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07/08/2012

La Bataille de Bâton Rouge

 

Pendant que la Nouvelle Orléans souffrait sous la férule du Général Benjamin Butler autrement nommé « La Bête », elle évita l'angoisse d'un vrai combat ? Ce ne fut pas le cas se sa voisine en amont Bâton Rouge.

La Marine de l'Union captura la ville en mai 1862, quelques jours après l'occupation de la Nouvelle Orléans, rencontrant peu de résistance tandis que le gouvernement de l’État s'enfuyait Opelousas, quelque cent kilomètres à l’ouest. La ville ne présentait plus aucune menace militaire et fut laissée à elle-même. Mais, quelques semaines plus tard, quand des guérilleros de la Confédération tirèrent sur des marins de l'Union venus faire leur linge sur la rive, Le Commandant de la flotte, David Farragut, se décida à bombarder la cité.baton-rouge.jpg

Sarah Morgan, une jeune fille de Bâton Rouge, prit la fuite avec beaucoup d'autres gens quand les obus commencèrent à s'abattre sur la ville. A posteriori, elle décrit l'exode de masse dans son journal : « on voyait des scènes à briser le cœur, des femmes cherchaient leurs enfants le long de la route ou on les avaient perdus, d'autres, sur le bord de la route, pleurant en se tordant les mains. Nous ne savions pas si Bâton Rouge était en cendre ou au pillage et nous n'avions rien sauvé. » Par miracle, une seule personne trouva la mort dans le bombardement bien que plusieurs autres furent blessées. Un certain nombre d'immeubles furent détruits et beaucoup d'autres endommagés y compris le Capitole et l'église SaintJoseph, chef- d’œuvre néogothique du centre ville. Le Général Thomas Williams atterrit 2.600 soldats de l'Union qui occupèrent la cité ; Mais à l'inverse des tourments imposés à la Nouvelle Orléans sous la main de fer de Butler, le peuple de Bâton Rouge se mirent à respecter Williams parce qu'il ordonnait, de temps en temps, la faction de gardes armés afin de protéger les foyers du pillage. D'autre part, Williams traitait ses propres hommes cruellement en imposant souvent de lourdes punitions même pour les infractions les plus bénignes, on a même dit que ses soldats creusaient des trous cachés tout autour de la ville en espérant que Williams y tombe pendant ses inspections.

L'été,dans Bâton Rouge occupée, se passa sans événement notable, jusque début août, Quand les Confédérés tentèrent de recapturer la ville. Le Général John C. Breckinridge ( Vice-président de James Buchanan et candidat démocrate du Sud en 1860) engagea une petite armée depuis Camp Moore, Louisiane près de la frontière du Mississippi, pour attaquer la ville à partir de l'est. En même temps, la canonnière confédérée Arkansas mettait à la vapeur et descendait le Mississippi afin d'attaquer les bateaux de l'Union sur la rivière. Si tout allait bien pour les rebelles, le Général Williams et ses Yankees seraient pris en tenaille entre entre eux.

Breckinridge attaque au matin brumeux du 5 août et commence à refouler l'ennemi vers la rivière. Mais la mauvaise fortune guette les Confédérés et l'Arkansas n'arriva jamais sur le lieu de la bataille à cause d'un mauvais fonctionnement de ses moteurs. Finalement, les soldats de l'Union prirent une position défensive tout près de ce qui est aujourd'hui le Capitole, et, avec l'aide de trois canonnières forcèrent Breckinridge à la retraite. La Bataille de Bâton Rouge fut une petite bataille comparée aux habitudes de la guerre civile. Les Confédérés perdirent 467 hommes, tués, blessés ou capturés. L'Union : 382. Parmi eux se trouvait le Général Williams, tué au combat(d'après la rumeur, ses propres hommes l'avaient tué) Les deux premiers Confédérés à tomber furent le Lieutenant A. H. Todd et le Brigadier Général Benjamin Hardin Helm, respectivement le demi-frère et le beau-frère de Mary Lincoln. Alors que les Confédérés s'approchaient de Bâton Rouge, avant l'aube, deux unités se tirèrent dessus par erreur. Todd, aide de camp du Général Helms fut touché et tué. Helms eut la jambe déboîtée quand son cheval recula et tomba sur lui.

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Quand l'équipage de l'Arkansas se trouva impuissant à redémarrer les moteurs du bateau, ils décida de détruire le vaisseau plutôt que de permettre à l'ennemi de le capturer. Il y mis le feu et le laissa dériver dans le courant. L’Arkansas explosa et coula.

Symboliquement, la bataille de Bâton Rouge fur dévastatrice. Sarah Morgan, témoin de l'incendie de l' Arkansas, écrit dans son journal : « je n'avais ni mots ni larmes, je ne pouvais que contempler notre seul espoir brûler en s 'en allant et je priais en silence. Quel drame pour nous qui en dépendions. Nous étions cinq filles à le regarder alors que la fumée l'enveloppait, à contempler les flammes fuser de ses ponts et les obus qui explosaient les uns après les autres sous l'eau avec des jets de vapeur. Nous regardions ce spectacle quand une petite foule d'hommes s'avancèrent vers nous par la route. Nous savions que c'était les rescapés de l'Arkansas, les filles envoyèrent des signes de reconnaissance et de pitié. Ils arrivèrent, sales, à demi vêtu, certains ne portant que leur fusil, peu, avec des havresacs sur le dos, haves et fatigués mais riant encore.

A peu près un tiers de Bâton Rouge fut détruit dans la bataille. Principalement parce que les soldats de l'Union brûlèrent et démolirent presque toutes les maisons qui jouxtaient la rivière afin de donner à leurs canonnières un champ de tir clair.

Mais les ennuis de la ville n'étaient pas finis, le 21 août, les Fédéraux la quittèrent non sans l'avoir piller et brûler encore un peu plus

Les Yankees revinrent en Décembre brûlèrent le Capitole et restèrent à Bâton Rouge le reste de la guerre.

illustrations, Bâton Rouge pendant la bataille et Mary Lincoln

 

Sources:

 

 

 

29/07/2012

La guerre sainte en Syrie et le cours de l'histoire

 

 

Washington est clairement indisposé à la fois par intransigeance de Pékin et de Moscou, leur positions sur la crise syrienne et leur absence de volonté à justifier une frappe directe sur le Président Bashar al-Assad avec un blanc-seing de l'ONU. Les représentants américains à l'ONU qui décrivent de manière si vivante la brutalité du régime d'Assad en faisant appel à la fibre morale de la communauté internationale, en particulier, naturellement, à celles de la Chine et de la Russie. Les gouvernements des deux pays ne sont pas convaincus pour un certain nombre de raisons. L'une d'entre elles est que l'indignation morale de Washington passe difficilement le test de l'histoire puisque l'Amérique fut une amie de Joseph Staline, d'Augusto Pinochet et du Shah d'Iran. Cette nation a démontré que quand il s'agit de négocier des programmes politiques urgents, elle le peut avec des dictateurs de droite comme de gauche. Elle n'a non plus rien fait pendant les massacres génocidaires, de l'holocauste juif au génocide rwandais. En même temps, il ne serait pas logique d'accepter l'idée que Washington n'a aucuns amis étrangers dans son affaire syrienne. Il en a un, imprévisible Le Centre Kavkaz, le véhicule Internet des djihadistes du Nord-Caucasse. Récemment, Moscou a intensifié ses efforts pour mettre ce site hors ligne, mais il continue à fonctionner sous forme de blog c'est à dire à défier le Kremlin. Ses contributeurs encensent l'opposition syrienne comme des amis de coeur et encourage implicitement ses tentatives pour se débarrasser du régime d'Assad

Cette occurrence n'est pas isolée, Les autorités irakiennes ont informé le monde qu'un courant continu de djihadistes arrive en Syrie pour se joindre au combat contre Assad, elles n'ont pas seulement demandé des pressions de la part des américains mais aussi un engagement militaire direct dans les affaires syriennes, c'est à dire, implicitement, à une rupture directe avec l'Iran. Évidemment, une confrontation avec l'Iran en serait le résultat final. Mais bien qu'ils encouragent l'engagement direct, ils sont pourtant loin d'être des amis de Washington.

Après le 11 septembre 2001 les Centre Kavkaz présentait les Américains comme d'affreux zombies infidèles qui méritaient leur destinée, il affirmait que des centaines de milliers d'américains étaient morts et rendait hommage à ceux qui avaient démontré combien il était facile d'égarer l'Amérique grâce à quelques héros du djihad intelligents et sans égoïsme.

On peut supposer que cette attitude des djihadistes, y compris ceux engagés en Syrie ne soit pas un secret, pour Washington, spécialement pour les conservateurs si pressés de s'engager dans le conflit. Ce n'est pas, bien sur, du à un désir de sauver des vies. En réalité, ils font de leur mieux pour détruire les plans sociaux et médicaux prônés par les démocrates, indépendamment du fait que plusieurs milliers d'américains meurent chaque année par manque de traitement médical. Ici, le but majeur est d'affaiblir l'Iran, le problème géopolitique majeur des États-Unis au Moyen-Orient.

Ou pourrait mener une mésalliance si étrange ? Les analystes de Washington pensent qu'ils peuvent rouler leurs adversaires avec un genre de jeu byzantin. Quoi qu'il en soit, pour comprendre le résultat assez probable d'une telle stratégie, ils devraient se tourner vers le lieu de naissance du byzantinisme moderne, la Russie, et étudier le déroulement d'événements similaires, il y a presque un siècle.

Lénine, marxiste radical qui trouva sa maturation politique au début du siècle dernier, était convaincu que les masses satisfaites ne se lèveraient pas pour rejeter l'ordre capitaliste global, et que les Bolcheviques, son parti, étaient trop faibles pour s'engager contre le régime tsariste dont la chute aurait mené à une révolution mondiale et ou les masses établiraient un socialisme idéal global et plus tard une société communisme. Société qui rappelle un peu le califat général, but des djihadistes. Les Bolcheviques, groupe minuscule au début du vingtième siècle ne pouvait réussir que si les impérialistes s'autodétruisaient. Peu ami du Kaiser, il rêvait d'une confrontation générale entre Moscou et Berlin, en fait d'une guerre globale.

Aucune guerre générale européenne ne se montrait à l'horizon ; les dernières guerres, celles de Napoléon, vieilles de presque cent ans. Tout suggérait si on présumait de la santé mentale des plus grands chefs européens, qu'une telle guerre serait improbable. Les armes étaient devenues si destructives, les forces s'équilibraient et l'intégration européenne si avancée économiquement et politiquement, seul un fou comme Friedrich Nietzsche prédisait un énorme bain de sang dans le futur, que les Européens s'engageraient dans un conflit continental majeur.

Lénine le comprit et fit part de sa frustration à Maxime Gorky, le fameux écrivain radical russe. "Cher Alexis Maximovich," écrivait-il en 1912," la grande guerre européenne serait un bénéfice pour la révolution, hélas, ni le Tsar ou le Kaiser, ne nous procureront un tel plaisir". Lénine, et il n'était pas le seul, surestimait l'Empereur d'Allemagne et ses conseillers. Ils croyaient, comme les conservateurs américains, que ce serait une guerre éclair, il profitèrent de leur "11 septembre" le meurtre de l'Archiduc François-Joseph, comme un prétexte pour lancer la première guerre mondiale. La guerre n'obéit point au scénario allemand, et les évènements furent un peu similaire à ceux du Moyen-orient un siècle plus tard. La guerre éclair se tourna en guerre d'usure bien sale, les ressources allemandes commencèrent à s'épuiser dans sa propre version de la "séquestration" du budget militaire américain aujourd'hui attendue.

Tandis que les Européens mourraient par millions, Lénine se trouvait en extase, pour les grandes souffrances des masses renforcées des frustrations séculaires, qui rendaient la révolution russe possible. L'Empire Allemand en notant Lénine et ses suivants, comme Washington aujourd'hui au Moyen-Orient, qu'il pourrait utiliser les radicaux russes pour déstabiliser la situation en Russie et mener l'Allemagne à la victoire. Raison pour laquelle Berlin fournit des fonds à Lénine afin de lui permettre de voyager en Russie dans des "trains scellés" quand le Gouvernement Provisoire libéral qui émergea après février/mars 1917 l'autorisa à rentrer. Les Bolcheviques, menèrent la Russie à une seconde révolution, signèrent l'armistice avec l'Allemagne par comme disait Lénine "l'obscène traité" de Brest-Litovsk.

Berlin ne profita pas très longtemps des fruits de son stratagème. Les germes de la révolution se répandirent en Allemagne et menèrent à la chute de la monarchie allemande. Une génération plus tard, les fils spirituels et politiques de Lénine entrèrent avec leurs chars à Berlin.

Naturellement, l'histoire ne se répéta pas mot à mot, mais dessina quand même un nombre de ressemblances significatives. Les djihadistes du Nord Caucase au Moyen-Orient, croient que la chute d'Assad, mieux, une guerre avec l'Iran accomplira ce que la guerre des Américains avec l'Irak n'a pas su faire c'est à dire initier le chaos, non seulement au Moyen-Orient, mais avec un peu de chance globalement, ce qui permettrait aux djihadistes d'émerger.

Si cela arrive, le courant de marée du terrorisme ne touchera pas seulement Moscou et Beijing, les ennemis de Washington mais aussi Jérusalem. C'est la raison pour laquelle on entend à peine la voix du Premier Ministre Benjamin Netanyahu qui n'est guère excité par une chute brutale du régime d'Assad. Néanmoins, les Américains entendent avec difficulté les voix sobres de Jérusalem, non seulement parce qu'ils pourraient les jeter facilement comme ils l'ont fait, malgré toutes les assurances, avec Moubarak en Egypte, pas seulement pas qu'ils pensent que les Israéliens seraient peu affectés par le chaos et les vagues de terreur, mais aussi à cause des changements fondamentaux de leur politique.

Comme les problèmes économiques sont devenus trop évidents pour rester ignorés, les élites américaines ressentent que ce n'est pas seulement leur prédominance économique qui commence à faiblir mais aussi leur influence géopolitique qui commence à leur échapper des mains à grande vitesse. L'Amérique est une femme qui ne vieillit pas très bien sans se préparer à l'avenir. Dans ce cas, le nouvel ordre mondial et son privilège économique, son niveau de vie et son influence seront beaucoup plus modestes.

Obama et ses thuriféraires continuent à proclamer qu'ils ne font que rebondir pour mieux sauter. Et que, pour cette raison "elle" peut s'engager dans des actions stupides dont ne profitera que son amant djihadiste vigoureux et charismatique, préparé, par la persévérance, la planification à long terme et le sens du sacrifice, qualités aujourd'hui bien peu américaines

Alors, l'histoire pourrait bien se diriger vers une direction entièrement nouvelle, comme elle l'a fait en 1914, quand bien peu de gens connaissaient Lénine et bien moins encore Staline, Adolphe Hitler et Benito Mussolini, et que pratiquement personne pouvait prévoir ce qu'ils feraient dans le futur.

Comme Hegel le signalait avec raison, " La chouette de Minerve n'étend ses ailes qu'au crépuscule " ce qui veut dire que le sens des évènements ne peut être compris que rétrospectivement.

 

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21/06/2012

Le problème de l'Europe, ce n'est pas la croissance, c'est la richesse

Le Président Barack Obama demandera au groupe des vingt réuni à Mexico, le 18 juin, de présenter "un message unique à propos de l'importance de la croissance" si on en croit Michael Froman, son conseiller pour la sécurité nationale en matière économique. Ce que l'administration Obama veut dire par "croissance" c'est que l'Allemagne continue à garantir l'irresponsabilité de ses voisins de l'Europe méridionale. Cà n'a rien à voir avec de la croissance. Mais bien qui prends les coups quand la richesse illusoire de l'Europe se retrouvera au panier.

L'Europe et l'Amérique sont toutes deux rentrées, en 2008, dans une crise économique avec d'énormes bulles d'actifs. L'Amérique se concentrait sur le prix de l'immobilier résidentiel et sur les amortissements y afférant. L'Europe, sur les dettes publiques et bancaires. La Bulle américaine avait déjà explosé résultant en une perte de valeur papier de six trillions de dollars avec 40% de réduction de valeur pour la famille américaine moyenne pendant que les institutions européennes continuaient à propulser l'inflation des actifs du continent.

Le gouvernement américain fit mauvais usage des subsides via Freddie Mac et Fannie Mae afin de promouvoir l'inflation immobilière et regardait ailleurs tandis que les institutions financières et les agences de notation créaient un château de cartes d'un trillion de dollars afin de garantir les titres d'amortissements immobiliers. Les membres les plus faibles de l'eurozone utilisaient leur pouvoir d'emprunt amélioré à accumuler des dettes publiques et bancaires effarantes.

Derrière la manipulation financière, dans les deux cas, se manifeste une érosion des fondements, de la richesse nationale alors qu'une population vieillissante imprime une pression catastrophique sur les fonds de pension et sur les systèmes médicaux. Dans le cas de l'Europe, le nombre de retraités sera multiplié par deux au cours des quarante prochaines années et la force de travail rétrécira d'un tiers.

Un argument expose que la réduction de la formation de familles en Amérique a aussi réduit la demande immobilière et ainsi induit la crise. La population américaine a cru de 200 à 300 millions depuis les années soixante-dix et le nombre de familles avec des enfants est resté le même qu'à l'époque ou Nixon a pris le pouvoir, c'est à dire 25 millions. En 1973, l'Amérique possédait 36 millions de maisons avec deux chambres ou plus, ce qui signifie que la fourniture de maisons familiales était grosso modo proportionnelle au nombre de familles. En 2005, le nombre de maisons avait doublé pour passer à 72 millions bien que le nombre de familles avec deux enfants n'avait pas changé. Ce qui annihila six milliards de la richesse américaine. Les problèmes démographiques de l'Europe sont bien pires et demande aussi une réduction massive de la richesse privée comme le prix Nobel de l'université de Columbia, Edmund Phelps, dans un article du Financial Times : " Que faire ? , l'Italie, le Portugal et la Grèce doivent opérer, dorénavant, sans les moyens qui rendaient le crédit si bon marché aux états. La valse des notations l'outrageuse exemption, des réquisitions en capital, faite aux banques face aux garanties de dette souveraine. Une autre idée à la mode est la taxe sur la richesse, qui n'a rien à voir avec la vraie valeur de ce que les Italiens sont censés pouvoir produire net des coûts futurs de la main d'œuvre. Et la prochaine fois qu'une économie sera aux prises à la surévaluation des taux de change, çà ne peut que générer, dans l'urgence, des déficits fiscaux. Certaines nations européennes, peuvent mitiger leur décroissance démographique par l'immigration. Après la guerre de trente ans de 1618-1648, qui élimina une grande partie de son peuple, l'Electeur de Brandebourg, Frédéric-Guillaume I, invita des Huguenots français, des Polonais, des Juifs et d'autres à s'installer dans ce qui devint plus tard la Prusse. L'Allemand était une langue minoritaire dans le Berlin du dix-huitième siècle et le sera peut-être à nouveau au cours du vingt et unième siècle si Les plus habiles des grecs et des espagnols décampent pour l'Allemagne à la recherche d'un emploi.

La richesse nominale de l'Europe est intégrée de manière disproportionnée à la dette nationale et au système bancaire, spécialement dans son passif. Réduire la valeur papier tiendrait d'un acte politique général alors que c'est un quasi-phénomène de marché aux Etats-Unis. L'ensemble de la politique européenne, aujourd'hui, tourne autour de la question de savoir quelle richesse il faut taxer. Si on dit aux pensionnés espagnols que leurs pensions seront réduites significativement parce que les banques espagnoles ont offert trop de crédit aux compagnies de construction avec l'assentiment tacite du gouvernement, ils le blâmeront, et ils auront raison. Ce qui risquerait de détruire le réseau fragile de la vie politique espagnol. C'est malheureux mais cela peut être inévitable.

Il existe de nombreuses manières d'évaluer la richesse nominale à des niveaux qui correspondent à la réalité économique. Le plus simple, serait pour l'Espagne, l'Italie etc.. de simplement imposer une taxe sur la richesse. Mais, les riches méridionaux cachent leurs fortunes depuis des générations précisément dans le but d'éviter ce genre d'éventualité. Une autre manière ponctuelle d'imposer l'argent est de dévaluer la devise mais cela rendrait les gens les plus défavorisés plus pauvres encore. En réduisant la responsabilité réelle de débiteurs (surtout le gouvernement). Et encore une autre façon de taxer la richesse est de réduire la valeur d'actifs.

Les Américains ont accepté une réduction générale de la richesse parce que la bulle immobilière, c'était la vente en pyramide du populaire. Les Américains spéculaient sur leur propre maison et ils ont perdu tout comme l'Irlandais, qui peut en contempler les brumeuses perspectives et en accepter les conséquences.

Pas plus que pour l'Espagnol, qui en redirigeant, à l'excès, le crédit vers la construction s'est concentré sur les opérations financières plutôt que sur les prêts aux particuliers. Les institutions financières fournissaient du crédit pour une valeur percutante égale à 109% du produit domestique brut soit trois fois le volume de celui des Etats-Unis. Le secteur de la construction acquit un volume plus important que l'ensemble su système manufacturier, alors qu'il n'en est que le cinquième en Allemagne et le quart aux Etats-Unis.

Les titres, que fournissent massivement les institutions financières constituent, pour une large part, la richesse des espagnols. Ils sont assis sur des fonds de pension et des assurances vie. Réduisez massivement leur valeur et ils devront accepter une réduction des pensions. C'est justement ce qui devrait être fait. Les banques ont perdu toute valeur et leurs dettes supprimée afin de permettre, à des acheteurs extérieurs, de les recapitaliser. Les Espagnols ne vont pas aimer çà, pas plus que les autres européens.

L'alternative est de placer, de facto, une taxe sur la richesse aux européens du Nord frugaux et industrieux, en étirant les bilans allemands et hollandais jusqu'une dévaluation drastique de l'euro, augmentant le prix des importations pour les Allemands. Il est injuste de grever les efforts des allemands afin de maintenir la richesse du reste de l'Europe, et les Allemands n'aimeront pas çà non plus.

En l'absence des ces scenarii, une crise financière incontrôlable n'est pas forcément une éventualité inévitable. C'est le jeu des économistes, pour effrayer les naïfs et impressionnables chefs d'état. C'est tout à fait possible de laisser les banques espagnoles faire faillite, liquider leurs garanties et leurs dettes, puis de racheter les banques françaises, largement investies dans les institutions bancaires espagnoles. Il n'y aura pas de réaction en chaîne parce que la banque centrale européenne peut débrancher un fusible quand elle le veut.

Faire de l'Espagne un horrible exemple est la meilleure alternative, elle s'enfoncera, sans doute, dans le chaos politique, mais les effets globaux en seront plus facilement contenus, Et la misère de l'Espagne persuadera les Italiens que des réformes fondamentales sont bien préférables à la répétition de leur expérience.

Comme disent les Chinois, tuer le poulet et laisser le singe regarder. Si l'Italie, avec ses deux trillions de dollars de dette extérieure fait défaut, la situation deviendrait vraiment glaçante. Mais il n'y a aucune raison que cela se passe ; bine que la dette souveraine de l'Italie soit au-dessus de 100% du produit domestique brut, la dette des particuliers n'atteint que 45% de ce même produit, et l'Italie possèdent des centaines de manufactures de première classe, champions du marché dans leurs domaines respectifs, à l'inverse de l'Espagne qui en possède très peu.

Le nœud gordien doit être coupé quelque part et le meilleur endroit est l'Espagne Les résultats seraient fructueux pour les Espagnols et salutaire pour tout les autres. L'autre possibilité est de récompenser les comportements discutables en les refinancant, pénalisant la frugalité et l'industrie. Nommé ceci une politique de croissance est une forfaiture. Comment nourrir la croissance par des déplacements arbitraires de capitaux d'acteurs plus performants vers d'autres qui le sont moins ?

Robert Mundell, prix Nobel, père de l'euro, déclarait récemment à un organe de presse financier canadien : "L'euro n'est pas le problème, ce sont les déficits publics et les dettes de quelques pays. C'est un échec de la discipline fiscale qui menace la solvabilité des nations couvertes de dettes par la chute de la demande due au ralentissement de l'activité économique. Elles deviendront un problème si ces déficits mène la banque centrale européenne à essayer de les financer et créer ainsi une inflation substantielle afin d'essayer d'annuler leur dette.

Les banques centrales ne peuvent avoir un bilan extensible à l'infini ou le peuvent-elles ? L'économiste du Conseil des Relations Internationales Sebastian Mallaby déclare très sérieusement que les banques centrales sont de vrais géants qui peuvent imprimer autant de billets qu'elles le veulent. En décembre 2008, la Réserve Fédérale Américaine pour financer les marchés en situation d'urgence a augmenté son émission de 1,5 trillions de dollars minorant de plus du double, les 700 millions autorisés par le Congrès. Les banques européennes ont agi avec une égale résolution et une puissance de feu de 440 milliards d'euros. Ensuite, en décembre 2011, la Banque Centrale Européenne a fourni 489 milliards d'euros aux banques défaillantes du continent, le tout, grâce à la magie des offsets. Depuis 2007, la Banque Centrale Européenne a acheté pour 1,7 trillions d'euros d'actifs financiers augmentant son portefeuille de 13 à 30 pour cent du produit domestique brut de la zone euro. Cela veut dire que la Banque Centrale Européenne possède une valeur papier de plus de huit fois supérieure au produit national brut de la Grèce.

Cet acte suprême a, du moins théoriquement évité l'éclatement du système euro. Sans le soutien extraordinaire des banques centrales, les opérateurs de l'Europe entière se seraient battu pour obtenir un crédit qu'ils n'auraient pu obtenir et se seraient effondrés. Dans un futur prévisible peut continuer à propulser ses banques en imprimant des liquidités.

Excepté pour la Grèce qui a déjà baissé les valeurs de ses titres de 50 à 70%, l'Europe n'a pas atténué de beaucoup de sa propre bulle d'actifs. Les 1,3 trillions de la dette financière espagnole restent dans les livres des fonds de pension et des assurances espagnoles, tout comme pour les banques françaises et d'autres. La Banque Centrale Européenne a prêté 1,7 trillions d'euros aux banques privées pour remplacer les dépôts retirés par la clientèle qui craint la faillite. Si, la banque centrale continue à imprimer de l'argent, la valeur de l'euro va plonger et le prix du pétrole et des autres importations vont partie en flèche. L'Europe perdra de l'argent par la dévaluation de la devise et les grands perdants seront les nations européennes prospères qui détiennent des actifs viables, nommément, les Allemands et les Hollandais.

Pénaliser une bonne gestion et récompenser une mauvaise ne correspond en rien à une politique de croissance, quoi qu'en pense l'administration Obama, c'est la formule de la stagnation perpétuelle. C'est aussi triste de voir les pensionnés espagnols moins riches que les fonctionnaires municipaux de San Jose en Californie qui ont du aussi coupé dans leurs pensions pour cause de crise budgétaire. La seule manière de retourner à la croissance est de liquider les valeurs fictives attachées à des institutions insolvables. Quand les banques espagnoles auront liquidé leurs dettes, un acheteur extérieure, la Chine, peut-être ou un fond souverain, pourrait racheter le système et le reconstruire. C'est arrivé en Thaïlande en 1997, après la grande crise financière asiatique.

Une autre position argumente que les pays européens insolvables pourraient se dégager en cédant leur pouvoir à Bruxelles. C'est le plus évoqué des plans qui circule actuellement pour résoudre les problèmes financiers de l'Europe. La liquidation de la dette doit se trouver liée à quelque transfert d'autorité fiscale pour les pays insolvables, sous les auspices de la Commission Européenne et du Conseil de l'Europe pour en assurer l'équité constitutionnelle. Il faut préciser que c'est aussi la position de l'Allemagne bien que l'on puisse suspecter la manière polie de postposer la demande pour l'argent allemand.

On peut supposer que les bureaucrates des Lumières de la Commission Européenne, peut-être avec la connivence du Fond Monétaire International, voudront forcer à la réforme les gouvernements faibles et inefficaces. La férule de Bruxelles pourrait vraiment aider certains pays, sous deux conditions. La première, l'acceptation de la réforme et la seconde le gouvernement par un parti, qui mette en œuvre une politique imposée par les pressions extérieures pour exécuter les réformes qui veulent être adoptées sans qu'il n'existe d'autre alternative.

Cela se passe déjà, en modèle réduit, au Portugal, où la Commission Européenne et le FMI ont imposé de jeunes réformateurs qui vendent des actifs de l'état, réforment les lois du travail et brisent les vieux monopoles.

Le Portugal détient un taux de participation fiscale du travail important comparé à l'activité économique générale contrairement à la Grèce, où l'activité des échanges qui échappent au contrôle de l'état est beaucoup plus importante. Les problèmes du Portugal sont curables, ceux de la Grèce, déjà un peu loin.

A l'exception du Portugal, Les pays méridionaux combinent une hostilité pré moderne au gouvernement central avec une indifférence post moderne pour l'avenir national. Avec juste 1,4 de taux de fertilité, l'Italie et l'Espagne chiffrent parmi les taux les plus bas au monde, ce qui revient à dire que les citoyens ne sont pas près de sacrifier leurs plaisirs et leurs prérogatives à l'avenir de la nation auquel ils ne contribuent pas en n'élevant pas d'enfants.

Aucune des élites nationales ne ressent d'obligation, payer des taxes, c'est jouer eu fou. L'Italie a beaucoup d'épargne privée et peu de dettes, parmi les plus bases du monde développé. Si les Italiens agissaient civilement, ils paieraient leurs impôts. Si les Espagnols et les Italiens traitent leur gouvernement respectif comme une entité hostile dont on ne tire que des frustrations et qui doit être évitée à tout prix, comment vont-ils répondre à un patron fiscal venu de Bruxelles ? La notion de contrôle supra national pour accomplir ce que les gouvernements n'ont pas été capables de faire, quelle idée étrange pour définir une politique publique !

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04:17 Écrit par walloween dans Economie, international, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : euro, inflation, fmi, dette |  Facebook

07/06/2012

La vraie vie de Stanley

Il est peu vraisemblable qu'Henri Morton Stanley,savait, quand il rejoignit un régiment d'artillerie de l'Illinois, le 4 juin 1862, que son action validait un principe darwinien central, que ce n'est pas forcément le plus grand et le plus fort qui survivent, mais le plus adaptable.

 

Stanley, soldat de la Confédération, capturé à Shiloh et emprisonné au Camp Doublas à Chicago, prison marécage ou 200 des 8.000 prisonniers moururent au cours de la première semaine, laissa des notes, plus tard à propos des conditions de la prison" c'était la négligence et de nombreuses vies furent perdues... une époque stupide et sans cœur coupable d'énormités qui demanderait aux plus saints de pardonner", il prit la sortie même si cela signifiait combattre pour l'autre coté.

En changeant de camp, Henri devint le premier des 6.000 ainsi nommé "Yankees Galvanisés" qui passèrent du gris au bleu(galvanisé, parce que dans le procédé de la galvanisation revêt l'acier d'une fine couche de zinc bleuâtre, alors que le métal en dessous reste le même). Pour éviter qu'ils ne combattent leurs anciens camarades, la plupart des Yankees Galvanisés furent envoyer dans l'Ouest pour combattre les Indiens. Mais comme Stanley était un émigrant récent, son unité de l'Illinois fut envoyée en Virginie. Sur le chemin, il souffrit les effets des infections de Camp douglas et fut hospitalisé à Harper's Ferry le 22 juin.

Ce n'était pas la première fois que Stanley manifestait sa capacité d'adaptation. En 1858, il arrivait à la Nouvelle-orléans à 18 ans, il s'appelait John Rowlands ; il abandonna bien vite son boulot de garçon de cabine obtenu à Liverpool et disparu dans la cité. Il ne laissait pas grand chose derrière lui, sa mère prostituée galloise et le père inconnu. Son grand-père maternel le fit grandir jusque sa mort cinq ans plus tard. Depuis lors, comme dans Dickens, il vécut dans un "atelier", lieu d'accueil pour les indigents non-invalides, obligés souvent d'effectuer des travaux pénibles pour conserver leur place.

On ne sait comment, le jeune John s'arrangea pour obtenir quelque éducation en route. Grâce à la connaissance de la lecture, de l'écriture et de l'arithmétique, arrivé à la Nouvelle-Orléans, il fut rapidement engagé par un marchand local. Graduellement, le propriétaire, vieux et sans enfants, s'intéressa de plus en plus à John. Il parla au garçon des perspectives commerciales favorables de l'ouverture d'un magasin sur un des tributaires, en amont du Mississipi. Un an plus tard, John s'installait sur un site tout près de la ville appelée aujourd'hui Pine Bluff dans l'Arkansas. Mais d'abord, il changea son nom en une variante du patronyme d'un marchand de coton fort admiré à la Nouvelle-Orléans John Rowlands devint Henry Morton Stanley.

Après le raffinement de la Nouvelle-Orléans, Stanley se trouva choqué par le chauvinisme, la violence et l'orgueil imbécile qu'il trouva parmi les planteurs de l'Arkansas et les hommes de la foret qui parlaient vite d'honneur et rapidement de se venger. En retour, le garçon s'initia aux fusils et aux pistolets; il acheta un Smith et Wesson et on l'envoyait, de temps en temps, collecter les impayés.

Mais des dangers plus grands se firent jour en juin 1861, la jeunesse de la région rejoignit une compagnie confédérée connue comme les"Gris" ; Henri resta coi jusqu'au jour ou il reçut un paquet, adressé par une main féminine, contenant une chemise et une petite veste, équivalent local la plume anglaise symbole traditionnel de couardise. Il rejoignit les Gris qui devinrent part du sixième régiment de l'Arkansas.

 

Il fut parmi les premiers à attaquer Shiloh. Juste avant la première charge, un ami de Stanley, Henri Parker, âgé de 17 ans, mettait des violettes à son képi en espérant que les Yankees ne le tuerait pas, simplement parce que " les fleurs sont signe de paix" Alors que les Gris s'approchaient et se trouvèrent sous le feu d'artillerie, Stanley note : " le monde entier semble plongé dans une gigantesque ruine".Image2.jpg

 

 

 Le pied de Parker fut écrasé. Le second jour, Stanley se retrouva isolé et fut capturé. Durant la marche vers l'arrière, de nombreux soldats sudistes l'auraient tué plusieurs fois sans l'intervention de ceux qui le capturèrent. Apparemment, après séjour à Harper’s Ferry, il décida qu'il en avait assez de la guerre. Il déserta les confédérés et retourna à Liverpool en septembre1862. Sa mère refusa de le recevoir en lui disant "ne reviens jamais si ce n'est pas dans de meilleures circonstances".

Il retourna brièvement à la mer pour finir à Brooklyn en octobre 1863. Il avait, sans doute, oublié son dégoût pour la guerre civile et l'été suivant décida de rejoindre la marine fédérale comme sous-officier et secrétaire sur la frégate le Minnesota. Son poste lui permit de vendre un article racontant l'histoire d'un des engagements de la frégate. En février 1865, Stanley déserta à nouveau et fut sans doute un des seuls hommes qui servirent et désertèrent les deux armées.

Après la guerre, il plongea à plein temps dans le journalisme, couvrant d'abord les guerres indiennes. Plus tard, il persuada le New York Herald, le plus important journal de la ville, de financer une mission pour trouver le docteur David Livingstone, missionnaire pionnier et explorateur de l'Afrique. En1850 Livingstone fut le premier à traverser l'Afrique mais à la fin des années soixante, on ignorait ou il se trouvait. Stanley proposait de le retrouver, de lui fournir des vivres et d'en écrire l'histoire pour le journal.

Il s'ensuivit huit mois d'aventures, Henry trouva Livingstone qui vivait dans un village tout près du lac Tanganyika. Il est peut probable qu'il prononça la fameuse phrase "Docteur Livingstone, je présume ?" Mais il en fit usage pour illustrer son article. Le voyage les rendirent célèbres tous les deux, il n'avait jamais reconcé à sa nationalité britannique, on le fit chevalier.

Deux ans plus tard, Stanley, entièrement absorbé par l'Afrique, explora le bassin du Congo. Il est difficile d'ignorer les difficultés d'une expédition de mille jours qui se termina en août 1877. Débutant avec une équipe de 350 membres, quand elle se conclut, qu'il n'en restait que 100, parmi lesquelles, Stanley était le seul blanc. Ce fut aussi une expérience brutale pour la population indigène. Il n'hésitait pas à combattre tous ceux qui se mettaient dans son chemin et suivant l'explorateur Richard Burton, "Stanley tue des nègres comme s'ils étaient des singes". Burton n'était pas le seul à observer les mouvements de Stanley. Après la lecture d'un journal le roi des belges Léopold, avide se s'approprier un morceau de continent, se dit que ce vaste territoire au milieu de l'Afrique, que personne ne réclamait, ferait bien l'affaire. L'année suivante, il embaucha Stanley en lui offrant un contrat de cinq ans pour obtenir des concessions commerciales au Congo. Les Belges étant assez réticents à s'engager dans la colonisation s'arrangea pour que les concessions acquises par Stanley soient attribuées à une compagnie privée possédée par le roi.

Obtenir la reconnaissance diplomatique était un défi pour une compagnie privée, mais Léopold identifia un précédent dans la Société pour la Colonisation Américaine, une association privée qui organisait le Libéria comme un foyer de colonisation pour les anciens esclaves américains libérés. Il engagea Henry Sanford, un ancien ambassadeur de Lincoln en Belgique afin de convaincre le Président Chester A. Arthur d'avaliser la souveraineté privée des territoires réclamés par le roi. Ce qui lui créa un levier suffisant pour obtenir aussi la reconnaissance de la Prusse. Graduellement d'autres pays acquiescèrent. En conséquence, la compagnie du roi obtint une souveraineté privée sur un territoire grosso modo de la taille de la moitié Ouest des Etats-Unis.

L'Etat Libre du Congo évolua vers un statut colonial conventionnel en devenant le Congo Belge. L'exploitation coloniale se montra cruellement impitoyable en fondant sur les ressources naturelles et les mines ou travaillait une main d'œuvre d'esclaves. Parmi celle-ci se trouvait Shinkolobwe, ou on découvrit de riches gisements de nickel, cobalt ainsi qu'un métal d'un poids inhabituel découvert en 1915. On trouvait peu d'usage à ces lourds lingots mais à l'aube de la seconde guerre mondiale quand les expériences de réaction nucléaires en chaîne impliquèrent l'usage de ce métal, il produisit des bombes exceptionnellement puissantes.

Soudain les lingots d'uranium de Shinkolobwe devinrent une ressource stratégique. En 1941, la mine expédia 1.250 tonnes d' uranium partiellement raffiné à Staten Island pour un stockage sécurisé ou elles restèrent jusque leur achat par le projet Manhattan deux ans plus tard. Presque tout l'uranium utilisé par Robert Oppenheimer et l'équipe de Los Alamos venait du Congo Belge.

Ce territoire, initié par monarque mineur européen, légitimé par un précédent diplomatique américain, amené à l'existence avec la complicité du Président Arthur de concert avec un ancien ambassadeur de Lincoln et d'abord exploré par un Yankee Galvanisé fit que pour les soldats de la seconde guerre mondiale, le passé de la guerre civile américaine n'était pas mort, il n'était même pas passé.

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12/05/2012

Les Frères Musulmans choisissent le Chaos

Les Frères Musulmans ont signalé leur intention d'amener l'Egypte au chaos. Avec des réserves de liquidités atteignant à peine deux mois d'importations et la panique qui gagne l'économie égyptienne, le candidat des Frères Musulmans, Khairat al Shater a prévenu qu'il bloquerait le prêt d'urgence de trois milliards de dollars alloués par le Fond Monétaire International jusqu'à ce que le gouvernement militaire cède le pouvoir. "Nous avons dit au gouvernement qu'il se trouvait devant une alternative, soit de postposer l'emprunt sans chercher à l'obtenir par d'autres moyens et sans notre acceptation, soit d'accélérer la formation d'un nouveau gouvernement" disait-il à un journaliste de Reuter. Il ajoute qu'Al Shater indique que les finances du pays sont précaires et qu'une dévaluation sévère pourrait avoir lieu à la fin de l'année fiscale, qui approche, c'est à dire début mai, et que c'est de la responsabilité du gouvernement de la résoudre. Récemment la Banque Centrale d'Egypte, dans un rapport, énonce que les réserves de change totales ont chuté de quinze milliards de dollars à seulement neuf milliards de dollars, ce qui équivaut à deux mois d'importations. Les projections sur le marché des changes à terme montrent que la Livre pourrait perdre la moitié de sa valeur durant l'année à venir et que les Egyptiens ont répondu en se restreignant sur le diesel, le propane et d'autres nécessités premières. Avec la moitié de la population vivant sur deux dollars par jour ou moins, la dévaluation attendue en une partie significative sous le seuil de nutrition au prix, pour le gouvernement de subsidier l'importation des biens de première nécessité pour une nation qui importe déjà la moitié de sa consommation calorique. Le prêt du Fond Monétaire International permettait donnait un délai à la dévaluation, mais al Shater et les Frères Musulmans refusent ce ballon d'oxygène en arguant du fait qu'il n'est pas logique d'accorder une telle somme à un gouvernement de transition qui durera deux ou trois mois, alors que le prochain gouvernement, lui, permanent, devra le rembourser. Alors que l'Egypte s'achemine vers le chaos, les observateurs occidentaux comment stabiliser l'économie. Il apparaît que la question est mal posée. Pourquoi les Frères Musulmans ne veulent-ils pas permettre à l'occident de stabiliser la position financière de l'Egypte ? La vraie question est : qui bénéficiera de la chute ? A ce stade, les Frères Musulmans apparaissent comme seuls vainqueurs par défaut. Nul autre acteur ne semble avoir le courage et ne sang froid nécessaire pour exploiter la crise à venir. Par contraste, l'Amérique est bloquée dans la défense d'une position qui se détériore et les chefs militaires égyptiens sont plus concernés à s'aménager un nid en exil, comme les généraux iraniens en 1979. Les Frères pensent qu'une famine générale ne peut que renforcer leur position et ils ont probablement raison de le croire. Quand le système tricard et corrompu des subsides alloués par le gouvernement s'effondrera, les chefs islamistes locaux prendront le contrôle de la distribution de nourriture et établiront ainsi une dictature de facto dans les rues. Une fois de plus, les analystes américains se sont égarés dans leurs évaluations en confondant les manifestants de la place Tahrir avec des révolutionnaires. Alors qu'ils n'ont jamais cessé d'être les instruments d'une organisation révolutionnaire construite sur le modèle léniniste ou nazi. Le programme des Frères est en gestation depuis longtemps déjà, a su se substituer, à l'époque de la chute de Moubarak, au manque grandissant de combustible et de nourriture. Le Ministère de la Solidarité et de la Justice Sociale s'est mis à former des "comités révolutionnaires" afin de faire respecter la loi aux boulangers et aux marchands de propane et aux vendeurs de rue qui "font payer plus que le prix prescrit par la loi". D'après le Ministre " des opérateurs contrôlent le prix du pain et du butane et des comités populaires sont nécessaires pour les contrer". Le gouvernement avait déjà réduit l'importation de combustibles et d'autres biens subsidiés à un niveau égale à 35% de la normale. Mais si la patience des gens est mise à l'épreuve, ils n'ont d'autre choix que de l'entretenir tant ils craignent qu'une crise de plus ne compromette la production subsidiée de pain. Avec les semaines qui passent, des queues de milliers d'automobiles s'allongent dans les stations services tout comme celles des piétons du propane. On n'en est pas encore au pain. Que ce soit le gouvernement qui, anticipe la dévaluation en engrangeant des devises fortes ou les particuliers en stockant des vivres. Dans les deux cas, le résultat est le même, L'Egypte manque d'argent et fait face à une dévaluation chaotique. Les acteurs politiques ont renoncé à éviter la crise pour se positionner plutôt que de l'exploiter. La politique américaine se retrouve entièrement démunie face à ce scénario. Depuis le traité de paix avec Israël, en 1979, l'Amérique a versé 75 milliards de dollars aux militaires égyptiens et continue à voir dans le Conseil Suprême des Forces Armées, le seul sanctuaire de stabilité de la politique égyptienne. La posture est bipartisane, les Sénateurs John Mc Cain de l'Arizona et Lindsey Graham de San Francisco ont rencontré les chefs des Frères Musulmans au Caire en mars, évidemment avec l'espoir de persuader les Frères Musulmans de ne pas remettre en question le contrôle des forces armées sur le gouvernement. Mc Cain a clairement déclaré qu'il voulait réduire les tensions entre les Islamistes et le régime des forces armées comme il le dit lors d'un échange avec un journaliste au Caire : " la tension actuelle en le conseil militaire et les Frères Musulmans pourrait aggraver la situation dans le pays, la période à venir qui va élaborer la constitution risque de connaître une escalade des tensions et la possibilité de plus de confrontations et de démonstrations en Egypte. Quoi qu'il en soit, la question la plus importante est de savoir si les Frères Musulmans adoptent une approche modérée ou si certains de ses membres les plus extrémistes dirigent le processus d'élaboration de la constitution et les élections. C'est la position américaine conventionnelle. Depuis, les Frères Musulmans ne se sont pas contentés d'entrer au Parlement, ils ont aussi présenté leur candidat Khairat al Shaker. Organisation révolutionnaire qui vit naître ses premiers succès sous l'influence du département des affaires étrangères de l'Allemagne nazie, elle n'a aucun état d'âme à exacerber la misère économique des égyptiens afin de poursuivre son agenda. La consolidation du pouvoir des Frères Musulmans en arrière plan des dévaluations et du manque de nourriture sont des techniques utilisées par les bolcheviks en 1917 et par les nazis en 1933, La problématique est engagée. Il n'y a aucun moyen de l'éviter et les militaires connaîtront leur défaite quand l'argent étranger cessera de leur parvenir. Les Américains profitèrent de l'opportunité créée par l'arrestation d'agents d'organisations non gouvernementales pour fournir 1,3 milliards de dollars en échange du règlement du contentieux. L'Amérique continue à mettre tous ses œufs dans le même panier militaire comme le montre ses représentations aux militaires et l'affaire des agents. La maison Saoud est en pleine crise d'hystérie contre les Frères Musulmans et reflète l'inquiétude des émirats. Cette importante hypothèque, virtuellement ignorée par les services américains au point qu'en analysant leurs liens, ils ont conclu que les saoudiens avaient gagné une nouvelle influence chez les Frères Musulmans et même chez les Salafistes. Les monarchies du golfe ont de bonnes raisons de craindre les Frères Musulmans opposés au tribalisme monarchique, les Frères remodèlent le radicalisme islamique sous la forme d'un parti totalitaire révolutionnaire moderne. Si l'Egypte a faim, les pleurs viendront du Caire : " Nos frères manquent de pain et la maison corrompue des Saoud dépensent des fortunes en whisky et en putains". Les officiels des états du golfe ont fait part de leurs. L'éditorialiste indépendant égyptien, Sultan al-Qassemi écrit : Dans la vidéo largement distribuée d'un discours récent à Bahrain, le chef de la police de Dubai qui entretient d'excellentes relations avec le Premier Ministre du pays, a prévenu contre les Frères Musulmans constatant que leur menace sur la région était" tout aussi dangereuse que celle de l'Iran. Un conflit potentiel entre les états du golfe et l'Egypte en ajoutera encore aux tendances centrifuges de la région. Ils sont alliés contre l'Iran mais de mortels compétiteurs en puissance. Les efforts des Frères Musulmans pour subtiliser le pouvoir à la famille Assad alliée de Téhéran peuvent pousser le conflit vers une dimension entièrement nouvelle. Une attention insuffisante a été portée au fait que la désintégration de la Syrie puisse inciter Israël à frapper l'Iran. Dans les jours derniers a émis des avertissements à propos des réserves d'armes chimiques syriennes estimées les plus importantes du monde. Comme le dit le Financial Times: " Israël est profondément concerné par le stock gigantesque d'armement que détient la Syrie, y compris, des missiles à longue portée, des armes chimiques et biologiques ne finissent entre les mains de militants radicaux libanais ou d'autres. Ehud Barak, Ministre de la Défense israélien parlant devant le Parlement met en exergue les dangers à court terme posé par l'instabilité en Syrie. "Nous surveillons les évènements de Syrie et tout effort pour transférer de l'armement qui romprait l'équilibre, les incertitudes augmentent et nous devons nous préparer à n'importe quel scénario. Les fonctionnaires israéliens soulignent un risque plus grand encore en cas d'intervention de l'Iran dans les affaires syriennes à l'aide de troupes régulières pour aider le régime d'Assad, sans doute en réponse au soutien réel ou perçu des occidentaux à l'opposition syrienne. Dans ce cas, les Iraniens disposeraient du contrôle des armes chimiques syriennes. Ce qui leur donnerait les moyens de riposter à n'importe quelle frappe sur l'Iran. L'armement chimique syrien est évoqué régulièrement par la presse spécialisée. Mais personne n'évoque ce que devrait être le souci principal. La dissuasion a toujours fonctionné avec le régime d'Assad mais si la Syrie utilisait ses armes chimiques contre Israël, Damas serait vitrifiée. La famille Assad refuse l'émergence de ce scénario mais les Iraniens sont beaucoup moins regardants sur une manière plutôt qu'une autre. D'ailleurs, pour commencer, ils n'ont jamais aimé les Arabes. Si l'Iran obtient un contrôle sur le stock syrien, cela signifie une force de frappe hors de ses frontières ce qu'Israël ne pourra tolérer. La politique américaine marche sur trois jambes, utiliser une combinaison de menaces et de gratifications pour stabiliser la Syrie, faire confiance au Conseil Militaire pour stabiliser l'Egypte. Utiliser le bâton des sanctions et la carotte du nucléaire civil. Ce qu'il se passe c'est que Washington ne marche sur aucune jambe, le Moyen-Orient se dirige vers le chaos du fait de la force politique dominante du pays arabe le plus peuplé. L'Egypte des Frères musulmans croit que le chaos tournera à son avantage. Avec l'échec des outils traditionnels de la diplomatie américaine, l'alternative, pour promouvoir la stabilité consiste à gérer l'instabilité. C'est une action pour laquelle les Américains manquent des qualifications culturelles nécessaires et de l'estomac d'acier assorti. Mais ils vont devoir apprendre vite. Si les frères Musulmans se proposent des gains à partie de la crise économique pour transférer le pouvoir des vieilles institutions civiles vers les organisations révolutionnaires dans la rue. La riposte évidente est d'intensifier la crise qui deviendrait ingérable pour les organisations révolutionnaires et discréditerait les Frères Musulmans accusés de combattre le feu par le feu.

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