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28/12/2013

Le Commandant a quitté l'immeuble

 

Voilà de quoi faire un film, l'histoire d'un homme du peuple qui, contre tout attente devient le Johnny de l’Amérique latine. Plus grand que Johnny, en réalité, un président qui a remporté 13 des 14 élections nationale. Peu de chances qu'on puisse voir un tel film gagner un Oscar.

 Il est assez révélateur d'observer les réactions des politiciens autour de la planète à la mort d' El Commandante Hugo Chavez du Venezuela. Le Président Jose Mujica  d'Uruguay, un homme qui n'accepte que 10% de son salaire et qui pense que c'est plus que suffisant pour couvrir ses besoins rappelle une fois de plus qu'il qualifiait Chavez d'homme le plus généreux qu'il aille jamais connu tout en saluant la « forteresse de démocratie » dont il était le constructeur.

 

Comparé la déclaration copier/coller, d'Obama sans doute rédigée par un interne somnolent de la Maison Blanche, réaffirmant les soutien de l'Amérique au « peuple vénézuélien » celui-là même qui a réélu Chavez sans discontinuer depuis la fin des années 90, ou bien parlait-il du « peuple » qui échange des Martinis à Miami en le traitant de communiste démoniaque ? El Commandante a peut-être quitté l'immeuble, le corps défait par le cancer, mais la démonisation post-mortem continuera pour toujours. Une raison clé qui apparaît. La Venezuela détient une des plus importantes réserves de pétrole au monde. Washington et cette citadelle kafkaïenne ne train de s'effriter aussi connue sous l'expression Union européenne chantent des chansons d'amour aux monarchies pétrolières féodales du Golfe, pas tellement à leurs peuples, en échange de pétrole.

 

Contrairement, au Venezuela, El Commandante à mis à l'honneur l'idée subversive d'utiliser l'argent du pétrole, pour au moins essayer de soulager les problèmes d'une partie importante de son peuple. Le capitalisme turbo des occidentaux, c'est bien connu, ne fait pas dans la redistribution de richesses ni dans la mise en œuvre de valeurs communautaristes.D'après le Ministère des Affaires Étrangères, le Vice-Président Nicolas Maduro,et non pas le Président de l'Assemblée Nationale, Diosdado Cabello, près proche des milieux militaires restera provisoirement le Chef de l’État avant les nouvelles élections qui doivent se tenir dans les 30 jours Maduro est sur le chemin de les gagner; l'opposition politique vénézuélienne est parfaitement fragmentée. Ce qui s'épelle le Chavisme sans Chavez au grand dam de l'industrie du dénigrement pan américain et pan européen.

 

Ce n'est pas par hasard que le Commandant soit devenu si populaire parmi « le peuple » non seulement chez de nombreux sud-américains mais aussi sur la scène global des pays du sud. Ces « gens », pas dans le sens d'Obama, ont clairement vu la corrélation directe entre le néolibéralisme et l'augmentation de la pauvreté ( aujourd'hui, des millions d'européens en ont aussi le goût en bouche). Particulièrement en Amérique du Sud, c'est une réaction populaire contre le néolibéralisme qui, par le biez d'élections démocratiques à mener au pouvoir une vague de gouvernements de gauche depuis une décade, au Venezuela, en Bolivie, en Équateur et en Uruguay.

 

L'administration Bush, pour dire le moins abhorrait ces situations nouvelles, elle n'a rien pu faire pour Lula au Brésil, opérateur astucieux revêtu d' oripeaux néo libéraux (Wall Street l'adorait) qui su rester un progressiste du fond du cœur. Washington, incapable de s'en débarrasser après les réflexes putschistes des années 60 et 70, a pensé que Chavez constituait le maillon faible. Ce qui amena à la tentative d'avril 2002 dirigé par une faction militaire, prête à donner le pouvoir à un riche entrepreneur. Ce putsch soutenu par les États-Unis dura moins de 48 heures, Le pouvoir de Chavez fut rapidement restaurer, avec l'aide du peuple (le vrai truc) et de la plupart des militaires.

 

Donc, il n'y a rien d'inattendu à l'annonce de Maduro quelques heures avant le décès de Chavez, d'expulser deux employés d'ambassade dans les 24 heures, l'Attaché de l'Air David Delmonaco, et l'assistant Devlin Costal. Delmonaco était accusé de fomenter, avec quelques factions militaires, quoi d'autre, un nouveau coup. Ces gringos n'apprennent jamais rien. L'immense soupçon parmi les Chavistes qu' El Commandante  aurait pu être empoisonné, comme la aurait pu l’être Yasser Arafat en 2004 fait partie d'une éventualité. Du polonium 210 hautement radioactif, la CIA grande amie d'Hollywood a peut-être des idées la-dessus.

 
L'appel au verdict est ouvert, de quel genre de était-il exactement ? Il louait chacun dans le panthéon révolutionnaire de Mao au Che. Il incarnait certainement un chef populaire très habile avec une vision géopolitique bien ajustée pour identifier les schémas de subjugation séculaires du monde latino américain. Comme le montarit ses références constantes à la tradition révolutionnaire de Bolivar à José Marti. Son mantra voulait que la seule voie pour l'Amérique Latine se dirige vers une meilleur intégration, raison pour laquelle il soutenait un maesltrom de mécanismes institutionnelles tels l'ALBA (l'alliance bolivarienne), Petrocaribe, la Banco del Sur (la Banque du Sud) et l'UNASUR (Union des Pays d'Amérique du Sud).

 
Tout comme son « socialisme du 21ième siècle », qui au delà de toute camisole de force idéologique fait plus pour explorer le véritable esprit de valeurs communes comme antidote aux charges du capitalisme financier que des tonnes d'analyses académiques néo marxistes. Il ne faut donc pas s'étonner que la bande Goldman Sachs et ses cohortes le trouvait pire que la peste noire. Le Venezuela s'était muni de chasseurs  Sukhoi, entretenait des relations stratégiques avec les russes et les chinois, membres du BRICS, sans parler d'autres acteurs globaux du sud ; maintenant plus de 30.000 médecins cubains qui pratiquent la médecine préventive et vivent dans les communautés pauvres et qui ont suscité une augmentation considérables de jeunes vénézuéliens étudiant la médecine. 

 

Des chiffres forts qui disent l'histoire ont besoin d’être connus. Le déficit public atteint 7,4% et la dette publique atteint 51,3% du produit domestique, beaucoup moins que la moyenne de l'Union Européenne. Le secteur publique, défiant les accusations apocalyptiques de « communisme » compte seulement pour 18,4% de l'économie, moins que la France aux orientations étatistes et même que toute la Scandinavie, les quotas d'exportation sont établis par l'OPEC; le Venezuela exporte donc moins vers les États-Unis( et de plus en plus vers son partenaire stratégique, la Chine).

 

Et voilà l'argument conclusif ; la pauvreté comptait pour 71% des citoyens vénézuéliens en 1996 et il a été réduit à 21% en 2010. Il y a des années Garcia Marquez parlait du secret d' El Commandante, celui d'un grand communicateur, il était du peuple, il était l'un d'eux de l'apparence physique au maniérisme, de l'attitude convivial au langage, constat qui s'applique aussi à Lula dans sa relation à la plupart des brésiliens, on attend qu'un autre Garcia Marquez élève Chavez au Walhalla romanesque.

 

Une chose est certaine, c'est qu'en termes de mythologie du sud, l'histoire se souviendra que si le Commandant a quitté l'immeuble,l'immeuble ne sera plus jamais le même.

 

 

source


 

 

20:54 Écrit par walloween dans Histoire, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : venezuela, chavez |  Facebook

un regard candide sur les illuminatis

lettre au fils de mon marchand de primeur syrien

Mon cher Momo
 
 
les mystiques contemporaines sont les héritières d'autres,  bien plus nombreuses et bien plus anciennes.
 
Dans l'Inde gangétique, il y a 250 ans , les sâdhus se réclamant du Tantra  constituaient des groupes qui finissaient par former des armées, ils investissaient les villes par leur  influence mentale,  par la force brute et par la puissance libidinale, en posant parfois bien des problèmes au Maharadja local qui, soit devait les expulser de son territoire en les tuant à l'aide de son armée soit les prendre à son service. toutes choses étant égales, il  n'en est pas autrement dans à différentes époques de l'histoire de l'Europe. Nous avons bien affaire à des moines armés libidineux, à des princes qui les craignent et les utilisent.

Les juifs, tel les rois mages, sont les messagers de l'orient,  et en particulier de la Syrie, dont on pense qu'elle est à l'origine des civilisations urbaines, il y a sept ou huit mille ans, elle  est aussi  l'interface géographique entre le monde aryen et le monde sémitique, le point de convergence des anciennes routes de la soie. De là, l'importance d'Alep, à cet égard. Les mythes venus de l'Inde par Bagdad et par l'oasis de Palmyre sont réinterprétés par les royaumes du Proche-Orient qui possèdent déjà une culture d'expression et d'analyse pour ajouter, en somme, des cordes à leurs arcs (avant notre ère) auxquelles vient se juxtaposer, plus tard la grande tradition du Mazdéisme et de son couronnement dans l'ordre de l'esprit, le Zoroastrisme, dont les textes sont le fondement de ce que nous comprenons encore aujourd'hui en matière de morale c'est à dire d'esthétique, il faut lire les Gathas, qui sont fondateurs.
 
Les juifs, les grecs, les romains les chrétiens, les musulmans et les maçons sont chronologiquement et  intellectuellement, les héritiers de cette double articulation intellectuelle issue , des Mazdéens (qui forment l'aria), de la tradition sémitique et d'autres traditions descriptives et esthétiques issues du monde gangétique. Si les francs-maçons et la bourgeoisie; qui aiment pour des raisons d'intérêt et de prestige à se parer de dépouilles glorieuses et d'ancêtres qui ne le sont pas moins, se sont réclamés de l'orient qu'ils comprennent comme l'orient de la gloire c'est parce qu' à la renaissance et à l'époque moderne on disposait déjà d'assez de moyens de connaissance pour remonter avec plus ou moins, à la fois, d'intuition et de "certitudes" scientifiques, aux sources textuelles de ces origines. Badauds, badins  et bons garçons,, ils s'en sont simplement fait les clients culturelles dans un monde ou on ne pense qu'en termes de fournitures et de clientèle
 
C'est sur ces bases que ce fondent les mécanismes symboliques de l'occident. L'ancien testament, le nouveau, le coran tentent, renouvellent, ces traditions symboliques avec, souvent, une maladresse évidente, maladresse qui est le fait de l'enfance, ce sont les écritures ultérieures qui permettront  d'un peu sortir de cette bouteille à l'encre.

 
finalement, la notion d'illuminati', est tout à fait incidente, en réalité, c'est un abus de langage du mossieur ci-dessous, dont j'ai de la peine à épeler le nom,  Weinhaupt, je crois, ah oui, c'est çà Weinhaupt, comme pourrait traduire par "encéphale vineux" ou bien "pleurs de tète" en bas-allemand. Sans doute que notre monsieur, pleurant et à la tète avinée trouvait qu'il n'avait pas l'éclat qu'il méritait s'est mis à vendre la nouvelle petite doctrine concoctée au coin du bar inventée par le buveur toujours friand sz contrepètrie ou par un glissement de la langue
 
 
 on doit parler d'illuminisme, c'est la tradition exacte, issue anciennement du culte d' Orphée qui se perpétuera  chez dans la première église seule authentique que l'on nomme aujourd'hui l'orthodoxie, ensuite une bonne partie du moyen âge chrétien, sa résurgence importante à l'époque moderne se retrouve dans l'Espagne impériale du 16° siècle et dans son ultime avatar cité classiquement, dans l'Angleterre du 18° siècle. En fait de quoi s'agit, le signe  universellement connu du fait illuministe est l'auréole des saints, c'est à dire l'aura comme les indous l'appellent, qu'est-ce?, c'est la puissance vitale du saint ou du sâdhu ou de ce qu'on voudra, c'est sa puissance un peu comme le roi des taureaux ou la reine des vaches, si c'est un testard, il l'a porte autour de la tète Rock Siffredi, lui la porte autour de la bite.
  
le fondateur des illuminatis
 
il faut réaliser le fait que dans la culture générale, les mots et les choses, c'est ce dont on abuse le plus, les mots pour les choses et vis et versa sont les vecteurs et les déterminants de la puissance politique, de puis que, dans l'antiquité, l'usage du discours est d'abord utilisé à des fin sacrées ou de domination, on abuse sans cesse et de de la lettre et de l'esprit de la chose dite afin somme toute de se créer une clientèle d'esclaves et de femmes. L'assertion fondatrice qui définit, ceci, à l'origine est une expression très connue chez les chrétiens qui dit "le Verbe s'est fait chair" ( verbe avec un v majuscule). Quand on pense à l'influence du discours on évoque la les notons de persuasion et de séduction, et on dit que  la séduction irréalisée se résout dans le meurtre, si la possession de la proie c'est à dire pour le chasseur l'acquisition de la proie et par extension la subornation du corps de la femme ne peut pour un certain nombre de raison, se réaliser, l'homme primitif se retrouve donc en état de mort virtuelle. Sur ces bases anthropologiques se construit le discours de la puissance.
 
Toutes les subtilités religieuses ou guerrières exprimées par des phrases ne concourent qu'à réaliser les deux fonctions primordiales de l'existence tuer (pour manger) et se reproduire. Le meurtre n'est pas un fin en soi, sauf chez les pervertis, ses usages premiers est la prise de butin et le viol. Les variations de formes de la culture au cours des âges ne sont que les déclinaisons successives des mémés anthropologiques. Sigmund Freud trouve les explications de sa théorie par une des phrases fondatrices de l'ensemble de son travail d'abord qui consiste à dire que " l'état est fondé sur le meurtre" (celui d'Abel par Caïn) et par le titre d'un de ses ouvrages "Totems et Tabous". Totem signifiant l'adoration de la force (puisqu'elle peut vous tuer) et les tabous qui vous empêchent, par la contrainte social d'accéder à la liberté totale, que serait, la licence sexuelle. Ce sont les bases des relations entre maitre et  l'esclave. Partout dans l'histoire de l'art, depuis les époques les plus reculées, les représentations martiales et sexuelles sont omniprésentes. Ce sont les images du sacré. 
 
Donc le buzz "illuminati", incarne, sans plus, la prise de conscience de groupes minoritaires qui finissent par en avoir marre de se faire niquer par les gens de pouvoir qui brillent sans illuminer, d'ailleurs, que ces groupes qualifient donc d'illuminati, mais les minoritaires sont font avoir depuis bien plus longtemps que çà comme on le lit au-dessus. qu'elle est l'expression de leur lutte, aux usa par exemple ce lui que je préfère pour son sens de l'abattage Jesse Ventura
 
il y a toute une série de personnage qui défendent ce qu'on appelle là-bas "la troisième voie", ni démocrate ni républicain,  le centrisme dans un régime farouchement bipartisan, le plus sérieux et le plus respecté, homme de cœur, de conviction et de  talent, Ron Paul, son fils aussi, ce sont des hommes qui peuvent tenir la tribune pendant 13 heures d'affilée
 
en espérant ne pas t'avoir trop cassé les pieds, je t'en envoie quelques autres qui étudient la question sans salades, s'il y en a , tout le jeu c'est de les détecter. çà nécessite des connaissances générales qui peuvent s'apprendre comme une langue
 
 
mais s'intéresser aux hommes et aux relations de pouvoir  est une histoire sans fin
 
 
one evil 
An Introduction to the Gathas of Zarathushtra
LA DOCTRINE SECRÈTE DES TEMPLIERS
Internet Medieval Sourcebook
apologetics index
 
 

20:45 Écrit par walloween dans humeur | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

21/12/2013

Signes et Symboles

Pour la quatrième fois, depuis de nombreuses années, ils se trouvaient confrontés avec le problème d'offrir le cadeau d'anniversaire d' un jeune homme, malade mental incurable. Il vivait sans désirs et les objets faits de mains d'homme, tout vibrants d'une activité maligne, que lui seul pouvait percevoir, lui causaient des allergies infernales et il n'y puisait aucun usage ni agrément dans son monde abstrait. Après l'élimination d'un certain nombre d'articles qui pourraient l'offenser, n'importe quoi dans le genre bibelot, par exemple, était tabou, ses parents choisirent une jolie petite bagatelle, un panier avec dix petits pots de confitures différentes.

A sa naissance, ils étaient mariés depuis longtemps déjà, bon nombre d'années écoulées et maintenant, ils étaient presque vieux, Ses cheveux en désordre attachés sommairement, elle portait des robes noires bon marché. Contrairement aux autres femmes de son age, telle sa voisine de palier, madame Sol, à la face toute rose et mauve de maquillage qui sortait en chapeau agrémenté d'un bouquet de simples, elle présentait une contenance toute blanche et nue à la lumière inquisitrice du printemps. Son mari, homme d'affaire ayant connu quelque succès au vieux pays, dépendait, aujourd'hui, à New-York, entièrement de son frère Isaac, un véritable américain depuis plus de quarante ans. Ils le voyaient rarement et l'avaient surnommé le Prince.

Ce vendredi là, anniversaire de leur fils, tout se passa mal, le train du métro rendit l’âme entre deux stations et pendant un quart d'heure, elle ne ressentit que le battement affairé de son cœur et le bruit des journaux agités. L'autobus qu'ils devaient prendre ensuite se trouvait en retard et les garda un certain temps au coin de la rue. Quand il arriva, il était bondé d'écoliers adolescents trop bavards. Il commençait à pleuvoir tandis qu'il marchaient sur le chemin brun menant au sanatorium. Là, ils attendirent à nouveau et à la place de leur garçon faisant irruption dans la salle, comme il le faisait d'habitude, sa pauvre face souillée, confuse, mal rasée et couverte d'acné, une infirmière, qu'ils connaissaient et ne souciait guère de son apparence, apparut, finalement et leur expliqua brillamment, qu'une fois de plus, il avait essayé d'attenter à sa vie. Il allait bien, disait-elle, mais une visite des ses parents l'aurait dérangé. L'endroit manquait tellement de personnel et les choses tombaient dans l’anarchie et la confusion si facilement, qu'ils décidèrent de ne pas laisser le cadeau au bureau et le reprirent avec eux pour la prochaine fois.

A l'extérieur de l'immeuble, elle attendit que son mari ouvre le parapluie et pris son bras. Il se raclait sans cesse la gorge, comme toujours quand il était contrarié, Ils rejoignirent l’arrêt de l'autobus, de l'autre coté de la rue et il replia son parapluie. A quelques mètres de là, sous un arbre coulant qui dandinait, un petit oiseau tout fragile, s'agitait inutilement dans une flaque.

Durant le long trajet jusqu'à la bouche de métro, elle et son mari n'échangèrent aucun mot et chaque fois qu'elle jetait un coup d’œil vers ses vieilles mains crispées à malaxer la canne de son parapluie, sur ses veines dilatées et sa peau couvertes de taches brunes, elle sentit monter les larmes. En regardent ailleurs, tachant de fixer son attention sur autre chose, elle ressenti un genre de choc doux, une mélange de compassion et d’émerveillement en remarquant qu'une des passagères, une fille aux cheveux noirs et aux doigts de pied peints en rouge, pleurait sur d'épaule d'une femme plus âgée. A qui ressemblait-elle? Elle ressemblait à Rebecca Borisnovna; dont la fille avait épousé un des Soloveichik, à Minsk, bien des années plus tôt.

La dernière fois que le garçon avait essayé, c'était, d'après les mots du docteur, un chef-d’œuvre d'invention, il y aurait réussi, si un autre patient, croyant qu'il apprenait à voler, ne l'avait arrêter juste à temps. Tout ce qu'il voulait vraiment était de creuser un trou dans son monde pour s'en échapper. Le système de son délire, sujet d'une communication élaborée, dans un mensuel scientifique, le médecin du sanatorium le leur avait donner à lire , le titre de l'article «  manie référentielle» les avait troubler bien avant çà. Dans ces cas très rares, le patient imagine que tout ce qui se passe autour de lui est une référence voilée à son existence et à sa personnalité, il exclut les personnes réelles de la conspiration, parce qu'il se croit beaucoup plus intelligent que les autres hommes. Une nature phénoménale l'assombrissait ou qu'il aie, les nuages, dans le ciel étoilé communiquent entre eux, par le moyen de signes ralentis, des signes très détaillés l'observe. Ses pensées les plus intimes se discutent au crépuscule par l'alphabet manuel de sombres arbres qui gesticulent. Les cailloux et les taches, les rayons de soleil forment des schémas qui représentent, de façon effrayante, des messages qu'il doit intercepter. Tout n'est que chiffres dont il est le thème. Tout autour de lui, rodent les espions. Certains d'entre eux jouent les observateurs faussement distraits, comme la surface des verres et les poteaux immobiles, les persiennes des fenêtres, des témoins à charge, prêtes à le lyncher, les eaux courantes et les orages, sont hystériques à la folie, possèdent une opinion déformée de lui et interprètent mal ses actions. Il doit incessamment rester sur ses gardes et voue chaque minute et chaque phase de sa vie à décoder l'hostilité des choses. L'air qu'il exhale est indexé et ranger dans un dossier. Le seul intérêt qu'il provoque se limite à ce qui l'entoure, même pas hélas. Dans la distance, les torrents d'un scandale sauvage, augmentent en volume et en intensité. Les silhouettes de ses globules, magnifiées mille fois volent au dessus de vastes plaines et plus loin encore, vers de grandes montagnes d'une hauteur et d'une solidité insupportables, en termes de granite et d'estuaires grondants, vérité ultime de son être.

Quand ils sortirent du métro sous le tonnerre et l'air mauvais, les derniers lambeaux du jour se mélangeaient aux lumières des rues ? Elle voulait acheter du poisson pour souper, lui remit le panier de pots de confiture en lui disant de rentrer. Il rentra donc, grimpa jusqu'au troisième étage et se souvint qu'il lui avait laissé les clés plus tôt dans la journée. Il s'assit sur l'escalier et se leva en silence, quand, quelque dix minutes plus tard, elle arriva, le pas pesant grimpant les marches, secouant la tête en souriant à sa sottise. Ils entrèrent dans leur logement de deux pièces et il se dirigea directement vers la miroir. Écartant les coins de sa bouche à l'aide de ses pouces, avec une horrible figure de masque, il retira son nouveau squelettique à l'inconfort sans espoir. Il lisait son quotidien russe quand elle mit la table. Toujours lisant, il se restaura des pales victuailles qui n'ont pas besoin de dents. Elle connaissait ses humeurs et demeura également silencieuse. Il s'en fut au lit, elle resta dans le séjour avec son jeu de cartes souillé et ses vieux albums de photos.

De l'autre coté de la cour étroite, ou la pluie teintait sur les poubelles, les lumières des fenêtres brillaient, et dans l'une d'entre elles découpait la silhouette d'un homme en caleçon noir, les mains sur la tête et les épaules levées, debout, sur un lit défait. Elle tira la persienne et examina les photographies. En bébé, elle avait l'air plus surprise que les autres bébés. La photographie d'une servante allemande et de son fiancé à la grosse face, qu'ils avaient eu à Leipzig tomba d'une feuille de l'album, elle tourna les pages du livre : Minsk ; la révolution, Leipzig, Berlin, Leipzig à nouveau, une façade de maison bancale mal focalisée, trouble. Ici, le garçon quand il avait quatre ans, dans un parc, timidement, éloignant le regard de sa tète tordue, de la vision d'un écureuil au regard vif comme il l'aurait fait de tout autre étranger. Ici, Tante Rosa, une veille dame, à l’œil sauvage, confuse et anguleuse, qui vécut dans le monde palpitant des mauvaises nouvelles, faillites, accidents de train, et croissances cancéreuses jusqu'au jour ou les allemands la mirent à mort, tous ensemble, avec les gens qu'elle aimaient. Une autre, du garçon,en compagnie de son cousin, aujourd'hui fameux joueur d'échec. Á six ans, il dessinait de merveilleux oiseaux avec des mains et des pieds d'humains et souffrait d'insomnies comme un adulte Le garçon, de nouveau, vers l'age de huit ans, déjà difficile à comprendre, effrayé par le papier-peint d' un passage, apeuré d'une certaine image dans un livre, qui ne montrait qu'un paysage idyllique avec des rochers sur une colline, une vieille roue de charrette pendue à la branche d'un arbre sans feuilles. Il avait dix ans quand ils quittèrent l'Europe, Elle se souvint de la honte, des difficultés humiliantes du voyage et des enfants retardés laids et vicieux avec lesquels il se retrouva dans l'école spéciale ou ils le placèrent dès leur arrivée en Amérique. Une époque de sa vie arriva, coïncidant avec une longue convalescence suite à une pneumonie, quand ses petites phobies, que ses parents avaient toujours vue, stupidement, comme l'expression des excentricités d'un enfant prodigieusement doué, se durcirent d'illusions interactives aux intrications logiques, les rendant totalement inaccessibles aux esprits normaux.

Tout ceci, et bien plus, elle l'accepta, si, après tout, vivre signifie d'accepter la perte d'une joie après l'autre, de la joie, pas même, dans son cas, mais de simples possibilités d'amélioration. Elle pensait aux vagues récurrentes de douleur, qu'elle et son mari eurent a subir, pour une raison ou pour une autre ; aux géants invisibles blessant son enfant de manière inimaginable ; à la tendresse incalculable que le monde contient, au destin de cette tendresse, soit ébréchée ou perdue, métamorphosée en folie, aux enfants négligés, laissés à eux-mêmes, dans des coins sales, aux belles herbes folles qui ne peuvent se cacher du fermier. Presque minuit, du salon, elle entendit son mari grogner. A présent, le voilà debout, portant par dessus son pyjama le vieux manteau, au col d'astrakan qu'il préférait, de loin, à sa belle robe de chambre bleue.

 

«  Je ne peux pas dormir ! » gémit-il

«  Pourquoi ? » fit-elle. « Tu étais si fatigué. »

«  Je ne peux pas dormir parce que je meurs,  » dit-il, et se recoucha.

«  C'est ton estomac? Veux-tu que j'appelle le docteur Solov ? »

«  Pas de docteurs, pas de docteurs,  » grommela-t-il. « au diable, les docteurs ! Nous devons le sortir de là en vitesse. Autrement nous serons responsables...responsables ! » Il s'assit brusquement, les deux pieds par terre, se frappant la tête, le poing fermé.

« D'accord,  » dit-elle tranquillement. « Nous le ramènerons à la maison demain. »

« J'aimerai du thé,  » dit son mari en se rendant dans la salle de bain.

En se penchant avec difficulté, elle ramassa quelques cartes et une photo, tombés sur le sol, le valet de cœur, le neuf et l'as de pique, la servante Elsa et son fiancé bestial. Il revint, l'esprit content, en disant d'une voix forte, «  j'ai tout arrangé, nous lui donnerons la chambre. Chacun de nous passera une partie de la nuit tout près de lui et l'autre dans le sofa. Le docteur le visitera au moins deux fois par semaine. Peu importe ce que dira le Prince, De tout façon, il ne devrait pas dire grand chose, çà lui coûtera moins cher.

Le téléphone sonna à cette heure inhabituelle. Il restait au milieu de la pièce cherchant du pied la pantoufle qui en avait glissé, puéril et édenté, il jeta un regard à sa femme. Elle comprenait mieux l'anglais que lui et répondait toujours aux appels. 

«  Puis-je parler à Charlie ? » lui demanda la voix sotte d'une fille

« Quel numéro voulez-vous ?...Non, vous avez le mauvais numéro. »

Elle reposa le combiné gentiment, portant sa main à son cœur.

« J'ai eu peur,  » dit-elle.

Il sourit rapidement et reprit tout de suite son monologue excité, ils iront le cherche aussitôt qu'il fera jour. Pour sa propre protection, il garderaient tout les couteaux dans un tiroir fermé, même dans le pire état, il ne présentait aucun danger pour les autres.

Le téléphone se mit à sonner une seconde fois. La même jeune voix atone et anxieuse demanda après Charlie.

« Vous avez le mauvais numéro, faites le « o » à la place du zéro. » et raccrocha.

Ils s'assirent, pour ce thé de minuit, un peu gai, qu'ils n'attendaient pas. Il le sirota bruyamment, le visage détendu. De temps à autre, il levait son verre d'un mouvement circulaire, comme pour dissoudre le sucre plus complètement. La jugulaire sur le coté de sa tète chauve, ressortait, ostensible et des brisures argentées apparaissaient à son menton. Le cadeau d'anniversaire demeurait sur la table. Quand elle lui resservit du thé, il remit ses binocles et réexamina avec plaisir les petites jarres lumineuses, jaunes, vertes et rouges. Ses lèvres, hésitantes et humides épelèrent les mots élégants, abricot, raisin, prunes, coing. Sa pomme d'Adam tressaillit quand le téléphone, à nouveau, sonna.

 

 

Vladimir Nabokov

04:16 Écrit par walloween dans Fiction, Lettres | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vladimir nabokov |  Facebook

20/12/2013

État des incapacités civiles et des exactions subies par les Juifs en Angleterre.

Les membres distingués de la Chambre des Communes,
alors près de fermer le défunt Parlement,
remirent à l'ordre du jour une proposition sur
l'émancipation des Juifs et signifièrent leur
intention de la renouveler . Le bon sens, au
cours de la dernière session, permit néanmoins
un premier pas, ceci malgré une nette opposition
des partis. Pouvoir et, raison, aujourd'hui,
se réconcilient et espérons qu'ils achèvent
conjointement une victoire décisive. Afin de
contribuer au succès de justes principes,
proposons-nous de passer en revue, quelques-uns des
arguments ou quelques-unes des phrases se réclamant
être des arguments, qui furent employés pour
justifier et maintenir un système rempli d'absurdité
et d'injustice. La constitution étant dite
essentiellement chrétienne, ainsi donc, admettre
les juifs aux responsabilités, détruit la constitution.
Non seulement ,le Juif fut-il blessé par son exclusion
de la vie publique, nonobstant qu'il n'eût droit à
quelque pouvoir mais encore, un homme n'a-t-il pas
droit sur ce qu'il possède; un homme a droit à la
sécurité de sa personne. La loi donne ces droits aux
Juifs et les remettre en question. Mais, c'est d'être
admis au pouvoir politique et plaindre justement d'en
être exclus. On ne peut qu'admirer l'innocence de
l'artifice utilisé pour éloigner l'administration de
la preuve, au grand embarras des vrais responsables
et sûrement, aucun chrétien ne peut nier que chaque
être humain possède le droit de se voir allouer les
gratifications qui ne nuisent à personne et de se
voir épargner les mortifications qui ne produisent
de bien pour personne. N'est ce point une
mortification, pour un homme d'être exclus de la
vie publique Si cela est, ils ont d'après les
principes chrétiens, le droit d'être libérés ce ces
mortifications sauf s'il est démontré que leur
exclusion est nécessaire à la prévention d'un plus
grand danger. La présomption est, évidemment, en
faveur de la tolérance. C'est au procureur de
requérir. La démonstration de l'étrange argument
considéré est trop évidente, même pour ceux qui
l'avance. Si personne n'a droit à la puissance
publique alors, ni Juif ni gentil n'ont un tel
droit et le fondement même du gouvernement
disparaît. Mais, si le gouvernement disparaît, la
propriété et les personnes ne sont plus en
sécurité et il est universellement accepté que les
hommes ont droit à leur propriété et à leur
sécurité personnelle. S'il est juste que la
propriété des hommes soit protégée, ce ne peut
être que par les moyens du gouvernement et ainsi
il est juste que le gouvernement existe. Ensuite,
il n'existe aucun gouvernement si personne n'en
partie et donc, il est juste qu'une personne ou
des personnes détiennent la puissance publique.
Ce qui veut dire qu'une personne ou des
personnes doivent détenir un droit sur la puissance
publique. Les hommes n'ont pas l'habitude de
considérer les buts de gouvernement, c'est
pourquoi les incapacités juives et catholiques
existent en souffrance depuis si longtemps et que
l'on parle sans cesse de la cuisine protestante
ou du palefroi catholique. Le gouvernement existe
pour garantir la paix, dans le but de régler nos
disputes par l'arbitrage plutôt que par les coups,
dans le but ,de nous contraindre a suppléer à nos
volontés par l'industrie plutôt que par des rapines.
C'est l'opération pour laquelle la mécanique du
gouvernement est la mieux adaptée, la seule
opération que les gouvernements sages proposent pour
achever leurs desseins. Si quelque catégorie de
gens ne se sentent pas intéressés par la sécurité de
la propriété ou par le maintien de l'ordre, cette
classe ne devrait avoir aucune part dans les
décisions concernant la sécurité de la propriété
ou le maintien de l'ordre. Alors pourquoi un homme
devrait-il être incapable ces pouvoirs parce qu'il
porte une barbe, qu'il ne mange pas de jambon,
parce qu' il va à la synagogue le samedi plutôt
qu'à l'église le dimanche; c'est inconcevable.
Les points de différence entre christianisme et
judaïsme résident souvent dans l'adaptation plus ou
moins bonne des hommes à devenir curé ou rabbin.
Mais ils n'ont pas plus à faire avec la capacité
d'être magistrat, législateur ou ministre des
finances qu'avec celle d'être savetier.
Personne n'a jamais demander à un savetier
pratiquant de faire des déclarations publiques
sur la vrai foi chrétienne et n'importe qui
préférerait voir ses souliers réparés par un
savetier hérétique que par quelqu'un ayant
souscrit aux trente-neuf articles et qui n'a
jamais tenu une alêne. Ainsi les hommes agissent
non par indifférence à l'égard de la religion,
mais parce que ils ne voient pas ce que la
religion peut bien avoir à faire avec la
réparation des chaussures. Bien sûr, la religion
a autant de choses en commun avec le rapetassage
qu'avec le budget ou les estimations militaires.
Nous avons pourtant décelé de nombreux signes,
ces vingt dernières années prouvant qu'un très
bon Chrétien peut faire un détestable chancelier
de l'échiquier Mais il serait monstrueux, disent
les persécuteurs, que des Juifs légifèrent pour
une communauté chrétienne. La fausseté de la
représentation est palpable car ce qui est
proposé ce n'est pas que les Juifs légifèrent à
la place Chrétiens mais bien qu'une législature
composée de Juifs et de Chrétiens légifère pour
une communauté composée de Juifs et de Chrétiens.
Dans la plupart des questions de police, de
finance, de lois civiles et criminelles,
de politique étrangère, le Juif en tant que juif,
n'a pas d'intérêts hostiles à ceux des Chrétiens
ni même à ceux des hommes d’Église. Sur les
questions touchant à l'établissement ecclésiastique
Les Chrétiens et les Juifs diffèrent, sans doute,
mais pas autant que le Catholique et le pasteur
ou l'indépendant et le pasteur. L'idée suivant
laquelle les hommes Église voudraient monopoliser
tout le pouvoir de l'état semble au moins
intelligible, que les Chrétiens veuillent la même
chose n'a aucun sens. Aucunes questions relatives
aux institutions ecclésiastiques ne sont discutées
au Parlement sous le prétexte qu'ils ne peut y
avoir d'oppositions entre Chrétiens aussi grandes
qu'il n'y en aurait entre n'importe quel Chrétien
et n'in1porte quel Juif. En fait les Juifs ne sont
pas exclus de la pouvoir politique. Ils le
possèdent; aussi longtemps qu'on les autorisera à
accumuler de grandes fortunes, ils doivent le
posséder. La distinction parfois faite entre
privilèges civils et pouvoir politique est indifférente.
Privilèges, pouvoir civil et politique sont
synonymes, l'un dérive du latin, l'autre du grec.
il ne s'agit là que de joyeuses turlupinades
verbales. Nous arrêterions-nous un instant aux
faits de 1a cause, nous les verrions
inséparables ou plutôt identiques. Qu'un Juif soit
juge dans un pays chrétien serait choquant mais,
il peut être juré argumenter des faits sans préjudice.
Si il s'essayait à légiférer, cela mettrait fin à
la constitution, il peut s'asseoir dans le prétoire
dans son costume habituel et rendre des verdicts,
alors qu'en robe noire et perruque blanche,
concédant des nouveaux procès, ce serait une
abomination impensable parmi le peuple des baptisés.
La distinction est pour le moins philosophique.
Quel pouvoir dans une société civilisée est-il
plus fort que celui du créditeur sur le débiteur?
Si nous retirons ce pouvoir au Juif, nous lui
retirons du même coup le droit à la sécurité et
à la propriété, si nous le lui laissons, nous
le laisserions avec un pouvoir plus despotique
que celui du roi et de son cabinet. Ce serait
une impiété de laisser le Juif siéger au Parlement.
Mais un Juif pourrait faire de l'argent qui lui
pourrait faire des membres du Parlement. Là ou ils
vivent, ils seraient chez eux pendant qu'un électeur
d'une autre circonscription pourrait demander dix
Livres à Sherlock et seulement neuf à Antonio.
A ceci, on ne fait aucun les objections.
Qu’un Juif possède la substance du pouvoir
législatif, qu'il commande à des voix comme s'il
était le grand duc de Newcastle lui-même, c'est
exactement ainsi que cela devrait se passer.
Mais qu'il passe la barre, s' assoit sur un de
ces mystérieux coussins de cuir vert en criant
"à l'ordre" parle debout et dise ce qu'il pense
alors, c'est une profanation suffisante pour
mener ce pays à la ruine. Que le Juif devienne
le conseiller privé d'un roi chrétien serait
une honte éternelle pour la nation. Mais si
le Juif gouvernait le marché de l'argent et
que l'argent gouvernait le monde, le ministre
des finances ne pourrait clore son budget qu'après
en avoir discuter avec un Juif.
Un congrès de souverains pourrait sommer le Juif
de leur prêter assistance,son paraphe sur un
morceau de papier vaudrait plus que le serment
de trois rois ou que la fierté des républiques
américaines mais s'il devienne parlementaire,
c'est la plus effrayante des calamités nationales.
Quelques politiciens raisonnèrent de cette façon
à propos des Irlandais catholiques,ils ne
devaient exercer aucunes fonctions publiques.
Le soleil d'Angleterre se serait couché à
jamais; donner leur tout ,sauf ça. Ces hommes
sages ne virent point qu'en accordant le reste,
ils leurs donnèrent aussi le pouvoir politique.
Il n'était même plus question de savoir si les
catholiques exerceraient le pouvoir ou non alors
qu'ils tiraient la barbe du parlement et qu'un
agitateur catholique avait infiniment plus de
puissance que le seigneur-Lieutenant. Si c'est
notre devoir de Chrétiens d'exclure les Juifs
du pouvoir politique,ce doit être notre devoir
de le traiter comme l'on fait nos ancêtres, de
la tuer,le bannir et le voler. C'est seulement
de cette manière que nous réellement les priver
de pouvoir. Si nous n'adoptons pas cette méthode,
au moins,ne lâchons pas la proie pour l'ombre.
Nous ferions assez pour les incommoder et les
irriter sans pour autant nous prémunir du danger,
si il existe. Où est la richesse est le pouvoir,
inévitablement. Les Juifs nous dit-on ne sont pas
anglais,ils vivent dan5 certains endroits de
cette île mais vivent politiquement et moralement
en communion avec ceux de leur race répandus
dans le monde. Un Juif anglais regarde un Juif
hollandais ou portugais comme un compatriote
et un Anglais comme un étranger et il est dit
que ce genre d'instinct patriotique le rend
incapable de fonctions politiques. L'argument
a quelque chose de plausible ,mais en
l'examinant de plus près,il montre sa perversité.
Même si les faits allégués sont admis,les juifs
ne sont pas le seul peuple à préférer leur
secte à leur pays. Le sentiment patriotique
qu'une société en bonne santé secrète par une
association naturelle et inévitable,dans l'esprit
de citoyens,qui savent qu'ils doivent leur
confort et leur plaisir aux liens qui les
unit a leur communauté.
Mais, sous un gouvernement oppressif et partial,
ces associations mentales ne peuvent acquérir
la farce qu'elles posséderaient dans une état
de choses plus favorable. Les hommes ont
tendance a rechercher dans leurs partis la
protection qu' ils devraient recevoir de leur
pays et, par une conséquence tout aussi
naturelle transfèrent vers leurs partis
l'affection qu'ils auraient sans cela ressentis
pour leur pays. Les Huguenots français appelèrent
à l'aide l'Angleterre contre les rois catholiques.
Les Catholiques de France? demandèrent l'aide
de l' Espagne contre le roi huguenot. Serait-il
correct se supposer, qu'à présent, les protestants
français souhaiteraient voir leur religion
dominer grâce à l'aide des armées prussiennes
ou anglaise Sûrement pas, alors qu'ils l'ont
voulus et qu'ils ne veulent plus aujourd'hui,
sacrifier l'intérêt de leur pays à celui de
leur religion. La raison en est évidente:
ils furent persécutés alors, ils ne le sont plus
maintenant. Les Puritains anglais sous Charles II,
l'emportèrent sur les Écossais pour envahir
l'Angleterre. Les dissidents protestants de notre
époque vaudraient-ils voir l' Église mise à bas
par une invasion de Calvinistes étrangers. Sinon,
à quoi attribuerions-nous le changement Sûrement
au fait qu'ils sont beaucoup mieux traités qu'au
dix-septième siècle, aujourd'hui. Quelques-uns des
plus illustres hommes publics que l'Angleterre
aie jamais produit se réfugièrent en Amérique pour,
échapper à la tyrannie de Laud. Était-ce l'incapacité
des Indépendants et presbytériens à aimer leur pays?
Mais il est vain de multiplier les exemples.
Que Rien n'est plus offensant pour quelqu'un qui sait
un temps sait peu l' histoire et la nature humaine d'
entendre ceux qui exercent le pouvoir accuser une
secte d'attachements étrangers. S'il est une
proposition universellement vraie en politique,
c'est bien que les accointances étrangères sont le
fruit des dérèglements domestiques. Le truc des bigots
a toujours été de rendre les gens malheureux chez eux
et d'ensuite se plaindre qu'ils regardent dehors,
de diviser la société et de se plaindre qu'elle n'est
pas unie, de gouverner comme si une partie de l'état
était le tout et de sanctionner les autres pour
leurs inclinaisons patriotiques.
Si les Juifs ne se sentirent pas comme des enfants
devant l'Angleterre ,c'est parce qu' elle les traita
comme une belle-mère. Le patriotisme est
certainement le sentiment qui se développe le plus
facilement si le gouvernement est tolérable,
depuis e commencement du monde, il n'y a jamais
eu de nation ou de partie importante de nation qui,
sans être cruellement oppressive fut entièrement
privée de ce sentiment. Créer une base d'accusation
contre une classe d'hommes en affirmant qu'ils ne
sont pas patriotes est un tour de passe-passe
du plus vulgaire sophisme C'est le genre de logique
qu'use le loup avec l'agneau. C'est accuser
l'embouchure d'empoisonner la source. Si les Juifs
anglais haïssaient à ce point l'Angleterre que
dans leurs prières hebdomadaires à la synagogue,
ils suppliaient que toutes les malédictions annoncées
par Ézéchiel sur Tyr et l' Égypte tombassent sur Londres.
Si, dans leurs fêtes solennelles ils bénissaient
tous ceux qui lapideraient les enfants, nous dirions
que leur haine à l'égard de leurs compatriotes n'est
pas plus intense que celle que des sectes de chrétiens
se sont souvent infligées mutuellement . En fait,
les sentiments des Juifs ne sont rien de tel,
c'est pourtant dans la situation Ou, ils se trouvent
placés ce que nous attendrions. Ils sont beaucoup
mieux traités que ne le furent les protestants
franchis au seizième et dix-septième siècles ou les
Puritains au temps de Laud. Ils ressentent donc
aucunes rancœurs contre le gouvernement ou leurs
compatriotes. On ne peut même parier qu'ils ont de
meilleurs relations avec l'état que les fidèles
de Coligny ou de Vane . Mais ils ne sont pas mieux
traités que Angleterre que les sectes chrétiennes
divisées ne le sont . C'est Sur ces prémisses,
et nous le croyons, sur ces prémisses seulement,
qu'ils manifestent un esprit plus particulier.
Nous n' avions pas le droit de conclure qu'ils
ne peuvent devenir anglais avant de mener
l'expérience plus loin. Les hommes d'état qui
les traitent comme des étrangers et les accusent
de ne pas manifester les mêmes sentiments que les
indigènes sont, aussi peu raisonnables que le tyran
qui fit punir ses ancêtres pour avoir fabriquer
des briques sans y mettre de paille. On devrait
souffrir que des dirigeants s'auto-absolvent
de leurs responsabilités solennelles, ce n'est
pas à leurs bouches de dire si une secte est
patriote, mais c'est leur travail
de la rendre patriotique.
L'histoire et la raison en indique clairement
les moyens. Les Juifs anglais sont précisément
devenus ce que le gouvernement en a fait, et,
ce que n'importe quelle classe serait devenu si
elle avait été traitée de la sorte. Si tous les
roux d'Europe avaient été, pendant des siècles
outragés et opprimés, bannis de ceci, emprisonnés
pour cela, privés de leur argent, privés de leurs
dents, convaincus des crimes les plus improbables
et de la plus faible évidence, écartelés par des
chevaux, pendus, torturés, brûlés vivant, si,
quand les mœurs s'adoucirent, ils eurent été sujets
à des restrictions dégradantes et exposés aux
insultes les plus vulgaires, parqués dans des
rues spéciales dans certains pays, dépouillés
et étouffés par la rage des autres, exclus
partout de la magistrature et des honneurs,
que serait le patriotismes de gentilshommes
aux cheveux rouges Et si, dans de telles
circonstances, une proposition était faite
pour admettre les roux dans l'administration,
le discours d'un admirateur de nos anciennes
institutions à propos de cette mesure
révolutionnaire n'en serait que plus frappant:
s'ils se considèrent rarement comme des Anglais,
ils pensent comme les roux français ou les roux
allemands, se sentent plus près d'eux que d'un
brun né dans leur propre paroisse. Si un
souverain étranger patronne les roux, ils
le préfèrent à leur propre roi. ils ne sont
pas Anglais et ne peuvent pas l'être,
la nature l'interdit et l'expérience prouve que
c'est impossible, aucun d'entre eux n'a droit
au pouvoir politique. Laissez les profiter de
leur sécurité personnelle, que leurs biens
soient protégés, mais ils ne peuvent pas
exercer des prérogatives administratives à
l'égard d'une communauté dont ils ne sont que
des demi membres, une communauté dont la
constitution faite principalement de bruns,
répond suivant les mots de nos sages ancêtres:
"nolumus leges Angliae mutari ". Les écritures
déclarent que les Juifs verront la fin de l'exode,
que toute la nation l'espère Ils ne sont donc pas
aussi intéressés que d'autres à la prospérité de
l'Angleterre, ce n'est pas leur foyer, mais
simplement leur lieu de séjour, la maison de
leurs attachements. Cette argument qui fut publié
dans le "Times" et qui attira une attention
davantage due à la réputation du journal qu'à
sa valeur intrinsèque appartient à la classe
de sophismes par lesquelles les persécutions
les plus haïssables se justifient le plus facilement.
Accuser des hommes de conséquences qu'ils nient
manquent d'ingéniosité dans la controverse,
c'est épouvantable en matière de gouvernement.
La doctrine de la prédestination, dans l'opinion
de beaucoup rend ceux qui la professent quelque
peu immoraux. Et certainement, il semblerait que
celui qui croit en que sa destinée éternelle est
irrévocablement fixée est prompt à indulgencier
sans limites ses passions et à négliger ses devoirs
religieux. S'il est l'héritier de la colère ses
tentatives seraient inutiles et s'il est d'une
nature ordonnée, elles seraient superflues.
Serait-il sage de punir tous les tenants des
hautes doctrines calvinistes comme si ils avaient
commis, tous les crimes que l'on sait, des Antinomistes?
Évidemment non. Le fait notable est qu'il existe
de nombreux Calvinistes aussi moraux dans leur
conduite que n'importe quel. Arminien, et beaucoup
d'Arminiens aussi débridés que certains Calvinistes.
C'est généralement impossible de raisonner sur
les opinions par lesquelles un homme explique ses
sentiments ou ses actions, et en fait, personne
n'est sot assez pour raisonner ainsi, excepté
quand on cherche un prétexte pour persécuter
ses voisins. On commande au Chrétien sous la
menace des plus fortes sanctions, d'être juste
dans ses toutes actions. Mais à combien des
trente-quatre millions de chrétiens pratiquants
de ces îles, un homme de bon sens prêterait-il
mille livres sans garanties? Assurément un homme
qui agirait, pour un jour, muni de la supposition
que tous les gens qui l'entourent seraient
influencés par la religion qu'ils professent se
ruinerait avant la nuit et personne n'agit sur
cette base, dans la vie quotidienne quand
il prête, emprunte, achète ou vend.
Mais quand on doit oppresser quelques
une de nos amies créatures, le problème
est différent. Alors, nous représentons
les motifs que nous savons si faibles quand
il s'agit du bien comme étant omnipotents
quand il s'agit du mal, ensuite, nous chargeons
nos victimes de tous les vices et de toutes
les folies vers lesquelles, leurs doctrines,
même de loin, sembleraient tendre. Nous oublions
que la même faiblesse, le même laxisme, la même
disposition A préférer le présent au futur qui
rendent les hommes pire qu'une bonne religion,
les rend aussi meilleurs qu'une mauvaise.
C'est de cette façon que nos ancêtres
raisonnaient et que quelques personnes
raisonnent encore aujourd'hui au sujet des catholiques.
Les papistes croient qu'ils obéissent au Pape,
le Pape, par une bulle a déposé la reine Élisabeth.
Donc chaque papiste voudra traiter le reine comme
une usurpatrice, il s'en suit que chaque papiste
est un traître et qu'il doit être pendu,
noyé ou écartelé. A cette logique, nous devons
les lois les plus détestables qui aient jamais
dégrader notre histoire.
Peut-être la réponse
se trouvent-elle dans les apparences.
L’église de Rome a, peut-être commander de traiter
la reine comme une usurpatrice, mais elle a aussi
commander bien d'autres choses auxquelles
ils n' obéirent jamais. Elle enjoint ses prêtres
à la chasteté, pourtant vous les tancez, sans cesse,
sur leur licence. Elle commande, trop souvent,
à ses fidèles, d'être charitable envers les pauvres,
de ne pas agioter ni de se battre en duel,
d'éviter le théâtre. Obéissent-ils à ces injonctions?
Si c'est un fait, que quelques uns d' entre eux
observent strictement ces principes quand ils
sont opposés à leurs passions et à leurs intérêts,
n'y-il aurait-il aucune loyauté, aucune humanité,
aucun goût du confort, même pas la peur de la
mort ne serait suffisante pour les prévenir
d'exécuter les ordres pervers de l' Église
de Rome contre le souverain d'Angleterre?
Quand on sait que beaucoup de ces gens se foutent
assez de leur religion pour ne même pas éviter
de manger du bœuf le vendredi, pourquoi
penserions-nous qu'ils prendraient le risque
d'être flagellé ou pendu pour elle Les gens
pensent aujourd'hui des Juifs ce qu'ils
pensaient jadis des papistes. La loi inscrite
sur les murs interdit la convoitise, si nous
disons qu'un Juif renoncerait à ses hypothèques
parce que Dieu commande de ne pas convoiter la maison
de son voisin, tous le monde penserait que nous
aurions perdus la tête. L'argument qui consiste à
penser que le Juif n'a pas d'intérêt à la
prospérité du pays dans lequel il vit, qu'il
n'en a aucun soucis, aussi mauvaises que soient
les lois et la police, qu'il soit durement
taxé ou non, qu'il soit asservi ou que l'on se
partage ses dépouilles, parce que Dieu a promis,
que par des moyens indéterminés dans une époque
inconnue, peut-être dans dix mille ans,
les Juifs émigreraient en Palestine. N'est pas
là une profonde ignorance de la nature humaine?
Ne savons nous pas que ce qui est lointain et
peu probable affecte beaucoup moins l'être
humain que ce qui est certain et tout près?
On peut appliquer le raisonnement aussi
certainement aux Chrétiens qu'aux Juifs.
Le Chrétien, comme le Juif croit que dans une
période future l'ordre présent des choses
arrivera à sa fin. De plus, beaucoup de chrétiens
croient que le Messie établira prochainement
son royaume et son règne visible sur tous les
habitants de la terre. quelque soit l'orthodoxie
de la doctrine, le nombre de gens qui y adhère
est infiniment plus grand que tous les Juifs
résidant en Angleterre. Beaucoup de ceux qui
le tiennent se distinguent par leurs rangs,
leurs fortunes ou leurs talents On l'entend
des chaires, à la fois, des Églises anglaises
et écossaises. L'aristocratie et les membres
du Parlement le défendent. en quoi donc diffère
cette doctrine, dans ses tendances politiques,
de celle des Juifs? Si un Juif est incapable
de légiférer pour nous parce qu'il croit que
lui ou ses lointains descendants se retrouveront
un jour en Palestine, pouvons-nous,
en toute sécurité, confier l'ouverture de la
chambre des communes à un homme de la cinquième
monarchie qui s'attend, à ce que, avant que sa
génération ne disparaisse, tous les royaumes
de la terre seront avalés par l' empire divin.
Les Juifs s'engagent-ils avec moins d'entrain
dans les compétitions qui leurs restent ouvertes?
sont-ils moins actifs et réguliers dans leurs
affaires que leurs voisins Meublent-ils mal
leurs maisons parce qu' ils ne font que
séjourner sur ces terres? L'attente de se voir
restaurer sur la terre de leurs ancêtres la
rendent-ils insensibles au cours de la bourse?
Prennent-ils en compte, dans la gestion de leurs
affaires, l'éventualité de migrer vers la Palestine
sinon pourquoi supposons-nous que les attitudes qui
n'influencèrent jamais leurs positions comme
marchands ou comme testataires, acquéraient
une influence sans bornes aussitôt qu'ils
deviendraient magistrats ou législateurs?
Il y a un autre argument, que nous ne voudrions
pas traiter avec légèreté sans savoir comment
le traiter avec sérieux. L’Écriture est pleine
de dénonciations terribles contre les Juifs,
on dit que ce sont des vagabonds,est-ce alors
juste de leur donner un foyer il est naturel
qu'ils soient opprimés, pouvons-nous souffrir
qu'ils dirigent Les admettre aux droit
de cité est manifestement une insulte aux oracles divins.
Falsifier une prophétie inspirée par la sagesse
divine serait le crime le plus atroce mais,
heureusement pour notre fragile espèce,
c'est un crime impossible à commettre.
Si nous admettons les Juifs au Parlement,
en le faisant, nous prouverions que les
prophéties en question, quoi qu'elles veuillent
dire ne signifient pas que les Juifs doivent
être exclus du Parlement. En fait, il est clair
que les prophéties ne contiennent pas le sens
annoncé par les personnes respectables à qui
nous répondons. En France et aux États-Unis,
les Juifs sont déjà admis à tous les droits
civils. Une prophétie qui signifierait que
les Juifs, au cours de leur errance, ne seront
jamais admis à la citoyenneté dans le lieu
de leur séjour, serait fausse. Donc, ce n'est
pas le sens des prophéties de l’Écriture.
Nous contestons la pratique de confondre le
précepte et la prophétie, de clamer des prédictions
souvent obscures contre une moralité, elle,
toujours claire. Si les actions sont justes
et bonnes parce qu'elles ont été prédites,
quelle action est plus louable, que le crime dont
les bigots nous pressent de nous venger
sur les Juifs, qui fit trembler la terre et arracha
le soleil du ciel. Le même argument qui sert
à justifier les incapacités imposées à nos
compatriotes hébreux, justifierait également
le baiser de Judas et le jugement de Pilate.
Comme il est écrit, le fils de l'homme pardonne,
mais maudit l'homme par lequel il a été trahi,
et maudit ceux qui, à n'importe quelle époque,
et dans tous les pays désobéirent à ses généreux
commandements avec la prétention d'accomplir
ses prédictions. Si ces arguments justifient
les lois existantes à l'encontre des Juifs,
elles justifient également toutes les cruautés
furent commises contre eux, les édits généraux
de bannissement et de confiscation, le donjon,
la roue et le feu lent. Comment pouvons-nous nous
excuser plus longtemps de laisser des propriétés
à des gens qui "servent leurs ennemis dans la faim,
la soif, la nudité et dans le besoin de toutes choses,
de donner protection à ces gens qui ont peur du
jour et de la nuit et qui craignent tout"
de ne pas se saisir des enfants d'une race
dont les "fils et les filles doivent être
dispersés parmi tes autres peuples".
Nous n'avons pas encore appris la 1eçon de
celui qui nous commanda d' aimer notre prochain
comme nous-même et qui répondit quand on lui
demanda ce qu'il voulait dire par prochain
choisit comme exemple l'hérétique et l'étranger.
Souvenons-nous que l'année dernière,un écrivain
pieux du journa1 " John Bull'' et par un autre
chrétien également fervent,présentèrent comme
une indécence monstrueuse, que la mesure pour
l'émancipation des juifs soit présentée pendant
la semaine de la passion. Un de ces humoristes
recommanda qu ' elle fut une seconde fois le
Vendredi Saint. Nous n'avons aucune objection,
ni que ce jour ne soit célébré d'une manière
plus adéquate. Nous ne connaissons pas de meilleur
jour pour terminer de longues hostilités et réparer
de cruels impairs, que le jour Où la religion de
la pitié fut fondée, nous ne connaissons pas de
jour plus approprié pour rayer des livres les
dernières traces d 'une alternance que ce lui
pendant lequel l' esprit d’intolérance,
produisit le plus infect des crimes judiciaires
le jour par lequel la liste des victimes de
l'intolérance, cette noble liste, où sont
inscris les noms de Socrate et de Thomas More,
fut glorifié par un nom plus grand encore.
 
 
 
*
Sources: Critical & historical essays: vol. II
Thomas Babington Macau1ay
Dent & sons 1914

 

12/10/2013

Peurs et angoisses de la maison Saoud

Tout personne un peu sensible possédant un cerveau fonctionnel aperçoit la possibilité de la fin des 34 années du mur  de défiance entre entre Washington et Téhéran dans une situation dont les deux nations pourraient tirer parti.

 

En voici quelques-uns des bénéfices:

 

- Le prix des hydrocarbures baisseraient.

- Washington et Téhéran pourraient créer un partenariat afin de combattre les Salafistes Djihadistes ( ils l’avaient d’ailleurs déjà fait directement après 911 ainsi que de coordonner leurs politiques en Afghanistan pour maintenir les Talibans en échec après 2014.

- L’Iran et les États-Unis partagent les mêmes intérêts en Syrie, aucun ne veut ni l’anarchie ni la perspective de la prise de pouvoir par les radicaux islamiques.

- Cette éventualité inciterait l’influence iranienne à favoriser une compromis entre le régime Assad et l’opposition modérée non armée(qui existe mais est actuellement marginalisée).

 

Sans rhétorique sur le changement de régime et sans sanctions, il n’y aurait plus de limites pour plus d’échanges, d’investissements et d’options en matière d’énergie pour l’Ouest, en particulier pour l’Europe, ( L’Iran est la meilleure alternative pour les européens  pour adoucir leur dépendance à l’égard de Gazprom.

Une solution sur le dossier nucléaire permettrait à Téhéran de gérer son nucléaire civil comme alternative industrielle, lui permettent ainsi d’exporter davantage de gaz et de pétrole.


Sur le plan géopolitique, en reconnaissant  la nation iranienne pour ce qu’elle est, c’est à dire, un acteur clé en Asie du sud ouest, les américains pourraient se libérer du dogme stratégique auto- imposé qui consiste à dépendre de l’axe Israel-Arabie Saoudite. Ainsi, l’Amérique pourrait même commencer son pivotement vers l’Asie pour de bon. Et pas seulement avec des moyens militaires.

Aie, voilà ou çà gratte. Tout le monde sait pourquoi l’extrême droite israélienne voudra combattre à tout prix un traité entre les américains et les iraniens qu’elle voit comme une lèpre, puisque l’Iran comme “menace existentielle” est le prétexte idéal pour faire oublier la vraie nature du débat, le régime d’occupation et d’Apartheid  imposé à la Palestine. Tout comme pour la Maison Saoud ou cette perspective n’est rien de moins que l’apocalypse tout de suite.

 

Je ne suis rien d’autre qu’un tueur modéré 

 

Ça  commence en Syrie. aujourd’hui, tout le monde sait que  Bandar Ben Sultan, aka Bandar Bush, tire les ficelles de la guerre ne Syrie depuis que son oncle, le roi Abdallah, l’a nommé directeur de la sécurité national

Bandar ne fait pas de prisonniers. D’abord, il élimine le Qatar, financier principal de la soi disant Armée Syrienne Libre du paysage après avoir aidé à l’auto déposition de l’émir du Qatar le Cheikh Hamad  au profit de son fils Tamin en juin dernier.

 

Fin juillet Bandar rebondit de manière spectaculaire durant son désormais fameux “voyage secret” en Russie pour essayer extorquer l’abandon de la Syrie à Vladimir Putin en le payant.

 

Il est notoire que la « politique » des Saoud à l’égard de la Syrie, c'est le changement de régime, un point c'est tout. Ce n'est pas négociable et il s'agit de porter un coup à ces « apostats » de Téhéran et d'imposer la volonté saoudienne à la Syrie, à l'Irak, en fait, à l'ensemble du levant sunnite, pour la plupart.

 

Fin septembre, le Jaish al-Islam ("Armée de l'Islam") entre en scène, c'est une combinaison de « rebelles » d'une cinquantaine de brigades, appartenant à une nébuleuse qui va des « modérés » à des Salafistes pure jus contrôlés par Liwa al-Islam, appartenait à l'Agence National de Sécurité. Le seigneur de guerre en charge de Jaish al-Islam est Zahran Alloush – son père, Abdallah, est un imam salafiste pur et dur en Arabie Saoudite et les pétrodollars qui le soutiennent sont saoudiens via Bandar et son frère le Prince Salman, ministre saoudien de la défense.

 

Si ceci ressemble à une remise à la mode du « réveil sunnite » en Irak concocté par le Général Petraeus en 2007, c'est, en effet, bien ce que c'est ; la différence dans ce « réveil » financé par les saoudiens, c'est que le but n'est plus de combattre Al-Qaïda mais de changer les régimes.

 

Voilà ce que veut Alloush (en arabe) : une résurrection du Califat Ommayade (Damas est sa capitale) nettoyer la Syrie de ses Sites et des ses Alaouites. Il sont tous considérés comme des incroyants, soit ils se soumettent à l'Islam Salafiste sinon, ils doivent mourir. Qui que ce soit interprétant ces phrases comme modérées sont sûrement des lunatiques.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, même Ayman al-Zawahiri, le chef d' Al-Qaïda a publié une proclamation bannissant le meurtre des Chiites.

 

L'option « modération » est au centre du présent, la campagne de relations publique ramollit les seigneurs de guerre sectaires, tel la gens Alloush pour les rendre acceptables par un maximum de sources de financement dans le Golfe et par ces occidentaux toujours si faciles à rouler.


Le cœur de la question, c'est que Jaish al-Islam ne montre qu'une différence essentiellement chromatique avec l’État Islamique d'Irak et al-Sham (ISIS), parapluie d'

Al-Qaïda, qui est la première force combattante en Syrie constitué des fanatiques armés jusqu'aux dents accrocs à des degrés d'intoxications divers à la méthédrine cristal

 

Le paradis des paranoïaques

 

Pur compliquer les choses, la maison Saoud est en pleine guerre de succession. L'infant, Prince de la Couronne Salman est le dernier fils du Roi Abdul Aziz, fondateur de la dynastie, qui veut faireun tour sur le trône ( et ça ne fait que de s'aggraver avec l'age).

 

Rien ne va plus, avec des hordes de princes, ensablés dans la bataille pour le grand prix.

Ici, nous trouvons personne d'autre que Bandar Bush, qui est pour l'instant, a toutes fins pratiques, l'entité la plus puissante d'Arabie Saoudite après Khalid Twijri, le chef de cabinet du Roi Abdallah, qui, nonagénaire, est près de rejoindre son créateur. Twijri n'est pas membre de la famille royale alors Bandar court contre la montre. Il a besoin d'une victoire en Syrie comme ticket pour la gloire ultime.

 

Quand l'accord entre les russes et les américains sur les armes chimiques en Syrie est intervenu, la Maison des Saoud a pété les plombs non seulement en blâmant les suspects habituels mais aussi la Russie et la Chine et Washington. C'est donc sans étonnement que le Ministre des Affaires Étrangères à perpétuité, le Prince Saud al-Faisal,

a snobé son discours annuel à l'Assemblée Générale de l'ONU. C'est peu ire que personne ne l'a regretté.

 

Le cauchemar de la maison Saoud est amplifié par sa paranoïa. Après toutes ces déclarations, à l'intention de Washington de « couper la tète du serpent (l'Iran) immortalisées par les fuites de Wikileaks. Après toutes ces supplications pour que les américains bombardent la Syrie, pour qu'ils déclarent une interdiction de survol, pour qu'ils arment les « rebelles ». Voilà tout ce que les Saoud obtiennent : Washington et Téhéran sur la route d'un accord aux frais de Riyad.

 

Pas besoin de dire que l'angoisse, l'horreur et la paranoïa règnent, suprêmes. La maison Saoud continuera à faire tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher que le Liban ne devienne un producteur de gaz. Elle continuera, sans relâche, à nourrir les flammes du sectarisme dans l’ensemble du spectre.

 

Et l'axe israelo-saoudien continuera à bourgeonner. Peu de monde sait qu'une agence israélienne, expérimentée dans la répression des palestiniens, est en charge de la sécurité à la Mecque. Si cela se savait, la rue, dans les pays arabes, n'y verrait qu'une preuve de plus de l'hypocrisie et de la duplicité, une fois de plus révélée de la couronne saoudienne.

 

Une chose est certaine, c'est que la clique des Saoud, Bandar et les israéliens, tireront

toutes les ficelles pour faire dérailler le train du rapprochement entre Washington et Téhéran.

 

Dans une perspective plus large, la vrai « communauté internationale » peur toujours rêver, qu'un jour, les élites de Washington verront finalement la lumière et qu'elles réaliseront que cette alliance stratégique scellée en 1945 entre Franklin D Roosevelt et le Roi Abdul Aziz ibn Saoud est désormais complètement dénuée de sens.

 

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