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Lettres - Page 6

  • Voilà pourquoi vous ne trouverez pas le sens de la vie


    On peut admirer la notion bien inadéquate de l'homme qui cherche un sens à l'existence comme on pourrait admirer le neurologue autrichien défunt Viktor Frankl qui interpréta d'une manière clinique l'horrible expérience d'Auschwitz. Et qu'en est-il de l'homme qui se qualifie à rechercher un sens, quelle qu'il soit ? Le dramaturge allemand Bertolt Brecht nous a prévenus dans l'Opéra de Quatre Sous
    Ja, renne nach dem Gluck
    Doch renne nicht zu sehr
    Denn alle rennen nach dem Gluck
    Das Gluck lauft hinterher.

    (Oui, cours derrière la joie, mais ne cours pas trop vite, parce que tandis que tout le monde lui cours après, elle traîne en suivant quelque part derrière eux). Brecht (1898-1956) était le genre de type à dire du mal du nihilisme, c'est certain mais il avait un bon argument. Il y a quelque chose de pervers à chercher, c'est que nous n'aimons notre vie et que nous voudrions connaître quelque de différent. C'est çà, pour commencer, nous n'aimons pas la vie, nous voilà bien embêtés. Soren Kierkegaard, philosophe, théologien et auteur religieux danois portraiturait son chevalier de la foi comme le genre de gars qui appréciait le bœuf en daube du dimanche. Substituez y ce que vous voudrez, mais si on n'est pas content avec çà, alors… qu'aviez vous donc dans la tête ? Les gens ont de bonnes raisons de regarder la vie de travers car elle contient une belle grosse fuite bien luisante c'est que nous allons tous mourir et que nous deviendrons vieux, malades et fragiles avant d'y passer et tout le bric-à-brac que nous avons accumulé notre vie durant échoira à d'autres gens, si cela ne passe pas directement à la poubelle, et que toutes ces touches de décor dont nous avons joliment cru devoir ajouter à nos personnalités disparaîtront aussi, le numéro de bravoure, l'art du macramé, notre talent pour le ukulélé et la familiarité avec la filmographie de Marcel Carné. Naturellement, ces exemples rendent le problème trivial mais quand nous cherchons sérieusement, nous voilà en train d'inventer d'héroïques effort pour inventer notre identité. C'était un des passe-temps favoris des intellectuels du XX° siècle.

    Jean-Paul Sartre, le sage et l'auto caricature éventuelle de l'Existentialisme, enseigna que l'existence de l'homme précède son essence et que dès lors, il peut l'inventer, cette existence, un peu comme çà lui plait. L'argument ne manque pas de sottise mais il a une profonde influence. Il réagissait au conseil de Martin Heidegger ( l'existentialiste allemand chez qui Sartre puisa le plus gros de sa métaphysique). Heidegger nous disait que notre "Etre" est en réalité un "être à la mort". Notre vie va finir et est formée par cette certitude. Franz Kafka le dit plus clairement " le sens de la vie, c'est qu'elle finit". Heidegger (1889-1976) pensait que le seul sens authentique c'est de s'immerger dans les conditions spécifiques de l'époque, ce qui signifiait rejoindre le parti nazi, çà n'a pas trop bien marché et après la guerre, chacun devint existentialiste uniquement pour soi et trouva la chance de s'inventer une identité en accord avec ses goûts. Peu d'entre nous lisons Sartre de nos jours et peut-être, pour la plupart le regrettons-nous ? Et moins encore l'impénétrable Heidegger. Mais la plupart restent encore, sans conteste, les esclaves intellectuels de l'existentialisme du XX° siècle. Nous voulons inventer nos propres identités ce qui implique de faire quelque chose l'unique. Conséquences cataclysmiques pour les arts. Pour etre spécial, un artiste doit créer un style unique cela veut dire autant de styles que d'artistes. Jadis, ils étaient éduqués dans leurs cultures respectives, ainsi des milliers d'artistes, peintres et musiciens illustrèrent les autels et composèrent de la musique pour la messe du dimanche et pour l'édification des croyants ordinaires. De ces cultures, subsistèrent quelques artistes tels Raphaël ou Bach. Aujourd'hui, les artistes sérieux s'inscrivent de manière à valider leurs propres inventions tout en infligeant aux étudiants la même sorte de misère. Quand ils arrivent vers le milieu de leur age, ils commencent à comprendre qu'ils n'ont pas trouvé le sens de la vie. En fait, ils n'aiment même pas ce qu'ils font, mais leur manque de crédit professionnel les empêchent de faire autre chose alors ils continuent à le faire. Le grand art de la Renaissance et du Baroque centré sur les églises et le théâtre a disparu. On ne peut demander au plus grand nombre d'assimiler un style nouveau pour chaque artiste ( ni de les critiquer, mais ils le prétendent quand même). Le genre qui parle à tout le monde est celui de la culture populaire, ce n'est pas ce qu'il y a de pire. Beaucoup de gens font des efforts héroïques pour atteindre à un but pour le quel ils n'étaient pas destinés et finissent par se contenter de leurs petites joies kierkegaardiennes du dimanche. Par exemple d'une tenure universitaire. Mais aucune destinée n'est plus déprimante, pour un artiste, qui travaille vraiment à inventer un style nouveau et à obtenir sa reconnaissance. Il se souvient du Roi de Nemi, le prêtre de Diane à Nemi, qui si on en croit Ovide, obtint son office par le meurtre de son prédécesseur et qui, à son tour, sera tué par son éventuel successeur. L'inventeur d'un véritable nouveau style s'est couper du passé et sera retranché du futur par les nouveaux protagonistes inventeurs d'un style unique et individuel. Une chose pire encore que de chercher en vain le sens de la vie, au vingtième siècle, est de l'avoir trouver, surtout pour l'acteur. Jeune rebelle déjà âgé. Comme ils ne sont pas arrivé à mourir jeune, rebelles de l'avenir et du passé, par les merveilles de la découverte, ce qui peut leur arriver de mieux, c'est de disparaître. Ils sont dans la posture du prêtre de Diane, qui dort, un œil ouvert et l'épée à la main, en attendant le compétiteur qui viendra lui faire ce qu'il avait fait à l'autre gars qui l'avait précédé dans le boulot. Et si dans ce cas nous n'avons pas encore trouvé le sens de la vie, il faut bien dire qu'il nous est donner. La tradition, par elle-même, n'est pas une garantie de viabilité culturelle. La moitié de 6.700 langues parlées aujourd'hui le sont par des petites tribus de Nouvelle-Guinée, leur taux d'extinction est effrayant. La fragmentation des sociétés néolithiques peut disparaître en quelques années au contact de la modernité. Mais il existe des traditions qui ont survécu aux siècles et qui, souhaitons le, y survireront encore. Depuis l'épître de Gilgamesh, il y a 5.000 ans, notre quête n'est pas pour le sens mais pour l'immortalité. Comme le disent les dieux à Gilgamesh, tu ne peux trouver l'immortalité en la cherchant. Il faudra bien se contenter de la poule au pot. ./..

     

     

     

  • sonnet XVI

    Et c'est là qu'il n'y a que le sentier véritable,

    faire la guerre à ce tyran sanguinaire, le temps.

    Et se fortifier dans sa faiblesse,

    avec de meilleurs moyens que ces quelques mots,

    Mais peut-être, que les heures heureuses sont devant toi,

    tant de lieux vierges sont encore à découvrir,

    Un souhait vertueux donnera ses fleurs vivantes,

    beaucoup mieux que ta piteuse contrefaçon

    Ce sont ses lignes que la vie répare,

    Et ceci, le crayon du temps, ma plume d'élève,

    Que ce soit du dedans ou du dehors,

    que peut te donner grâce aux yeux des hommes

    Pour mieux t'offrir, reste immobile,

    Et tu dois vivre, mené par ton don si doux.

  • "Une histoire très courte"

    Il faisait chaud à Padoue, ce soir là, ils l'emmenèrent sur le toit et il pouvait voir toute la ville à ses pieds, Quelques fumerolles, puis l'obscurité se fit, Les autres redescendirent en emportant des bouteilles. Lui et Luz pouvaient les entendre, en bas, sur le balcon, Luz s'assit sur le lit, elle était détendue et fraiche dans la nuit chaud, Depuis trois mois, Ils étaient trop content de la laisser faire la nuit, Quand on l'opéra, c'est elle qui le prépara pour la table d'opération, ils plaisantèrent sur ami/ennemi,il reçu l'anesthésique, concentré, pour ne pas bavarder sottement à propos de lui-même en s'endormant, Il prenait sa température lui-même pour éviter à Luz de le faire , en arrivant, Il n'y avait que quelques patients et ils connaissait tous sa condition, Ils aimaient tous Luz, en retraversant les corridors, il pensa à Luz, dans son lit, Avant de retourner au front, ils visitèrent la cathédrale et prièrent, tout était éteint et tranquille, d'autres gens priaient, Ils voulaient se marier, mais le temps manquait pour publier les bans et aucun ne possédait de certificat de naissance Mais ils se comportaient comme s'il l'étaient et ils voulaient que tous le sache comme pur ne rien perdre de cette résolution, Luz lui écrivit souvent de nombreuses lettres qu'il n'obtint qu'après l'armistice,une quinzaine, pourtant, arriva sur le front, ils les tria soigneusement et les lu tout d'un coup dans leur ordre chronologique, Elles parlaient toutes de l'hôpital, de combien elle l'aimait, qu'elle ne pouvait vivre sans lui et qu'il était terrible, de trouver son lit vide, la nuit. Ils avaient convenu, qu'après l'armistice, il rentrerait pour trouver du travail et Luz puisse venir à New York et qu'ils puissent se marier. Il était bien entendu qu'il ne n'irait pas voir ses amis un peu partout pour aller boire avec eux, Seulement, trouver du travail et se marier, Dans le Padoue Milan, ils se querellèrent parce qu'elle ne voulait pas venir tout de suite. Mais ils durent se dire au revoir à la gare de Milan, ils s'embrassèrent mais l'affaire n'était pas réglée, il se sentit mal de se dire au revoir ainsi. Il embarque à Gènes pour l'Amérique, Luz retourna à Pordonone pour ouvrir un hôpital. L'endroit était isolé et pluvieux, un bataillon d' Arditi campait dans la ville, Vivant dans cette ville boueuse et mouillé en hiver, Le Major du bataillon fit l'amour à Luz, elle n'avait jamais connu d'italiens auparavant, et écrivit, finalement, en Amérique pour lui dire que leur affaire n'avait été qu'une passade, qu'elle était désolée, que sans doute, il ne comprendrait pas, qu'un jour, peut-être, il lui pardonnerait et lui serait reconnaissant, qu'elle s'attendait, de façon tout à fait imprévue à se marier au printemps, Elle l'aimait, comme toujours, mais qu'elle réalisait maintenant que ce n'était qu'une aventure, Elle était sur qu'il connaitrait une grande carrière, qu'elle croyait en lui absolument et que tout se passerait pour le mieux. Le Major ne l'épousa pas ni au printemps ni jamais, Luz ne reçu jamais de réponse de sa lettre à Chicago, Peu après, il contractait une gonorrhée d'une vendeuse de grand magasin, dans un taxi, en traversant Lincoln Park

     



     

  • Arthur Miller, Dernières nouvelles

    " Je suis dans mes épaulières " annonce le personnage dans une des nouvelles courtes d’Arthur Miller. Il en a une paire mais ce n’est pas exactement ce qu’il veut dire : il parle du succès de sa carrière dans l’industrie de l’épaulière dont il est fier d’étre le gérant jusqu’au Mississippi. L’homme à qui il parle, un droits d’auteur, un peu usé, non sans rapport avec l’auteur lui-même, ressent du soulagement de ne pas avoir connu l’échec de ne vendre des épaulières qu’en Nouvelle- Angleterre. Comme dans son œuvre de théatre plus connue " Mort d’un Commis-Voyageur " , Miller s’accorde bien à la vulgarité insistante engendrée par une société sans filet de sécurité et à la souffrance humaine qu’elle cause. Un autre personnage, émigrant polonais cultivé, devient fou en cherchant un peu de respect. Il n’en trouve pas plus que de culture a Detroit, et il ne peut s’adapter à une société nager ou couler ou " vous êtes soit un succès soit un échec, pas un homme avec un nom. "

    En dépit de leurs soucis communs, les drames de Miller et ses nouvelles sont distinguément différents, comme il le dit dans son introduction. Il y a de la grandeur dans le théatre et il décrit le conte comme un genre de bungalow. L’analogie est modeste et charmante, trop modeste, en réalité, mais elle montre son sentiment pour les petites choses ordinaires de la vie. La présence est un événement littéraire puisqu’elle réunit, pour la première fois, tous ses bungalows, comme un petit quartier de fictions. Les histoires plus anciennes, " Je n’ai plus Besoin de Toi " , plus longue qu’une nouvelle et " Une Fille d’Intérieur ", sont complètes, aujourd’hui, publiées en triple volume dans la défunte collection Presence, deux ans après la mort de l’auteur en 2005. Son travail change considérablement au cours de ces 16 nouvelles, mais il y a des continuités, y compris des moments néo-mystiques d’exultation finale et un respect informé dans ce qu’il écrit à propos du travail physique, que ce soit souder, construire un barrage, pour un castor ou danser des claquettes. Dans l’histoire d’un juif américain nommé Harold May, qui dance face à Hitler. Le héros note que son jeu fonctionne bien dans les districts avec des travailleurs de l’acier qualifiés et les machinistes : "  Si ils savent monter des machines, ils ont une tendance à aimer regarder les claquettes. " Pour toutes ces raisons, l’emphase sur la vie des cols bleus dans d’autres nouvelles plus anciennes et plus précises peut rester lourde et oppressive, à l’unisson de préoccupations rassassiées à propos de racines et de paternité, généralement juives ou italiennes. Il y a danvantage de choix identitaires dans la nouvelles principale " Une Fille d’intérieur ", qui suit une femme faite, Janice Sessions, de son mariage à un communiste appellé Fink ("Ne t’inquiète pas, Staline sait ce qu’il fait"), jusque sa séduction par un professeur d’existentialisme dans son bureau, 20 ans de bonheur avec un mari aveugle et un engagement dans les droits civils, brassage sentimental quoi qu’émouvant puisqu’il rappelle à la fois le théatre et la nouvelle et possède aussi cette qualité schématique de la vie de Janice comme histoire de la gauche intellectuelle américaine. Avec ces nouvelles tardives publiées chez Presence, Miller se libère dans le sens qu’elles donnent, à celles du début un impact encore plus juste et plus dénué de concessions. Le style est souvent plus simple, mais les thèmes sont plus complexes et plus ouverts, les récits plus purs et résistants mieux à la paraphrase. Un gamin de treize ans va s’acheter un bébé bouledogue et tombe, surpris, sous le charme de la vendeuse. Dans l’histoire titre, un voyeur idiot observe un couple sur une plage (" muets comme des singes, tous deux coincés dans la cage de leur silence emplissant la longueur de la plage encore vide "). Dans " La Performance " , Harold May est brièvement fèté par les nazis pour sa dance, s’interroge sur les ruines de l’Allemagne ce qui le fait penser à la folie du rêve politique. Mais les rêves sont plus généreux dans la " Nature Morte à la Térébenthine ", qui raconte l’histoire de la vision d’un homme, condamné par la maladie, de construire une chaudière à la térébenthine dans la jungle haïtienne qui bénéficie à la population locale. Çà devient une obsession, comme de créer une œuvre d’art. Trente ans plus tard, un ami va voir ce qui est arrivé à la chaudière. D’un coté, c’est une histoire hantée par les avatars de la gauche vieux style et du commerce disparu de l’indignation morale. (" L’idée l’intéressait, dans la distance , comme un vieil air de jazz "). L’atmosphère, allégorique mais retenue, vous fait tourner les pages jusqu’à la fin pour le plaisir, comme la plupart des pièces de cet ouvrage. La collection complète révèle un talent maturé qui ne cesse de grandir et d’évoluer.

    source

  • Herta Müller

    Herta Müller est une essayiste et nouveliste très prolifique, ses travaux font le portrait de la destruction humaine induite par la dictature roumaine et le déracinement de l’exil politique. Elle est née en aout 1953 dans le village germanophone de Nitzkydorf, dans le  Banat. Elle quitta son village pour étudier les littératures roumaine et allemande à l’université de Timisoara. Elle devint membre du Groupe d’Action du Banat constiyué d’écrivains germano-roumains idéalistes cherchant la liberté d’expression sous le règne de Ceaucescu. Après la fin de ses études, elle fut employée dans une fabrique de machines qui la jeta à la porte pour avoir refusé de coopérer avrc la police secrète. A cette époque, elle écrivait les histoires courtes qui firent la collection Niederungen. Ses démèlés avec la censure l’empèchèrent de publier la collection avant 1982, sous une forme radicalement modifiée. Niederungen (les Ordonnances) suivi, deux ans plus tard, par Drückender Tango (le Tango des Opresseurs) ou l’artiste décrit l’hypocrisie de la vie villageoise et de l’oppression brutale des non-conformistes. Elle dessine le portrait de la mentalité de zélote faschiste de la minorité allemande, son intolérance et sa corruption. Il va sans dire qu’elle fut durement étriée d’ainsi détruire l’image idyllique de la vie rurale allemande en Roumanie. Müller travaillait comme enseignante, quand le manuscrit non-censuré de Niederungen se retrouva en Allemagne, publié par Rotbuch Verlag, il remporta un succès critique instantané. Après un voyage au salon du livre de Frankfort où elle parla publiquement contre la dictature roumaine. Elle continua à écrire bien que sa situation en Roumanie devenait intolérable. En 1987, Elle émigra à l’ouest, avec son mari, Richard Wagner. Elle vit depuis à Berlin. Beaucoup de ses œuvres reflètent sa propre histoire. Der Mensch ist ein großer Fasan auf der Welt (Les Gens sont le plus gros Faisan du Monde)(1986) déroule la chronique d’une famille de paysans germano-roumains qui essaie obtenir des passeports pour quitter le pays. Comme les travaux précédents, ce conte expose la corruption brutale du village en démontant comment les officiels, du postier au curé demandent de plus en plus de faveurs matérielles et sexuelles pour ceux qui demandent à quitter le pays. Ceci tout comme la collection Barfüßiger Februar (février à Pieds Nus) (1987), écrit alors que Müller attendait la permission d’émigrer à l’ouest. Reisende auf einem Bein (Voyager sur une Jambe) (1989), décrit les problèmes d’installation à l’ouest, et les sensations d’aliénation qui pourrissent l’exil politique De nombreux essais tel  Eine warme Kartoffel ist ein warmes Bett (Une Pomme de Terre Chaude est un Lit plus Chaud encore)(1992) sont des réflexions sur les évènements politiques, écrites dans la perspective d’une femme qui refuse d’employer le mot patrie Un second volume d’essais, Der Teufel sitzt im Spiegel (Le Diable est dans le Miroir)(1991) y compris une série de lectures  "Gedanken zum Schreiben"(Merci à l’Ecriture) tenues à l’Université de   Paderborn en 1989-1990. C’est la clé indispensable pour comprendre les tensions et les conflits qui donnent naissance à l’imagerie poétique de son œuvre. Le volume comprend une série de collages combinés à du texte. 94 collages fuent publiés sous le titre  Der Wächter nimmt seinen Kamm ( le Gardien connaissait son Peigne). Vom Weggehen und Ausscheren (du Départ et des sorties) en 1993 ; La densité des  images poétiques concentré en des pages sans chapitres, forme un réseau évolutif de motifs donnant l’unité de l’ensemble. La nouvelle Der Fuchs war damals schon der Jäger (le renard était déjà le Chasseur) (1992) est une refonte complète du  Der Fuchs der Jäger, (le Renard est le Chasseur) coécrit avec  Harry Merkle. Le caractère principal est un instituteur harassé  par la police secrète roumaine. Par la  synecdoque, Müller portraiture la fragmentation du moi qui s’opère dans une nation gouvernée par la peur. Une autre nouvelle  Herztier(Bete de Coeur) (1994) est l’expression la plus riche en date de la vie sous la dictature roumaine qui relient l’enfance réprimée de la narratrice à l’oppression brutale de l’Etat. Dans Hunger und Seide (la Fain et la Soie)(1995),  collection d’essais qui relatent sa situation de non-conformiste et de dissidente à   Nitzkydorf et à  Timisoara. Ses œuvres sont caractérisées par un langage pur et des métaphores métonymiques à la fois récurrentes et évolutives dans tous ls contes. L’oppressivité des thèmes est allégée par la beauté de sa prose et les éclats d’humour qui soulignent certaines de ses images. Par les mots et par l’action, Müller continue à démontrer son  her indépendance du dogme de l’église et de l’état et n’a cessé de critique ces écrivains d’Allemagne de l’Est qui ont collaboré avec la police secrète. Elle a donné sa démission du Pen club pour protester contre sa fusion avec l’ancienne branche de l’est. Elle a obtenu de nombreux prix littéraires, entre autres les prix Marieluise-Fleißer(1990), le Prix Littéraire  Kranichsteiner (1991), le Prix Kleist (1994), le Prix  Europeen "Aristeion" (1995).