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04/03/2010

"Une histoire très courte"

Il faisait chaud à Padoue, ce soir là, ils l'emmenèrent sur le toit et il pouvait voir toute la ville à ses pieds, Quelques fumerolles, puis l'obscurité se fit, Les autres redescendirent en emportant des bouteilles. Lui et Luz pouvaient les entendre, en bas, sur le balcon, Luz s'assit sur le lit, elle était détendue et fraiche dans la nuit chaud, Depuis trois mois, Ils étaient trop content de la laisser faire la nuit, Quand on l'opéra, c'est elle qui le prépara pour la table d'opération, ils plaisantèrent sur ami/ennemi,il reçu l'anesthésique, concentré, pour ne pas bavarder sottement à propos de lui-même en s'endormant, Il prenait sa température lui-même pour éviter à Luz de le faire , en arrivant, Il n'y avait que quelques patients et ils connaissait tous sa condition, Ils aimaient tous Luz, en retraversant les corridors, il pensa à Luz, dans son lit, Avant de retourner au front, ils visitèrent la cathédrale et prièrent, tout était éteint et tranquille, d'autres gens priaient, Ils voulaient se marier, mais le temps manquait pour publier les bans et aucun ne possédait de certificat de naissance Mais ils se comportaient comme s'il l'étaient et ils voulaient que tous le sache comme pur ne rien perdre de cette résolution, Luz lui écrivit souvent de nombreuses lettres qu'il n'obtint qu'après l'armistice,une quinzaine, pourtant, arriva sur le front, ils les tria soigneusement et les lu tout d'un coup dans leur ordre chronologique, Elles parlaient toutes de l'hôpital, de combien elle l'aimait, qu'elle ne pouvait vivre sans lui et qu'il était terrible, de trouver son lit vide, la nuit. Ils avaient convenu, qu'après l'armistice, il rentrerait pour trouver du travail et Luz puisse venir à New York et qu'ils puissent se marier. Il était bien entendu qu'il ne n'irait pas voir ses amis un peu partout pour aller boire avec eux, Seulement, trouver du travail et se marier, Dans le Padoue Milan, ils se querellèrent parce qu'elle ne voulait pas venir tout de suite. Mais ils durent se dire au revoir à la gare de Milan, ils s'embrassèrent mais l'affaire n'était pas réglée, il se sentit mal de se dire au revoir ainsi. Il embarque à Gènes pour l'Amérique, Luz retourna à Pordonone pour ouvrir un hôpital. L'endroit était isolé et pluvieux, un bataillon d' Arditi campait dans la ville, Vivant dans cette ville boueuse et mouillé en hiver, Le Major du bataillon fit l'amour à Luz, elle n'avait jamais connu d'italiens auparavant, et écrivit, finalement, en Amérique pour lui dire que leur affaire n'avait été qu'une passade, qu'elle était désolée, que sans doute, il ne comprendrait pas, qu'un jour, peut-être, il lui pardonnerait et lui serait reconnaissant, qu'elle s'attendait, de façon tout à fait imprévue à se marier au printemps, Elle l'aimait, comme toujours, mais qu'elle réalisait maintenant que ce n'était qu'une aventure, Elle était sur qu'il connaitrait une grande carrière, qu'elle croyait en lui absolument et que tout se passerait pour le mieux. Le Major ne l'épousa pas ni au printemps ni jamais, Luz ne reçu jamais de réponse de sa lettre à Chicago, Peu après, il contractait une gonorrhée d'une vendeuse de grand magasin, dans un taxi, en traversant Lincoln Park

 



 

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18/10/2009

Arthur Miller, Dernières nouvelles

" Je suis dans mes épaulières " annonce le personnage dans une des nouvelles courtes d’Arthur Miller. Il en a une paire mais ce n’est pas exactement ce qu’il veut dire : il parle du succès de sa carrière dans l’industrie de l’épaulière dont il est fier d’étre le gérant jusqu’au Mississippi. L’homme à qui il parle, un droits d’auteur, un peu usé, non sans rapport avec l’auteur lui-même, ressent du soulagement de ne pas avoir connu l’échec de ne vendre des épaulières qu’en Nouvelle- Angleterre. Comme dans son œuvre de théatre plus connue " Mort d’un Commis-Voyageur " , Miller s’accorde bien à la vulgarité insistante engendrée par une société sans filet de sécurité et à la souffrance humaine qu’elle cause. Un autre personnage, émigrant polonais cultivé, devient fou en cherchant un peu de respect. Il n’en trouve pas plus que de culture a Detroit, et il ne peut s’adapter à une société nager ou couler ou " vous êtes soit un succès soit un échec, pas un homme avec un nom. "

En dépit de leurs soucis communs, les drames de Miller et ses nouvelles sont distinguément différents, comme il le dit dans son introduction. Il y a de la grandeur dans le théatre et il décrit le conte comme un genre de bungalow. L’analogie est modeste et charmante, trop modeste, en réalité, mais elle montre son sentiment pour les petites choses ordinaires de la vie. La présence est un événement littéraire puisqu’elle réunit, pour la première fois, tous ses bungalows, comme un petit quartier de fictions. Les histoires plus anciennes, " Je n’ai plus Besoin de Toi " , plus longue qu’une nouvelle et " Une Fille d’Intérieur ", sont complètes, aujourd’hui, publiées en triple volume dans la défunte collection Presence, deux ans après la mort de l’auteur en 2005. Son travail change considérablement au cours de ces 16 nouvelles, mais il y a des continuités, y compris des moments néo-mystiques d’exultation finale et un respect informé dans ce qu’il écrit à propos du travail physique, que ce soit souder, construire un barrage, pour un castor ou danser des claquettes. Dans l’histoire d’un juif américain nommé Harold May, qui dance face à Hitler. Le héros note que son jeu fonctionne bien dans les districts avec des travailleurs de l’acier qualifiés et les machinistes : "  Si ils savent monter des machines, ils ont une tendance à aimer regarder les claquettes. " Pour toutes ces raisons, l’emphase sur la vie des cols bleus dans d’autres nouvelles plus anciennes et plus précises peut rester lourde et oppressive, à l’unisson de préoccupations rassassiées à propos de racines et de paternité, généralement juives ou italiennes. Il y a danvantage de choix identitaires dans la nouvelles principale " Une Fille d’intérieur ", qui suit une femme faite, Janice Sessions, de son mariage à un communiste appellé Fink ("Ne t’inquiète pas, Staline sait ce qu’il fait"), jusque sa séduction par un professeur d’existentialisme dans son bureau, 20 ans de bonheur avec un mari aveugle et un engagement dans les droits civils, brassage sentimental quoi qu’émouvant puisqu’il rappelle à la fois le théatre et la nouvelle et possède aussi cette qualité schématique de la vie de Janice comme histoire de la gauche intellectuelle américaine. Avec ces nouvelles tardives publiées chez Presence, Miller se libère dans le sens qu’elles donnent, à celles du début un impact encore plus juste et plus dénué de concessions. Le style est souvent plus simple, mais les thèmes sont plus complexes et plus ouverts, les récits plus purs et résistants mieux à la paraphrase. Un gamin de treize ans va s’acheter un bébé bouledogue et tombe, surpris, sous le charme de la vendeuse. Dans l’histoire titre, un voyeur idiot observe un couple sur une plage (" muets comme des singes, tous deux coincés dans la cage de leur silence emplissant la longueur de la plage encore vide "). Dans " La Performance " , Harold May est brièvement fèté par les nazis pour sa dance, s’interroge sur les ruines de l’Allemagne ce qui le fait penser à la folie du rêve politique. Mais les rêves sont plus généreux dans la " Nature Morte à la Térébenthine ", qui raconte l’histoire de la vision d’un homme, condamné par la maladie, de construire une chaudière à la térébenthine dans la jungle haïtienne qui bénéficie à la population locale. Çà devient une obsession, comme de créer une œuvre d’art. Trente ans plus tard, un ami va voir ce qui est arrivé à la chaudière. D’un coté, c’est une histoire hantée par les avatars de la gauche vieux style et du commerce disparu de l’indignation morale. (" L’idée l’intéressait, dans la distance , comme un vieil air de jazz "). L’atmosphère, allégorique mais retenue, vous fait tourner les pages jusqu’à la fin pour le plaisir, comme la plupart des pièces de cet ouvrage. La collection complète révèle un talent maturé qui ne cesse de grandir et d’évoluer.

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11:04 Écrit par walloween dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nouvelles, arthur miller, littérature |  Facebook

08/10/2009

Herta Müller

Herta Müller est une essayiste et nouveliste très prolifique, ses travaux font le portrait de la destruction humaine induite par la dictature roumaine et le déracinement de l’exil politique. Elle est née en aout 1953 dans le village germanophone de Nitzkydorf, dans le  Banat. Elle quitta son village pour étudier les littératures roumaine et allemande à l’université de Timisoara. Elle devint membre du Groupe d’Action du Banat constiyué d’écrivains germano-roumains idéalistes cherchant la liberté d’expression sous le règne de Ceaucescu. Après la fin de ses études, elle fut employée dans une fabrique de machines qui la jeta à la porte pour avoir refusé de coopérer avrc la police secrète. A cette époque, elle écrivait les histoires courtes qui firent la collection Niederungen. Ses démèlés avec la censure l’empèchèrent de publier la collection avant 1982, sous une forme radicalement modifiée. Niederungen (les Ordonnances) suivi, deux ans plus tard, par Drückender Tango (le Tango des Opresseurs) ou l’artiste décrit l’hypocrisie de la vie villageoise et de l’oppression brutale des non-conformistes. Elle dessine le portrait de la mentalité de zélote faschiste de la minorité allemande, son intolérance et sa corruption. Il va sans dire qu’elle fut durement étriée d’ainsi détruire l’image idyllique de la vie rurale allemande en Roumanie. Müller travaillait comme enseignante, quand le manuscrit non-censuré de Niederungen se retrouva en Allemagne, publié par Rotbuch Verlag, il remporta un succès critique instantané. Après un voyage au salon du livre de Frankfort où elle parla publiquement contre la dictature roumaine. Elle continua à écrire bien que sa situation en Roumanie devenait intolérable. En 1987, Elle émigra à l’ouest, avec son mari, Richard Wagner. Elle vit depuis à Berlin. Beaucoup de ses œuvres reflètent sa propre histoire. Der Mensch ist ein großer Fasan auf der Welt (Les Gens sont le plus gros Faisan du Monde)(1986) déroule la chronique d’une famille de paysans germano-roumains qui essaie obtenir des passeports pour quitter le pays. Comme les travaux précédents, ce conte expose la corruption brutale du village en démontant comment les officiels, du postier au curé demandent de plus en plus de faveurs matérielles et sexuelles pour ceux qui demandent à quitter le pays. Ceci tout comme la collection Barfüßiger Februar (février à Pieds Nus) (1987), écrit alors que Müller attendait la permission d’émigrer à l’ouest. Reisende auf einem Bein (Voyager sur une Jambe) (1989), décrit les problèmes d’installation à l’ouest, et les sensations d’aliénation qui pourrissent l’exil politique De nombreux essais tel  Eine warme Kartoffel ist ein warmes Bett (Une Pomme de Terre Chaude est un Lit plus Chaud encore)(1992) sont des réflexions sur les évènements politiques, écrites dans la perspective d’une femme qui refuse d’employer le mot patrie Un second volume d’essais, Der Teufel sitzt im Spiegel (Le Diable est dans le Miroir)(1991) y compris une série de lectures  "Gedanken zum Schreiben"(Merci à l’Ecriture) tenues à l’Université de   Paderborn en 1989-1990. C’est la clé indispensable pour comprendre les tensions et les conflits qui donnent naissance à l’imagerie poétique de son œuvre. Le volume comprend une série de collages combinés à du texte. 94 collages fuent publiés sous le titre  Der Wächter nimmt seinen Kamm ( le Gardien connaissait son Peigne). Vom Weggehen und Ausscheren (du Départ et des sorties) en 1993 ; La densité des  images poétiques concentré en des pages sans chapitres, forme un réseau évolutif de motifs donnant l’unité de l’ensemble. La nouvelle Der Fuchs war damals schon der Jäger (le renard était déjà le Chasseur) (1992) est une refonte complète du  Der Fuchs der Jäger, (le Renard est le Chasseur) coécrit avec  Harry Merkle. Le caractère principal est un instituteur harassé  par la police secrète roumaine. Par la  synecdoque, Müller portraiture la fragmentation du moi qui s’opère dans une nation gouvernée par la peur. Une autre nouvelle  Herztier(Bete de Coeur) (1994) est l’expression la plus riche en date de la vie sous la dictature roumaine qui relient l’enfance réprimée de la narratrice à l’oppression brutale de l’Etat. Dans Hunger und Seide (la Fain et la Soie)(1995),  collection d’essais qui relatent sa situation de non-conformiste et de dissidente à   Nitzkydorf et à  Timisoara. Ses œuvres sont caractérisées par un langage pur et des métaphores métonymiques à la fois récurrentes et évolutives dans tous ls contes. L’oppressivité des thèmes est allégée par la beauté de sa prose et les éclats d’humour qui soulignent certaines de ses images. Par les mots et par l’action, Müller continue à démontrer son  her indépendance du dogme de l’église et de l’état et n’a cessé de critique ces écrivains d’Allemagne de l’Est qui ont collaboré avec la police secrète. Elle a donné sa démission du Pen club pour protester contre sa fusion avec l’ancienne branche de l’est. Elle a obtenu de nombreux prix littéraires, entre autres les prix Marieluise-Fleißer(1990), le Prix Littéraire  Kranichsteiner (1991), le Prix Kleist (1994), le Prix  Europeen "Aristeion" (1995).

15:57 Écrit par walloween dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : herta müller |  Facebook

01/10/2009

Le Symbole Perdu par Dan Brown

Le Symbole Perdu par Dan Brown
Si ce n’était pour les machinations barbares du vilain, autre carcasse mortifiée et unidimensionnelle qui vous donnent des frissons dans la moelle épinière ou la conspiration genre enjeu oedipien. Non, le plus terrifiant à propos  du Symbole Perdu est que Brown n’a pas flanché quand le Vatican a condamné le Code Da Vinci et à protester  contre le tournage du film Anges et Démons à Rome, à le croire, clairement hanté par la secte puissante et secrète des Maçons.
Son livre ressemble à une tentative désespérée de s’intégrer à la Maçonnerie plutôt qu’à une interprétation des étranges rites et symboles qui illuminent comme dans –illuminati!- comment le club ultime et privé de la bande des garçons a conspiré pour donner forme à la capitale de la nation et à la civilisation occidentale depuis que Georges Washington inaugura la pierre d'angle de l’immeuble du Capitole avec le rituel et  vêtu du costume de Maçon complet avec un délicieux petit tablier de satin  assorti. Si les Maçons intimident plus que le Vatican, Si Brown et devenu une part de leur rideau de fumée sémiotique, alors, tout ce que je peux dire c’est : que Dieu nous aide tous !
Pendant ses cinq ans de recherche, a-t-il commencé à croire ces histoires sensationnelles qui racontent que les Maçons vous coupent le cou quand vous révélez leurs secrets, a-t-il découvert que les Maçons ne sont pas seulement des vieux mecs dans un drôle de costume qui profitent d’une bonne soirée loin de leurs femmes ? Pourraient-ils vraiment être comme se le demandait un documentaire récent de Channel Discovery des  conspirateurs athées liés par un pacte de mort qui infiltrent les institutions et mènent le monde ?
A-t-il décrypté les documents codés enfermés dans un coffre de la CIA, fondée par un ancien Maçon, Harry Truman. Et  ces légendes sauvages étaient-elles vrai ?, que Jack l’éventreur était Maçon et que son identité fut couverte par le commissaire, Maçon lui-même ? Que Salieri et d’autres assassinèrent Mozart après qu’il révéla quelques-uns uns des secrets maçonniques dans dans la Flûte Enchantée ?
En s’intéressant plus avant aux excavations de Brown sur le pouvoir mystique de Washington, les anciens portails, les passages secrets et les mondes d’ombre. Pour les natifs qui ont aimé ces monuments depuis leur enfance, le temple du Rite Écossais avec ses deux sphinx, seizième rue, le Capitole brillamment éclairé, peuvent se montrer curieux d’en savoir plus sur ces vénérables temples de marbre et enfin accéder à la sagesse secrète des âges. Ils  s'entendraient rapidement avec Robert Langdon, pseudo de l’auteur, traître en tweed et éviteraient l’ennui de penser  que le symbologiste de Harward porte encore sa montre Mickey Mouse, qu’il moût à la main ses grains de café de Sumatra et refuse de comprendre quand une mignonne  avec un cerveau se matérialise pour l’aider à démêler les secrets anciens.
Le personnage de Katherine Solomon, mince, aux yeux gris experte en sciences  noétiques, l’étude « des potentialités inexploitées de l’esprit humain ». Brown voudrait peut-être aussi explorer les potentiels inexplorés du corps humain, depuis que l'héroïne a la cinquantaine, ce qui a du sûrement faire sursauter les cocktails dans les bureaux de Hollywood, quelques années plus âgée que Langdon, sans doute allusion à son épouse et muse, Blythe, qui a douze ans de plus  que lui et l'aida à rédiger 187 hommes à éviter : Un Guide de Survie pour les Femmes frustrée de leur romantisme.
Les émotions sont le genre de choses que Brown semble avoir de la difficulté à déchiffrer. Ses scènes de sexe sont cryptées, Katherine et Langdon agissent en camarades puisqu’elle sait même le poids des âmes, leurs scènes de sexe les plus torrides s’expriment par un regard ou une expression amicale de Robert.
Les nouvelles de Brown semblent évidemment inspirées par Indiana Jones et les Conquérants de l’Arche Perdue. Mais il ne peut qu’imiter la narration galopante et la fascination des archétypes mythologiques, pyramides, saint graals, carte du trésor et codes secrets, Il n’accède pas au coté sexy et ludique de l’héritage Spielberg-Lucas.
Ses métaphores se répandent sur la page. Inoue Sato, un fonctionnaire des renseignements enquête sur une main sans corps portant une bague maçonnique et les tatouages iconiques qu’on peut voir dans la rotonde du Capitole, naviguait dans les eaux profondes de la CIA comme un leviathan émergeant seulement pour dévorer sa proie ou alors, çà la frappa de plein fouet ou la révélation s’écrasa sur Langdon comme une vague. Et juste au moment ou le héros pense qu’il peut retourner dans l’eau sans danger, une autre mauvaise métaphore l’emmène comme une vague : Maintenant, sa tête lui faisait mal comme un torrent tumultueux de pensées intimes connectées.
On peut pratiquement entendre la musique féerique d’un orgue si Mal’akh, le vilain de la fable, aux yeux qui brillent d’une férocité animale, apparaît parfois parodie d’un mauvais de Bond : tu n’es qu’une toute petite pièce dans une grande machine ou de Woody Allen :  le corps soupire quand le corps soupire. Brown n’en garnit pas moins l’ouvrage de ces expressions : revêtu seulement d’un pagne entourant ses fesses et son organe sexuel au repos, Mal’akh commença ses préparations, et  Pendu en dessous de l’arche, son organe, massif portait les symboles tatoués de sa destinée. Dans une autre vie, ce lourd axe de chair était sa source de plaisir charnel. Mais plus maintenant. Brown a toujours écrit des scénarii déguisés en nouvelles, mais maintenant il coule aussi dans le bronze. Warren Bellamy, L’architecte maçonnique du Capitole, est décrit comme un ancien afro-américain, aux cheveux coupés de près, énonçant ses mots avec une précision croquante : Bellamy était léger et détendu érigé droit, le regard percant exprimant la confiance d’un homme qui contrôle ce qui l’environne. On dirait Dieudonné qui téléphone à Thierry Lhermitte. Le caractère de Bellamy offre à Brown une autre opportunité pour faire mousser le Maçon, quand l’architecte dit à Langdon : l’art de la franc-maconnerie, m’a donné un profond respect pour ce qui transcende la compréhension humaine. J’ai appris à ne jamais me fermer l’esprit à une idée simplement parce qu’elle serait miraculeuse.
L’auteur est devenu riche et fameux sans jamais atteindre la subtilité. Un caractère ne plonge pas seulement dans le noir, encore doit-il être d’encre. Un caractère n’écoute jamais en état de choc mais bien doublement choqué.
Et considérez ce monologue intérieur bancal du chef de la police du Capitole : Le Chef Anderson se demandait ou tout cela finirait. Une main dans la Rotonde ? Un mausolée, un mort, dans ma cave ? Des gravures bizarres sur une pyramide de pierre. Soudainement, son petit jeu avec les Redskins sembla perdre toute signification.
Tout le monde a entendu dire que dans le temps les Maçons n’étaient pas les bienvenus chez les Catholiques et qu’ils étaient considéres comme étant tellement anti-catholiques que ceux d’entre eux qui les rejoindraient se verraient excommuniés. Aujourd’hui, les désaveux de l'Église ont mis la sourdine eux toujours si exclusifs quand il s’agit de rites secrets, de rituels de sang et d’exclusion des femmes. Mais Langdon suggère aux étudiants de Harward que les Maçons sont d’une ouverture d’esprit rafraîchissante et ne pratiquent aucune sorte de discrimination. A un étudiant qui proteste que la Maçonnerie à l’air d’un culte fantomatique, Langdon répond que c’est un système moral et il note :  La Franc-maçonnerie n’est pas  une société secrète, c’est une société avec des secrets. Il débusque des histoires de pères fondateurs, supposés introduire un pentacle satanique et le compas et le carré  des Maçons dans le dessin des rues de la capitale en rajoutant que si on dessine suffisamment de lignes d’intersection sur une carte, vous allez trouver toutes sortes de formes. Les Maçons sont représentés par la personnalité attrayante de Peter Solomon, frère aîné de Katherine, bel homme, riche historien et philanthrope qui dirige le Smithsonian Institute et inspira au jeune  Langdon son intérêt pour les symboles.
Dans une interview, Brown a dit avoir été tenté de rejoindre les Maçons, appelant leur philosophie Une belle étape pour la spiritualité humaine.  Dans le prochain opus, on verra probablement, Langdon revêtu d’un fez de pèlerin avec un châle Burberry et un tweed de chez Rampon.
Dans ce livre, l’aide de Langdon permet d'empêcher le vilain de publier une  vidéo sur YouTube, qu’il a enregistré secrètement pendant ses rites d’initiation maçonnique. Le gagoulé boit, dans un crane, des vins rouge sang avec une dague pressée sur sa poitrine nue ; il doit prendre part au procès-verbal de son propre meurtre, il y avait des coups simulés sur sa tète, y compris l’empreinte d’un marteau rituel, on y entendait une référence biblique au sacrifice humain, la soumission d’Abraham à l’Etre Suprême, au sacrifice d’Isaac, son premier né.
Ce sont, en partie des avertissements pour ceux qui laissent sourdre les secrets de l’ordre, avertissements que Dan Brown a clairement pris à cœur. Langdon pouvait dire d’avance que la  vidéo était une pièce de propagande injuste, écrit Brown, ajoutant que le symbologue pense pour lui-même que la vérité sera indécice, comme toujours dans la Franc-maçonnerie.
Brown ne  donne pas ce qu’on attend, des tuyaux sur qui sont les Maçons chez les politiciens d’aujourd’hui et sur quelle usine à gaz ils fonctionnent. On a laissé le travail à Eamon Javers de Politico, qui a mis à jour une liste des Franc-maçons au Congrès qui se lit comme une vaste conspiration de droite.  Joe “Vous mentez!” Wilson est un membre de la loge Sinclair de Washington. Le député Eric Cantor de Virginie, président de la minorité de la Chambre, qui essaie de suffoquer le plan santé d’Obama est un membre de la loge de Richmond tput comme son père et son oncle. Charles E. Grassley de l’Iowa, qui proteste contre le plan supposé d’élimination des vieux, pressa Javers en lui disant   : Ne nous jugez pas par les drôles de chapeaux que nous portons. Comble d’humiliation, le président Obama a quitté soudainement la Maison Blanche, un soir, récemment et se rendit au Monument Washington, dans l’obélisque qui figure dans le climax de Brown, y resta 20 minutes. Si on ajoute les 13 minutes probablement nécessaires pour atteindre la limousine, s’y faire conduire jusqu’à la Maison Blanche et retourner à sa résidence, vous obtenez le nombre maçonnique magique de 33.
Finalement comme dans le  Code  Da Vinci, Il n’y a pas de rachat. Brown devrait arrêter de se soucier de pyramides non terminées et se préoccuper de nouvelles inachevées.  Spielberg et Lucas nous donnèrent, au moins, un arc et des tourbillons, des humains qui se dissolvent. Ainsi on n’obtient aucune ancienne sagesse qui changera profondément le monde tel que nous le connaissons, tout juste un lot de pudding New Age sur que comment qu’on est les dieux que nous attendions, je vous épargne la lutte père fils pour la domination globale, on en a déjà eu assez avec les Bush
On s’en fout, hein Dan !

12/06/2009

Un potin sur Dumas

Les livres que nous relisons ne sont pas toujours ceux que nous admirons le plus, nous les révisions pour de nombreuses raisons, comme nous choisissons de revoir ceux que nous aimons.Shakespeare, Molière, Montaigne, l' Egoïste, le Vicomte de Bragelonne, quelques nouvelles de Walter Scott, forment 1e cercle de mes intimes. Derrière arrive une troupe d' amis , Le progrès du pèlerin en tête, La Bible d'Espagne, tout près. Il y a d'autres, par ailleurs, qui doivent me regarder avec reproche quand je les passe sans les regarder, livres, qu'un ,jour, j' étudiai et, qu'aujourd'hui je visite rarement, j'ai de tristes relations et hésite à. le confesser avec Wordsworth, Horace, Burns et Hazlitt, puis il y a ceux qui connurent leur heure de gloire, brillants, qui chantent, charment, ensuite s’évanouissent dans l'insignifiance jusqu'à. la prochaine fois et enfin ceux qui me sourient et me taquine de temps en temps, je dois nommer Virgile et Herrick, qui étaient-ils, sinon les mêmes, parfois, tout au long de l'année, ils restèrent en ma compagnie avec les six noms de mes intimes littéraires permanents. A ces six, aussi incongrus que cela semble, je suis fidèle depuis très longtemps et j'espère le rester jusqu'au jour de ma mort. Je n'ai jamais lu Montaigne en entier, mais je n'aime pas demeurer sans en lire un peu, et mon plaisir ne diminue jamais. De Shakespeare j'ai tout lu sauf Richard III, Henri VI, Titus Andronic us et Tout est Bien Qui Finit Bien, et ceux-ci, d'en avoir fait l'essai, je sais que je les ne lirai plus, car pour payer mon infidélité je pourrai lire le reste pour l'éternité., Du suivant, Molière, sûrement un autre grand nom de la chrétienté, je pourrai dire la même chose, mais dans ce petit coin d'un petit essai, ces princes ne sont pas à. leur place, je me contenterai donc de payer l'octroi et de passer. Combien de fois ai-je lu Guy Mannering, Rob Roy, ou Le Gantelet Rouge, je ne peux pas le deviner ayant commencé trop tôt. Mais peut-être ai-je lu l' Egoïste quatre ou cinq fois et cinq ou six fois Le Vicomte de Bragelonne. . Certains qui accepteraient les autres pourraient se demander pourquoi j'ai passé tant de cette brève vie sur un ouvrage aussi peu fameux que le dernier. Et j'en suis surpris moi-même, non de ma propre dévotion, mais leur incompréhension. Mon accointance avec le Vicomte commença, quelque peu indirectement, en l'an de grâce 1863, quand' j'eu l'avantage d'étudier quelques plats à. dessert illustrés dans un hôtel de Nice. Dans la légende, je saluais le nom de d'Artagnan comme celui d'un viei1 ami, je l'avais rencontré un an plus tard dans un ouvrage de Mademoiselle Yonge. Mon premier bréviaire était une de ce~ éditions pirates qui s’exportaient de Bruxelles à. l'époque et qui laissèrent un grand nombre de petits volumes nets et pratiques. Je compris peu de choses des mérites du livre, mon premier souvenir est l'exécution d' Eymeric et de Lyodot, puis l’étrange témoignage de la sottise d'un garçon tellement subjugué par l'agitation de la place de Grève qu'il en oublie la visite de d'Artagnan aux deux financiers. Ma lecture suivante eut lieu en hiver, quand je vivais seul dans les Pentlands. Je revenais, au début de la nuit, d'une de mes patrouilles avec le berger, un visage amical m'attendait à. la porte, celui d'un bon chien qui se précipita au premier étage pour m'attraper mes pantoufles et je m'assis avec Te Vicomte pour une soirée longue et silencieuse, sous la lumière de la lampe, près du feu . Je ne sais pas pourquoi je l'appelle silencieuse alors qu'elle fut avivée par des claquements de sabots de chevaux, des roulements de mousqueterie et par des conversations animées. Et pourquoi appellerais-je ces soirées solitaires alors que j'y gagnai tant d' amis. Je voudrais quitter mon livre, lever les yeux, voir la neige, et les gouttes glacées d'un jardin écossais, et a lumière de la lune d'hiver illuminer les collines blanches. Ensuite je me tournerais vers ce champ ensoleillé et peuplé-, dans lequel il m'était si simple dl oublier les soucis qui m'environnent, un endroit aussi actif qu'une ville, brillant comme un théâtre frappé de faces mémorables et résonnant de voix délicieuses. Je portai cette menace épique jusque dans mes quartiers, j'en sortis indemne et replongeai dans le livre, à. nouveau, au petit-déjeuner et ce fut avec un pincement que je dus le laisser pour me tourner vers mes propres travaux. Nulle part ailleurs dans le monde, je n'ai trouvé des pages aussi charmantes, même mes amis ne sont pas aussi véridiques ni même, peut-être aussi chers, que d'Artagnan. Je retourne vers mon livre favori à de brefs intervalles, et j'en suis à ma dernière lecture ( que j'appelle ma cinquième) l'aimant mieux et l'admirant plus sérieusement que jamais. Je finis, sans doute, par me sentir propriétaire à force d'habiter dans ces six volumes. Je pense, peut-être, à la joie de d’Artagnan de me voir lire ses aventures, Louis XIV, ravi, tandis que Fouquet me jette un regard et Aramis, qui sait que je l'aime se montre de la meilleure grâce avec moi à la manière d'un vieux patron de spectacle. Attention, si je ne suis pas attentif, quelque chose peut m'arriver qui arriva à Georges IV après la bataille de Waterloo, je finis par trouver que le Vicomte De Bragelonne est, et Dieu sait combien, le meilleur de mes travaux. Au moins, je, m'avoue partisan quand je compare la popularité du Vicomte et celle de Montecristo, et de leurs frères aînés Les Trois Mousquetaires, je confesse, que je suis peiné et divisé. Pour ceux qui connaissent le héros titulaire, des pages de Vingt Ans Après, peut-être le titre leur semblera-t-il rebutant. Un homme pourrait très bien reculer s’il était supposé suivre, en six volumes, un chevalier si beau parleur, avec de si bonnes manières et enfin, si triste et solitaire. Mais le crainte est sans fondement, j'ai peut-être, déjà dis avoir passé les meilleures années de ma vie, dans ces six volumes, et ma complicité avec Raoul ne fut jamais meilleure, et quand , ayant prétendu ""être vivant depuis si longtemps, on tolère finalement qu'il prétende ""être, mort, je, me souviens parfois de la phrase d'un volume précédent Enfin, dit Miss Stewart, Il en s'adressant à Bragelonne, "" enfin, il a fait quelque chose, c'est ma foi bien heureux. Je m'en souviens, comme je vous le disais, et un instant plus tard c'est mon cher d'Artagnan, à la mort d'Athos, qui sombre dans de profonds sanglots, Alors, je ne peut que déplorer ma légèreté. Ou est ce La Vallière, vers qui le lecteur incline. Eh bien, là aussi, il a raison, mais pas tant que çà. Louise n'est pas un succès. Son créateur ne s'est épargné aucune peine, elle est bien faite, elle dit la vérité de temps en temps ne fût-ce que d'un soupir, elle engagerait même notre sympathie. Mais je n’ai jamais envié le triomphe du roi, et tant qu'à plaindre Bragelonne pour sa défaite, je ne lui souhaite d'autre, mal, non par absence de malice, mais d'imagination, que d’épouser cette dame. Madame m'enchante, je peux pardonner à cette royale péronnelle, ses plus sérieuses offenses, plaisanter et chuchoter avec le roi avant qu’il ne monte vers ta romance et quand il donné dans l' "Allons, aimez-moi donc " , c’est mon cœur qui se mêle au frisson du comte de Guiche. Avec Louise, le lecteur ne peut manquer de remarquer que ce qu'un auteur dit de la beauté' ou du charme de ses créatures compte pour rien, que d'emblée, nous en savons d'avantage, que l'héroïne ne peut ouvrir la bouche, qu'en un instant, les phrases les plus belles tombent autour d'elle comme les robes de Cendrillon, et elle s'est trahie, debout devant nous comme une souillon pauvre, laide et maladive ou peut-être une marchande bancale. Les auteurs, au moins ,le savent bien, une héroïne commencera, trop souvent, par le truc "devenir moche" et il n'y a pas de maladie plus difficile à guérir que celle-là. Je dis des auteurs, mais, vraiment, je jette un regard de côté vers un auteur en particulier, avec les travaux duquel je suis très intime, bien que-je ne puisse pas les lire, et celui qui passe de longues veilles assis à côté de ses poupées, qui salue et qui, comme un magicien, réveille son art pour restaurer jeunesse et beauté. Il y en a d'autres qui chevauchent trop haut pour ces mauvaises fortunes. Qui doute du charme de Rosalinde ? Arden soi-même n'en possédait davantage. Qui remit en question les délices durables de Rose Jocelyn, Lucy Desborough olara Middleton ? Femmes claires aux noms clairs, filles de Georges Meredith. Elisabeth Bennet n'a qu'appeler et je suis à ses genoux. Ah! Ceux ci sont les créateurs de femmes désirables. Ils ne seraient jamais tombés dans la boue avec Dumas et la pauvre La Vallière. Ma seule consolation, c'est qu'aucun d'eux, excepté le premier, ne sauta à la moustache de d’Artagnan. Une proportion d'autres lecteurs hésitent sur le seuil. Dans une gentilhommière aussi vaste, il existe certainement des escaliers de service ou des cuisines où personne n'aimerait séjourner, mais c'était pour le moins malheureux que le vestibule soit aussi mal éc1airé et ce n'est qu'au dix-septième chapitre quand d'Artagnan part pour chercher ses amis que le roman, je dois le confesser, fait fort assez, mais à partir de là, comme 1a fête se répand! Le moine enlevé, d'Artagnan enrichi, Mazarin mort, l' aventure, toujours délicieuse de Belle-Île, où Aramis rivalise d'esprit avec d'Artagnan, dans l'épilogue où il regagne sa supériorité morale. Les aventures amoureuses de Fontainebleau, avec l'histoire de Saint-Aignan sur la sécheresse et les affaires du comte de Guiche, de Wardes et Manicamp, Aramis fait général des Jésuites, Aramis embastillé, la conversation nocturne dans la forêt de Sénart, à nouveau Belle-I1e, avec la mort de Porthos, et finalement, la domestication de d'Artagnan, l'indomptable, sous la férule du jeune roi. Quelle autre nouvelle possède une telle variété épique et une pareille noblesse d'incidence, souvent, si vous voulez, impossible, dans le genre d'une histoire arabe et toutes basées sur la nature humaine. Si vous en venez là, quelle nouvelle a plus d'humanité ? Non pas étudiée au microscope, mais vue largement à la lumière du jour, d'un regard naturel ? Quelle nouvelle offre plus de bon sens, de gaieté, de subtilité, et de plus admirable et constant talent littéraire. De bonnes âmes, je suppose, doivent parfois le lire dans le travesti noirâtre de la traduction. Mais il n'y a pas de style si intraduisible, la lumière, comme le fouet d'un soupçon, solide comme de la soie, sage comme une légende villageoise, en ordre comme les quartiers d'un général, sur chaque faute, n’être pas si tatillon. Sans mérite, on a toujours raison. Une fois de plus, pour en terminer de mes' recommandations, quelle nouve1le est inspirée par une moralité plus entière et sans contrainte ? Oui, en dépit de Mademoiselle Yonge, qui m'introduisit au nom de d'Artagnan seulement pour me dissuader de connaître l'homme plus précisément, je dois ajouter la morale, il n'y pratiquement pas de bon livre sans morale. Mais le monde est vaste et ainsi va-t-elle. Une des quelques personnes qui se sont plongées dans les Mille et une Nuits de Sir Richard Burton se sera peut-être offensée des détails animaliers, une autre, qui considérait ceux ci comme inoffensifs aurait été choquée par la crapulerie et la cruauté de tous les caractères. De deux lecteurs, l'un s' émerveillerait de la morale comprise dans la mémoire religieuse et l'autre, par celle du vicomte de Bragelonne. A un point que personne n’aura tort. Nous nous entre choquerons toujours dans les arts et dans la vie, nous ne pouvons pas mettre de soleil dans notre tableau ni des abstractions exactes ( si cela existe) dans nos livres, encore heureux que dans certains, nous 'puissions marauder une impression de la grande lumière qui nous aveugle du ciel. Et dans d’autres, il règne, même sur des détails idiots, un esprit magnanime. J'éviterais d'envoyer au Vicomte un lecteur en quête de ce que nous pourrions appeler une moralité puritaine. Le mulâtre ventripotent, le grand mangeur, travailleur, gagnant et perdant, homme généreux avec un rire plein d'esprit, un homme de cœur et hélas d'une honnêteté douteuse, n'est pas une figure clairement définie aux yeux du monde, il attend encore un portrait sobre mais génial, mais quelque art ou quelque indulgence qu'il utilise, ce n'est pas un portrait précis. Dumas ne pense certainement pas à. lui-même, mais à. Planchet, quand il met dans la bouche du vieux serviteur de d'Artagnan, cette excellente profession : " Monsieur, j‘ étais une de ces bonnes pâtes d'hommes que Dieu a fait pour s'animer pendant un certain temps et pour trouver bonnes toutes les choses qui accompagnent leur séjour sur terre." Il pensait à. Planchet à. qui ces mots convenaient aussi bien qu'à. son créateur et peut-être qu'il y songea quand il écrivit ce qui suit " D'Artagnan s'assit alors, près de la fenêtre, et, cette philosophie de Planchet lui ayant paru solide, il y songea." Chez un homme qui trouve tout bon, vous trouverez rarement du zèle pour les vertus négatives l'actif seul aura du charme pour lui. L'abstinence, aussi sage et aussi bonne soit-elle, semblera toujours entièrement mauvaise et partiellement impie à. un tel juge. C'est ainsi avec Dumas, la chasteté n'est pas près de son cœur, et non plus, et à. ses dépends, la vertu de frugalité non plus qui est l'armure des artistes. Dans le Vicomte, il a beaucoup à faire dans le débat entre Fouquet et Colbert. La justice historique sera du côté de Colbert, de l'honnêteté officielle, de la compétence fiscale, et Dumas le savait bien il le montre au moins trois fois par le rire de . Colbert lui-même, au cours de la conversation animée dans les jardins de Saint-Mandé, une autre fois, Aramis y fait allusion dans la forêt de Sénart et finalement, Colbert triomphant l'expose clairement dans un discours magnifique. Mais de Fouquet, le gaspilleur, l’amoureux de la bonne chère, du raffinement et de l'art, le négociant habi1e de tant d'affaires, 1 'homme de bruit, l’homme de plaisir, l’homme qui n’est que parce que les autres sont, « Dumas y vit quelque chose de lui-même et croqua le personnage plus tendrement. Il est touchant de voir combien il insiste sur l'honneur de Fouquet, sans voir, vous diriez, comme cet honneur est impossible à restaurer, mais peut-être, à la lumière de sa propre vie, voyant trop bien, et agitant d'autant plus ce qui restait. L'honneur peut survivre à une blessure, il peut vivre et se traîner sans membres. L'homme rebondit de sa disgrâce, il bâtit de nouvelles fondations sur les ruines de l'ancienne, et quand son épée est brisée, il se battra vaillamment avec sa dague. Comme Fouquet dans e livre, comme Dumas sur le champ de bataille de la vie. Exhiber ce qui reste des qualités abîmées est un talent chez l'homme, chanter ses prières peut être difficilement appelé moralité chez l’écrivain. Et c'est ailleurs dans le caractère de d'Artagnan, que nous devons chercher cet esprit moral, qui est un des mérites principaux du livre et fait d'abord la joie de sa lecture, Ce qui le met fort au-dessus d'autres rivaux plus populaires. Athos, en vieillissant, s'est trc1nsformé en prêcheur d'une foi desséchée, mais d'Artagnan s'adoucit en un homme si spirituel, brut, aimable et droit, qu'il prend le cœur par surprise. Il n'y a rien dans le livre de ses vertus, rien n‘ ébauche sa civilité fine et naturelle, il naviguera près du vent, pas comme un Wesley ou un Robespierre, sa conscience est vide de tout raffinement que ce soit pour le bien ou pour le mal, mais il sonne vrai comme un bon écu. Les lecteurs qui approchèrent, non par des chemins de traverse, mais la grande avenue de cinq vo1umes des Trois Mousquetaires et de Vingt Ans Après, n'auront pas oublié le chausse-trape rapide, viril et parfaitement improbable qu'il imposa à. Milady. Et quel plaisir, quelle récompense, quelle leçon agréable de voir le vieux capitaine s'humilier devant le fils de l'homme dont il prit l'identité. Ici et partout, si je dois choisir des vertus pour moi-même et pour mes amis, laissez moi choisir 1es vertus de d'Artagnan. Je ne dis pas qu'il n'y a pas de caractères aussi bien amenés dans Shakespeare, je dis qu'il n'y en a pas que j'aime autant. Il y a de nombreux yeux spirituels qui semblent espionner nos actions, les yeux de la mort et de l'absent, que nous imaginons nous retenir dans nos heures les plus intimes, que nous craignons scrupuleusement d'offenser nos témoins et nos juges. Et parmi ceux-ci, même si vous me trouvez puéril, je dois compter mon d'Artagnan, pas le d'Artagnan des mémoires que Thackeray prétendait préférer, une préférence, je le dis librement, qui n'est que la sienne, non pas le d'Artagnan de chair et de sang, mais celui fait d'encre et de papier, pas la nature, mais Dumas ! C'est le triomphe particulier de l'artiste , ne pas seulement être vrai, mais aimable, ne pas simplement convaincre, mais aussi enchanter. D’autre part, je ne peux me souvenir d’aucune œuvre d’imagination où la fin de la vie est représentée avec plus de tact que dans le Vicomte, et c'est incomparable. On me demandait l'autre jour si Dumas me faisait rire ou pleurer. Bien, dans les cinq dernières lectures que je fis du Vicomte, j'ai ri une fois, au petit commerce de Coquelin de Volière, l'esprit étonné de l'avoir fait, je surenchéris en continuant de sourire. Si vous me mettez un pistolet sur la gorge, je dois dire que la fable voyage d'un pied fort léger, à une distance mesurable de l' irréalité, mais pour ceux qui aiment les grands déploiements et l'authenticité des passions, cela semblerait pour le moins, inadéquat. Mais pas pour moi, qu'est-ce qu'un pauvre dîner ou un pauvre livre si je rencontre ceux que j'aime, et surtout dans le dernier volume où je trouve un singulier esprit .Il exhale une tristesse plaisante, tonique, toujours brave et jamais hystérique. Par-dessus la vie bruyante et encombrée par la foule de cette longue fable, le soir, graduellement, tombe, les lumières sont éteintes et les héros disparaissent un à un. Il s'en vont et pas un regret n'aigrit leur départ, les jeunes s'asseyent à leurs places, Louis XIV s'enfle et brille d'avantage, une autre génération et une autre France se lèvent à l'horizon, mais pour nous et ces vieux hommes que nous aimons depuis si longtemps, la fin inévitable est proche et près d'être bienvenue. Bien lire ceci anticipe l'expérience. Ah, si seulement, quand ces heures aux longues ombres tombent sur nous en réalité et non plus en imagination, nous pouvions faire face, l'esprit aussi calme. Mais je n'ai plus de papier les canons du siège tonnent sur la frontière hollandaise, et je dois dire adieu pour la cinquième fois à mon vieux camarade tombé au champ d'honneur. Adieu, ou plutôt au revoir! Et une sixième fois, cher d'Artagnan, nous enlèverons Monk et chevaucheront ensemble vers Belle-Île.

R.L. Stevenson, Memories & Portraits, Chatto & Windus. London 1917

11:01 Écrit par walloween dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dumas, d'artagnan, stevenson |  Facebook