier les sciences et m'en fut à Calcutta. Je vécus à l'hôtel en apprenant ma maîtrise, Premier de la première classe, je partis pour l'Amérique et devint un scientifique connu. Finalement, à l'université de Chicago, je pris un double poste d'enseignant et de chercheur. Si loin de la maison, mes liens avec oncle Sejo devinrent fort épisodiques. Juste quand je commençais à enseigner, je reçus d'étranges nouvelles, une lettre étrange. Oncle Sejo avait eu la chance de jouer dans un film. Ici, je dois dire de l'apparence d'oncle Sejo présente une certaine ressemblance avec Swami Vivekananda. Non pas en corpulence car il était plus petit mais pour tous il y avait une ressemblance frappante dans la face. Un jour qu'il entendit qu'on allait faire un film à propos de Ramakhrisna Paramhamsa dans lequel apparaîtrait le personnage de Swami Vivekananda, oncle Seko rencontra personnellement le réalisateur et exprima le désir de jouer le rôle Il n'eut aucune difficulté à l'obtenir avec sa ressemblance. Juste une semaine plus tard, dans une autre lettre, j'appris que c'était fini, parce que bien qu'en renfermant dans sa chambre et en annonant ses lignes furieusement, Si Vivekananda répond à Ramakhrisna les lignes de la troisième scène pendant la première. Comment oncle Seko pouvait-il continuer à jouer ? . Même comme acteur, oncle Seko était parvenu à établir qu'il était complètement inutile. L'année de mes 48 ans, je lus une lettre de mon jeune frère, il m'écrivait qu'oncle Seko était parti à Coimbatore pour se faire l'élève d'un sâdhu. L'année dernière, je du me rendre à Calcutta au début de décembre pour le mariage de Kakali la fille d'oncle Choto, Mon épouse et mes deux filles complètement américanisées. Depuis la dernière lette, je n'avais plus eu de nouvelles d'oncle Sejo. On m'apprit qu'il se trouvait justement dans cette ville pour sa santé, j'étais naturellement pressé de le rencontrer. J'avais soixante ans, il devait bien en avoir nonante. J'entendis qu'il habitait sur la route de Fern, chez le fils de sa sœur, qui était docteur. On s'est vu pendant trois mois. Apparemment, il ne pouvait rien entendre à la religion et ses dix années passées à Coimbatore ne lui en avaient pas apporté les secours. Il avait perdu trente kilos. Quand il entendit que je venais, il avait dit à son neveu le docteur, dis à Jhontu qu'il vienne me voir au moins une fois. " Un dimanche soir, j'y allais. On bardait la maison, au second étage, dans la pénombre, éclairé d'une simple chandelle hésitante était assis oncle Sejo, penché sur un lit de camp, un étroit châle en roulé au cou. Je sus, tout de suite, que c'était lui, et je dois dire que pour un homme de son age, il se portait bien. Ses cheveux étaient complètement gris mais en avoir, à cet age, c'est déjà pas mal. Sa bouche s'ouvrit d'un sourire quand il me vit. On y voyait toujours une douzaine de vraies dents. Sa voix s'était affaiblie, il parlait de façon notablement vigoureuse, que je ne lui avais jamais connu. Sans doute, désormais aîné, il n'avait plus à baisser la tête devant ses frères. Son attitude semblait plus digne. " Alors Jhontu " dit oncle Sejo, " Dis moi ce que tu fais en Amérique. " Je décrivis mon travail avec le plus de modestie possible. " Physique, Recherche ? " dit oncle Sejo, " Les gens te respectent-ils ? " Ma tante de septante ans interrompit mes humbles bégaiements et se mit à exposer ma gloire dans un crescendo hyperbolique. " Oh ! Vraiment ? " dit Sejo " As-tu eu le prix Nobel, au moins ? " Je secouais la tête avait un léger sourire " S'il y a bien quelque chose à désirer alors, c'est parfaitement inutile ! " Alors que je commençais à parer ses proclamations théoriques, je disparus sous la surface de la tirade de Sejo. " Tu es parti pour vivre dans un autre pays, quand je pensais que tu trouverais la paix à Calcutta. Tu vas passer les derniers jours de ma vie avec moi. Dis moi ce qui se passe ici, les vautours ont rongé cette ville jusqu'à l'os, 10 heures par jour sans électricité, on ne peut échapper aux brouillards et aux fumées. Tout est cher et l'estomac ne peut se satisfaire d'une si pauvre nourriture. Tout est si… si inutile ! ". Ce jour là je réalisais que mon affection pour oncle Sejo était intacte, L'écouter restait encore un délice, il m'apparut l'esprit que nous avions peut-être tort ensemble, Les dispositions d'oncle Sejo étaient naturellement saines ; que dans cette parfaite création, nous étions les inutiles. Ce n'était pas vraiment exact comme oncle Sejo le prouva quelques jours plus tard. Un matin, je reçus un coup de téléphone de la maison de ma tante me disant qu'oncle Sejo avait quitté ce monde à l'aube. Il fit pour mourir le choix qu'il fit de sa vie. Le soir de ce jour était celui du mariage de mon cousin. 

 

 

 

Notes

- Kaka signifie en Bengali " oncle "

- Mejo et Sejo veulent dire en bengali second et le troisième dans l'ordre de la naissance. Après on peut choisir, Sona signifie Or et Choto le cadet.

Littérature indienne, petites histoires du Bengale vol XXXII n°1 (jan-fev ; 1981)  Khetramohan Sen 

30/11/2012

L'Amérique est prête à une intervention directe en Syrie

Le New York Times rapporte que l'administration Obama est prête pour une intervention directe en Syrie avec les mercenaires de la CIA financés et armés par l'Arabie Saoudite et le Qatar.

Si aucune décision n'a été prise, d'après le Times l'administration considère plusieurs scénarios dont celui de fournir directement des armes à certains groupes de combattants de l'opposition

La porte-parole du Département d'Etat, Victoria Nuland dit que Les Etats-Unis fourniront à la Turquie le système de missiles Patriot. Des officiels de l'OTAN sont actuellement en Turquie afin de déterminer les endroits ou les missiles sol air seront installés

Le Times admet que ces batteries seront utilisées pour abattre les avions syriens qui tentent de déloger les unités de l'Armée Libre Syrienne sur leur territoire et en territoire turc, tout près de la frontière, principalement à partir du camp militaire de réfugiés de Reyhanli, dans la province d'Hatay.

Une autre option consiste à renforcer les liens de la CIA avec l'Armée Libre, groupe de mercenaires dominé par al-Qaeda qui tente de renverser, par la violence le régime Chiite Alawite de Bashar al-Assad en soutenant L'Arabie Saoudite, le Qatar et al-Qaeda tenants du courant fanatique Wahhabite de l'Islam sunnite.

Le Times affirme aussi que l'administration Obama a temporisé toute décision à propos d'une implication

directe dans l'effort pour renverser al-Assad jusqu'après les élections présidentielles américaines. Toujours suivant les Times, la réélection d'Obama, "a incité la Maison Blanche à vouloir prendre des risques. Pour le dire différemment, l'annonce publique a été postposée pour ne pas décevoir les électeurs démocrates anti-guerre. Déjà fort déçus par la politique étrangère néo- conservatrice d'Obama.

Le New York Times démontre, à nouveau, que c'est la propagande de base de l'agenda conservateur au Moyen-orient. Elle caractérise le bilan d'Obama et son intervention dans "le printemps arabe" comme " précautionneuse

" et décrivant aussi l'action en Libye, qui a coûté 30.000 vies comme "humanitaire".

Après les relations publiques désastreuses des invasions de l'Irak et de l'Afghanistan, la puissance américaine a renversé sa méthode pour une autre action plus ancienne et plus sure, l'intervention indirecte par des moyens

secrets en organisant des groupes de mercenaires composés d'anciens ennemis supposés, y compris al-Qaeda tout en mobilisant un consensus pour l'action militaire de l'OTAN et de ses alliés européens.

Dans le cas de la Syrie, le conflit est bien plus complexe qu'en Libye et certains officiels continuent à s'inquiéter des risques d'une intervention trop importants pour justifier une action, à la fois pour les vies américaines et pour l'élargissement du conflit, qui pourrait potentiellement inclure la Turquie.

Ces précautions évoquées jouent contre la version néo-conservatrice qui demande " une démarche plus agressive qui serait justifiée " par la perte de vies humaines en Syrie, le risque que des armes chimiques soient utilisées et l'occasion de porter un coup au seul allié de l'Iran dans la région."

En effet, la Syrie sera la dernière pièce de domino à tomber avant que la puissance américaine ne s'attaque à l'Iran. Après l'attaque et l'affaiblissement de l'Iran, la tache des israéliens sera facilitée pour minimiser l'influence du Hezbollah au Liban et finalement pour détruire le Hamas en Palestine occupée.

Le Scénario idéal de l'élite est de protéger et d'étendre la domination des monarchies fanatiques

Wahhabites au Moyen-orient et minimiser sévèrement ou éliminer entièrement l'influence de l'Islam chiite dans la région.

Les Britanniques ont protégé le Wahhabisme fanatique depuis qu'ils installèrent le régime d'Ibn saoud. Après la défaite de l'Empire ottoman à la fin de la première mondiale avec la mise en œuvre des accords Sykes-Picot et de la déclaration Balfour dépeçant le Moyen-orient. Les Anglais utilisèrent les Wahhabites, secte extrêmement austère, et les Hachémites, notoirement corrompus (en Jordanie et en Irak) pour étendre leur influence politique et leur domination sur l'industrie du pétrole.

"Toute guidance politique du temps dépendait de l'Islam pour sa légitimité et tous les chefs étaient pro-britannique. L'islam, un instrument pour légitimer le pouvoir, la tyrannie et la corruption des chefs arabes. Pour l'Ouest, l'Islam était acceptable, il pouvait et devait l'être, " écrit l'auteur arabe Said K. Aburish dans son ouvrage " une amitié brutale, l'Ouest et les élites arabes".

Une fois de plus, l'Ouest utilise l'Islam pour contrôler et étendre sa sphère d'influence dans une des régions la plus vitale et la plus stratégique de la planète. L'Islam chiite, premièrement en Iran, est en conflit direct avec l'agenda globaliste et doit donc se trouver brider, comme les néo-conservateurs et leur Institut des Etudes Politiques et Stratégiques le conseillent, dans un document politique important, "Une Rupture Claire". Une nouvelle stratégie pour sécuriser l'Empire, considéré, plus tard comme un manifeste néo-conservateur. Ce document, qui date de 1996, préparé pour le Premier ministre israélien de l'époque, Benjamin Netanyahu,

Par une équipe de néo-conservateurs américains comprenant l'ancien Sous-Secrétaire à la Défense, Richard Perle, appelait à se rendre maître de l'Irak, à miner la Syrie et à affaiblir l'influence de l'Iran.

source

29/11/2012

Gare au Piège Islamique

Tout en dominant dans le golfe, divers courants Salafistes émergent comme force majeure en Egypte et en Tunisie, deux des pays les plus occidentalisés du monde arabe. Les premières élections parlementaires égyptiennes libres les ont vus capturer plus ou moins 25% des voix pour 40% aux Frères Musulmans. Si on ajoute les votes modérés, çà donne 70% des voix populaires. En soustrayant les votes chrétiens, on voit que les Islamistes ont récolté près de 80% des voix musulmanes. La campagne fut amère, mais quand les Frères émergèrent au premier tour, comme candidat islamiste, ils trouvèrent le soutien le soutien des Salafistes et des autres courants plus modérés. Ils sont, maintenant, engagés dans une lutte sans merci pour tirer les Frères dans leurs directions respectives.

Au train ou vont les choses, les Salafistes sont si puissants, qu'ils regardent de haut ceux qui sont patronnés par la richesse pétrolière saoudienne, prêchent un anti-américanisme virulent. Contrairement aux Frères Musulmans, les Salafistes ne sont ni patients ni pragmatiques. Ils ne se rebellent pas contre les Frères Musulmans, mais ils soutiennent activement les attaques violentes contre les Américains et leurs alliés. Ils se sont aussi trouvés mêler, en Egypte et en Tunisie à des actes violents contre les courants chrétiens et séculiers qu'ils voient comme une menace contre l'Islam.

 

Ces attaques sont aussi conçues pour forcer le conflit entre les régimes de la Fraternité et les courants séculiers dans ces pays occidentalisés. Les nationalités n'y ont pas plus d'influence que la réalité ; La foi assurera le retour de la théocratie sunnite modelée sur l'Arabie du septième siècle. Les Chiites n'y ont aucune place. En attendant, les Salafistes font tout ce qu'ils peuvent pour obliger les sociétés musulmanes à vivre selon la loi islamique. Comparativement, les Frères Musulmans incarnent un libéralisme flamboyant. Il est vital que l'Ouest gardent les Frères sur une voie modérée pour ne pas les pousser dans le camp salafiste.

En retour, les Salafistes s'allient à l'intention djihadiste de nettoyer la société par la violence ? Rien d'autre ne fera l'affaire. Symbolisés par ben Laden et al-Qaeda, les Djihadistes diffèrent du courant principal salafiste de trois manières. D'abord, ils se sont arrogés le droit d'excommunier les chefs musulmans en les déclarant incroyants. La plupart des Salafistes n'accordent le droit d'excommunication qu'à Dieu sauf si des personnes individuelles dénoncent leur foi en Dieu et refusent d'accepter son prophète Mohammed comme son message, deuxièmement, en excommuniant les chefs politiques parce qu'ils collaborent avec les Américains. Les Djihadistes sont aussi exempts de soutenir leurs tyrans et leurs rois comme l'indiquent les écritures coraniques. La rébellion et l'assassinat attendent, finalement ce n'est pas suffisant, pour les Djihadistes d'imposer une loi islamique stricte à la société. De leur point de vue, toutes les sociétés musulmanes sont si corrompues par leur association avec l'Ouest qu'elles doivent être totalement détruites et reconstruites dans un cadre purement islamique. La seule manière d'arriver à cette fin, dans leur perspective, est la violence. Il n''y a aucune perspective de pragmatisme. Ben Laden a disparu et al-Qaeda s'est affaibli, mais les Djihadistes ont simplement éclaté en une nébuleuse multiple de groupes localisés, son intention est la terreur. Quand un groupe est détruit, un autre remplit l'espace laissé.

Pièges et conséquences

L'erreur de voir les principaux courants islamistes en tant que force cohérente prive l'Ouest d'une flexibilité bien nécessaire pour se livrer à une compétition avec les mouvements islamiques qui domineront probablement le Moyen-orient durant la décade à venir. L'Islamisme léger de la Turquie est compatible avec la stabilité et le développement du Moyen-orient, mais les Djihadistes ne le sont pas. Les Frères Musulmans prendront l'un ou l'autre chemin, tandis que les Salafistes, ardents soutiens d'un extrémisme rétrograde sont protégés par leurs liens avec la monarchie saoudienne. On ne peut avoir l'un sans l'autre. Les Djihadistes sont un danger clair et présent pour tout le monde. Ceci fournit, en soi, une base de coopération entre l'Ouest et les courants islamiques plus modérés.

L'illusion de voir les courants islamiques principaux comme unifiés met en scène la croyance que tous les courants islamiques constituent un danger imminent pour les Etats-Unis et ses alliés. Comment pourrait-il en être autrement quand l'islamisme modéré est lui-même peint aux couleurs djihadistes ?

La ligne de front pour un inévitable conflit entre l'Islam et l'Ouest est ainsi dessinée. La panique et l'islamophobie jaillissent. Ainsi que l'anti-américanisme dans le monde islamique. Il ne manque plus que le détonateur.

En retour, la définition des lignes de combat, pose le piège de l'urgence. Quelque chose doit être fait, mais quoi ?

L'Irak et l'Afghanistan ont quelque peu usé le goût de l'Ouest pour la guérilla. Gates, ancien Secrétaire d'Etat à la Défense a ainsi encadré la question :" Tout futur Secrétaire à la Défense qui conseillera au Président d'envoyer, à nouveau, une armée terrestre importante au Moyen-orient ou en Afrique devrait aller se faire examiner la tète". C4était une paraphrase directe du Général Macarthur, cette assertion met en place les prémisses de séries interminables de sanctions, d'actions secrètes, de frappes de drones qui alimentent l'extrémisme, l'anti-américanisme et une nouvelle explosion éventuelle.

Si les sanctions et les actions secrètes ne fonctionnent pas, le piège de penser que les Américains peuvent sauver le monde de la menace islamiste par la force militaire demeure. Les Etats-Unis, seulement, parce que ses alliés sont en train de se tirer tandis que le Japon, la chine et la Russie suivent un agenda contraire à celui des Américains. Les Djihadistes adorent çà, çà leur donne l'opportunité de victoires bon marché sur des militaires américains démoralisés répartis sur des territoires trop vastes qui mettent désormais l'emphase sur l'Asie de l'Est, comme le disent des rimes proverbiales :

Pour manque d'un ongle une chaussure fut perdue.
Par manque d'une chaussure, un cheval fut perdu.
Par manque de cheval, le cavalier fut perdu.
Par manque de cavalier, le message fut perdu.
Par manque de message, la bataille fut perdue.
Par la défaite, le royaume fut perdu.

Par manque de connaissance de la complexité des courants islamiques, le Moyen-orient pourrait être perdu.

source

17/09/2012

Une guerre ouverte au Moyen-Orient telle qu'elle se profile

Les diplomates américains contemplent avec horreur la perspective d'une frappe unilatérale d’Israël sur l'Iran.

 Dans un rapport daté du 10 septembre, Anthony Cordesman, du Centre pour les Études internationales et Stratégiques de l'Université de Georgetown, prévient, « Si Israël attaque l'Iran, l'instabilité les conflits et le terrorisme, dans la région, ne feront qu'augmenter et les conséquences pour la sécurité régionale seront catastrophiques. »

 Un groupe d'experts « bi-partisan » mené par Brent Scowcroft , ancien conseiller national à la sécurité constate que « Des coûts sérieux pour les intérêts américains se feront sentir à plus long terme avec des conséquences problématiques pour la stabilité politique et économique, régionale et internationale. Une escalade dynamique faite d'actions et de contre-actions pourrait générer des conséquences inattendues qui coûteront très chers et conduiront potentiellement à une guerre générale dans la région.

 S'il est possible d'exposer une pensée contradictoire, considérons la possibilité que cette guerre soit une éventualité favorable aux intérêts américains, qu'une frappe d’Israël réussisse, même de façon limitée, un délai de deux ans, pour l'Iran, dans l'acquisition de l'arme nucléaire, mettait un point d’arrêt au déclin précipité des États-Unis comme super-puissance.

 Sans frappe israélienne, l'Amérique fait face à : un Iran nucléarisé, au glissement continu de l'Irak vers une alliance avec l'Iran. Un régime généralement hostile en Égypte, ou le régime des Frères Musulmans s'appuiera sur des éléments djihadistes afin de divertir le pays de son effondrement économique, une guerre égyptienne pour le pétrole de la Libye et l'eau du Soudan, un régime sunnite radical contrôlant la plupart du territoire syrien faisant face aux Alaouites alliés des iraniens retranchés dans les montagnes de la cote, une prise de contrôle de jure ou de facto de la Jordanie par les Frères Musulmans. A une campagne de subversion contre les monarchies du golfe encouragée par l'Iran et menée par les Chites de la province de l'est et à l'intérieur par les Frères Musulmans. Un Turquie affaiblie qui peut-être imploserait sous l'agitation de ses minorités avec, comme joker, l’émergence des kurdes syriens. Un Afghanistan dominé par les Talibans et le radicalisation des régimes islamiques en Tunisie et en Libye.

 Si cette configuration l'emporte, c'est l'Arabie Saoudite, la perdante et la Russie la gagnante. L’Europe et le Japon ont déjà conclu que les américains avaient déjà abandonnée leur dédication ancienne à la sécurité des approvisionnements en énergie provenant du golfe persique en retirant son soutien à la monarchie saoudienne. Ils ont donc tranquillement changer leurs plans de ravitaillement en se tournant vers la Russie. On ne lit pas ceci dans la presse mais la réorientation vers la Russie est en route, quoi qu'il arrive.

 Pour l'avantage israélien, le scénario devient pire. Les sanctions économiques sont une nuisance pour l'Iran mais ne remettent pas sérieusement en question ses ambitions nucléaires. Quand le Président de la conférence des Chefs d’État-major américains, le Général Martin Dempsey, déclarait, le 30 août dernier qu'il «  ne voulait pas être le complice » d'une frappe israélienne contre l'Iran, il faisait état publiquement ce que le Pentagone signale à l'Iran depuis six mois. Les États-Unis ne veulent aucune part dans cette frappe.

 La remontrance du Pentagone et le refus du Département d' État d'identifier une « ligne rouge » par laquelle l’Iran provoquerait une action militaire américaine, compte pour un feu vert à l'Iran qui lui permet de construire une bombe atomique d'après les analystes israéliens.

 Et si Israël frappait l'Iran ? Du point de vue technique, il va sans dire qu’Israël pourrait endommager sévèrement le programme nucléaire iranien. Comme, Hans Ruhl, analyste militaire allemand très respecté l'écrivait plus tôt cette année : il existe de 25 à 30 installations que l'Iran a, de manière exclusive ou prédominante, consacré au programme nucléaire, six d’entre elles sont de premier rang : l'usine d'enrichissement de Natanz, les ateliers de conversion d' Ispahan, le réacteur à eau lourde d' Arak, les usines d'armement de de munitions à Parchin, l'unité d'enrichissement à Fordow, et le réacteur à eau de Bushehr.

 Les données sur Natanzare sont certaines. La projet est sous surveillance satellite depuis le début et a été observer par des « touristes » israéliens. En ce moment y tournent plus de 10.000 centrifugeuses dont 6.500 en production. La bombe la plus puissante, la GBU-28 (poids 2,3 tonnes), qui a démontré sa capacité à faire un trou dans sept mètres de béton renforcé et dans 30 mètres de terre, suffirait à briser la structure de Natanz. En cas de doute, deux GBU-28s pourraient être utilisées en séquence, La seconde approfondirait le cratère de la première et réaliserait ainsi l'opération.

 Le truc serait de pousser la seconde bombe directement dans le cratère de la première. Si on en croit Cordesman, la probabilité d'un coup direct à l'aide de la technique des bombes intelligentes est de 50%. une demi douzaine de bombes devraient suffire pour chacun des six sites clé, en supposant qu’Israël, après dix ans de planification de l'opération n'aie rien de mieux sous la main, il est raisonnable de conclure que la force aérienne israélienne pourra accomplir la mission.

 Un autre question, plus profonde est : qu'est-ce qui constitue le succès ?

 Quand Israël bombarda les réacteur irakien Osiris en 1981, on s'attendait à un retard de trois ans pour leur programme, le retard fut de dix ans. Mais ce n'était pas le plus important, ce qui le devint ce fut l'effet subséquent sur toute la région. Ce sont ces effets que le Département d’État craint le plus. La vision partagée par les administrations Bush et Obama, à quelques variantes près, d'un Moyen-Orient parsemé de régimes qui leur seraient favorables éclaterait comme une bulle de savon.

 L'Iran essayera probablement de bloquer le détroit d'Ormuz, porte d'un cinquième des livraisons mondiales de pétrole et les États-Unis riposteraient en détruisant, par des voies aériennes, les infrastructures et les capacités militaires conventionnelles de la République Islamique. Cela renforcerait l'humiliation de l'Iran et renforcera son opposition domestique.

 L'influence de l'Iran en Irak et en Syrie diminuera bien que ses tenants verseraient beaucoup de sang entre temps.

 Le Hezbollah lâchera presque certainement son arsenal de missiles sur Israël, infligeant quelques centaines de morts d'après les estimations israéliennes. Israël envahira le sud Liban et ne craindra pas, comme en 2006, une intervention syrienne. Le gouvernement Olmert avait restreint la manœuvre des ses troupes pour cette raison mais l'armée syrienne n'est plus à craindre aujourd'hui.

 Il existe bien sur la possibilité que la Syrie lâchent ses têtes chimiques et biologiques contre Israël mais si le gouvernement passade employait ce moyen, Israël riposterait par un bombardement nucléaire. C'est assez dissuasif. L'influence de l'Iran au Liban se trouverait réduite drastiquement.

 Privé du soutien de son allié iranien, le régime alaouite s'effondrerait et la Syrie deviendrait un condominium turco-saoudien. La boucherie ethnique se trouverait engagée pour un certain temps.

L’Égypte verrait son soutien financier par les états du golfe, supprimé, en punition de son ouverture à l'Iran. Les conséquences domestiques seraient assez laides à voir. Le pays n'a presque plus d'argent. Certains de ses fournisseurs de pétrole ont cessé de l'approvisionner en août et les raffinerie égyptiennes n'ont pas de fonds pour en acheter au gouvernement. Le 12 septembre, Al-Ahram rapporte, qu'en haute Égypte, on souffre actuellement de 30% de manque de diesel. Le journal continue en expliquant qu' à la mi septembre, les égyptiens ont commencé à ressentir une autre crise du diesel, les quantités disponibles sont tellement basses que les queues s'allongent dans les stations. Un manque de liquidités a retardé les payements aux raffineries qui ne peuvent plus acheter du brut nécessaire pour produire le diesel. Le marché quotidien est passé de 40 à 33.000 tonnes.

 L’Égypte pourrait bien devenir un état islamique radical , une Corée du Nord sur le Nil, mais les effets d'une telle dévolution seraient limités, l’Iran neutralisé, l’Égypte cesserait d’être une menace pour l'Arabie Saoudite mais en deviendrait une pour la Libye et le Soudan, voilà qui est bien malheureux mais qu'ont fait le Libye et le Soudan pour nous récemment ?

En l'absence de choix clairs en matière d’intérêts stratégiques de l'Amérique dans la région, Israël se trouverait en position de sauver l'Amérique.

 Sur le long terme, il n'y a aucune raison d’être optimiste à propos du monde musulman qui comprend deux types de pays, ceux qui ne peuvent nourrir leurs enfants, comme l’Égypte et ceux qui ne peuvent cesser d'en avoir comme l'Iran, la Turquie, l'Algérie et la Tunisie. Les nations musulmanes semblent passer directement de l'enfance à la sénescence sans passer par l'age adulte, directement du pré au post modernisme.

 Les turcs ont 1,5 enfants par famille comme les européens peu féconds. Les Kurdes eux, en ont quatre ou  cinq par famille, ce qui rend le remaniement de la carte de Turquie inévitable tôt ou tard. Dans une génération L'Iran se retrouvera avec une pyramide d'age inversée comme les pays industrialisés vieillissants, mais sans la richesse pour la soutenir.

 Il n'y a aucune raison que les pays musulmans s'enfoncent tranquillement dans un déclin irréversible. Une guerre générale au Moyen-Orient ne peut que s'en suivre, faut mieux se faire à l'idée.

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10/08/2012

Plus de millions de résidents américains vivent du revenu social

Plus de millions de résidents américains vivent du revenu social

 

Les initiatives gouvernementales sont conçues pour aider le nécessiteux à travers l'Amérique, mais, combien de résidents profitent-ils de ces bénéfices ? Beaucoup plus que vous ne le pensez. Le comité du budget du Parti Républicain a publié ses dernières découvertes et conclut que l'assistanat n'a jamais été si haut dans l'histoire du pays et qu'il ne cesse de croître. certains passages de la présentation du comité expliquent que , maintenant, ils sont presq'un américain sur trois bénéficie de l'assistance du gouvernement. Ils étaient 97 millions à l'inauguration d'Obama et aujourd'hui 107 millions.

Même si le comité de recherche ne tient pas compte de la Sécurité Sociale et de l'aide médicale, le Programme d'Assistance Nutritionnelle Supplémentaire ou les bons de nourriture et d'autres facteurs. Les bénéficiaires de ces ressources ont doublé en moins de dix ans. En 2000, l'aide médicale qui desservait 34 millions de patients, en dessert, à l'heure actuelle 54 millions ; les convives de l'assistance nutritionnelle, eux, sont passés de 17 à 45 millions pour la même période. On estime que la dépenses effectives en bons de nourriture coûtera 800 milliards de dollars au cours des dix prochaines années

 

 

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