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01/03/2012

Le fils du peuple

J'ai cassé les rennes

J'ai perdu la force de ma main gauche et je vais laisser le monde pour vous seul, comme le cheval blanc, j'ai cassé les rennes et qui peut très bien se perdre là ou il va. Et quand ils ont fini par comprendre ton bel amour, mes baisers vont te manquer dans leurs propres bras,vous avez envie de pleurer sans pouvoir verser de larmes alors que vous vouliez me regarder si triste à mes yeux, vous l'aviez voulu une fois. Lorsque vous voulez vous forcer à vous dépasser et tout abandonner, c'est comme si vous apportiez votre âme sur le balcon et vous pouviez également perdre si vous partiez.

Le fils du peuple

C'est mon orgueil être né dans ce pauvre quartier
loin du bruit et de la fausse société.
Je suis heureux d’être un fils du peuple
et je vis parmi des gens sans fausseté.
Mon destin est le mémé, je le veux pour demain
Supportant ma tristesse ou vivant d'une illusion
Je vis heureux avec ma pauvreté
Et si je n'ai pas d'argent, j'ai un grand cœur
Descendant de Cuautemoc et Mexicain par hasard,
malheureux en amour, je suis ivrogne et troubadour.
Mais combien de millionnaires ne voudraient vivre ma vie
pour ainsi chanter la pauvreté sans souffrir.
Voilà mon orgueil, mon pauvre quartier
loin du bruit, je compose mes chansons.
Et le jour ou ce peuple m'échoiera
Ce jour là, je vais pleurer


Jose Alfredo Jimenez

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06/01/2012

Les idées de l'Inde dans le monde gréco-romain

Il est courant de parler des idéologies des civilisations, mais existent-elles ? Par exemple, les doshas de l'Âyurveda sont une classification trinitaire basée sur le système cognitif védique. Platon introduit un système similaire : les trois humeurs, dans la médecine grecque ou la respiration tient un rôle central(pneuma en grec). Mais la place centrale de la respiration (prana en sanskrit) est déjà représentée dans la pensée védique ancienne. Donc, admettons avec Filliozat (1970) que Platon ait emprunté les notions de vent, de glaire et de bile de la théorie primitive tridosha et que cette transmission s'est opérée par l'empire perse ? D'autre proclament que les similarités entre les systèmes médicaux grecs et indiens doivent être le résultat d'un héritage indo-européen partagé et ce qui peut apparaître indien est en fait indo-européens. La démonstration de Dumézil sur les catégories tripartites fonctionnant aussi ailleurs dan le monde indo-européen, confirme ce point de vue. Dumézil argue que les religions indo-européennes possèdent trois fonctions hiérarchiques : la souveraineté sacrée, la force et la fécondité représentées par les catégories de Brahman, Rajan (ou Kshatra) et Vish. La souveraineté religieuse et politique est conçue sur le mode dualiste : le roi magicien et le juge prètre. En Inde, cette dualité est incarnée par le rôle du Rajan et du Brahman ; à Rome, par Rex et Flamen. Même les noms sont similaires ! Dumézil dans son Mitra Varuna en 1948, montre que le roi magicien (Varuna en Inde ou Romulus à Rome) initie l'ordre social par la violence alors que le juge prêtre (Mitra en Inde ou Numa à Rome) le développe par la paix. La souveraineté magique procède par les moyens du crédit et des dettes et la souveraineté juridictionnelle utilise les pactes et la croyance. Ce schéma est invariant dans le temps : le culte christique montre un fils sauveur et intercesseur juxtaposé un père vengeur qui punit. D'autres ressemblances entre les religions indiennes et grecques telles la société esquissée dans le Mahabharata et les poèmes homériques. La métempsycose est connue des deux cotés. L'imagerie d'un monde ovoïde, si centrale à la pensée védique est réécrite plus tard dans les légendes orphiques. Selon Rawlinson (1975), " la ressemblance entre les deux légendes est trop évidente que pour être accidentelle ". Ces parallèles sont soit le résultat d'une même origine, de la migration ou de la diffusion culturelle et sans doute, d'une combinaison des trois. En elles-mêmes, elles ne peuvent nous aider à déterminer l'histoire du système, mais l'articulation du schéma de base possèdent différentes caractéristiques dans des régions distinctes. C'est ce style, cette articulation qui représente l'idée de civilisation. Une représentation plus claire se trouve dans l'art, la peinture, la musique et la littérature. Considérons la notion de l'ego dans les dialogues des Upanisad, c'est l'essence du Veda, son savoir secret. Une emphase similaire sur la connaissance de soi est introduite dans le monde grec par les pythagoriciens et les orphiques. Correspondant aux trois gunas : Sattva, Rajas et Tamas, Platon parle de trois catégories : logistikon, thumos et epithumia et utilisait aussi une classification en trois parts de la société. Selon Lomperis (1984), " Platon, par les pythagoriciens et les orphiques subit l'influence de la pensée indienne sans peut-être savoir qu'elle venait d'Inde " Indépendamment de l'origine de ces idées, il est clair qu'ils existaient d'importants parallèles culturels, à leur époque, entre la Grèce et l'Inde. Mais ce sont aussi ces différences significatives qui font l'originalité des civilisations. L'amplification des idées du moi et de la société apparurent de manières différentes dans les deux civilisations. La communauté d'intentions entre les idées védiques et la philosophie de Platon n'est pas si importante que la forme de l'exposition, avec ses saveurs diverses qu'on peut appeler indienne ou grecque. On peut se demander s'il est possible de remonter avant les philosophes grecs et observer l'évidence d'idées transculturelles avant qu'elle ne s'assimile. Les innovations en art et en connaissances scientifiques, épaulées par l'archéologie et les matériaux textuels, peuvent aider à délinéer les processus sur la base pivotante des transformations culturelles. L'intrusion des peuples de l'Inde, et, sans doute, de leurs idées, au Moyen-Orient est bien connue. Un élément indien faisait partie des Mitanni qui, vers le quinzième siècle av.J.C., répandirent leur pouvoir des rives de la Méditerranée aux montagnes de Zagros. Dans un traité avec les Hittites, le roi des Mitanni jure par les dieux indiens Mitra, Varuna, Indra et Nasatya. D'autres documents Mitanni, découverts dans les archives de Bogâzköy (Hittite) et d'El Amarna (Égypte) met clairement en évidence les influences indiennes. Les textes hittites sur l'entraînement des chevaux et sur le charroi utilisent des chiffres en sanskrit. Un texte hourrite se sert du sanskrit pour décrire la couleur des chevaux. Les Kassites ou Hourrites qui régnèrent en Mésopotamie durant plusieurs siècles au second millénaire avant Jésus-Christ possédaient un élément indien représenté, là comme ailleurs dans la région, par une aristocratie gouvernante. Il a peut-être joué un rôle dans le développement des représentations culturelles de l'Égypte et du Moyen-Orient au second millénaire av.J.C. Le début de cette invasion spécifique se situe autour de 1.800 av.J.C. Vers 1.650, un peuple indien occupa le delta du Nil pour un siècle, il est désigné sous le nom d'Hyksos, " Les princes étrangers ". Les nouvelles visions eschatologiques et les innovations mythologiques sont prises comme preuve de cette présence, séquence logique de leur présence en Asie de l'Ouest. Une invasion antécédente des idées de l' " orient " en Égypte a été supposée par la lecture des " textes de pyramides " vers 2.600 av. J.C. L'activité militaire du roi des Hittites, Hattusilis est considérée comme le moteur de ce processus. Mais cette période ancienne ne nous concerne pas ici. Le souvenir de la suprématie de la région indo-iranienne dans les idées religieuses et concomitamment artistiques est préservé dans un texte ancien Pahlavi. Le monde est divisé en trois régions : l'Ouest (Rome avec des riches ; Le nord et l'est(Turkestan et les déserts) à la turbulence martiale, le sud (Iran et Inde) avec "la religion, la loi en plus de la royauté suprême ".(Dumézil 1973). Le Moyen-Orient a-t-il servi de conduit aux idées indiennes ? " Dans ce texte, nous tracerons le passage de certaines idées indiennes en art et en astronomie vers le monde gréco-romain. Nous montrerons comment cela nous aide à comprendre l'antique interaction entre l'Inde et l'occident en phase avec les découvertes récentes des archéologues. Le Langage du Mythe Le langage du mythe représente la connaissance astronomique et spirituelle. Santillana et von Dechend, dans leur " Moulin d'Hamlet " (1969) montrent les similarités structurelles de nombreux mythes de l'ancien monde. Ils lisent ces mythes comme la narration des cadres perpétuellement mouvants d'une précession. Les mythes exposent aussi les transformations qui se déroulent dans les mentalités. Ce sens dual peut fournir une imagerie spécifique rendant son compte rendu possible. Considérons Venus, planète, déesse romaine de la productivité naturelle et aussi de l'amour et de la beauté. Les Grecs l'appelaient Aphrodite et aussi Eosphoros ou " celle qui apporte la lumière, quand elle apparaît l'étoile du matin et Hesperos quand elle apparaît comme l'étoile du soir. On croit qu'au début les Grecs ne savaient pas si c'était la même étoile mais à l'époque des pythagoriciens, son identité était connue. La Venus romaine dérive, par ses caractéristiques de l'Aphrodite grecque qui en retour semble l'héritière de l'Ishtar babylonienne. On attribue, dans la légende grecque d'Aphrodite, sa naissance à Kupris ou Chypre ; Kupris, déesse féminine est dérivée du masculin Kupros. En Inde, l'attestation du Rigveda (10.123) nomme Vena la planète Venus et Shukra dans es textes ultérieurs. Nous avons alors une affinité linguistique entre ces noms Venus et Vena, Kupros et Shukra. Le Rigveda décrit deux aspects de Venus : la première, comme Gandharva patronne du chant et des arts et l'autre, fils est fils du soleil et d'un asura. Ces conceptions conjuguées avec la signification de Vena : " appartenir " et " amour " mène aux mythologies plus tardives trouvée en Inde ainsi qu'en Asie de l'Ouest. Alvarez en 1978 a suggéré que les représentations des déesses en Mésopotamie et plus tard subirent l'influence des idées indiennes. Une évocation des premières conceptualisations de la déesse peut nous aider à établir une chronologie des idées en Inde. Aphrodite, comme Lakshmi, est née de la mer Mais l'histoire indienne est techniquement plus convaincante Puisque la naissance est obtenue par barattage, comme on fait du beurre avec du lait alors que la circonstance de la naissance d'Aphrodite n'est pas décrite. Ishtar ne peut précéder Vena, car elle n'est qu'un des nombreux éléments de l'hymne du Rigveda 10.123. Vena connaît le secret de l'immortalité ; ce qui fait, sans doute, référence au fait que Venus émerge à nouveau après avoir été obscurcie par le soleil. Dans les gloses puraniques, Shiva avale Shukra, et est, plus tard, vomi sous forme sperme. C'est un jeu sur l'étymologie de Shukra comme " brillant "Les Puranas nous enseignent comment Les dieux apprenent le secret de l'immortalité de Shudra par subterfuge. Il y a un autre souvenir de l'immortalité de Venus dans le mythe du phénix homonyme de Vena, il ressuscite, réchauffé par les rayons du soleil. Les sources indiennes nommément le Rigveda et les Puranas, explique toute la base du mythe du Vena-Shukra mythe à plusieurs niveaux. En Mésopotamie, en Grèce et à Rome, il n'y a que des suggestions éparses pour mener à la conclusion que ces idées voyagèrent d'Inde en Europe par la Mésopotamie. Les spécialistes de la mythologie comparative mirent en évidence d'autres parallèles. Dumézil (1970, 1983) a comparé les épisodes épiques des Puranas avec les mythes d'une variété de peuples européens et a pu détailler des similarités cruciales. Dumézil évoque les racines trinitaires de la pensée indo-européenne pour expliquer cette similarité, il est plus probable que des histoires se sont transmises telles que celles, tardives, des fables indiennes et des Jatakas. Les histoires indiennes s'accordent à leur propre logique et les auteurs encyclopédiques des Puranas n'eurent aucune peine à en produire en grandes quantités. L'exposition des mythes dans les textes indiens est complète et explicative ce qui n'est pas le cas pour ceux des européens qui sont plus hétérogènes. Nicholas Kazanas (1998) montre que le Rigveda contient une portion nettement plus importante de l'héritage mythologique indo-européen commun. En fait, à peine un motif majeur commun à deux ou plus des autres branches qui ne se trouvent pas dans le Rigveda, c'est encore plus vrai dans la littérature Purana Astronomie Durant de nombreuses années le point de vue conventionnel voulait que l'astronomie indienne soit essentiellement dérivée des sources grecques et mésopotamiennes. Parce, qu'à l'époque, on croyait que les Indiens ne possédaient pas la tradition d'un empirisme raisonnable. Roger Billard (1971) a prouvé, grâce à l'utilisation de l'analyse informatique, que c'était faux et que les paramètres de la période Siddhantique étaient exacts pour la date des textes établissant ainsi qu'ils ne pouvaient être empruntés à d'autres vieilles sources à l'extérieur du pays. Pendant ce temps, notre compréhension de l'astronomie a complètement changé. Un code astronomique, découvert, dans l'organisation des livres védiques. L'astronomie des autels de feu, védiques est aussi mieux comprise (Kak 1994, 1995, 1996a,b). Ces découvertes indiquent une longue tradition d'observation astronomique en Inde. L'origine des mathématiques indiennes est aussi beaucoup plus ancienne qu'on ne le pensait jusque là. Remontons plus en amont des débuts de l'histoire de l'Inde qui remontent à 40.000 ans, par l'art rupestre trouvé dans de nombreux sites du sub continent (Wakankar 1992). Il est presque certain de l'étude du ciel, existe depuis longtemps si on en croit les peintures rupestres. Un sceau amulette de Rehman Dheri (2400 av.J.C.) indique que le système du nakshatra est très ancien. Le sceau montre une paire de scorpions au recto et deux antilopes au verso. L'argument (Ashfaque 1989) que le sceau représente l'opposition entre Orion (Mrigashiras ou tête d'antilope) et le Scorpion (Rohini) nakshatras. Il existe une autre relation entre Orion et Rohini, c'est le nom d'alpha Tauri, Aldebaran. Le fameux mythe védique de Prajapati en Orion, personnification de l'année, désirant sa fille (Rohini) (par ex : Aitareya Br. 3.33) représente l'époque quand le début de l'année passe d'Orion à Rohini. Pour cette " transgression " Rudra (Sirius, Mrgavyadha) coupe la tête de Prajapati. On a suggéré qu'une des antilopes représente la décapitation d'Orion, ce qui semble être une représentation très raisonnable de l'iconographie du sceau. On a de bonnes raisons de penser que de nombreuses constellations furent nommées au troisième millénaire avant l'ère chrétienne. Ce qui expliquerait les appellations données par le Rigveda à celles-ci, telles les Rikshas (La Petite Ourse et la Grande Ourse), Les deux chiens divins(Le Grand Chien et le Petit Chien, les Gémeaux (dans le Cancer), La Chèvre (Capricorne) (Canis Major et Canis Minor), les gémeaux (dans le Cancer), et le vaisseau d'Argos sont les mêmes en Europe. D'autres constellations évoquent des événements mythologiques similaires : Prajapati en Orion présentant sa décapitation, Osiris comme Orion quand Seth le tue. Le Vedanga Jyotisha de Lagadha (1300 av.J.C.) est un des textes védiques subsidiaires et son contenu doit être considéré grosso modo sur un plan comparable avec celui des Brahmanes et autres textes post védiques ainsi que le Vedanga Jyotisha qui arrive à une période bien ultérieure. Les Puranas contiennent aussi un grand nombre de matériel très ancien et leur astronomie apparaît, sous tous les angles, bien antérieure à l'Aryabhata et ainsi nous procurent des indices sur l'évolution de la pensée astronomique. On a longtemps considéré que l'astronomie siddhantique de l'Aryabhata trouvait son origine principalement dans les idées mathématiques de la Grèce et de Babylone. Vue inspirée, d'une part, par le fait que deux des cinq Siddhantas dans le Panchasiddhantika du Varahamihira nommément Romaka et Paulisha, paraissent être liés À l'ouest par les noms Rome et Paul. Mais le modèle planétaire des premiers Siddhantas est, élémentairement, l'extension de la théorie des orbites du soleil et de la lune dans le Vedanga Jyotisha. De plus, la compilation des cinq Siddhantas pré-Aryabhique dans le Panchasiddhantika (PS) du Varahamihira pose la question du développement graduel des idées à laquelle on en peut répondre, en l'examinant, que difficilement. L'affirmation d'absence de traditions d'observations astronomiques chez les Indiens, continue à se répéter par des auteurs peu attentifs. Mais Billard (1971) a montré que les paramètres des différents Siddhantas se trouvaient ajustés à leur temps. L'idée d'évaluer le diamètre du soleil à cinq cent fois le diamètre de la terre, venait-elle des uns ou des autres. Kak (1998) a montré récemment que cette distance est présente dans le Panchavimsha Brahmana, précède l'astronomie grecque dans toutes ses évidences. il a présenté les détails techniques du corpus ailleurs (ex : Kak 1998c). La conclusion principale de ces découvertes est que l'astronomie indienne la plus ancienne précède celle de la Mésopotamie. La trace des certaines idées indiennes se trouvent en Mésopotamie au cours du second et du premier siècle avant l'ère chrétienne. Elles furent, subséquemment transmises en Grèce. Art Sur les bases de l'évidence donnée ci-dessus, il n'est pas surprenant que les thèmes et les motifs de la sculpture et des derniers sceaux d'Harappa. dont l'un d'entre eux, est l'image du héros, la figure de Gilgamesh, se répètent au Proche-Orient et en Grèce (Kak 1998a). Ce qui rend vraisemblable l'idée d'une interaction entre l'inde et les régions occidentales autour du troisième millénaire avant l'ère chrétienne. Jetons un coup d'œil sur quelques formes comparatives spécifiques. Héros, Sacrifice Le Kirttimukha, un gardien de la marge, est daté assez tardivement dans l'art indien, en adéquation avec la tradition mythologique. Zimmer (1946) tente de démontrer que l'image de la gorgone doit être vue comme une interprétation grecque ludique du Kirttimukha assimilé à une légende différente. Napier (1986, 1982) appuie cette thèse en suggérant les que marques du front de la Gorgone et que l'œil unique des cyclopes sont des éléments indiens, production proto sociale de l'interaction avec les fantassins indiens qui combattaient dans les armées perses. Mais, la Grèce, aussi, accueillait des marchands indiens. Le fait que le nom de la cité mycénienne grecque de Tiryns, L'endroit ou se trouve les monuments les plus anciens de la Grèce, est le même que celui du peuple de marins le plus puissant de l'Inde appelé Tirayniens (Krishna 1980). Napier a montré que l'histoire de Persée et de la Gorgone convergeait avec des éléments indiens, plus particulièrement en relation avec les mythes de Lycie. " Ce royaume ancien prend sa place, principalement, dans la mythologie grecque comme une localisation de l'exotisme : là-bas se trouve l'ivoire, les paons, les " vaches aux yeux innombrables ", on s'y amuse et on l'assimile à l'esprit pré classique qui trouve tout exotique. Au British Museum, nous trouvons une construction lycienne, avec son toit, descendant clairement d'un ancien style sud asiatique. La démonstration de cette hypothèse ne se limite pas à ce qui pourrait sembler être une similarité superficielle, ni des nombreuses références auxquelles la Lycie est associée, mais dans le nom même de la structure qui date du milieu du quatrième siècle av.J.C. : la tombe gréco-indienne, s'il y en avait une, de Payava. Et qui étaient les Tirayniens, sinon les ancêtres des plus fameux clans indiens, les Pallavas et les Cholas ? " (Napier 1998). Art Funéraire La mythologie indienne possède de riches descriptions de la cité d'Indra, le paradis, avec ses nénuphars et ses jardins. Octavio Alvarez (1978) suggère que ces thèmes védiques, de l'au-delà, sont croqués sur les tombes étrusques. Il suit la transmission de ces thèmes via l'Égypte ou les âmes n'étaient plus reçues par la tragique déesse de la mort Osiris, mais par Athor, l'enchanteresse, déesse de la joie et de l'amour comme dans la conception primitive gréco-romaine ou les âmes étaient supposées vivre " sans diaphragme ", c'est à dire, privées de nourriture et de sexe. Mais finalement, l'idée du paradis védique, quand, dans la cité d'Indra, tout est jeunesse et plaisir, déplace ces vues plus anciennes et Alvarez est à même de démontrer les nouveaux symboles de résurrection utilisée dans l'art étrusque et l'art funéraire plus tardif. Il établit la relation entre les nénuphars dans la mythologie gréco-romaine et les apsarases of the de la mythologie védique. Prenons note du fait que l'interprétation occidentale de l'au-delà védique fonctionne comme un rendu littéral de la métaphore. Le paradis védique transcende l'espace et le temps et représente l'absorption dans le Brahmâ. Et il est fascinant que la notion de paradis comme jardin de plaisir fut adopté plus tard par l'Islam. Alvarez peut expliquer l'iconographie des sarcophages marins étrusques, de manière très convaincante en usant des parallèles indiens. Il décrit huit éléments de base : 1. La scène de l'océan céleste, refuge des âmes disparues qui ressemble au paradis d'Indra. 2. Les femmes sont les apsarases, nymphes des eaux. Sur les sarcophages anciens, l'imagerie sépulcrale revêt la coiffure et les pendants d'oreille, mais sont, sinon, nus conformément aux modèles indiens. Ils sont vus intentionnellement avec des ventres proéminents et de gros postérieurs, drapés à la manière indienne 3. Les bébés sont les âmes du disparu qui réaparait au paradis, réapparition semblable à une résurrection. 4. Les fleurs sont les véhicules naturels de la résurrection comme celle qui vient du lotus. 5. L'allaitement des âmes enfants montre la réception et le nourrissement par les ôtes célestes 6. Les centaures de la mer sont les gandharvas, contrepartie males et amants des asparses. Ils ont des nageoires et des queues de poisson pour les différencier des centaures gréco-romains. 7. Les amorini qui remplissent l'atmosphère des symboles méditerranéens et dénote l'océan céleste, si brillamment décrit dans l'eschatologie indienne 8. Le portrait du décédé montré dans un coquillage, sans doute pour indiquer la renaissance dans " l'Océan Céleste " D'autres éléments indiens sont présents dans l'iconographie telles passementeries et noix de bétel Le Chaudron de Gundestrup Considérons le cas du chaudron de Gundestrup, découvert au Danemark, il y a une centaine d'années, Ce vase d'argent, daté autour du milieu du deuxième siècle av.J.C.. Ses flancs sont garnis de scènes variées de guerre et de sacrifice, divinités luttant avec des animaux, déesse flanquée d'éléphants, une figure méditative portant une ramure de cerf. Le parallèle est suggéré par les éléphants, complètement hors de contexte en Europe et par la déesse à la pose yogique. Si on en croit l'historien de l'art Timothy Taylor (1992), " Une tradition technique et picturale partagée s'est étendue de l'Inde à la Thrace ou le chaudron fut fait, pour se retrouver au Danemark. Les rituels yogi, par exemple, peuvent s'inférer des poses montrant l'homme portant la ramure sur le chaudron et d'une figure à tête de taureau sur une matrice de sceau du Mohenjo-Daro. Trois autres liens indiens : les bains rituels des déesses avec les éléphants( la déesse indienne est Lakshmi) ; les dieux à figure circulaire (Vishnou) ; La déesse aux cheveux tressés avec des couples doiseaux(Hariti) ". Taylor se demande si ce ne sont pas des classes d'artisans itinérants indiens, un peu semblables aux gitans en Europe, eux aussi originaire de l'Inde, étaient, peut-être, les créateurs du chaudron. Terres cuites égyptiennes Harle (1992) les a examinées découvertes par Petrie à Memphis en Égypte et il les croit indiennes, elle date de l période gréco-romaine et il est convenu qu'une colonie indienne existait à Memphis à partie du cinquième siècle avant l'ère chrétienne. Renouvellant l'évidence, Harle conclut que les figurines furent fabriquées par des colons indiens. Il souligne que la pose, dans les deux cas sont lalitasana et rajalilasana. Il ajoute : " La sensation plastique, quoi qu'il en soit, difficile à définir, est aussi indienne " il y a d'autres formes qui évoquent aussi certaines figures indiennes : la corpulence, un genre de dhoti comme vétement d'en bas rt dans un cas, un petit bras à droite et un foulard sur l'épaule gauche, toutes ces formes ramènent au Pancika (Kubera) indien de Gandhara et des sculptures Panchika et Hariti du musée de Peshawar''. Les figures comprennent aussi celle qu'on a traditionnellement pour Harpocrate, le fils d'Isis et d'Osiris. Mais il est possible que pour les colons indiens la figure représente Krishna-Vasudeva comme l'enfant dieu. Deux bronzes de cet enfant dieu ont été trouvés à Begram et Taxila. Le contexte archéologique En étudiant l'interaction entre l'Inde et l'Europe, on doit noter que les dernières découvertes archéologiques placent les indo-aryens, fondateurs de la tradition littéraire indienne, dans l'Inde même (Feuerstein et Al 1995). Les antécédents de la civilisation d'Harappa remontent en inde à 8.000 ans avant l'ère chrétienne. On ne sait pas si cette tradition dérive ou de la tradition de l'art des roches(40,000 av.J.C.). Mais on ne peut lire aucune évidence de discontinuité dans les minutes archéologiques, les seules ruptures sont dues à des facteurs écologiques. Suivant Shaffer et Lichtenstein (1998), qui sont contre le modèle invasion/immigration, " alors que les données s'accumulent pour étayer la continuité culturelle dans les périodes préhistoriques et historiques, une restructuration considérable des paradigmes interprétatifs doit s'opérer, nous rejetons vivement les interprétations historiques simplistes, qui datent du dix huitième siècle et qui continuent à s'imposer à l'histoire culturelle de l'Asie du sud. Ces interprétations se trouvent significativement diminuées par l'ethnocentrisme européen et son héritage colonialiste et raciste ". La littérature indienne se souvient d'évènements qui remontent au quatrième ou au cinquième millénaire av.J.C. La présence de l'élément indien au Proche Orient au second millénaire av.J.C. devrait se lire comme une invasion de l'Inde ou de groupes indianisés culturellement. L'assèchement de la Sarasvatî autour de 1.900 av.J.C. qui induisit une relocalisation majeur de la population centrée sur les vallées du Sindhu et de la Sarasvatî, serait aussi un événement qui aurait contribué à l'immigration vers l'ouest. C'est peu après, que l'influence indienne apparaît partout en Asie de l'ouest, en Égypte et en Grèce. Dans ce texte nous avons révisé quelques éléments de l'astronomie indienne en Grèce, une étude sur l'art nous a montré l'évidence d'une présence indienne dans le monde gréco-romain comme dans le cas de la Gorgone, du sarcophage marin de Rome, des figures yogique et autres déités sur le chaudron de Gundestrup et des figures de Memphis, en argile cuite. Nous pensons que l'ancienne Eurasie entretenait des interactions et un commerce considérable à l'intérieur de ses régions. Processus complexe dont les migrations faisaient, sans aucun doute, partie. La diffusion des idées étant un élément important du commerce, nous avons vu ici, quelques exemples d'idées artistiques et astronomiques qui voyagèrent d'est en ouest et vice et versa.


Bibliographie

Alvarez, O. 1978. Celestial Brides: A Study in Mythology and Archaeology. Stockbridge. Ashfaque, S.M. 1989. ``Primitive astronomy in the Indus civilization.'' in Old Problems and New Perspectives in the Archaeology of South Asia, J.M. Kenoyer (ed.). 207-215, Madison, WI. Billard, R. 1971. L'astronomie Indienne. Paris. Dumezil, G. 1948 (1988). Mitra-Varuna. Cambridge. Dumezil, G. 1970. The Destiny of the Warrior. Chicago. Dumezil, G. 1973. The Destiny of a King. Chicago. Dumezil, G. 1983. The Stakes of the Warrior. Berkeley. Feuerstein, G. Kak, S. and Frawley, D. 1995. In Search of the Cradle of Civilization. Wheaton. Filliozat, J. 1970. "The Expansion of Indian Medicine Abroad" In India's Contributions to World Thought and Culture, Lokesh Chandra (ed.). Madras: Vivekananda Memorial Committee. 67-70. Kak, S. 1994. The Astronomical Code of the Rigveda. New Delhi. Kak, S. 1995. ``The astronomy of the age of geometric altars." Kazanas, N. 1998. ``I-E mythological interconnections.'' Omilos Meleton, Athens. Krishna, Nanditha. 1980. The Art and Iconogrpahy of Vishnu-Narayana. Bombay. Lomperis, T. 1984. Hindu Influence on Greek Philosophy. Calcutta.

12/12/2011

Roland Barthes, au théâtre, en persan

 

Le Docteur  Maziar Mahimani traduit les écrits sur le théâtre  de Roland Barthes en persan. L'ouvrage montre la formation des idées de base de l'auteur et décrit une période significative du théâtre français.
Les écrits sur le théâtre de Roland Barthes comprennent les 62 fragments et articles qu'il rédigea au cours de son existence. Ils furent publiés, pour la première fois en 2002. Le théâtre tient un rôle clé dans sa pensée et, comme il l'a dit, il est au carrefour de ses travaux,  publiés, pour la plupart, autour années cinquante, dans la revue qu'il avait cofondé. Roland Gérard Barthes, né en 1915, était un théoricien littéraire, un philosophe, un critique et un sémioticien, Ses idées se sont développées dans une variété de champs et il influença le développement d'écoles théoriques tels le structuralisme, la sémiotique, l'existentialisme, la théorie sociale, le marxisme, l'anthropologie et le post-structuralisme.

Selon Mahimani, l'essence des articles de Barthes réside dans un mouvement de l'absent au présent, deux composants fondamentaux dans son système de pensée et présents dans tous ses écrits. un lien continu se manifeste entre l'intérêt de Barthes pour le théâtre et son iconoclastie, ajoute-t-il. Mieux connu pour sa théorie du doute créateur et de la mort féconde. Il représente un des caractères les plus influents de la philosophie et de la littérature du vingtième siècle. Ses travaux envisagent une variété de disciplines comme le structuralisme, la sémiotique, la mythologie, la critique littéraire et la philosophie. Selon Mahimani, Barthes possède un écriture difficile et intangible comme la plupart des écrivains de la fin des années cinquante. Il a donc du, pour le rendre intelligible, altérer sont style en raccourcissant les phrases trop longues. Deux années ont été nécessaire pour l'ensemble de la traduction. Interpréter les 32 deux autres écrits de Barthes constitue son projet suivant. il traduit aussi deux autres livres sur le théâtre à publier par les éditions Ghatreh, il enseigne actuellement à l'université de Meched, capitale du Khorassan.

21:09 Écrit par walloween dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : barthes, mahimani |  Facebook

18/09/2011

Clausewitz et Sun Tzu après les conservateurs

Les concepts d'information militaire stratégique et les théoriciens de la quatrième génération de penseurs de la guerre tels John Boyd ont beaucoup utilisé la pensée de Sun Tzu pour illustrer leurs points de vue. Quelques scribouillards ont même proclamé triomphalement Clausewitz défait par Sun Tzu dans cette guerre parce que Les Américains semblent avoir suivi les principes de Sun Tzu tandis que les experts russes qui conseillent les Irakiens se réfèrent plus habituellement à Clausewitz tout comme la défense des russes contre Napoléon en 1812. Ce genre de triomphalisme est abandonné depuis longtemps. Pour qui comprend l'Art de la Guerre, c'est un moyen de la gagner, alors que les théoriciens de l'information stratégique se focalisent sur l'aspect purement militaire et manquent absolument de perspective sur ce qui se passera après. Ils se concentrent trop sur les succès sur le terrain et sous-évaluent la nécessité de les transformer en victoire véritable. Les trois éléments fondamentaux de la stratégie de Sun Tzu qui trouve sont origine à la fin du sixième siècle avant notre ère pourrait difficilement s'applique à notre époque : en trompant  méthodiquement l'ennemi vous risquez de décevoir votre population, ce qui serait problématique dans n'importe quelle démocratie. Une stratégie indirecte, en général, affaiblirait les moyens d'atteindre un adversaire capable d'agir rapidement et avec détermination. La propagande lui éviterait d'entreprendre les combats à une époque qui le désavantagerait et le placerait dans la position de choisir un meilleur moment pour autant qu'ils possèdent des hommes et des armes en suffisance. On peut gagner des batailles grâce aux principes de Sun Tzu mais difficilement des guerres. Les principes de la gravitation des affaires militaires, le désir des conservateurs de remodeler le monde à leur convenance et les principes de Sun Tzu sont parmi les causes des victoires de l'Amérique  mais aussi de ses défaites. Insistons sur ces problèmes et concentrons-nous sur deux protagonistes fournisseurs de paradigmes, de lentilles aux travers desquelles nous essaierons de comprendre la stratégie de notre siècle. Il apparaît que Sun Tzu se préoccupait peu des conditions politique à une époque de guerres civiles incessantes, Son seul principe était de survivre en payant le moins cher possible et en évitant le combat, puisque même un combat victorieux contre des forces secondaire risquait de le laisser affaibli pour engager la bataille suivante avec un ennemi plus important. L'incapacité de Sun Tzu à concevoir à mettre en forme, par le calcul sur la conduite de la guerre, les conditions socio-politiques ultérieures se trouvaient sans importance comme l'indique la mention antérieure. Mais c'est un des aspects les plus importants de la guerre aujourd'hui. Finalement, si on prend en compte que l'approche de Sun Tzu est sans doute efficace à l'encontre d'e l'ordre de puissance militaire relativement faible  des communautés auxquels il appartient tels le système des seigneurs de guerre et des dictatures, adversaires habituels de ces époques. Son ouvrage est plein d'exemples d'actions relativement simples contre l'armée de l'adversaire ou contre sa communauté qui emmènent un désordre complet et dissout sa volonté de combattre entièrement. Cette méthode est, sans doute, profitable contre des adversaires assez faibles mais plus problématiques avec d'autres établis plus fermement. Apparemment, voilà le mauvais calcul effectué par l'état-major israélien dans sa lutte contre le Hezbollah lors de la dernière guerre du Liban.

 

Une nouvelle interprétation de Clausewitz

 

La plupart des interprétations précédentes fixèrent l'attention sur l'importance des victoires napoléoniennes pour la pensée de Clausewitz comme théoricien militaire. Arguons que ce ne sont pas uniquement ses victoires mais aussi les limites de sa stratégie, révélée en Russie et à Waterloo qui ont permis à Clausewitz (1780-1831) de développer une théorie générale de la guerre.

 

Bien que Clausewitz fut un admirateur de Napoléon presque toute sa vie, il reconnut, à la fin de sa vie, la signification théorique, des différents évènements historiques, issue de l'application d'une stratégie militaire simple et consistante. Il essaya désespérément de trouver une solution qui puisse réconcilier des extrêmes symbolisés par les succès de Napoléon à  Iéna et Auerstedt, Les limites du primat de la  force révélé par la campagne de Russie et la défaite finale à Waterloo. Ce qui le força à mettre l'emphase sur le rôle des méthodes et des politiques comme finalité dominante parmi lesquelles une bonne stratégie doit  opter. C'est pourquoi, il ne recommanda pas une seule stratégie dogmatiquement, mais la recherche de l'équilibre de différentes oppositions. On peut trouver quatre différences fondamentales qui contrastent le jeune et le vieux Clausewitz qu'il faut souligner ; elles sont importantes pour le débat contemporain à propos de son œuvre.

 

Le primat de la force sur la politique

 

La guerre existentielle relative à l'identité propre d'une nation qui l'engagea dans sa jeunesse contredit ses positions ultérieures contre la vision instrumentale de la guerre, qu'il favorisera dans ses derniers ouvrages.

La poursuite du succès militaire par une violence illimitée incarnant le "principe de destruction" contre l'importance d'une limitation de la violence de la guerre tel qu'il le préconisera plus tard. La primauté de la défense est la forme de guerre la plus forte opposée à la promesse d'un résultat décisif donné par l'offensive.

L'approche finale de Clausewitz se condense dans sa Trinité, décrite à la fin du chapitre I du livre I. La Trinité avec ses problèmes spécifiques est le legs de Clausewitz et le vrai commencement de sa théorie. Il dit " : n'importe comment le concept de la guerre que nous avons formulé(la Trinité) apporte un première lumière sur la structure fondamentale de la théorie et nous permettrons d'identifier  une première différenciation de ses composants majeurs."

 

Clausewitz décrit la Trinité comme suit :

 

La guerre est un véritable caméléon qui s'adapte aux caractéristiques d'une situation donnée. Comme phénomène totalisant ses tendances dominantes en font toujours une trinité paradoxale, composée de violence primordiale, de haine et d'inimité, qu'on doit voir comme une force aveugle jouant sur la chance et les probabilités, là où un esprit créatif est livre d'agir, là où son élément de subordination, instrument d'une méthode est le pur sujet de la raison. Le premier chapitre de "De la Guerre" et sa Trinité  est le résultat ultime de la théorie et une tentative pour synthétiser les paradoxes impériaux. Cette Trinité est assez différente de la soi-disant  "guerre trinitaire" qui n'est pas dérivée de Clausewitz lui-même mais du travail de Harry G Summers Jr.  Bien sur, il se réfère au concept de Clausewitz dans son livre très influent à propos de la guerre du Vietnam, il falsifie fondamentalement l'idée de Clausewitz qui explique dans son paragraphe que la première des trois tendances concerne les gens, la seconde, le commandant et son armée et la troisième principalement le gouvernement. A partir de ces prémisses, nous ne pouvons conclure que la "guerre trinitaire" et ses trois composants, le peuple, l'armée et le gouvernement qu'il s'agit vraiment d'une catégorie conceptuelle ni comment les trois éléments se combinent. Depuis que Summers mit en évidence cette conception, elle a été souvent répétée en particulier par le très influent Martin van Creveld. On doit donc conclure que les trois éléments de la "guerre trinitaire" ne sont que des exemples de la Trinité de Clausewitz, plus fondamentale. Ils  peuvent s'appliquer de manière significative à quelques situations historiques et politiques, comme Summers le démontre dans le cas du Vietnam avec ses fossés infranchissables entre le peuple, l'armée et le gouvernement américain. Nonobstant la possibilité d'utiliser ces exemples, Clausewitz, sans aucun doute, définit sa Trinité différemment dans un concept plus large et moins contingent

 

La notion de Trinité diffère explicitement de sa fameuse formule sur la guerre la décrivant comme la continuation de la politique par d'autres moyens. S'il semble répéter sa formule, ce n'est que pour une des trois tendances que chacun doit considérer s'il ne veut se retrouver sujet d'une perte de réalité immédiate. Si on interroge la formule de plus près, elle est décrite comme la continuation de la politique, mais avec d'autres moyens que ceux qui sont propres à la politique elle-même. Ces deux parties du constat constituent deux extrêmes :  la guerre, à la fois comme une continuation de la politique qui appartient principalement à la sphère militaire. Clausewitz souligne que les méthodes évoquées utilisent d'autres moyens, non politiques. Ceci crée une tension implicite entre le statut de la guerre, le continuum de la mise en œuvre d'une politique et la nature des autres moyens. Résoudre cette contradiction mène toujours à la primauté du militaire comme le démontre explicitement, ce tiers exclu qu'exprime la Trinité. Si on porte le discours sur les formes contemporaines de la guerre, Si Clausewitz incarne la "forme ancienne" de la guerre. Mais comme les intérêts n'importe quel  état et de la société en guerre se confondent, sa Trinité demeure le point de départ pour une théorie générale de la guerre et du conflit violent. Là où Sun Tzu généralise des principes stratégiques contres des adversaires faibles qui mènent au succès dans des circonstances particulières. Clausewitz développe une théorie politique de la guerre d'une grande ampleur en spéculant sur le succès, les limitations et l'échec des choix de Napoléon dans sa façon de mener la guerre. IL est parvenu, sur ce canevas, à développer une théorie générale de la guerre qui transcende la stratégie militaire purement circonstancielle. Clausewitz ne niait pas l'influence de la menée de la guerre sur la politique mais pour la contredire. Il insiste pour affirmer que c'est la politique de la communauté qui doit décider si la guerre est nécessaire et quels sont les buts qui doivent être atteints par celle-ci, sans promettre des victoires faciles comme le font les conservateurs inspirés par les théoriciens de la guerre de n'importe quelle génération ou finalement ceux qui s'inspirent absolument des utiles recommandations de Sun Tzu

 

Gageons que la guerre du vingt et unième siècle combine les deux. Au cours des décades précédentes, la promesse de résoudre les problèmes politiques en ne comptant que sur les moyens militaires a montré ses effets dévastateurs. Clausewitz, revenu dans l'agenda, le primat du politique est de retour

 

 

31/08/2011

Voilà pourquoi vous ne trouverez pas le sens de la vie


On peut admirer la notion bien inadéquate de l'homme qui cherche un sens à l'existence comme on pourrait admirer le neurologue autrichien défunt Viktor Frankl qui interpréta d'une manière clinique l'horrible expérience d'Auschwitz. Et qu'en est-il de l'homme qui se qualifie à rechercher un sens, quelle qu'il soit ? Le dramaturge allemand Bertolt Brecht nous a prévenus dans l'Opéra de Quatre Sous
Ja, renne nach dem Gluck
Doch renne nicht zu sehr
Denn alle rennen nach dem Gluck
Das Gluck lauft hinterher.

(Oui, cours derrière la joie, mais ne cours pas trop vite, parce que tandis que tout le monde lui cours après, elle traîne en suivant quelque part derrière eux). Brecht (1898-1956) était le genre de type à dire du mal du nihilisme, c'est certain mais il avait un bon argument. Il y a quelque chose de pervers à chercher, c'est que nous n'aimons notre vie et que nous voudrions connaître quelque de différent. C'est çà, pour commencer, nous n'aimons pas la vie, nous voilà bien embêtés. Soren Kierkegaard, philosophe, théologien et auteur religieux danois portraiturait son chevalier de la foi comme le genre de gars qui appréciait le bœuf en daube du dimanche. Substituez y ce que vous voudrez, mais si on n'est pas content avec çà, alors… qu'aviez vous donc dans la tête ? Les gens ont de bonnes raisons de regarder la vie de travers car elle contient une belle grosse fuite bien luisante c'est que nous allons tous mourir et que nous deviendrons vieux, malades et fragiles avant d'y passer et tout le bric-à-brac que nous avons accumulé notre vie durant échoira à d'autres gens, si cela ne passe pas directement à la poubelle, et que toutes ces touches de décor dont nous avons joliment cru devoir ajouter à nos personnalités disparaîtront aussi, le numéro de bravoure, l'art du macramé, notre talent pour le ukulélé et la familiarité avec la filmographie de Marcel Carné. Naturellement, ces exemples rendent le problème trivial mais quand nous cherchons sérieusement, nous voilà en train d'inventer d'héroïques effort pour inventer notre identité. C'était un des passe-temps favoris des intellectuels du XX° siècle.

Jean-Paul Sartre, le sage et l'auto caricature éventuelle de l'Existentialisme, enseigna que l'existence de l'homme précède son essence et que dès lors, il peut l'inventer, cette existence, un peu comme çà lui plait. L'argument ne manque pas de sottise mais il a une profonde influence. Il réagissait au conseil de Martin Heidegger ( l'existentialiste allemand chez qui Sartre puisa le plus gros de sa métaphysique). Heidegger nous disait que notre "Etre" est en réalité un "être à la mort". Notre vie va finir et est formée par cette certitude. Franz Kafka le dit plus clairement " le sens de la vie, c'est qu'elle finit". Heidegger (1889-1976) pensait que le seul sens authentique c'est de s'immerger dans les conditions spécifiques de l'époque, ce qui signifiait rejoindre le parti nazi, çà n'a pas trop bien marché et après la guerre, chacun devint existentialiste uniquement pour soi et trouva la chance de s'inventer une identité en accord avec ses goûts. Peu d'entre nous lisons Sartre de nos jours et peut-être, pour la plupart le regrettons-nous ? Et moins encore l'impénétrable Heidegger. Mais la plupart restent encore, sans conteste, les esclaves intellectuels de l'existentialisme du XX° siècle. Nous voulons inventer nos propres identités ce qui implique de faire quelque chose l'unique. Conséquences cataclysmiques pour les arts. Pour etre spécial, un artiste doit créer un style unique cela veut dire autant de styles que d'artistes. Jadis, ils étaient éduqués dans leurs cultures respectives, ainsi des milliers d'artistes, peintres et musiciens illustrèrent les autels et composèrent de la musique pour la messe du dimanche et pour l'édification des croyants ordinaires. De ces cultures, subsistèrent quelques artistes tels Raphaël ou Bach. Aujourd'hui, les artistes sérieux s'inscrivent de manière à valider leurs propres inventions tout en infligeant aux étudiants la même sorte de misère. Quand ils arrivent vers le milieu de leur age, ils commencent à comprendre qu'ils n'ont pas trouvé le sens de la vie. En fait, ils n'aiment même pas ce qu'ils font, mais leur manque de crédit professionnel les empêchent de faire autre chose alors ils continuent à le faire. Le grand art de la Renaissance et du Baroque centré sur les églises et le théâtre a disparu. On ne peut demander au plus grand nombre d'assimiler un style nouveau pour chaque artiste ( ni de les critiquer, mais ils le prétendent quand même). Le genre qui parle à tout le monde est celui de la culture populaire, ce n'est pas ce qu'il y a de pire. Beaucoup de gens font des efforts héroïques pour atteindre à un but pour le quel ils n'étaient pas destinés et finissent par se contenter de leurs petites joies kierkegaardiennes du dimanche. Par exemple d'une tenure universitaire. Mais aucune destinée n'est plus déprimante, pour un artiste, qui travaille vraiment à inventer un style nouveau et à obtenir sa reconnaissance. Il se souvient du Roi de Nemi, le prêtre de Diane à Nemi, qui si on en croit Ovide, obtint son office par le meurtre de son prédécesseur et qui, à son tour, sera tué par son éventuel successeur. L'inventeur d'un véritable nouveau style s'est couper du passé et sera retranché du futur par les nouveaux protagonistes inventeurs d'un style unique et individuel. Une chose pire encore que de chercher en vain le sens de la vie, au vingtième siècle, est de l'avoir trouver, surtout pour l'acteur. Jeune rebelle déjà âgé. Comme ils ne sont pas arrivé à mourir jeune, rebelles de l'avenir et du passé, par les merveilles de la découverte, ce qui peut leur arriver de mieux, c'est de disparaître. Ils sont dans la posture du prêtre de Diane, qui dort, un œil ouvert et l'épée à la main, en attendant le compétiteur qui viendra lui faire ce qu'il avait fait à l'autre gars qui l'avait précédé dans le boulot. Et si dans ce cas nous n'avons pas encore trouvé le sens de la vie, il faut bien dire qu'il nous est donner. La tradition, par elle-même, n'est pas une garantie de viabilité culturelle. La moitié de 6.700 langues parlées aujourd'hui le sont par des petites tribus de Nouvelle-Guinée, leur taux d'extinction est effrayant. La fragmentation des sociétés néolithiques peut disparaître en quelques années au contact de la modernité. Mais il existe des traditions qui ont survécu aux siècles et qui, souhaitons le, y survireront encore. Depuis l'épître de Gilgamesh, il y a 5.000 ans, notre quête n'est pas pour le sens mais pour l'immortalité. Comme le disent les dieux à Gilgamesh, tu ne peux trouver l'immortalité en la cherchant. Il faudra bien se contenter de la poule au pot. ./..