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29/07/2012

La guerre sainte en Syrie et le cours de l'histoire

 

 

Washington est clairement indisposé à la fois par intransigeance de Pékin et de Moscou, leur positions sur la crise syrienne et leur absence de volonté à justifier une frappe directe sur le Président Bashar al-Assad avec un blanc-seing de l'ONU. Les représentants américains à l'ONU qui décrivent de manière si vivante la brutalité du régime d'Assad en faisant appel à la fibre morale de la communauté internationale, en particulier, naturellement, à celles de la Chine et de la Russie. Les gouvernements des deux pays ne sont pas convaincus pour un certain nombre de raisons. L'une d'entre elles est que l'indignation morale de Washington passe difficilement le test de l'histoire puisque l'Amérique fut une amie de Joseph Staline, d'Augusto Pinochet et du Shah d'Iran. Cette nation a démontré que quand il s'agit de négocier des programmes politiques urgents, elle le peut avec des dictateurs de droite comme de gauche. Elle n'a non plus rien fait pendant les massacres génocidaires, de l'holocauste juif au génocide rwandais. En même temps, il ne serait pas logique d'accepter l'idée que Washington n'a aucuns amis étrangers dans son affaire syrienne. Il en a un, imprévisible Le Centre Kavkaz, le véhicule Internet des djihadistes du Nord-Caucasse. Récemment, Moscou a intensifié ses efforts pour mettre ce site hors ligne, mais il continue à fonctionner sous forme de blog c'est à dire à défier le Kremlin. Ses contributeurs encensent l'opposition syrienne comme des amis de coeur et encourage implicitement ses tentatives pour se débarrasser du régime d'Assad

Cette occurrence n'est pas isolée, Les autorités irakiennes ont informé le monde qu'un courant continu de djihadistes arrive en Syrie pour se joindre au combat contre Assad, elles n'ont pas seulement demandé des pressions de la part des américains mais aussi un engagement militaire direct dans les affaires syriennes, c'est à dire, implicitement, à une rupture directe avec l'Iran. Évidemment, une confrontation avec l'Iran en serait le résultat final. Mais bien qu'ils encouragent l'engagement direct, ils sont pourtant loin d'être des amis de Washington.

Après le 11 septembre 2001 les Centre Kavkaz présentait les Américains comme d'affreux zombies infidèles qui méritaient leur destinée, il affirmait que des centaines de milliers d'américains étaient morts et rendait hommage à ceux qui avaient démontré combien il était facile d'égarer l'Amérique grâce à quelques héros du djihad intelligents et sans égoïsme.

On peut supposer que cette attitude des djihadistes, y compris ceux engagés en Syrie ne soit pas un secret, pour Washington, spécialement pour les conservateurs si pressés de s'engager dans le conflit. Ce n'est pas, bien sur, du à un désir de sauver des vies. En réalité, ils font de leur mieux pour détruire les plans sociaux et médicaux prônés par les démocrates, indépendamment du fait que plusieurs milliers d'américains meurent chaque année par manque de traitement médical. Ici, le but majeur est d'affaiblir l'Iran, le problème géopolitique majeur des États-Unis au Moyen-Orient.

Ou pourrait mener une mésalliance si étrange ? Les analystes de Washington pensent qu'ils peuvent rouler leurs adversaires avec un genre de jeu byzantin. Quoi qu'il en soit, pour comprendre le résultat assez probable d'une telle stratégie, ils devraient se tourner vers le lieu de naissance du byzantinisme moderne, la Russie, et étudier le déroulement d'événements similaires, il y a presque un siècle.

Lénine, marxiste radical qui trouva sa maturation politique au début du siècle dernier, était convaincu que les masses satisfaites ne se lèveraient pas pour rejeter l'ordre capitaliste global, et que les Bolcheviques, son parti, étaient trop faibles pour s'engager contre le régime tsariste dont la chute aurait mené à une révolution mondiale et ou les masses établiraient un socialisme idéal global et plus tard une société communisme. Société qui rappelle un peu le califat général, but des djihadistes. Les Bolcheviques, groupe minuscule au début du vingtième siècle ne pouvait réussir que si les impérialistes s'autodétruisaient. Peu ami du Kaiser, il rêvait d'une confrontation générale entre Moscou et Berlin, en fait d'une guerre globale.

Aucune guerre générale européenne ne se montrait à l'horizon ; les dernières guerres, celles de Napoléon, vieilles de presque cent ans. Tout suggérait si on présumait de la santé mentale des plus grands chefs européens, qu'une telle guerre serait improbable. Les armes étaient devenues si destructives, les forces s'équilibraient et l'intégration européenne si avancée économiquement et politiquement, seul un fou comme Friedrich Nietzsche prédisait un énorme bain de sang dans le futur, que les Européens s'engageraient dans un conflit continental majeur.

Lénine le comprit et fit part de sa frustration à Maxime Gorky, le fameux écrivain radical russe. "Cher Alexis Maximovich," écrivait-il en 1912," la grande guerre européenne serait un bénéfice pour la révolution, hélas, ni le Tsar ou le Kaiser, ne nous procureront un tel plaisir". Lénine, et il n'était pas le seul, surestimait l'Empereur d'Allemagne et ses conseillers. Ils croyaient, comme les conservateurs américains, que ce serait une guerre éclair, il profitèrent de leur "11 septembre" le meurtre de l'Archiduc François-Joseph, comme un prétexte pour lancer la première guerre mondiale. La guerre n'obéit point au scénario allemand, et les évènements furent un peu similaire à ceux du Moyen-orient un siècle plus tard. La guerre éclair se tourna en guerre d'usure bien sale, les ressources allemandes commencèrent à s'épuiser dans sa propre version de la "séquestration" du budget militaire américain aujourd'hui attendue.

Tandis que les Européens mourraient par millions, Lénine se trouvait en extase, pour les grandes souffrances des masses renforcées des frustrations séculaires, qui rendaient la révolution russe possible. L'Empire Allemand en notant Lénine et ses suivants, comme Washington aujourd'hui au Moyen-Orient, qu'il pourrait utiliser les radicaux russes pour déstabiliser la situation en Russie et mener l'Allemagne à la victoire. Raison pour laquelle Berlin fournit des fonds à Lénine afin de lui permettre de voyager en Russie dans des "trains scellés" quand le Gouvernement Provisoire libéral qui émergea après février/mars 1917 l'autorisa à rentrer. Les Bolcheviques, menèrent la Russie à une seconde révolution, signèrent l'armistice avec l'Allemagne par comme disait Lénine "l'obscène traité" de Brest-Litovsk.

Berlin ne profita pas très longtemps des fruits de son stratagème. Les germes de la révolution se répandirent en Allemagne et menèrent à la chute de la monarchie allemande. Une génération plus tard, les fils spirituels et politiques de Lénine entrèrent avec leurs chars à Berlin.

Naturellement, l'histoire ne se répéta pas mot à mot, mais dessina quand même un nombre de ressemblances significatives. Les djihadistes du Nord Caucase au Moyen-Orient, croient que la chute d'Assad, mieux, une guerre avec l'Iran accomplira ce que la guerre des Américains avec l'Irak n'a pas su faire c'est à dire initier le chaos, non seulement au Moyen-Orient, mais avec un peu de chance globalement, ce qui permettrait aux djihadistes d'émerger.

Si cela arrive, le courant de marée du terrorisme ne touchera pas seulement Moscou et Beijing, les ennemis de Washington mais aussi Jérusalem. C'est la raison pour laquelle on entend à peine la voix du Premier Ministre Benjamin Netanyahu qui n'est guère excité par une chute brutale du régime d'Assad. Néanmoins, les Américains entendent avec difficulté les voix sobres de Jérusalem, non seulement parce qu'ils pourraient les jeter facilement comme ils l'ont fait, malgré toutes les assurances, avec Moubarak en Egypte, pas seulement pas qu'ils pensent que les Israéliens seraient peu affectés par le chaos et les vagues de terreur, mais aussi à cause des changements fondamentaux de leur politique.

Comme les problèmes économiques sont devenus trop évidents pour rester ignorés, les élites américaines ressentent que ce n'est pas seulement leur prédominance économique qui commence à faiblir mais aussi leur influence géopolitique qui commence à leur échapper des mains à grande vitesse. L'Amérique est une femme qui ne vieillit pas très bien sans se préparer à l'avenir. Dans ce cas, le nouvel ordre mondial et son privilège économique, son niveau de vie et son influence seront beaucoup plus modestes.

Obama et ses thuriféraires continuent à proclamer qu'ils ne font que rebondir pour mieux sauter. Et que, pour cette raison "elle" peut s'engager dans des actions stupides dont ne profitera que son amant djihadiste vigoureux et charismatique, préparé, par la persévérance, la planification à long terme et le sens du sacrifice, qualités aujourd'hui bien peu américaines

Alors, l'histoire pourrait bien se diriger vers une direction entièrement nouvelle, comme elle l'a fait en 1914, quand bien peu de gens connaissaient Lénine et bien moins encore Staline, Adolphe Hitler et Benito Mussolini, et que pratiquement personne pouvait prévoir ce qu'ils feraient dans le futur.

Comme Hegel le signalait avec raison, " La chouette de Minerve n'étend ses ailes qu'au crépuscule " ce qui veut dire que le sens des évènements ne peut être compris que rétrospectivement.

 

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07/06/2012

La vraie vie de Stanley

Il est peu vraisemblable qu'Henri Morton Stanley,savait, quand il rejoignit un régiment d'artillerie de l'Illinois, le 4 juin 1862, que son action validait un principe darwinien central, que ce n'est pas forcément le plus grand et le plus fort qui survivent, mais le plus adaptable.

 

Stanley, soldat de la Confédération, capturé à Shiloh et emprisonné au Camp Doublas à Chicago, prison marécage ou 200 des 8.000 prisonniers moururent au cours de la première semaine, laissa des notes, plus tard à propos des conditions de la prison" c'était la négligence et de nombreuses vies furent perdues... une époque stupide et sans cœur coupable d'énormités qui demanderait aux plus saints de pardonner", il prit la sortie même si cela signifiait combattre pour l'autre coté.

En changeant de camp, Henri devint le premier des 6.000 ainsi nommé "Yankees Galvanisés" qui passèrent du gris au bleu(galvanisé, parce que dans le procédé de la galvanisation revêt l'acier d'une fine couche de zinc bleuâtre, alors que le métal en dessous reste le même). Pour éviter qu'ils ne combattent leurs anciens camarades, la plupart des Yankees Galvanisés furent envoyer dans l'Ouest pour combattre les Indiens. Mais comme Stanley était un émigrant récent, son unité de l'Illinois fut envoyée en Virginie. Sur le chemin, il souffrit les effets des infections de Camp douglas et fut hospitalisé à Harper's Ferry le 22 juin.

Ce n'était pas la première fois que Stanley manifestait sa capacité d'adaptation. En 1858, il arrivait à la Nouvelle-orléans à 18 ans, il s'appelait John Rowlands ; il abandonna bien vite son boulot de garçon de cabine obtenu à Liverpool et disparu dans la cité. Il ne laissait pas grand chose derrière lui, sa mère prostituée galloise et le père inconnu. Son grand-père maternel le fit grandir jusque sa mort cinq ans plus tard. Depuis lors, comme dans Dickens, il vécut dans un "atelier", lieu d'accueil pour les indigents non-invalides, obligés souvent d'effectuer des travaux pénibles pour conserver leur place.

On ne sait comment, le jeune John s'arrangea pour obtenir quelque éducation en route. Grâce à la connaissance de la lecture, de l'écriture et de l'arithmétique, arrivé à la Nouvelle-Orléans, il fut rapidement engagé par un marchand local. Graduellement, le propriétaire, vieux et sans enfants, s'intéressa de plus en plus à John. Il parla au garçon des perspectives commerciales favorables de l'ouverture d'un magasin sur un des tributaires, en amont du Mississipi. Un an plus tard, John s'installait sur un site tout près de la ville appelée aujourd'hui Pine Bluff dans l'Arkansas. Mais d'abord, il changea son nom en une variante du patronyme d'un marchand de coton fort admiré à la Nouvelle-Orléans John Rowlands devint Henry Morton Stanley.

Après le raffinement de la Nouvelle-Orléans, Stanley se trouva choqué par le chauvinisme, la violence et l'orgueil imbécile qu'il trouva parmi les planteurs de l'Arkansas et les hommes de la foret qui parlaient vite d'honneur et rapidement de se venger. En retour, le garçon s'initia aux fusils et aux pistolets; il acheta un Smith et Wesson et on l'envoyait, de temps en temps, collecter les impayés.

Mais des dangers plus grands se firent jour en juin 1861, la jeunesse de la région rejoignit une compagnie confédérée connue comme les"Gris" ; Henri resta coi jusqu'au jour ou il reçut un paquet, adressé par une main féminine, contenant une chemise et une petite veste, équivalent local la plume anglaise symbole traditionnel de couardise. Il rejoignit les Gris qui devinrent part du sixième régiment de l'Arkansas.

 

Il fut parmi les premiers à attaquer Shiloh. Juste avant la première charge, un ami de Stanley, Henri Parker, âgé de 17 ans, mettait des violettes à son képi en espérant que les Yankees ne le tuerait pas, simplement parce que " les fleurs sont signe de paix" Alors que les Gris s'approchaient et se trouvèrent sous le feu d'artillerie, Stanley note : " le monde entier semble plongé dans une gigantesque ruine".Image2.jpg

 

 

 Le pied de Parker fut écrasé. Le second jour, Stanley se retrouva isolé et fut capturé. Durant la marche vers l'arrière, de nombreux soldats sudistes l'auraient tué plusieurs fois sans l'intervention de ceux qui le capturèrent. Apparemment, après séjour à Harper’s Ferry, il décida qu'il en avait assez de la guerre. Il déserta les confédérés et retourna à Liverpool en septembre1862. Sa mère refusa de le recevoir en lui disant "ne reviens jamais si ce n'est pas dans de meilleures circonstances".

Il retourna brièvement à la mer pour finir à Brooklyn en octobre 1863. Il avait, sans doute, oublié son dégoût pour la guerre civile et l'été suivant décida de rejoindre la marine fédérale comme sous-officier et secrétaire sur la frégate le Minnesota. Son poste lui permit de vendre un article racontant l'histoire d'un des engagements de la frégate. En février 1865, Stanley déserta à nouveau et fut sans doute un des seuls hommes qui servirent et désertèrent les deux armées.

Après la guerre, il plongea à plein temps dans le journalisme, couvrant d'abord les guerres indiennes. Plus tard, il persuada le New York Herald, le plus important journal de la ville, de financer une mission pour trouver le docteur David Livingstone, missionnaire pionnier et explorateur de l'Afrique. En1850 Livingstone fut le premier à traverser l'Afrique mais à la fin des années soixante, on ignorait ou il se trouvait. Stanley proposait de le retrouver, de lui fournir des vivres et d'en écrire l'histoire pour le journal.

Il s'ensuivit huit mois d'aventures, Henry trouva Livingstone qui vivait dans un village tout près du lac Tanganyika. Il est peut probable qu'il prononça la fameuse phrase "Docteur Livingstone, je présume ?" Mais il en fit usage pour illustrer son article. Le voyage les rendirent célèbres tous les deux, il n'avait jamais reconcé à sa nationalité britannique, on le fit chevalier.

Deux ans plus tard, Stanley, entièrement absorbé par l'Afrique, explora le bassin du Congo. Il est difficile d'ignorer les difficultés d'une expédition de mille jours qui se termina en août 1877. Débutant avec une équipe de 350 membres, quand elle se conclut, qu'il n'en restait que 100, parmi lesquelles, Stanley était le seul blanc. Ce fut aussi une expérience brutale pour la population indigène. Il n'hésitait pas à combattre tous ceux qui se mettaient dans son chemin et suivant l'explorateur Richard Burton, "Stanley tue des nègres comme s'ils étaient des singes". Burton n'était pas le seul à observer les mouvements de Stanley. Après la lecture d'un journal le roi des belges Léopold, avide se s'approprier un morceau de continent, se dit que ce vaste territoire au milieu de l'Afrique, que personne ne réclamait, ferait bien l'affaire. L'année suivante, il embaucha Stanley en lui offrant un contrat de cinq ans pour obtenir des concessions commerciales au Congo. Les Belges étant assez réticents à s'engager dans la colonisation s'arrangea pour que les concessions acquises par Stanley soient attribuées à une compagnie privée possédée par le roi.

Obtenir la reconnaissance diplomatique était un défi pour une compagnie privée, mais Léopold identifia un précédent dans la Société pour la Colonisation Américaine, une association privée qui organisait le Libéria comme un foyer de colonisation pour les anciens esclaves américains libérés. Il engagea Henry Sanford, un ancien ambassadeur de Lincoln en Belgique afin de convaincre le Président Chester A. Arthur d'avaliser la souveraineté privée des territoires réclamés par le roi. Ce qui lui créa un levier suffisant pour obtenir aussi la reconnaissance de la Prusse. Graduellement d'autres pays acquiescèrent. En conséquence, la compagnie du roi obtint une souveraineté privée sur un territoire grosso modo de la taille de la moitié Ouest des Etats-Unis.

L'Etat Libre du Congo évolua vers un statut colonial conventionnel en devenant le Congo Belge. L'exploitation coloniale se montra cruellement impitoyable en fondant sur les ressources naturelles et les mines ou travaillait une main d'œuvre d'esclaves. Parmi celle-ci se trouvait Shinkolobwe, ou on découvrit de riches gisements de nickel, cobalt ainsi qu'un métal d'un poids inhabituel découvert en 1915. On trouvait peu d'usage à ces lourds lingots mais à l'aube de la seconde guerre mondiale quand les expériences de réaction nucléaires en chaîne impliquèrent l'usage de ce métal, il produisit des bombes exceptionnellement puissantes.

Soudain les lingots d'uranium de Shinkolobwe devinrent une ressource stratégique. En 1941, la mine expédia 1.250 tonnes d' uranium partiellement raffiné à Staten Island pour un stockage sécurisé ou elles restèrent jusque leur achat par le projet Manhattan deux ans plus tard. Presque tout l'uranium utilisé par Robert Oppenheimer et l'équipe de Los Alamos venait du Congo Belge.

Ce territoire, initié par monarque mineur européen, légitimé par un précédent diplomatique américain, amené à l'existence avec la complicité du Président Arthur de concert avec un ancien ambassadeur de Lincoln et d'abord exploré par un Yankee Galvanisé fit que pour les soldats de la seconde guerre mondiale, le passé de la guerre civile américaine n'était pas mort, il n'était même pas passé.

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01/05/2012

Le Sud, la guerre et l'esclavage chrétien

Dans l'esprit de nombreux sudistes, la capture de la Nouvelle-Orléans, le 25 avril 1862 par les forces de l'Union représentait d'avantage qu'une défaite militaire troublante. Elle mit aussi en évidence la possibilité dérangeante d'une punition divine infligée à une Confédération pécheresse égarée spirituellement. La perte de la ville et du port le plus important suivait celle de Fort Henri et Fort Donelson, ouvrages du Tennessee, en février et la retraite ignominieuse de Shiloh début avril. Ces retraites, après les succès pratiquement ininterrompus de 1861, poussèrent les Confédérés à se demander comme l'exprime les mots de la nouvelliste de Caroline du Sud Pauline De Caradeuc Heyward, si « ces revers et ces terribles humiliations venaient de Lui pour rendre nos cœurs humbles et nous rappeler que nous sommes impuissants sans Son aide ». Ce genre de pensée incarnait une réflexion typique de l'Amérique du dix-neuvième siècle. Avec différents degrés de sophistication et de conviction, les américains pensaient que les croyances des individus et des nations se déroulaient accordement à un plan divin intangible, tous les événements, grands et petits, réfléchissaient la volonté de Dieu étaient l'expression soir de sa faveur, de son épreuve ou de son jugement. Bien sur, certains tel le confédéré Edward Porter Alexander écrira du conflit que la «  Providence s'en fichait comme de colin tampon ».Mais la plupart des des nordistes et des sudistes, luttèrent tout au long de la guerre pour discerner les buts et les intentions de leur Dieu. Alors que les masses innombrables des deux bords dépendaient des narrations théologiques pour les soutenir, une vision providentielle de l'histoire influença particulièrement la manière de réagir des sudistes et leur interprétation des événements de la guerre.

Après tout, le préambule de la constitution confédérée, contrairement à la constitution fédérale invoquait explicitement « la faveur et la guidance du Dieu Tout-Puissant ». Les sudistes se pensaient peuple choisi par Dieu pour manifester Sa Volonté sur terre. « Nous réalisons une grande pensée divine », déclarait le théologien épiscopalien James Warley Miles, « c'est à dire un développent humain supérieur par la capacité de sa liberté constitutionnelle ». Il se faisait le héraut d'un mandat divin s'étendant bien au delà de la simple interprétation confédérée sur le droit des états et que les sudistes liés par la bible pour chercher davantage qu'une indépendance égoïste. La Confédération doit « montrer au monde un effort suprême de l'humanité » afin de créer et de défendre une société construite sur l’obéissance aux prescriptions bibliques en regard de l'esclavage, une société « sanctifiée par l'esprit divin du Christianisme ». En résumé, comme l’Église Épiscopale de Virginie en fit état un peu après le début de la guerre civile, les sudistes combattaient pour « une révolution aussi bien ecclésiale que civile ». qui établirait, rien de moins,dans les mots d'une femme de Géorgie que  « l'établissement final et universel de la civilisation de l’Évangile ». Cette « civilisation de l’Évangile » beaucoup pensaient qu'elle ne faisait pas que permettre l'esclavage mais aussi qu'il était requis et les chrétiens, partout dans la Confédération, se trouvaient convaincus qu'ils étaient appelés non seulement à perpétuer l'esclavage mais aussi à le « perfectionner ». ils trouvèrent dans la bible les guidances morales pour justifier leur pratique. Les patriarches de l'ancien testament possédaient des esclaves, la loi juive le permettait et les lettres du nouveau testament de l’apôtre Paul obligeaient les esclaves à l'obéissance à leurs maîtres. De plus, les sudistes ne se fatiguaient jamais de souligner leurs griefs contre l'abolition et les évangiles n'enregistrent nulle part la condamnation de la pratique par Jésus Christ. En conséquence apparaît un paradoxe fascinant sinon incertain dans l'effort des maîtres d'esclaves pour remplir ce qu'il considéraient comme des devoirs imposés par la divinité à l'égard des esclaves. Les chrétiens du sud croyaient que la bible imposaient aux maîtres toute une quantité d'obligations pour leurs esclaves. Fondamentalement, les maîtres devaient regarder leurs esclaves comme des membres à part entière de leur propres maisonnées et comme des frères et des sœurs dans le Seigneur. Comme le déclarait la Conférence Méthodiste de Caroline du Sud avant la guerre, les maîtres pèchent contre leurs esclaves par «  un travail excessif, des punitions extrêmes, la rétention de la nourriture et des vêtements nécessaires, la négligence de la maladie et du grand age etc... » De plus, les maîtres ne pouvaient pas laisser des considérations économiques gouverner le traitement de leurs esclaves. Les chefs religieux imploraient des maîtres d'esclave la reconnaissance du mariage et de la famille comme une prescription divine et qu'en conséquence, ils ne pouvaient séparer les époux ni les parents de leurs enfants même quand il était avantageux financièrement de le faire. Presque' aucune loi ne résulta de ces plaidoyers, seule, la force de la conscience déterminait si ces prescriptions bibliques se trouvaient honorées. Beaucoup de protestants du sud se firent les avocats de l’abolition des lois qui prohibaient l'alphabétisation des esclaves pour qu'ils puissent lire la bible comme moyen de leur salut éternel. Avant la guerre, ces pratiques étaient d'abord justifiées par les mandats bibliques. Non sans coïncidence mises en œuvre afin de s'assurer d'esclaves plus heureux et plus productifs et pour déterrer les objections religieuses à la pratique de l'esclavage lui-même. Au début du printemps de 1862 et se perpétuant bien après la guerre, la signification théologique de l'esclavage chrétien se modifia. Les pasteurs et les théologiens sudistes combinèrent une vision providentiel de l'histoire avec la compréhension de ce qui était requis bibliquement des maîtres d'esclaves pour conclure à l'échec global de l'engagement dans l'esclavage chrétien et qu'il s'agissait là de la cause principale de la faveur divine retirée à l'authentique peuple de Dieu. En d'autres termes, ils blâmèrent les excès des propriétaires d'esclaves pour la chute de la Nouvelle-Orléans mais jamais l'esclavage en soi. Pour s'en assurer, ce n'étaient pas seulement les seuls péchés qui amenèrent la Confédération à cette rétribution mais aussi le blasphème, la rupture du Sabbat, l’égoïsme. L’Église Luthérienne de Caroline du Sud déclara que la punition divine amènerait aussi l'échec sur les champs de bataille ainsi que l'avarice, la sécheresse du cœur, l'incroyance et d'autres maux. C'était bien sur le catalogue des péchés, bien éprouvé,distillés par les prêcheurs du nord et du sud depuis des décades. Mais les combats continuèrent et la fortune de la Confédération s'assombrissait. Les sudistes s’effrayèrent de plus en plus de l'éventualité que leur traitement des esclaves les avaient rendus adversaires de Dieu. Par exemple, même quand il fut convaincu que finalement Dieu ferait tomber sa colère sur la Confédération, le ministre baptiste Isaac Taylor Tichenor s'exprima pour de nombreux sudistes quand il s'adressa à l'Assemblée Générale de l'Alabama en 1863 en ces mots «  la réalisation de nos devoirs à l'égard des esclaves est un échec », il ajoutait « Le mariage est une institution divine, pourtant il n'existe que dépendant de la volonté des maîtres » pervertissant ainsi le commandement divin en le rendant sujet à la passion, à l'avarice ou au caprice des maîtres ». De manière similaire, le théologien et président d'université John Leadley Dagg vit les reculs de la Confédération comme «  un châtiment paternel conçu pour notre profit ». Néanmoins, il insista pour dire, pendant toute la guerre, que l'échec de la protection du mariage des esclaves n'était qu'une partie du mal général. » Nous n'avons pas travaillé de toutes nos forces, à promouvoir le bien-être, dans les temps et pour l'éternité de la population des esclaves en tant qu'immortels dépendants et sans défense que Dieu ont placés en notre puissance et notre pitié ». En septembre 1862, l’Évêque Stephen Elliott prévint les sudistes que «  la grande révolution par laquelle nous passons, certainement, tourne autour de la question de l'esclavage, et notre destinée future lui est liée. Notre prospérité ou notre souffrance dépendra de la manière dont nous la traiterons ». Une année après la fin de la guerre Dagg insistera sur le fait que la défaite de la Confédération trouve son origine dans l'échec des blancs du sud à prendre soin de façon adéquate de leurs devoirs à l'égard des noirs. La guerre était le « fléau de Dieu » infligé à la Confédération pour son échec à respecter le mariage et la protection des familles dus aux esclaves comme le dit l’Évêque John McGill de Richmond en Virginie. Tous les sudistes n'étaient pas de cet avis. Certains tel Louis Blanding, écarta simplement tout effort pour justifier les raison divines qui permirent la destruction du sud comme «  de vagues jeux théologiques, sûrement appropriés à des fins de partie mais sans réalité matérielle ». D'autres comme la journaliste du Tennessee Belize Fain se trouvait clairement mystifiée que Dieu puisse permettre la fin de l'esclavage alors que la bible le justifiait clairement, en concluant, «  nous ne pouvons savoir, mais Il le sait et c'est tout ce que nous méritons de connaître ».

Finalement, beaucoup de sudistes, se firent les interprètes de leur histoire telle que suggérée par Elliott et expliquée par le révérend J.C. Mitchell qui les admonesta «  Lisez les annales des autres nations et voyez ce qui les détruit, ce ne fut point une force étrangère mais leur propre mal ». Après la guerre, pour d'innombrables sudistes blancs, chrétiens vertueux, le mal qui provoqua la colère divine et la fin de la Confédération s'incarnait dans les myriades de torts contre les esclaves dont ils étaient les gardiens. Quelques uns, seulement se demandèrent si le vrai péché n'était pas de posséder ceux que la bible appelle leurs frères et sœurs en Christ.

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13:55 Écrit par walloween dans Histoire, Monde, Politique, Spiritualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sud, guerre, esclavage |  Facebook

17/02/2012

Reddition sans conditions

A Douvres, dans le nord ouest du Tennessee sur les rives de la rivière Cumberland, trois généraux confédérés se réunissent en conseil de guerre. Leur travail en cette aube du 16 février 1862, grave moment ou se décide le destin de Fort Donelson défendu par 13.000 confédérés qui le défendent depuis quatre jours froids et sanglants. Le courage commençait à manquer, en dépit d'une tentative de sortie menée par le Général John B. Floyd, Commandant incompétent mais politiquement correct qui rend son commandement à son compagnon, le Général Gideon Pillow et part vers le sud. Pillow panique à son tour et se démit devant Simon Bolivar Buckner qui lui, espère négocier les termes de sa reddition dans des conditions raisonnables avec son opposant Ulysses S. Grant, Général de l'Union. Une reddition négociée n'était pas impossible, Buckner et Grant étaient des amis proches avant la guerre et il avait aidé Grant dans son combat particulièrement difficile contre son alcoolisme dans les années 1850. Mais cela comptait peu à l'époque, Buckner reçu un ultimatum de Grant fait pour désespérer et humilier l'Armée Confédérée si il était signer, «aucun termes excepté ceux de réédition inconditionnelle ne peuvent être accepter. Je propose d'occuper immédiatement vos ouvrages.» Privé de ses deux officiers supérieurs qui avaient abandonné la place, Buckner sentit qu'il n'avait d'autre choix que d'accepter. Une chef de Cavalerie Confédéré inconnu, Nathan Bedford Forrest, qui grommela plus tard,« je ne suis pas venu ici pour rendre mon commandement.» s'échappa et devint un des commandants les plus craints des deux cotés de la guerre. Mais, ce matin là, c'est Grant qui choque tout le monde par ses termes rudes et sans compromis. Plus tard dans la journée, Buckner et Grant se rencontrèrent à l’hôtel de Douvres pour planifier les détails de ce qui sera, à ce point, la plus grande reddition militaire de l'histoire américaine. Plus de 12.000 Confédérés eurent à déposer leurs armes sur les rives du Cumberland et aborder des vaisseaux qui les menèrent dans les prisons du nord. Avec la fin de la bataille de Fort Donelson, les villes de Clarksville et Nashville, Tennessee, furent ouvertes à l'invasion et à la capture, c'est, selon toute estimation, un des grands tournants de la Guerre Civile Américaine. Cette bataille est une histoire de géographie autant que celle de la sottise militaire et de la couardise. Après l'invasion du Kentucky, début septembre 1861, par les troupes confédérées, une longue ligne très mince s'étendant au travers du sud du Kentucky du Mississippi à la faille du Cumberland, pour protéger le Tennessee d'une invasion certaine de l’Union. Si les stratèges des deux camps pensaient généralement que c'est par là que l'Union pénétrerait dans l'est du Tennessee – ou des civils unionistes attendaient fébrilement leur délivrance du contrôle de la Confédération. Le Général Unioniste Henry Halleck et le Général Confédéré Albert Sidney Johnston comprirent que la géographie rendait une invasion de l'ouest du centre du Tennessee plus adéquate, l'Est, pays de hautes montagnes pouvant se révéler un piège mortel pour les envahisseurs. Mais si cela se passait dans l'ouest, où et comment exactement? Johnston s'imagina que les troupes de l'Union ferait tête vers Bowling Green, Kentucky, ou le chemin de fer de Louisville et Nashville passe vers la capitale du Tennessee. Mais Halleck et Grant décidèrent qu'un chemin d'invasion plus approprié passerait par les rivières jumelles, la rivière Tennessee qui traverse le Tennessee de l'ouest vers l'Alabama du nord et la Cumberland qui mène tout droit à Nashville. Fort Donelson était la clé qui ouvrait les deux cours. La campagne fut une opération amphibie assez compliquée et nécessita trois garnisons pour couvrir les deux rivières. La plupart des combats se passèrent sur une étroite bande de terre le long de la frontière entre le Kentucky et le Tennessee, ou les rivières parallèles Cumberland et Tennessee ne sont séparées que par 8 kilomètres. Le périmètre était truffé de défenses confédérées, collées à la rivière Tennessee à l'ouest se trouvait Fort Heiman du coté Kentucky et Fort Henry dans le Tennessee. Le 6 février l'officier de marine de l'Union Andrew Foote avec des canonnières en bois et de l'infanterie sous Grant et le Général Charles F. Smith capturent Fort Heiman et persuadent le Brigadier Général Confédéré Lloyd Tilghman à rendre Fort Henry, qui grâce aux pluies diluviennes et à sa situation basse, était presque sous eau. La rivière Tennessee se trouvait ouverte à l'invasion aussi loin que l'Alabama. Mais le prix le plus cher à payer se trouvait sur la Cumberland et ses affluents, très loin, dans le cœur du Tennessee gardé par le bien plus formidable Fort Donelson. De larges glacis et des canons de ligne garnissaient ses épais remparts assis sur un méandre de la rivière. Grant décida d'attaquer le fort par terre mais la piste de 8 kilomètres qui menait de Fort Henry à Fort Donelson démontra qu'elle était bien plus hasardeuse qu'il ne l'avait imaginé. Ses hommes subirent des attaques de cavalerie harassantes sous Forrest tout au long de la marche. Mais la météo qui tourna d'humide et douce à froide et glacée alors que sept centimètres de neige s'abattaient, prit les Yankees, pourtant habitués à l'hiver, par surprise. Pour ajouter aux difficultés, l’assaut naval de Fort Donelson fut facilement repousser. L'infanterie de Grant encercla la partie émergée de Fort Donelson, menaçant de piéger la garnison confédérée. Pour un bref moment, au matin du 15 février, les Confédérés brisèrent l'encerclement, sur une route de fuite en direction de sud-est vers Nashville disponible entre les forces de Grant et la Cumberland. Inexplicablement, sans doute du fait de mauvaises informations sur la position de l'ennemi, le Général Floyd inversa sa trajectoire en pleine échappée et regagna les tranchées encerclées. Plus tard, ce soir là, Floyd se rencontra avec Pillow et Buckner afin de planifier la reddition du fort. Le résultat était prévisible et fut catastrophique pour la Confédération sur le théâtre occidental. Quand la nouvelle de la chute de Fort Donelson arriva à Clarksville et à Nashville, de nombreux habitants paniquèrent et s'enfuirent. Le Fort Defiance de Clarksville leva le drapeau blanc seulement trois jours après la défaite de Fort Donelson, pavant le chemin qui mènera à la capture de Nashville une semaine plus tard. Après la prise de Nashville, Grant continua sa poussée tenace au long de la rivière Tennessee vers l'ouest de l'état, avec, pour objectif le pont de chemin de fer de Corinth dans le Mississippi. Plus loin encore dans l'ouest, les canonnières fédérales poussèrent vers le Mississippi et capturèrent Memphis en juin. En dépit des contre-attaques de Forrest, le centre et l'ouest du Tennessee restera entre les mains de l'Union jusque la fin de la guerre. La route d'invasion vers le sud profond était ouverte pour de bon. Les historiens ont souvent argumenté sur les points de retournement de la Guerre Civile. Des batailles plus importantes et plus fameuses, Gettysburg, Antietam et Chattanooga méritent de droit leurs réputations de inflexions décisives dans ce grand conflit stratégique. Mais aucune bataille, à un stade plus précoce de la guerre n'a eut des conséquences aussi durables que celle de Fort Donelson. En établissant la réputation d'audace de Grant sur le théâtre occidental qui permit la capture de la première capitale d'un état Confédéré, en démontrant l'efficacité de la Marine de l'Union au sud de ce vaste réseau hydrographique, en éliminant l'armée Confédérée du champ de bataille, c'est à dirent 12.000 qui ne seront pas disponibles pour la baille de Shiloh, deux mois plus tard, la bataille de Fort Donelson s'est montrée l'engagement militaire le plus décisif stratégiquement au cours de la première moitié de la guerre

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Sources:  

 

02/11/2011

La Route des Os, la guerre sans fin.

Kohima,1944

CHIANG MAI - Perchée sur une colline la petite ville éloignée de tout de Kohima qui n'était il n'y a que quelques décades qu'un village grandi trop vite, ne ressemble certes pas à une puissante métropole industrielle sur la Volga. Mais Kohima, dans les montagnes du Nord est de l'Inde, fut, à plusieurs égards, le Stalingrad de l'Asie. C'est ici, que l'Armée Impériale Japonaise fut défaite par les Britanniques et les Indo-Britanniques et forcée à se replier sur la Birmanie. Cette retraite est le pivot de la défaite des Japonais sur le théâtre asiatique. Quand les combats cessèrent, le Japon, envahisseur de l'Inde dans une entreprise de conquête impériale, avait vu son armée subir sa pire défaite, des milliers de combattants morts et bien plus encore morts de faim au cours de la retraite catastrophique, vers l'Est, vers la Birmanie, Ils se souviennent de cette bataille dévastatrice comme de "La Route des Os," Le Siège dura de début avril à fin juin 1944. Les combats corps à corps y furent féroces et la ligne de front passait sur le terrain de tennis du résident général britannique. Aujourd'hui, une belle nécropole est érigée, pour ceux qui moururent au cours de ce siège, c'est l'attraction touristique principale de la région. Il y avait des troupes soit disant indigènes dans les deux camps. Les Japonais avait le soutien de Bose et de l'Armée Nationale Indienne. La plupart d'entre eux ne dépassèrent ni Imphal ni Manipur, celle-ci subit des pertes considérables dans la retraite. Les troupes se plaignaient amèrement de servir de porteurs aux Japonais. A part les Réguliers indiens des corps britanniques, des tribus locales telles les Naga prirent part aussi au combat en qualité d'éclaireurs et de combattants dans une guerre de guérilla, faite d'escarmouche, harassante pour les Japonais. Une de ces unités était commandée par l'anthropologue britannique Ursula Graham Bower, tombée amoureuse des Naga dans leurs collines. Pendant la guerre, certains tribaux la prenaient pour la réincarnation de la grande Prêtresse Naga et devinrent ses loyaux fidèles. Le livre fait plus que souligner une guerre presque oubliée, là où un empire en défit un autre, il montre aussi une compréhension remarquable du soldat japonais, qui s'est battu et est mort dans ces collines arides et ces jungles denses, grâce à des conversations étendues avec les survivants et leurs familles. Sans cette victoire, les Britanniques et leurs alliés, les Japonais aurait pu envahir l'Inde et l'Asie se seraient trouvée aujourd'hui, avec une différente allure. L'héritage du siège de Kohima garde son importance dans le contexte contemporain. Beaucoup de Naga ont espéré la récompense de leur combat et l'obtention d'un statut particulier, peut-être même ,l 'indépendance comme le leur promirent les Britanniques. Cela ne devait pas arriver, les Britanniques abdiquèrent de l'Empire en 1947. Lorsque Mountbatten fit la promesse que la Grande-Bretagne n'oubliera jamais, ce n'était pas de la simple rhétorique. Mais dans ces moments de victoire, personne n'imaginait une guerre dans les collines. Le Conseil National Naga déclara l'indépendance des collines le 14 août 1947, un jour avant l'indépendance de l'Inde et la guerre civile éclata au milieu des années cinquante. Les Naga prirent les armes pour défendre leur indépendance en espérant que les alliés allaient les supporter, situation semblable à celle de Karens et des autres minorités ethniques mais guerre de 40 était finie. Les Karen et les Kachin se trouvent parmi les tribus non birmanes qui prirent parti pour les Britanniques contre les Japonais. Et ils se battent encore aujourd'hui, sinon pour la séparation d'avec la Birmanie en tout cas, pour un large degré d'autonomie à l'intérieur de l'union fédéral. Comme les Naga, beaucoup de Karen et de Kachin sont chrétiens, convertis par des missionnaires baptistes au début du siècle dernier. Dans les collines Naga, la situation est similaire. Les rebelles locaux ont combattu l'armée indienne durant des années en espérant l'indépendance en arguant qu'ils ne sont pas indiens. Les Anglais n'avait aucune sympathie pour la cause de l'indépendance Naga et ils n'étaient pas favorables à ce combat Quand les rebelles Naga combattaient avec les Britanniques contre les Japonais au siège de Kohima, le Conseil National Naga, avait à sa tête Angami Zapu Phizo, ancien allié de Boze, plus tard, il s'installa à Londres aidé par les tenants de sa cause. La guerre des collines Naga, première guerre intérieure à laquelle avait à faire face l'Inde après son indépendance en 1947, fut extrêmement sanglante. On ne dispose d'aucune source certaine, mais ont peut estimer que de 20.000 à 100.000 Naga furent tués. Les pertes, résultat de luttes de fractions rivales chez les Naga et, dans les années 90, de la lutte avec la tribu Kuki. Les forces de sécurité indiennes perdirent des milliers d'hommes dans ces combats. On dit souvent que la guerre ne s'est jamais terminée dans les collines du Nord de la Birmanie et du Nord est de l'Inde.

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