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19/11/2014

Oiseaux ou Chardonneret ?

Pour ceux d'entre nous qui ne peuvent nommer dix étoiles dans le ciel, une chant en est un autre : citril Finch, serin, Linotte mélodieuse, Chardonneret, Bouvreuil, pinson du Nord, vert, trompettiste, accordéons, croisières ou Chardonneret. Maintenant, nous voulons, sans sous-estimer les autres questions c’est à dire, la connaissance et l’amour, poser la question fondamentale : qu’est vraiment un chardonneret ? Le problème est résolu et coïncide avec le manuel de zoologie tautologique: c'est Carduelis Carduelis, poids15 grammes, longueur 15 cm. Aimons ce chardonneret aux habitudes alimentaires acrobatiques à qui elles donnent son nom En effet, comme vous pouvez le voir, en deux fois. Ce serait une grave erreur de considérer la double locution comme un nom et un prénom. Premièrement , mais c'est moins important, car il existe douze sous-espèces de Carduelis carduelis (Carduelis Carduelis parva, ou Carduelis Carduelis britannica et ainsi de suite), mais surtout parce que, comme vous pouvez l'imaginer, il n'y a pas un Chardonneret qui ressemble à un autre. Pour dire, un chardonneret qui meurt, n'égale pas un chardonneret que vous avez enregistré. Et puis, connaissant un chardonneret que vous appelleriez Antoine, vous pourriez le nommer Antoine Carduelis carduelis (et si le Chardonneret était anglais avec Antoine pour petit nom: Carduelis Carduelis britannica Antony). Mais malgré cela, il y a encore beaucoup de familles portant le même patronyme : des frères andalous, les grappes de Provence, de la masse, un maure tunisien ou la ville Sorrente. Sans compter que, bien sûr, qu’il y a maure et maure. Bref, dire « Chardonneret » (ou “Chardonneret”, “chardonneret”, jilguero ou stieglitz ') n'est pas satisfaisant car annoncer, dans un aéroport, « M. homo sapiens est demande au téléphone. » Vous comprendrez que nous ne pouvons pas demander à la zoologie de telles distinctions. Ils peuvent dire au contraire que le Chardonneret jaune est à la tête de tous les « européens », ou, si vous préférez, la véritable « européen ». Mais cet « Européen », il y en a beaucoup, beaucoup d'autres. Pour les zoologistes dire que, par exemple, Carduelis chloris (le vert), Carduelis sernus (la Linotte), Carduelis spinus (un chardonneret), appartiennent au même « genre ». Tous ces oiseaux sont les principaux représentants de la « puissante » famille des fringillidés, qui compte 83 genres et 289 espèces (plus de 500 formes différentes si l'on considère également la variété). les pères, les maîtres, les chefs, ce sont les pinsons dont la seule en-tête est carduelis (donc aussi des chardonnerets. il y a aussi, bien sûr, le pinson des arbres (Fringilla coelebs), mais ajoutons immédiatement qu'aucun de ces oiseaux ne pourraient s'offusquer de s’'appeler « Moineau », parce qu'en réalité les pinsons, les chardonnerets et avec eux beaucoup d'autres oiseaux, sont « moineaux », ce sont les plus nombreux dans le monde dont le prototype seul peut se vanter du nom exigeant de « passereau, fragile tout comme l’hirondelle urbaine (qui l’eut cru?). Sur le sentier de la distinction les zoologistes ont mis tout leur coeur. Il est vrai, que leur libération fait écho aux discours trompeurs et inextricables des taxonomies et pièges linguistiques ; mais se constituent des « relations connexes aux mots et aux noms de la poésie », rendant justice à tous ces animaux volants et aux chanteurs qui pensent normalement s'appeler du nom d’oiseaux et c'est tout. Ou « uccelluzzi », comme cela arrive malheureusement. Le Chardonneret qui est entre les doigts de la Vierge appelé « l'uccelluzzo » et son légendaire jaune pour représenter cette beau Loriot dans le sujet d’ Antoine dans la cathédrale de Syracuse. Cette compréhension taxonomique a affaibli le pouvoir de guérison de la peinture, pour être honnête, il n'apparaît plus. Et pourtant, dans ce rôle, le Chardonneret, se sent trahi par cette hâte insensible et ingrate à transformer, à supprimer, ces mots, sans recours.

19:58 Écrit par walloween dans Nature, ornithologie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

04/10/2014

Leur propre affaire

Charlottenburg est un haut lieu pour de nombreuses galeries renommées. Mais ces nobles institutions ne font plus frissonner les maisons ni les ateliers, tout le monde reste bien tranquillement chez soi, ce qui a pour conséquence une production meilleure de la part de la communauté artistique, plus de force et d'ouverture pour inscrire son influence. Chaque sensibilité détermine son propre territoire artistique derrière les institutions officielles et les coulisses des arts visuels, mais il est sans doute utile d'y jeter un second coup d ' œil. Les anciens ateliers Ufer à Charlottenburg sont peu connus, sinon des habitants et des flâneurs du canal. De l'extérieur, les anciens établissement Hélio-Watt ressemblent à une vilaine bâtisse de pierres grises, mais des ateliers, on découvre l' architecture industrielle de Berlin jusque Moabit. La fabrique est, pour le moment, du ressort de la directrice de département: madame Wissel, amoureuse de l'art, et après des cercles de discussion au niveau de l'administration, il semble clair que tout le monde s'est engagé à stabiliser la nouvelle institution et qu'une telle expression univoque offre une bonne garantie de durée permettant au monde de la couleur de trouver sa place. Cette réunion de peintres et de graphistes berlinois, par ses propres moyens, s'est installée des atelier-bureaux sur deux étages et comprend vingt artistes. D'autres, n'ont pas cette opportunité, le comité des fêtes tache de les fédérer et de trouver pour tous une place dans les nouveaux groupes de travail. Leur force se trouve dans leurs nombreuses sources d'inspiration, leurs techniques particulières et leurs signatures artistiques. A l'étage en dessous, se trouvent deux cinéastes expérimentales Claudia Schilling et Kara Schlegelmilch qui jonglent avec les médias, les vidéos et les installations. Kara installe l'atmosphère par le truchement de ses vidéos tournées vers une expression de la nature qui situe les individus dans une perspective extérieure prise par son ouverture qui nous même sur la lune par de fortes coupes insolites et aventureuses. Au troisième étage de la fabrique, se trouve Mechthild Weisser, sa voisine. Avec ses objets surréels et quotidiens, ses petits tableaux pendus au parpaing, rassemblent un monde matériel grotesquement déformé, en des rainettes pris d'esprit, quand même, qui réunit des gants de caoutchouc et des morceaux de plâtre pour illustrer la force de ses souvenirs ou les choses prosaïques tendent à l'harmonie plastique. L'harmonie, Matthäus Thoma, lui aussi, y aspire par ses objets d'atelier aux nombreuses perspectives géométriques. Comme un cristal évidé, des trous à huit coins ou un voile chanceux de Styrolène, un tissage, un trame laineuse, que l'artiste façonne, pleine de présence dans la pièce qu'elle occupe. Sa quête, entre ses grandes images brisées et la sculpture s'exprime aussi par les couleurs. Au quatrième étage, campent porte à porte Le peintre métaphysique macédonien Ranko Dakik ou les images poétiques content des fables mystiques brillamment colorées En grands à plats chargés d'abstraction, le travail de Gisela Schattenburg , Harald Gnades Köpfe tire des cimaises un effet esthétique que crée des couleurs massives, qui frappent par leur santé. Heryum Kim et ses natures mortes toujours plus poétiques naturalistes. Le schéma qui habite l'intimité de ses portraits, authentifié par la fluidité du dessin exprime, en traits délicats, la terre de sa Corée natale . Walter Heinrich, en peintre qui musarde, garde son plein de secrets et accueille avec de grands formats traités de manière réaliste.Bien sûr, on peut aussi acheter. Et nous pouvons ainsi profiter avec plaisir de l'art privé grâce à de véritables artistes, comme Mechthild Weisser, aussi sensible comme spectatrice, avec qui la complicité s'installe. Souvent amenés à collaborer les uns avec les autres, dans leurs travaux, un sentiment d'unité s'est emparé de la compagnie et ils se sentent tous très concernés par les situations particulières de ce jeu collectif. C'est un vrai sens des réa1ités associé à une forte volonté de participation. Naturellement les relations publiques finissent par amener beaucoup de monde et il faut assumer ce choix. Une vision nette des étapes futures et l'ouverture à d'autres ateliers et à d'autres artistes qui prennent ainsi racine dans l'environnement convivial de Kreutzberg. Les artistes titulaires sont déjà bien installés et se rencontrent régulièrement avec un programme et on peut voir les installations de sable d'Elfi Fröhlich au Goethe institut, il existe d'autres exemples connus. Une petite société d'artiste est parvenue à s'imposer parmi les marchands de la place et c'est un grand succès pour sa réputation et pour sa carrière future. Et voilà, pour les initiateurs de l 'art au travail, l'art est près et attire le public. On épargne les frais de galerie, de curateur, d'accrochage, de manutention, d'assurance etc... La nouvelle bande opte décidément pour une libre gestion du temps loin de ces cauchemars. " Parfois, nous ne sommes pas aussi perfec1ionnistes que nous le pourrions, après tant de succès, maintenant, nous nous en rendons pleinement compte."

 

L'art au travail in Berlin Magazin

 

21:29 Écrit par walloween dans Loisirs, peinture | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

17/08/2014

Le Zéro

Aryabhata, né à Kusumapura près de Patna en 476 après Jésus Christ y est mort en 550, fils du Bihar, astronome et mathématicien indien . Il découvrit le zéro et il affirmait déjà que la terre tourne autour du soleil , Il orna la cour de Chandragupta Vikramaditya et écrivit un ouvrage de mathématiques en vers que l'on nomme Ayabhatiya.

On accepte généralement l'idée que la notion de zéro telle qu'elle est aujourd'hui trouve son origine dans deux cultures séparées géographiquement, chez les Mayas ou il apparaît au début de notre ère et en Inde. Il s'emploie comme séparateur ou comme indicateur de direction.

Le zéro égyptien, ou phonogramme nfr signifie cœur, bronches et poumons, le logogramme soit beau remonte à plus de 4.000 ans, mais ses voyelles sont inconnues. Reproduit trois fois, il incarne la beauté et la bonté. Le même signe s'utilise sous la treizième dynastie du moyen-empire, vers 1770 avant notre ère. Ici, il révèle un mode de comptabilité en partie double ou comme dans le bilan moderne la balance doit s'établir à zéro lors des échéances.

Si zéro incarne un positionnement, alors il est présent à Babylone, en tant que numération positionnelle avant la première occurrence du zéro indien. Si c'est un espace vide, un tel zéro, dans un espace numérique bien défini se trouve présent dans les mathématiques chinoises avant le commencement de l'ère commune. La dissémination vers l'ouest du zéro indien est une part intégrale de la numérotation indienne et son histoire, bien connue, est un des épisodes les plus remarquables de l'histoire des mathématiques.

Pour mieux appréhender ces apparitions premières, il est nécessaire de les replacer dans les contextes sociaux qui les constituent. Menninger indique que la valeur des positions est unique pour les trois sources et, qu'en aucun cas, elles n'étaient perçues comme une valeur, que ce soit par les grecs, les aztèques ou les égyptiens. Un zéro comme nombre leur auraient paru superflus dans les trois cas.

Il est difficile de développer, sur si peu de place, des détails qui possèdent chacun leur importance. Procédons de manière anecdotique. C'est une des joies de l'ingénieur que ce zéro, ce centre, ce barycentre, ce point d'inertie, centre de la sphère, du cercle, centre de la bobine du moteur, le centre de l'axe Chaque volume matériel, qu'il soit régulier ou non, possède un centre de gravité, le barycentre d'un objet irrégulier ne peut de résoudre que par des séries linéaires paramétriques à condition de connaître sa topographie ce qui s'est trouvé extraordinairement facilité par les moyens électroniques contemporains que nous connaissons tous.

Passant de position à instrument de calcul, le zéro a traversé les plus grands esprits de tous les horizons depuis de nombreux siècles. Il est, aujourd'hui, sans doute, un des symboles globaux les plus invasifs qui soit. L'histoire du zéro, c'est quelque chose fait de rien. Ce fameux zéro, si vous on l'ajoute ou on le retire rend 10% plus riche ou plus pauvre. Pour les grecs Il n'existe aucune conclusion évidente qui permette d'affirmer que le symbole existait dans leur langue. Ce sont les indiens qui commencèrent à comprendre le zéro a la fois comme symbole et comme idée. Brahma gupta, vers 650 ap. J.C utilisa, le premier l'addition et la soustraction des nombres positifs et négatifs. Sa seule erreur fut la règle de la division par zéro et il faudra attendre Newton et Leibnitz pour la lever.

Évoquons aussi l'absence, le vide dans les traditions indo-boudhistes puisqu'après la réalisation du vide, la shunya, vient le centre de la graine ou tout est concentré, ensuite, la manifestation physique ; finalement, on doit implanter la syllabe. Leurs correspondances mathématiques furent vite établies. Il est dit : « Tout comme le vide de l'espace est une condition nécessaire pour l'apparition de tout objet. Zéro n'est pas un nombre donc il est la condition de tous les nombres. » Le concept et son symbole sont déjà bien établis aux époques paléochrétiennes. La pierre d'angle de ce savoir, dans l'Europe médiévale est le Liber Abaci, l’œuvre de Fibonacci (1170-1250) qui voyagea longtemps en Afrique du nord,en Sicile, en Égypte et en Syrie et en rapporta ces connaissances.

Le meilleur compte-rendu des Mayas précolombiens date de la conquête espagnole. Un prêtre, Diego de Landa écrit l'histoire des traditions mayas en 1566. Leur système comporte trois symboles, un tiret pour un, une barre pour cinq et un zéro qui ressemble à une coquille. Avec ces trois symboles, les Mayas se trouvaient à même de représenter n'importe quel nombre de base vingt.

Le zéro n'a fait que gagner du terrain depuis lors et aujourd'hui on ne pourrait plus s'en passer. Nous sommes tous les invités de Hilbert et des quadriques. Ce centre d'équilibre conditionne la mise en œuvre de toutes les convergences mécaniques.

Pensons aussi à Samuel Joel "Zero" Mostel (1915 -1977) acteur et comédien américain à la scène et à l'écran, bien connu pour ses créations comiques qui fut poursuivi, dans les années 50 par le comité des activités anti-américaines

Une pensée plus personnelle et plus émouvante pour le chocolat Zero comme O° centigrade que la firme belge Meurisse mit sur le marché en 1954.

Nous avons aussi la locution « tolérance zéro » à l'usage des intégristes de la vertu sociale. Il faut dire aussi que le zéro ressemble à un trou, mais cela nous emmènerait trop loin, le lune est déjà haute, je n'ai plus d'huile, mon encre est séchée, c'est la nuit, les oies sont loin. Adieu vieil Arya, adieu vieux Putrah adieu d'Artagnan nous reviendrons et chevaucheront à nouveau ensemble dans la forêt de Sénantes et des Védas

Et pour en finir avec les degrés zéro

le Mitsubishi A6M Zero est un chasseur à long rayon d'action de l'aéronavale japonaise. Quand il fut introduit en 1940, il est considéré comme le meilleur chasseur du monde. Combinant une excellente manœuvrabilité et un long rayon d'action. Au début des combats, il acquit une réputation légendaire en combat singulier, vitesse maximale 500 km/h à 4.000 mètres, 2 mitrailleuses de 7,7 mm. 2 canons de 20 mm. dans les ailes de 60 obus chacun, 2 bombes de 50 kilos ou une bombe de 250 kilos pour attaque en piqué

Laissons Karl pour plus tard, comme nous dirigeons vers la fin des deux pages imparties, voici, en annexe, pour les amateurs des lettres détendues, ce que le rimailleur en a fait.

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Se lit sans rire,

chaque ligne est une scansion,

ad libitum

Passant des redites au jusant,
traversant les seigles injurieux.
Il est, aujourd'hui,
un destinataire des plus invasifs qui soit.
c'est l'enjambée du gadjo,
que chaque occupation compose
en exutoires divers .
si on l'ajoute
il vous rend aux grecs,
une telle esplanade n'existe pas.
Ce sont les indiens qui comprennent le glaviot à loques
comme le surveillant et comme l' afghane.
Brahma gupta utilisa, le premier, la cravache
avec la règle de controverse par en-tête
et il faudra attendre Newton et Leibnitz
pour lever la squaw à la bourrue
tandis que don Diego besognait la vigneronne,
le voiturier tiqua,
C'est une des petites confréries
du vigneron cognassier,
cet inverti, ce barycentre,
ce point de guibolle,
genre campo de la saveur,
de l' auriculaire , de l’Auvergne,
du débordement, le sansonnet dans l'axe.
Si c'est un typographe vide,
un certain chapelain,
dans une voiture zoologique
devant l' halluciné à la casaque blasée.
La photo vers l'ouest du concerto indien
est une part intégrale de la keuf et son parvenu,
elle est un des minarets les plus espiègles
de la dénivellation des mathématiques.

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Pour finir, en suivant ce lien et en regardant les mobiles à droite du panneau, vous aurez l'impression immédiate de la notion de zéro dans les espaces hilbertiens.

19:46 Écrit par walloween dans Culture, Lettres, Science | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

31/07/2014

Trois poèmes anglais

 

Petit agneau, qui te fit, le sais-tu " tu broutes et tu donnes ta vie, près du ruisseau ou dans le pré, tu donnes ton vêtement exquis, le plus doux, le plus laineux et le plus brillant et de ta tendre voix, la vallée s'émerveille. Petit agneau, qui te fit, le sais-tu, je vais te le dire, on t'appelle de mon nom, car c'est lui l'agneau, il est humble, patient et il est doux, il devint un petit enfant, moi un enfant et toi un agneau, nous portons son nom Que Dieu te bénisse, petit agneau! Que Dieu te bénisse !

                                   William Blake, chansons d'innocence, 1719

Vais-je te comparer à un ciel d'été, es-tu plus aimable, es-tu plus douce? Vents arides qui secouent les bourgeons de mai, les flâneries de l'été sont bien courtes. Parfois trop chaud, l'œil brille dans les cieux, dans son or disparaît la beauté, comme 1a beauté parfois disparaît, par hasard, comme la nature change de cours, sans fards. Mais l'éternel été ne s'évanouira pas et gardera la possession de ta beauté Pas plus que la mort n'emportera ton errance dans son ombre, tu grandiras dans les lignes du temps; tant que les hommes peuvent respiré tant que les yeux peuvent voir, que vive ce poème, et qu'il te donne la vie.

                                   Shakespeare Sonnet XVIII

J'ai entendu parler de la grise Lucie et quand je traverserai la forêt, verrai-je peut-être dans une trouée du jour, l'enfant solitaire, qui vit dans un grand marais et ne connaît personne, chose la plus douce qui naquit au milieu de nous, tu peux observer le faon qui joue, le lièvre sur l'arbre, mais tu ne verras jamais le doux visage de la grise Lucie. "Ce soir, viendra l'orage et tu dois partir à la ville, prends une lanterne, mon enfant, pour éclairer ta mère dans la neige", " Je le ferai volontiers, Père: c'est l'après-midi, la cloche du pasteur vient de sonner deux heures et la lune est loin" Le père prit son crochet, attrapa un fagot et le plia, Lucie agrippa d'une main 1a lanterne. Nulle lumière dans la montagne, d'un pied badin, elle disperse la neige poudreuse qui s'élève comme une fumée. L'orage vint avant son temps: elle erra de haut en bas et grimpa bien des collines mais ne rejoignit jamais la ville.

                          Wordworth Poésie

04:33 Écrit par walloween dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

Royaume de Fantaisie

Keats quelques heures avant sa mort

Royaume de Fantaisie

Laisse toujours la fantaisie errer,
Le plaisir n'est jamais à la maison,
Une caresse de sa douceur mêle,
Ses bulles aux larmes de la pluie.
Laisse , la fantaisie ailée, vagabonder
Par les pensées, qu'elle répand derrière elle,
Ouvrant, toute grande, la porte de la cage,
Elle darde fort et blesse les nuages.
Laissez courir la douce fantaisie.
Nous gâtons les joies de l'été,
Celles du printemps s'évanouissent.
Comme naquirent les lèvres rouges
Des fruits de l'automne.
dissous dans la rosée
Le goût affadi. Que faire, alors?
Assied toi près de l'âtre,
Quand le fagot brûle et éclaire.
L'esprit d'une nuit d'hiver,
Quand la terre silencieuse,
Enfouie dans la neige immobile,
Soulagée du laboureur, conspire
Entre le jour et la nuit,
Pour bannir l'indifférence.
Assied toi et envoie partout,
L'âme exaltée, la fantaisie
Enfin reconnue, des vassaux
L'attendent, elle amènera,
En dépit du gel, des beautés
Que la terre a oublié.
Elle t'amènera,
Tous les délices de l'été,
Tous les bourgeons de mai.
Les pluies et les rosées
T'apporteront le meilleur
De l'automne, immanent, immobile.
Elle mêlera ces plaisirs
Comme trois vins dans une coupe
Et tu les boiras
Tu entendras clairement
Le chant des moissons
Crépiter des grains agités.
De doux oiseaux entonner l’aube
Et au même instant,
L’alouette d’avril
Les corneilles, aux mines affairées,
Qui fourrage pour des brindilles.
Tu saisiras, d’un seul regard,
La marguerite et le souci.
Les lys blancs et les premières aubépines,
La hyacinthe toujours ombragée,
Reine saphir de la mi-mai.
Et chaque feuille, chaque fleur
Perlées de la même pluie
Tu entendras le cri du mulot
Amaigri par son sommeil confiné.
Le serpent émergeant de l'hiver
Laissant sa peau sur les rives ensoleillées.
Tu verras les œufs tachetés
éclorent dans l'arbre rabougri
Et la poule d'eau, étendre son aile,
Sur son nid moussu.
Puis , l'alarme et l'urgence,
Quand l'essaim prend son vol.
Et que chantent les brises de septembre
Quand les grenaches se posent.
Libérez la douce fantaisie,
Tout est usé par le temps
Où est la joue qui ne fane pas
d'avoir trop bavarder?
Où est la fille aux lèvres
Matures et toujours neuves.
Où est l'œil, aussi bleu soit-il
Qui ne pâlit pas?
Où est le visage
Que l'on rencontre partout?
Quelle est la voix, si douce
Qu' on écouterait souvent?
D'un frôlement, le plaisir se mêla
Comme les bulles d'une flaque de pluie.
Laissez la fantaisie ailée trouver en toi
Une maitresse de ton esprit:
L'œil adouci de la fille de Cérès
Apprit de l'Héra des tourments
Comment se lover et comment gronder
Des hanches ou du côté,
Blanche comme Hébé, quand de ses flancs
Glisse la broche d'or qui heurte le sol en tintant,
Et tombe à ses pieds.
Jupiter, languide, rompt la ceinture
De la précieuse parure de soie,
Vite brise les sceaux de sa prison
Et les joies qu'elles apportent sont telles
Qu'il faut laisser la fantaisie se promener,
Parce que le plaisir n'est jamais chez lui.

03:01 Écrit par walloween dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook