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16/03/2013

Une géopolitique du secret

Qu’est-ce  qui intéresse les compagnies de télécommunication en transmettant avec une telle prolixité les détails de choix du nouveau Pape ? A quoi servent les millions de dollars dépensés dans les transmissions sans interruption jusqu'à l'arrivée de la fumée blanche ? De quel côté sont  ces intérêts ?  le Vatican a-t-il des intérêts  dans ces transmissions ? 

Adital(*) Après les premières heures de l’élection du Cardinal Bergoglio de Buenos Aires, après les premiers émois d'avoir un Pape d'Amérique latine, à l’ expression aimable et cordiale, la vie actuelle nous invite à réfléchir.  Malgré sa valeur, les médias ont également le pouvoir d'amortir les esprits, d’empêcher les questions critiques et les  gens de penser. Au cours de deux derniers jours qui ont précédé l'élection papale, beaucoup Brésiliens, au Brésil  et dans le monde ont vu et écouté les émissions directes de Rome. Un tel évènement historique  ne se répète pas tous les mois, sans  doute !

 

Ces questions peut-être inutiles pour beaucoup, mais restent importantes pour certains groupes préoccupés par la croissance de la conscience humaniste de beaucoup d'entre nous.  Dans une large mesure les entreprises de télécommunications sont chargées de maintenir le secret dans la politique électorale du Vatican. Les serments secrets et les sanctions pour non respect,  font partie intégrante de l'entreprise. Créer un impact et faire de nouvelles. Ce n'est pas une vieille tradition sans conséquences sur la vie du monde, mais des comportements qui finalement exclut la poursuite du dialogue entre les groupes d'un dialogue nécessaire. Aucune critique de ce système pervers qui continue à l'aide de l'Esprit Saint au maintien de postures ultraconservatrices enduites d’ allures de religiosité,de soumission et de bon cœur. Aucun espace pour d’autres voix ne  peut d’ouvrir au risque de lapidation, sur le formalisme des transmissions. Si on remarque une petite pointe de critique qui s'esquisse, elle est bientôt noyée par le « statu quo » imposé par l'idéologie dominante. Le nouveau pape, dit Francis qui utilise les transports en commun, est  proche des pauvres, se nourrit de vos aliments en plus du choix de ce nom semblable au Grand Saint d'assise. Il a été immédiatement salué comme une figure simple, chaleureuse et sympathique. La presse catholique ne dit  rien  des soupçons de beaucoup au sujet de sa posture à l'époque de la dictature militaire, sa posture politique actuelle, à l'encontre du mariage égalitaire, ou même contre la légalisation de l'avortement. Personne n'a parlé de sa critique connue de la théologie de la libération et de son détachement par la théologie féministe.

 

Le genre et la figure sans ostentation, élu par les cardinaux assistée par l'Esprit Saint dans l'ombre de l'homme réel avec ses nombreuses contradictions. Les journaux (Folha de São Paulo, O Estado de São Paulo) a souligné aujourd'hui les différents profils du nouveau Pape, et nous avons une perception plus réaliste de sa biographie. En outre, il est possible d'imaginer que son élection appartient, sans aucun doute, aux intérêt géopolitiques divisés, à l'équilibre difficile  du monde catholique. Un article de c. de Julio Gambina de Argenpress publié  hier par internet (13 mars 2013), ainsi que d'autres informations soumises par les groupes alternatifs du Nicaragua, du Venezuela, du Brésil et en particulier de l'Argentine a confirmé mes soupçons. La Siège de Pierre et de l'état du Vatican devraient déplacer les lignes liées aux échecs du monde afin d'encourager les forces de projets politiques du Nord et leurs alliés du Sud. Le Sud a été quelque peu coopté par le Nord. Un dirigeant politique de l'église, venant du Sud tentera d’équilibrer les échecs des années passées, il est très préoccupé, ces dernières années par les gouvernements populaires d'Amérique latine populaire et par les luttes de nombreux mouvements, y compris les mouvements féministes du continent et leurs revendications qui affligent le Vatican.

 

Si c'est dans le sud que quelque chose de nouveau  se passe sur le plan politique, rien de mieux qu'un pape, une Amérique latine face à cette nouvelle conjoncture politique et de préserver les traditions de la famille et de la propriété intacte. Sans aucun doute une déclaration de cette nature casse un peu le charme de l'élection, la curiosité  de voir la foule à la place Saint-Pierre, éclatant en applaudissements et les mimiques de joie sur la figure du pape. Beaucoup diront que ces critiques enlèvent la beauté d'un évènement aussi passionnant que l'élection d'un pape. Peut-être, mais je pense à ces critiques.  La préservation  soulignée  de l'évangélisation comme une priorité de l'Église ressemble plus à la la préservation d'un ordre hiérarchique du monde où s'appliquent des élites et des gens applaudissent  sur la  place publique, en priant et en chantant pour obtenir  la bénédiction divine sur la tête des nouveaux dirigeants politico-religieux. Le catéchisme même s’en mêle, avec quelques variantes mises à jour. Il n'y a pas de réflexion, pas réveille des consciences, pas d'appels à la pensée, mais ils continuent en  conservant le style d’une doctrine presque magique. D'une part, la société du spectacle qui nous envahit, qui nous incite à la discipline de l'ordre/désordre contemporain avec une certaine dose de romantisme et une société paternaliste identifiés à l'évangélisation. Sortir dans les rues pour nourrir les pauvres et prier avec les détenus alors  ne résout pas le problème de l'exclusion sociale dans de nombreux pays du monde.  Écrire au sujet de la “ géopolitique du secret ”, à l'époque des médias euphoriques, gâche la fête des marchands du temple heureux avec leurs tentes pleines de chapelets, de scapulaires, d’ eau bénite, de  grandes et petites images de nombreux saints. Le problème est que si nous révélons le secret,  le charme de la fumée blanche est rompu, ça casse le suspense d'un conclave secret  fermé au peuple catholique, par l'accès à l'information, nous sommes en droit, de trouver la substance de ces histoires tordues. 

 

Exposer le secret  révèle la fausseté du système politico-religieux qui régit l'Eglise catholique romaine. Arracher le masque pour  ouvrir nos coeurs à la véritable interdépendance et la responsabilité entre nous tous. Les jeux de pouvoir sont pleins de trucs, d’ illusions et même de bonne foi. Nous sommes capables de nous impressionner avec un geste public d'affection ou de sympathie sans nous interroger sur ce qui était en fait l'histoire de cette personne. Ne nous  posons pas de questions sur les actions de son passé, son présent et son avenir. C'est seulement  le temps de l’apparition de la figure sympathique, vêtue de blanc qui nous impressionne. Nous sommes capables d'émotion face à un affectueux "Buena serra"(good night) papale et nous sommes allés au lit comme des enfants bien éduqués, bénis par le père aimable. Nous ne sommes pas orphelins puisque l'abandon paternel dans une société patriarcale est insupportable, même pour quelques jours.  Nous sommes complices du maintien de ces pouvoirs horribles qui nous enchantent et nous oppriment en même temps. Nous, en particulier, ceux qui analysent avec plus de lucidité  les processus politiques et religieux, nous sommes responsables de l'illusion que ces pouvoirs créent dans la vie de milliers de personnes, principalement véhiculée par les médias. Nous sommes en mesure de nous en amuser à un  tel point que nous oublions les jeux de pouvoir, les manipulations invisibles de l'art théâtral, si cultivé et si important en ces occasions.  Nous ne pouvons pas faire des prédictions sur la direction de la future gouvernance de l'église catholique romaine. Mais à première vue il ne ressemble pas, comme on pouvait  s'y attendre à de grands changements dans les structures et les politiques actuelles. Des changements significatifs viendront si les communautés chrétiennes catholiques assument la direction actuelle du christianisme, c'est-à-dire s'ils sont en mesure de parler à partir de la réalité de leur vie comme l'Évangile de Jésus peut être traduit et vécu dans nos vies aujourd'hui.  La géopolitique du secret a des intérêts très élevés à défendre. Elle fait partie d'un projet global où les forces de l'ordre sont menacés par des révolutions sociales et culturelles .  Le secret, c’est qu'il existe des forces supérieures aux forces historiques et que ce sont les plus décisives. Ces indications donnent un sens à notre combat collectif pour la dignité, le pain,  la justice et la miséricorde au milieu des nombreux revers. La   tristesse qui nous gagnent à mi-chemin.  Je termine cette brève réflexion dans l'espoir que nous ne pouvons pas effacer la lumière de la liberté qui vit en nous et nous poursuivons les sources de nos rêves de dignité et lucidité, sans nous impressionner avec des surprises qui peuvent sembler de grandes nouvelles. Ce n’est, après tout, qu’ un autre Pape qui inscrit son nom dans cette institution qui, malgré son histoire de hauts et de bas, doit être transformée et repensée à ce jour.  Les changements peuvent toujours arriver et vous devez être ouvert aux petites lueurs d'espoir qui éclatent partout, même les institutions plus anachroniques de notre monde.

 

 

 

()L'Agencia de información Fray Tito para América latina a été créée en l'an 2000 par des personnalités et des associations catholiques. Le nom "Fray Tito" a été choisi en hommage à Tito de Alencar Lima, un moine dominicain figure de la résistance à la dictature brésilienne.

 

 film  du  martyr de Fray Tito(2007)

 

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13/03/2013

Les secrets de Bergoglio et de Massera

 

Jorge Mario Bergoglio, cardinal de Buenos Aires fait nommer l'Amiral Cero comme docteur honoris causa.

Au fond de la vaste atmosphère de la cathédrale métropolitaine, au-dessous d'une grande tapisserie de la Vierge, le cardinal hermétique Jorge Mario Bergoglio se réfugie dans le silence. Il ne prie pas et ne donne pas de messe : il fait une déclaration comme témoin de la grande cause de l' Esma (Ecole Supérieure Militaire de l'Aviation). Le déclarant s'est abrité derrière ses droits écclésiastiques pour éviter l' estrade de Commodore Py, parce que les juges du Tribunal Oral Fédéral Numéro 5 ont dû se déplacer ce lundi à la Cathédrale pour écouter pendant quatre heures les réponses évasives du grand référant de l'Église argentine.

Il ne s'agit pas de révéler de mystère de la foi, mais d'expliquer devant la justice terrestre un secret inavouable : le chapelet invisible qui a uni les propriétaires ténébreux de la vie et de la mort dans les cachots de l'Esma : l'amiral Emilio Eduardo Massera.

Le hasard l'a joué mauvaise l'année passée au cardinal : au même instant ou il se perdait dans des balbutiements labyrinthiques en face des magistrats l'amiral décérébré expirait dans la pièce 602 de l'Hôpital Naval. Un arrêt cardiaque a scellé les lèvres du marin qui a emporté dans la tombe les secrets inavouables que Bergoglio s'obstine à préserver.

La perte de mémoire du cardinal s'étend sûrement sur un événement arrivé le 25 novembre 1977 quand il composait une grande page de l'Université du Salvador. Ce jour, l'Usal (université de Buenos aires ) en octroyant au chef de la Marine de guerre, Emilio Eduardo Massera, le titre de “docteur honoris causa”, pendant une cérémonie publique. Les données de cette distinction ont fait disparaître mystérieusement l'Amiral Cero des fichiers de l'Université parce que s'y trouvaient les signatures de ceux qui l'ont proposé et les raisons pour lesquelles étaient motivées la délivrance d'un doctorat à un génocidaire. Mais, le cardinal ne se rappelle pas aujourd'hui les motifs de cet hommage au grand manitou de la Marine.

Cette après-midi, Bergoglio a écouté Massera prononcer un discours ampoulé dans l'indifférence des jeunes officiers, l'amour dissolu, des drogues hallucinogènes et de la “dérive prévisible”, “l' escalade sensorielle” dans “le frisson de la foi terroriste”. Avec un sourire sur les lèvres, le patron propriétaire et monsieur de l'Esma ont aussi assuré que l'Université était “le meilleur instrument pour commencer la contre-offensive” de l'Occident.

Bien qu'il applaudît avec ferveur, discret, le Bergoglio n'est pas monté sur l’estrade. mais ses fidèles disciples de la Garde Fer, la puissante organisation paramilitaire dans laquelle Bergoglio milita dès 1972 et qui est intervenue par la suite dans l'appropriation des biens des disparus, l'ont fait.

La garde de Fer était, à cette époque, la meilleure école de cadres militaires, son directeur était un péroniste. Alejandro Galicien Álvarez, il commandait 15.000 militants formés sous une discipline de fer et endoctrinés par l'orthodoxie ultra des montaneros. L'organisation s'est officiellement auto dissoute en 1974, mais elle a continué d'agir et grâce aux bons offices de Bergoglio, entre autres, elle avait d'excellentes relations avec Massera.

Le 31 juillet 1973, Bergoglio a été nommé provincial ce qui est le sommet de la hiérarchie dans la Compagnie de Jésus,ordre caractérisé par une obéissance et une discipline quasi militaire.

Un rapport de la Side spécialisée dans le suivi des sujets et des acteurs ecclésiastiques de l'époque, conservé dans un fichier de la Chancellerie, soutient que Bergoglio se proposait de nettoyer la Compagnie des “jésuites de gauche”.

L'une de ses premières décisions comme Provincial fut de remettre l'Université du Salvador à une association civile formée par des laïques militant à la Garde de Fer avec lui. Vers la fin de 1974, le cardinal a remis l'Usal à deux dirigeants de la Garde de Fer : Francisco Cacho Piñón, qui a été nommé recteur, et Walter Romero, chef de l'État-Major d'un groupe politique puissant, tout deux opérateurs occultes de l'Université.

Dans ce sens, la nomination de Massera comme docteur “honoris causa” de l'Usal s'est produite presque exactement un mois après que les prêtres Orlando Yorio et Francisco Jalics ont été trouvés drogués et semi nus sur un champ de Cañuelas. Les deux curés qui s'occupaient de travail pastoral dans une ville de Las Flores, étaient restés, presque six mois, séquestrés par l'Esma.

Pendant le jugement aux Assemblées réalisé en juillet 1985, le prêtre Orlando Yorio – qui a été captif de l'Esma entre mai et octobre 1976 – a déclaré : “Bergoglio ne nous a jamais averti du danger que nous courrions. Je suis sûr que lui même a fourni le listing avec nos noms aux marins”.

Le religieux,qui est décédé en août 2000 – a réitéré ses déclarations dans plus d'une occasion : “Je n'ai pas d'indices pour penser que Bergoglio nous a libérés, au contraire. Il est prévenu mes frères que je serais fusillé, je ne sais pas s'il l'a dit comme chose possible ou sûre, pour qu'ils y préparent ma mère.

Le père Yorio soutenait que Bergoglio était présent à l’École de Mécanique de la Marine dans laquelle ils avaient passés quelques mois après être sorti de l'Esma. “Une fois ils nous ont dit que nous avions une visite importante. Un groupe de gens est venu que nous n'avons pas pu voir parce que nous avions les yeux bandés, mais Francisco Jalics a senti que l'un d'entre était Bergoglio”, a affirmé le prêtre.

Le père Yorio ne s'est pas basé sur les perceptions sensorielles de son collègue de captivité. Bergoglio a reconnu devant d'autres parents avoir vu Yorio et Jalics pendant leur séquestration et il en a donné des détails exacts.

Dans son livre l'Église et une dictature, édité en 1986, quand Bergoglio n'était pas encore connu en dehors du monde ecclésiastique, Emilio Mignone l'a mentionné comme exemple de “la complicité ecclésiastique ”avec les militaires, qui “se sont chargés d'accomplir le sale travail de nettoyer la cour intérieure de l'Église, avec l'acquiescement des prélats”. Selon le fondateur du Centre d'Études Légales et Sociales, “dans quelques occasions le feu vert a été donné par les mêmes évêques”.

Une source des Gardes de Fer, l'organisation qui est devenue plus tard le bras politique du masserismo, soutient que Bergoglio a intercédé devant Massera pour les deux prêtres et que la distinction académique de l'Université du Salvador constituait le tribu de Bergoglio au marin.

Cependant, les témoignages d'Yorio et de Jalics démentent cette théorie. Ils ont toujours assuré avoir été libérés grâce à l'intervention d'un militant chrétien des droits de l'homme, par l'ex-président du Cels, Emilio Mignone, et par le cardinal Eduardo Pironio.

Le père Yorio avait si peur de Bergoglio qu'en 1992, quand Antonio Quarracino l'a nommé évêque auxiliaire, il est parti pour l'Uruguay, où il a résidé jusqu'à sa mort.

La controverse porte sur le rôle vitreux que Bergoglio a joué dans la séquestration des deux prêtres et sur les conséquences de son comportement. 1979 a marqué un autre chapitre mystérieux dans la vie de Bergoglio. l'histoire officielle assure le cardinal terminait sa thèse en Allemagne, d'autres sources suggèrent qu'il était claustré, comme châtiment, dans un couvent jésuite quelque part en Europe.

Vers le milieu de 1988 ils l'ont confiné à une paroisse de la province de Cordoue, où il donnait seulement la messe et la confession.

L'autre des points obscurs autour de la vie de Bergoglio consiste en ce qu'il n'a jamais voulu se présenter devant la Justice. Quand le jugement a été porté aux Assemblées, Yorio a demandé qu'il comparût. Il a été cité mais a refusé de se présenter, en argumentant qui était malade à Cordoue. Cette attitude de Bergoglio explique les raisons personnelles pour lesquelles il a fait porter tout le poids de l'Église contre la révision judiciaire des crimes commis pendant la dictature militaire.

Mais cette assignation à résidence a été abruptement interrompue en 1992 par l'appel providentiel de Quarracino qui l'a nommé coadjuteur et héritier cardinalice.

Dispensez-moi, Monsieur de porter la main sur votre saint chrême”, il était, et c'est la phrase finale, ce berger machiavélique de l'Église qui a trahi ses frères et il qui les a remis à la Junte militaire, les vouant à la disparition et à la torture en l'honneur d'une ambition insatiable de pouvoir.

 

 

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07/03/2013

Le Commandant a quitté l'immeuble

Voilà de quoi faire un film,l'histoire d'un homme du peuple qui, contre tout attente devient le Johnny de l’Amérique latine. Plus grand que Johnny, en réalité, un président qui a remporté 13 des 14 élections nationale. Peu de chances qu'on puisse voir un tel film gagner un Oscar.

Il est assez révélateur d'observer les réactions des politiciens autour de la planète à la mort d' El Commandante Hugo Chavez du Venezuela. Le Président Jose Mujica  d'Uruguay, un homme qui n'accepte que 10% de son salaire et qui pense que c'est plus que suffisant pour couvrir ses besoins rappelle une fois de plus qu'il qualifiait Chavez d'homme le plus généreux qu'il aille jamais connu tout en saluant la « forteresse de démocratie » dont il était le constructeur.

Comparé la déclaration copier/coller, d'Obama sans doute rédigée par un interne somnolent de la Maison Blanche, réaffirmant les soutien de l'Amérique au « peuple vénézuélien » celui-là même qui a réélu Chavez sans discontinuer depuis la fin des années 90, ou bien parlait-il du « peuple » qui échange des Martinis à Miami en le traitant de communiste démoniaque ? El Commandante a peut-être quitté l'immeuble, le corps défait par le cancer, mais la démonisation post-mortem continuera pour toujours. Une raison clé qui apparaît. La Venezuela détient une des plus importantes réserves de pétrole au monde. Washington et cette citadelle kafkaïenne ne train de s'effriter aussi connue sous l'expression Union européenne chantent des chansons d'amour aux monarchies pétrolières féodales du Golfe, pas tellement à leurs peuples, en échange de pétrole.

Contrairement, au Venezuela, El Commandante à mis à l'honneur l'idée subversive d'utiliser l'argent du pétrole, pour au moins essayer de soulager les problèmes d'une partie importante de son peuple. Le capitalisme turbo des occidentaux, c'est bien connu, ne fait pas dans la redistribution de richesses ni dans la mise en œuvre de valeurs communautaristes.D'après le Ministère des Affaires Étrangères, le Vice-Président Nicolas Maduro,et non pas le Président de l'Assemblée Nationale, Diosdado Cabello, près proche des milieux militaires restera provisoirement le Chef de l’État avant les nouvelles élections qui doivent se tenir dans les 30 jours Maduro est sur le chemin de les gagner; l'opposition politique vénézuélienne est parfaitement fragmentée. Ce qui s'épelle le Chavisme sans Chavez au grand dam de l'industrie du dénigrement pan américain et pan européen.

Ce n'est pas par hasard que le Commandant soit devenu si populaire parmi « le peuple » non seulement chez de nombreux sud-américains mais aussi sur la scène global des pays du sud. Ces « gens », pas dans le sens d'Obama, ont clairement vu la corrélation directe entre le néolibéralisme et l'augmentation de la pauvreté ( aujourd'hui, des millions d'européens en ont aussi le goût en bouche). Particulièrement en Amérique du Sud, c'est une réaction populaire contre le néolibéralisme qui, par le biez d'élections démocratiques à mener au pouvoir une vague de gouvernements de gauche depuis une décade, au Venezuela, en Bolivie, en Équateur et en Uruguay.

L'administration Bush, pour dire le moins abhorrait ces situations nouvelles, elle n'a rien pu faire pour Lula au Brésil, opérateur astucieux revêtu d' oripeaux néo libéraux (Wall Street l'adorait) qui su rester un progressiste du fond du cœur. Washington, incapable de s'en débarrasser après les réflexes putschistes des années 60 et 70, a pensé que Chavez constituait le maillon faible. Ce qui amena à la tentative d'avril 2002 dirigé par une faction militaire, prête à donner le pouvoir à un riche entrepreneur. Ce putsch soutenu par les États-Unis dura moins de 48 heures, Le pouvoir de Chavez fut rapidement restaurer, avec l'aide du peuple (le vrai truc) et de la plupart des militaires.

Donc, il n'y a rien d'inattendu à l'annonce de Maduro quelques heures avant le décès de Chavez, d'expulser deux employés d'ambassade dans les 24 heures, l'Attaché de l'Air David Delmonaco, et l'assistant Devlin Costal. Delmonaco était accusé de fomenter, avec quelques factions militaires, quoi d'autre, un nouveau coup. Ces gringos n'apprennent jamais rien. L'immense soupçon parmi les Chavistes qu' El Commandante  aurait pu être empoisonné, comme la aurait pu l’être Yasser Arafat en 2004 fait partie d'une éventualité. Du polonium 210 hautement radioactif, la CIA grande amie d'Hollywood a peut-être des idées la-dessus.
 
L'appel au verdict est ouvert, de quel genre de était-il exactement ? Il louait chacun dans le panthéon révolutionnaire de Mao au Che. Il incarnait certainement un chef populaire très habile avec une vision géopolitique bien ajustée pour identifier les schémas de subjugation séculaires du monde latino américain. Comme le montarit ses références constantes à la tradition révolutionnaire de Bolivar à José Marti. Son mantra voulait que la seule voie pour l'Amérique Latine se dirige vers une meilleur intégration, raison pour laquelle il soutenait un maesltrom de mécanismes institutionnelles tels l'ALBA (l'alliance bolivarienne), Petrocaribe, la Banco del Sur (la Banque du Sud) et l'UNASUR (Union des Pays d'Amérique du Sud).
 
Tout comme son « socialisme du 21ième siècle », qui au delà de toute camisole de force idéologique fait plus pour explorer le véritable esprit de valeurs communes comme antidote aux charges du capitalisme financier que des tonnes d'analyses académiques néo marxistes. Il ne faut donc pas s'étonner que la bande Goldman Sachs et ses cohortes le trouvait pire que la peste noire. Le Venezuela s'était muni de chasseurs  Sukhoi, entretenait des relations stratégiques avec les russes et les chinois, membres du BRICS, sans parler d'autres acteurs globaux du sud ; maintenant plus de 30.000 médecins cubains qui pratiquent la médecine préventive et vivent dans les communautés pauvres et qui ont suscité une augmentation considérables de jeunes vénézuéliens étudiant la médecine.

Des chiffres forts qui disent l'histoire ont besoin d’être connus. Le déficit public atteint 7,4% et la dette publique atteint 51,3% du produit domestique, beaucoup moins que la moyenne de l'Union Européenne. Le secteur publique, défiant les accusations apocalyptiques de « communisme » compte seulement pour 18,4% de l'économie, moins que la France aux orientations étatistes et même que toute la Scandinavie, les quotas d'exportation sont établis par l'OPEC; le Venezuela exporte donc moins vers les États-Unis( et de plus en plus vers son partenaire stratégique, la Chine).

Et voilà l'argument conclusif ; la pauvreté comptait pour 71% des citoyens vénézuéliens en 1996 et il a été réduit à 21% en 2010. Il y a des années Garcia Marquez parlait du secret d' El Commandante, celui d'un grand communicateur, il était du peuple, il était l'un d'eux de l'apparence physique au maniérisme, de l'attitude convivial au langage, constat qui s'applique aussi à Lula dans sa relation à la plupart des brésiliens, on attend qu'un autre Garcia Marquez élève Chavez au Walhalla romanesque.

Une chose est certaine, c'est qu'en termes de mythologie du sud, l'histoire se souviendra que si le Commandant a quitté l'immeuble,l'immeuble ne sera plus jamais le même.

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01/02/2013

Tout ce qui pivote, c'est de l'or

Pour citer la réplique immortelle du Faucon Maltais de Dashiell Hammett, filmé par John Huston, " parlons de l'oiseau noir" Parlons de cet oiseau d'or mystérieux, oui, parlons-en car c'est bien un scénario d'Hammett ou les protagonistes sont le Pentagone, Beijing, les guerres de l'ombre, le mouvement en général et surtout beaucoup d'or.

Commençons par la position officielle de Beijing : " Nous n'avons pas assez d'or ", ce qui mène la chine à des achats frénétique de tout l'or qu'elle peut trouver, particulièrement à Hong Kong, ce que tout le monde peut suivre en direct. La Chine est déjà le plus gros producteur et le plus important importateur d'or mondial.

Le solde or représente plus ou moins 70% des réserves détenus par les Etats-Unis et par l'Allemagne et c'est plus ou moins pareil pour la France et l'Italie. La Russie, elle aussi en pleine frénésie d'achat, n'en a que 10%. Mais le pourcentage de la chine, malgré ses spectaculaires 32.000 milliards de dollars de réserve n'est que de 2%.

Beijing observe attentivement les usuriers de la Réserve Fédérale à New York, à laquelle l'Allemagne a demandé de lui rendre son or, celle-ci lui a répondu que cela prendrait au moins sept ans.

Le journaliste financier allemand Lars Schall qui suit l'histoire depuis le début a fait, pratiquement tout seul, les liens cruciaux entre l'or, le papier monnaie, les ressources énergétiques et l'abysse auquel fait face le pétrodollar.

Si Beijing dit que la chine veut plus d'or c'est "pour garantir les risques sur ses réserves étrangères", c'est à dire les fluctuations du dollar, mais aussi en particulier, pour "promouvoir la globalisation de l'yuan" et obtenir finalement, en toute suavité, la liquidité de sa devise qui lui permettra de concourir sur les places internationales avec l'euro et le dollar, entre égaux.

Mais le cœur élusif de l'histoire, c'est que les Chinois aimeraient bien de se débarrasser de leur dépendance à l'égard du dollar et pour cela, ils ont besoin de beaucoup d'or. Ils tendent de faire pivoter leur économie vers l'yuan en espérant que l'économie globale suivra. Cette règle d'or est le Faucon Maltais de Beijing ; " le truc dont on fait les rêves".

Avons drones, accepte voyages

Le Qatar aussi pivote, mais dans le genre Moyen Orient Afrique du Nord. Doha a financé les Wahhabites et les Salafistes et même des salafistes combattants tout comme les rebelles de l'Otan en Libye, les bandes armées de l'Armée Libre Syrienne ainsi que la nébuleuse pan islamique qui occupe le nord du Mali.

Après le Département d'Etat, le Pentagone s'est réveillé en propulsant une série d'arrangements entre Doha et Washington et mettre au point une "coalition" plus comestible en Syrie. Mais des liens puissants et dangereux existent entre le francophile émir du Qatar et le quai d'Orsay, très actif, déjà, sous le règne du roi Sarko.

Tous les observateurs de la géopolitique connaissent les détails, après une fuite des renseignements généraux atterrie au Canard Enchainé, du modus operanti choisi par le Qatar. Ca n'a rien d'un casse-tête, sa politique étrangère c'est les Frères Musulmans, ici et partout, sauf à l'intérieur de cet émirat néo féodal. C'est là le Faucon Maltais du Qatar qui, en mène temps, pour la plus grande joie des élites françaises est un pratiquant avide du néo libéralisme dur et des premiers investisseurs de l'économie française

Ainsi, la coalescence de leurs intérêts met en œuvre le capitalisme du désastre avec succès en Libye et pas encore en Syrie. Le Mali, c'est autre chose, c'est là que les intérêts de Paris et de Doha divergent, sans parler de Doha et Washington, du moins pour ceux qui ne croient que le Mali pouvait être un prétexte pour rafraîchir l'empreinte de l'Africom

La presse algérienne se noie dans l'outrage en questionnant les agendas qataris et français, depuis que le prétexte fonctionne si bien.

Sans surprise, l'Africom est dans le rôle et l'Amérique s'apprête à installer une base de drones au Niger, c'est le résultat pratique de la visite du Général Carter Ham, commandant de l'Africom à Niamey, il y a quelques jours.

Il n'y a plus qu'à liquider les vieux turbo-props qui tournent au-dessus de l'Afrique de l'Est depuis des années. Voici venu l'époque des prédateurs, traduction : le futur chef de la Cia, John Brennan prévoit de couvrir une guerre de l'ombre, partout, dans la zone Sahara Sahel.

Pour l'Africom, le Niger, c'est de la tarte, le nord est le site de toutes ces mines d'uranium qui fournissent l'industrie nucléaire française. Cette région se trouve très près des réserves d'or du Mali. Imaginez tout cet or dans une région "instable" qui tomberait entre les mains des compagnies chinoises. L'instant du faucon maltais qui aurait enfin suffisamment d'or pour virer le dollar serait à portée de la main.

Le Pentagone a même donné la permission à tous ses appareils de se ravitailler en carburant partout et ainsi qu'à Agadez. La légion française a peut-être fait le sale boulot au sol. Mais c'est l'Africom qui, au final, en ramassera tous les profits partout au Sahara Sahel.

Que saviez vous à propos de l'oiseau (asiatique) ?

Ce qui nous ramène au fameux pivot vers l'Asie, censé être la priorité géopolitique de la seconde administration Obama. Tout irait bien avec les rotations, en mode drone, de l'Africom au Sahara Sahel, si ce n'est l'irritation croissante de la Chine et Washington, qui avec Doha font "pivoter" leur soutien vers d'anciens "terroristes" rhabillés en "Combattants de la Liberté" et vis et versa.

Sans mentionner ce qui ne bouge pas, dans cette sombre affaire, le soutien effarant de l'administration Obama 2.0, à l'institution médiévale de la maison Saoud et à la "stabilité dans la péninsule arabe"

La rotation vers l'Asie est un produit du plan Marshall, totem originel de la sécurité nationale américaineMarshall est à la Source de la révolution dans les affaires militaires, comme tous les fans de Donald Rumsfeld le savent. L'échec "Choc et Effroi", qui n'a servi qu'à détruire l'Irak presque sans retour, même en y injectant le capitalisme du désastre est suivi d'une doctrine nouvelle nommée "Combat Air Mer"

Cette assomption prévoit que Beijing attaquera les forces américaines dans le Pacifique, ce qui est ridicule, Alors les Etats-Unis riposteront par une "campagne aveuglante", l'équivalent naval de Choc et Effroi. La force aérienne et la marine adorent ce concept parce qu'il implique beaucoup de dépense en matériel stationné dans plein de bases sophistiquées dans le Pacifique et en haute mer.

Ainsi le style contre insurrection à la Petraeus devient la guerre des ombres de John Brennan. Pseudo stratégie, car la vraie raison de ce déploiement est de garder les budgets concoctés par le Pentagone à des niveaux exorbitants en vendant une nouvelle guerre froide avec la Chine. On a pu, un jour, entendre Marshall dire à propos de la Chine : " ils n'amasseront jamais assez d'or pour mener à bien leurs plans démoniaques ". Sans l'aplomb de Bogaert naturellement. Dashiell Hammett serait surpris. Le Faucon Maltais de Marshall est la guerre dont les rêves sont faits

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04/01/2013

Pour qui sonne le glas syrien

La tragédie géopolitique de 2013 restera celle de 2012 : le viol de la Syrie

Un des passages favoris d'Hemingway, Alep avec son souk le plus extraordinaire du Moyen-Orient, son architecture, son peuple et ses marchands, cœur d'Alep depuis ses siècles,, le voilà, incendié et détruit par les "rebelles" de la soi-disant Armée Libre de Syrie.

Dans cette tragédie syrienne, pas d'Hemingway et pas de Robert Jordan des Brigades Internationales pour combattre ensemble avec les révolutionnaires républicains durant la guerre civile espagnole. Ces brigades internationales sont faites de Salafistes et de Djiadistes qui décapitent et font exploser des voitures. Sans oublier quelques jeunes américains qui sont les pions technologiques de ces rapaces nommés OTAN et CCG (Conseil de Coopération du Golfe).

Le drame continue, l'état syrien, son appareil politique et ses institutions de sécurité militaire maintiendra sa petite guerre éclair, sans arrière pensées à propos des dommages collatéraux. Dans l'autre camp, les commandants rebelles parieront sur le nouveau Conseil Militaire Suprême encouragé par les Saoudiens et les Qataris

Les Salafistes et les Djiadistes du Front al-Nusrah, des fanatiques du septième siècle, décapiteurs enthousiastes font le gros des combats sans y être invités. Après tout le Front al-Nusrah n'est-il pas nommément décrit par Washington comme une organisation terroriste.

Si on observe la réaction des Frères Musulmans, le Député, Contrôleur Général Mohammed Farouk Tayfour dit que les réactions sont "trop hasardeuses" tandis que le nouveau chef de l'opposition syrienne, Ahmed Moaz al-Khatib, à Marrakech, pense que les décisions doivent être "réexaminées". Virtuellement, tous les porte-parole rebelles n'ont-ils pas déclarés leur amour immortel pour la radicalité en plaidant leurs allégeances à al-Nusrah.

Donc, avec tous les fanatiques d'al-Nusrah, qui, pour l'instant, dissimulent leurs barbes correctement islamiques, sous de prosaïques capuchons, s'attendent à de nouvelles avancées rebelles sur Damas, en dépit de deux défaites majeures (fin juin et en décembre) dues à la courtoisie de contre-offensives gouvernementales.

Après tout, ces jolis messieurs, entraînés aux Etats-Unis, des forces spéciales américaines, anglaises et jordaniennes doivent produire des résultats sans mentionner les quantités toujours plus grandes d'armes létales dispensées par ces parangons de la démocratie dans le Golfe Persique. Sinon, le Front al-Nusrah Front contrôle des sections entières d'Alep, ville dévastée.

Les règles de la haine sectaire

Nous avons aussi la toute nouvelle Coalition Nationale des Révolutionnaires Syriens et des Forces de l'Opposition, une coproduction Doha Washington. Rencontrez le nouveau chef, c'est le même que l'ancien, le Conseil National Syrien. Ce n'est que de la rhétorique, en fait, la seule chose qui les intéressent, c'est d'acquérir de plus en plus d'armes mortelles. Et ils aiment al-Nusrah, même si Washington ne l'aime pas.

Les Qatar, a déversé des tonnes d'armement "comme des bonbons" (d'après un marchand d'armes américain) sur la Libye "libérée" Après le coup de Benghazi, le Département d'Etat s'est dit qu'en continuant à armer les rebelles syriens comme çà, ils prenaient les mêmes risques qu'en Libye. Traduction: le Qatar continue à fournir de grandes quantités d'armes aux rebelles et l'Amérique continue à "diriger par derrière".

Il faut s'attendre à plus de massacres sectaires comme celui d'Aqrab, à d'autres distorsions contextuelles. Le Ministre des Affaires Etrangères russe Mikhaïl Bogdanov dit : " Les combats vont encore s'intensifier et la Syrie perdra encore des dizaines ou meme des centaines de milliers de civils. Si c'est le prix à payer pour l'empêchement du président et s'il vous semble acceptable, pas à nous".

La Russie fait tout ce qu'elle peut pour empêcher que cela n'arrive et si les "rebelles" de l'OTAN mènent à bien leurs menaces et qu'ils attaquent les ambassades de Russie et d'Ukraine à Damas, alors il va falloir qu'ils règlent leurs barbes sur la vitesse maximale pour échapper aux Spetnatz, les forces spéciales russes.

On peut s'attendre à plus grave comme le Cheikh Sunnite, vedette d'al-Jazeera, Yusuf al-Qaradawi qui formula incidemment une fatwa légitimant la mort de millions de syriens, qu'ils soient civils ou militaires peu importe tant qu'ils soient Alaouites ou Chiites.

La haine sectaire gouvernera, avec le Qatar à sa tète suivis par les Saoudiens avec leurs grands livres assortis d'islamistes purs et durs. L'agenda, c'est la guerre contre les Chiites, contre les Alaouites, même contre les modérés pas seulement en Syrie, mais partout au Moyen-Orient.

Un face à face Patriot contre Iskander

La nouvelle stratégie de l'Armée Syrienne Libre consiste à se retirer des ses bases à la campagne pour concentrer ses troupes dans les villes et les agglomérations.

Attendons-nous à ce que la stratégie générale du club de l'OTAN reste plus ou moins la même, tenter de battre l'Armée Syrienne, là où c'est possible, les démoraliser et savonner la planche pour son éventuelle intervention ( les armes chimiques et le discours sur la "catastrophe humanitaire" font partie du paquet psychologique opérationnel).

Les Syriens ont beau détenir les armes lourdes mais confrontés à un tsunami de mercenaires, de Salafistes et de Djiadistes armés et entraînés par l'OTAN, toute l'affaire peut prendre des années dans le style de la guerre civile au Liban. Ce qui nous mène à la "meilleure" option : la mort de l'état syrien par des milliers de blessures grandes et petites.

Ce qui est certain c'est que la "coalition des volontés" contre la Syrie, n'aura aucun problème à ramasser la mise quand le jeu s'achèvera. Washington parie sur un régime post-Assad gouverné par les Frères Musulmans. Il ne faut dont pas s'étonner de voir le petit Roi de Jordanie devenir nerveux, il sait que les Frères Musulmans prendront le pouvoir en Jordanie aussi, ce qui l'empêchera de rester le meilleur client permanent de chez Harrods.

Ces modèles de démocratie, les pétro monarchies médiévales du Golfe, ne sont pas moins inquiets tant ils craignent la popularité des Frères Musulmans comme on craint la peste. Le Kurdistan Syrien, maintenant bien engagé sur la voie d'une totale autonomie et d'une liberté éventuelle, aggrave la position d'Ankara dans un conflit que les Turcs mènent depuis quarante ans. Sans compter sur la perspective de Salafistes et de Djiadistes sans emploi coincés entre les frontières et qui sont prêts à tomber amok.

Téhéran a déjà prévenu Ankara en termes assez catégoriques des conséquences du déploiement prochain du système de missiles de défense de l'OTAN.

Le porte-parole du Pentagone, George Little, dans un de ses chef-d'œuvres n'a-t-il pas affirmé que " Les Etats-Unis aide la Turquie dans son effort d'autodéfense (contre la Syrie)."

Voilà pourquoi 400 militaires américains s'installent en Turquie afin de piloter les deux batteries de missiles Patriot pour mieux la défendre contre " les menaces potentielles émanant de la Syrie".

Traduction: çà n'a rien à voir avec la Syrie, c'est surtout la présence militaire russe en Syrie qui les énerve. Moscou a offert, non seulement les très efficaces missiles sol-sol hypersoniques Iskander (virtuellement immunisés contre les mesures antimissiles mais aussi le système de défense à cibles multiples Pechora 2M), un cauchemar pour le Pentagone si jamais une zone d'exclusion aérienne est décrétée contre la Syrie.

Bienvenue à la confrontation entre Patriot et Iskander. Juste sur la ligne de feu, nous trouvons le Premier Ministre turc Recep Tayyip Erdogan, à l'ego démesuré, et qui expose un profond complexe d'infériorité dans ses relations avec les Européens. On le laisse dans le froid, en attendant, la mise en œuvre des plans du maître.

Le talon d'Achille de la Turquie (à part les Kurdes), c'est le fait de se promouvoir au carrefour des routes de l'énergie entre l'Est et l'Ouest. Le problème, c'est que la Turquie dépend, pour ses fournitures en énergie, à la fois de la Russie et de l'Iran. Sottement, elle s'aliène les deux en même temps, avec sa politique syrienne informe.

Malédictions et brouillards

Comment résoudre cette tragédie ? Personne ne semble écouter le Vice-Président syrien Farouk Al-Sharaa.

Dans un échange de vue avec l'organe libanais Al-Akhbar, il souligne que " la menace de voir, par la présente campagne, la Syrie, son histoire, sa civilisation et son peuple... chaque jour qui passe, la solution s'éloigne, militairement et politiquement, Nous sommes dans la position de devoir défendre l'existence de la Syrie".

Il ne possède pas " une réponse claire à la question" mais il a un plan :

N'importe quelle solution soit en commençant des conversations entre arabes, dans les capitales régionales ou étrangères, ne peut exister sans une solide fondation syrienne ; La solution doit être syrienne. Elle se composerait d'un règlement entre les principaux pays de la région et le Conseil de Sécurité de l'ONU.

Cet arrangement doit inclure l'abandon de tout forme de violence et la création d'un gouvernement d'unité nationale avec de larges pouvoirs qui devra solutionner les dossiers sensibles relatifs à la vie des gens et à leurs demandes légitimes.

Ce n'est pas ce que veut le complexe otanesque, les Américains, les Anglais, les Français, les Turcs, le Qatar, l'Arabie Saoudite sont déjà tous engagés par leurs agendas divergents respectifs. L'OTAN a déjà accompli un objectif, assez similaire à l'Irak en 2003, réduire en poussière la fragile fabrique sociale syrienne.

C'est le capitalisme du désastre en action, phase I, le terrain est déjà prêt pour une "reconstruction" profitable de la Syrie, une fois le gouvernement turbo capitaliste pliable installé.

Parallèlement, les réactions sont souvent suscitées par leurs propres mouvements mystérieux ; des millions de Syriens qui initiallement, soutenaient l'idée de mouvement pro-démocratique, des classes d'affaire de Damas aux négociants d'Alep soutiennent aujourd'hui le gouvernement contre le nettoyage ethnique et religieux proposé par les "rebelles" du genre d'al-Nusrah.

Voilà, coincés entre l'OTAN, les Russes et les Iraniens de l'autre coté, les Syriens n'ont nulle part ou aller. Rien n'arrêtera l'OTAN de créer, dans le sang, n'importe quelle entité douteuse, allant d'émirats pro-américains à des "démocraties" gouvernées par les Frères Musulmans.

Il est facile de voir pour qui sonne le glas en Syrie, il ne sonne pas pour toi, mais pour la malédiction, l'égarement, l'errance, la mort et la destruction.

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