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27/09/2018

Comprendre la matriochka

 
Et voilà, Xi Jinping  et Vladimir Putin engagés en chefs de cuisine. Blinis, caviar, arrosés d'un coup de vodka. Cela vient d’arriver au forum économique oriental à Vladivostok. C'est là une métaphore aussi évocatrice que comestible scellant un partenariat stratégique intelligent, entre la Russie et la Chine, qui évolue sans cesse.
 
Depuis quelques années maintenant, le forum de Vladivostok offre des perspectives inégalées à l'intégration eurasienne.
 
L'année dernière, en marge du forum, Moscou et Séoul ont livré une sensation : un corridor commercial trilatéral, en intégrant plus spécialement  Pyongyang, pour  le tracé d'un corridor cohérent entre la péninsule coréenne entière et l'Extrême-Orient russe.
 
Les thèmes de la table ronde,cette année comprennent l'intégration de l'Extrême-Orient russe dans les chaînes logistiques eurasiennes; de renouveler les liens russes avec les deux Corée.
 
 
L'intention de construire un chemin de fer Trans-coréen raccordé au Trans-sibérien et à un « Pipelineistan » se diversifiant vers la Corée du Sud via la Chine. D'autres thèmes abordés, l'association Russie-Japon du point de vue du transit eurasien, centrant sur la jonction de la Grande ligne de Baïkal-Amour et de Trans-sibérien (BAM) et d'étendre ces lignes de chemins de fer en les projetant sur l'île de Sakhaline et ensuite entièrement à l'île de Hokkaido.
 
L'avenir: Tokyo à Londres, sans correspondance, par le train.
 
Avec, toujours, en note continue l'intégration entre la Russie et l'ASEAN et, au-delà de l'infrastructure actuelle, agricole et des projets de constructions navales à l'énergie, l'agro-industrie et la sylviculture, le note Ivan Polyakov, le Chargé d'Affaires de la Russie pour l'ASEAN.
 
C'est, d'abord,  tout  le développement simultané de l' Ouest agrandit aussi d'un axe Nord-sud. La Russie, la Chine, le Japon, le deux Corée et le Viêt-Nam, lentement mais sûrement, sont sur leur voie vers une intégration géo-économique solide.
 
Manifestement, les discussions les plus vivantes, à Vladivostok, reprenaient sur ce nouveau croisement de la Route de Soie, portées , parmi d'autres, par Sergey Gorkov, le député russe du ministre de développement économique; Wang Yilin, le président du CNPC géant de pétrole de Chine et Zhou Xiaochun, le vice-président du conseil d'administration du Forum de Boao  essentiel.
 
 
Le trajet de Moscou doit relier les Nouvelles Routes de la Soie ou la Ceinture et l'Initiative Routière(BRI) avec l'Union Économique eurasienne (EAEU). Pourtant la limite géo-économique de la cible est encore plus ambitieuse; une « Plus grande association eurasienne », où BRI converge avec l'EAEU, l'Organisation de Coopération de Shanghai (SCO) et l'ASEAN. En son centre, agit l'association stratégique chinoise de Russie.
 
La perspective, implique, évidemment, le subtil équilibre d'une balance complexe d'intérêts politiques et de pratiques administratives, parmi les projets multiples Ouest-est. La symbiose culturelle doit faire partie du portrait. On comprend, de plus en plus, que l'association chinoise de Russie raisonne sur le principe d'encerclement  du jeu de Go; dont les  termes sont une vision partagée basée sur les principes stratégiques universels.
 
Une autre discussion clé à Vladivostok comprenait Fyodor Lukyanov, le directeur de recherche dans le Club de Discussion de Valdai toujours essentiel et LanxinXiang, le directeur du Centre d'Études Routières à l'Institutnational chinois pour les échanges internationaux SCO, conversations sur la géopolitique d'action réciproque asiatique, en impliquant des membres de BRICS clé, la Russie, la Chine et l'Inde et comment la Russie pourrait être en mesure d'y capitaliser en naviguant sur les sanctions invraisemblables imposées par les puissances occidentales
 
Tout le pouvoir de Sibérie
 
Revenons aux principes fondamentaux et à l'association stratégique chinoise de Russie qui évoluent. Xi et Poutine sont impliqués au premier chef. Xi définit l'association comme le meilleur mécanisme « pour neutraliser conjointement les risques externes et les défis ». Pour Poutine, « nos relations sont essentielles, pas seulement pour nos pays, mais pour le monde aussi ». C'est la première fois qu'un chef d'état chinois rejoint les discussions de Vladivostok.
 
La Chine raccordée progressivement avec l'Extrême-Orient russe. Les corridors internationaux de transport – Primorye 1 et Primorye 2 – promouvront le transit de chargement entre Vladivostok et la Chine du nord-est. Gazprom est sur le point d'achever la partie russe du pipeline de gaz sibérien à la Chine, d'accord avec CNPC. Plus de 2.000 kilomètres de tubes ont été soudés et posés de Yakoutz à la frontière russe-chinoise. Il sera opérationnel en décembre 2019.
 
Selon le Fonds d'investissements Directrusse (RDIF), l'association évalue 73 projets d'investissement de valeur plus de $100 milliards. Le maître d’œuvre est le Comité consultatif d'hommes d'affaires russe-chinois qui inclut plus de 150 responsables des principales compagnies russes et chinoises. Le directeur général de RDIF, Kirill Dmitriev, est convaincu : « les transactions particulièrement prometteuses, seront développées en capitalisent sur le les bons rapport de la Chine et de Russie. »
 
A Vladivostok, Poutine et Xi se sont, bien entendu, promis de continuer à augmenter le commerce bilatéral en yuans et en roubles, en évitant le dollar américain , en confirmant la décision réciproque prise en juin pour augmenter le nombre de contrats yuan-rouble. Une déclaration du Ministre MaksimOreshkin a conseillé aux Russes de vendre des dollars américains et acheter des roubles.
 
Moscou s'attend à ce que le rouble s'apprécie à environ 64 par dollar américain l'année prochaine. C'est actuellement près de 70 roubles contre le dollar, rabaissé par les sanctions américaines et l’instrumentalisation du dollar endommagent tous les membres BRICS le Brésil, l'Inde et Afrique du Sud, aussi bien que des BRICS potentiel Plus des états comme la Turquie et l'Indonésie.
 
Poutine et Xi ont de nouveau réaffirmé qu'ils continueront à travailler en tandem sur leur plan commun inter-coréen basé sur le « gel double » . la Corée du Nord suspend ses essais nucléaires et les lancements d'engins balistiques pendant que les États-Unis suspendent les manœuvres militaires avec Séoul.
 
Mais ce qui semble vraiment capturer l'imagination des coréens, c'est le chemin de fer Trans-coréen. Kim Chang-sik, Chef de développement du chemin de fer à Pyongyang a dit : « nous développerons davantage ce projet sur la base des négociations entre la Russie, la Corée du Nord et la Corée du Sud, pour que les propriétaires de ce projet soient les pays de la péninsule coréenne. »
 
Cela correspond à ce que le Président Sud-coréen MoonJae-in à dit seulement il y a trois mois : « dès que la ligne principale Trans-coréenne est construite, il peut être raccordé au Chemin de fer Trans-sibérien. Dans ce cas-là, il serait possible de délivrer des marchandises de la Corée du Sud à l'Europe, ce qui serait économiquement favorable non seulement au Sud et à la Corée du Nord, mais aussi à la  Russie.»
 
Comprendre la matriochka
 
Contrairement à ce qu 'affiche l'opinion  Occidentale mal renseignée ou manipulée, les jeux de guerre de Vostok dans le Trans-Baikal de l'Extrême-Orient russe, incluant 3,000 soldats chinoises, sont juste une part de l'association stratégique entre chinois et russes qui est beaucoup plus profonde, complexe. C'est tout d'un matriochka : ce jeu de guerre est une poupée à l'intérieur du jeu géo-économique.
 
Dans la « Chine et la Russie : le Nouveau Rapprochement », Alexander Lukin, de l'Université de Recherche nationale de la Haute École d'Économie à Moscou, expose, en détail le choix des opérations; la dynamique d'association économique qui évolue, l' Eurasie, plus ou moins, fait partie d'un concept beaucoup plus  complet « de la plus grande Eurasie ». C'est le cœur de l'entente chinoise de Russie, en parlant de ce que le scientifique politique SergeyKaraganov a souligné, « un espace commun pour la coopération économique, logistique et d'information, la paix et la sécurité de Shanghai à Lisbonne et de New Delhi à Mourmansk.”
 
Sans comprendre à grands traits ce qui enveloppent les discussions comme la réunion annuelle de Vladivostok, il est impossible de comprendre comment l'intégration progressive de BRI, EAEU, SCO, ASEAN, BRICS et BRICS Plus est attachée au changement d'irréversibilité du système mondial actuel.
 
 

12:36 Écrit par walloween dans Chine, Economie, Monde, Politique, Russie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : russie, chine |  Facebook

26/07/2014

Département de la Défense: nouvelles tendances

 

L'Agence Américaine des Projets de Recherches Avancées en matière de Défense (DARPA) sollicitent différentes compagnies pour qu'elles produisent de nouvelles techniques afin de permettre au Département de la Défense de prédire l'agitation sociale en gardant les traces de «toute activité humaine mesurable».

Cette demande mise en ligne par le Bureau Fédérales des Opportunités d'Affaires (FedBizOpps), souligne l'intention de financement du DARPA, pour mettre en œuvre des « techniques pour changer le jeu» et ainsi «obtenir un avantage décisif dans le domaine de l'information pour les États-Unis et ses alliés» ouvrant la porte à «des moyens puissants pour mieux percevoir le monde de l'intérieur.»

«Toute activité humaine peut être mesurée, qu'elle soit mercantile ou militaire et quantitativement ré-examinée dans le contexte de capacité des gigantesques banques de données relationnelles. Les premières démonstrations ont déjà fournis de nouvelles découvertes relatives à l'activité humaine, elles ont rendu possible des prises de décision quantitatives». L'agence cherche de nouveaux algorithmes qui puissent prévoir, en ligne, les corrélations menant à l'agitation sociale.»

Le DARPA est déjà fortement engagé dans ces recherches,notablement par son «Système Préventif d'Alertes de Crises» (ICEWS), mais les résultats sont fragmentaires et le système n'est parvenu à prédire qu'une crise sur quatre, rébellions, soulèvement politique ou incidents de violence ethnique durant sa période d'application.

Ces six dernières années, le Pentagone montre un intérêt persistant pour des créations de modèles qui puissent prévoir les désordres domestiques et internationaux.

Un rapport, publié en 2008 par l' Institut Stratégique Américain du Collège de Guerre prévient que les États-Unis pourrait connaître l'expérience d'agitations civiles massives avec l'éveil d'une série de crises dénommées «choc stratégique.»

Le rapport fait état qu'«Une violence civile généralisée à l'intérieur des États-Unis forcerait les établissements de la défense à réorienter leurs priorités, in extremis, pour maintenir l'ordre et la sécurité,» son auteur, le Lieutenant-Colonel Nathan Freir ajoute que l'appel aux militaires sera nécessaire afin de contrer une » résistance domestique concertée.»

Ces dernières années, le gouvernement fédéral s'équipe, sans cesse, de moyens permettant de lutter contre la rue, y compris le Département de la Sécurité Intérieure en achetant en octobre dernier 240,000 munitions au poivre, 100 lanceurs de ces projectiles ainsi que 36 «équipements compacts anti-émeutes.»

En 2011, le Département de la Sécurité Intérieure (DHS) annonce qu'il augmentera sa scrutation des médias sociaux afin de préempter la dislocation sociale à l'intérieur des États-Unis.

Un manuel de l'armée américaine décrit la manière d'endoctriner les activistes politiques emprisonnés, tache assignée à des officiers spécialisés en opérations psychologiques. Ce document est truffé de nombreuses références aux techniques des agences gouvernementales telles le DHS, l'ICE et la FEMA qui seront parties prenantes de l'internement de citoyens américains à l'occasion d' «opérations de support civil»

Un autre manuel, le «manuel de la police militaire américaine» rendu accessible au public quelques mois après sa parution souligne aussi la manière et les moyens à mettre en œuvre pour annihiler les émeutes, confisquer les armes et même tuer des américains sur leur sol pendant les agitations de masse et après la crise.

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19:49 Écrit par walloween dans international, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

09/07/2014

Une devise convertible pour 2020

Le Yuan deviendra pleinement convertible puisqu'il sera une des monnaies les plus importantes du monde vers 2020, suivant certains experts. Les bourses majeures de Chine s'ouvriront aussi aux investisseurs étrangers et les gestionnaires de fonds chinois vont générer un impact sur les marchés autour du monde. Stuart Leckie patron de Stirling Finance à Hong-Kong titulaire d'une expérience de 30 années dans les fonds de pensions et les investissements de la région dit que la prochaine décade sera déterminante alors que la chine nouent des liens de plus en plus étroits avec le système financier mondiale." Nous nous attendant avoir le Yuan convertible dans le laps de la décade à venir certainement plus qu'il ne l'est maintenant." Le Yuan dont le taux de change est réglé contre un panier de monnaies est, couramment une devise internationale limitée. Il n'est pas utilisé à une échelle significative pour les transactions commerciales internationales entre la Chine et le reste du monde. La Banque Populaire de Chine, quoi qu'il en soit, a augmenter, début décembre, le nombres de compagnies qualifiés à négocier le Yuan à l'extérieur de 365 à 67.359. A l'intérieur de la Chine, il n'est possible à aucune personne physique de convertir plus de 50.000$ de Yuans par an. Le manque de convertibilité pose un tel problème à la Chine, qu'elle se retrouve avec 2.600 milliard $ en devises étrangères dont une portion significative en dollars. Wu Changqi, professeur de gestion stratégique à l'école Guanghua de l'Université de Pékin, affirme que la convertibilité est inévitable." Je pense que nous assistons en ce moment à une phase transitoire avant l'évènement et qu'en 2020, la monnaie sera entièrement convertible" dit-il. Personne ne sait si cela  amènera une revalorisation du Yuan. En juin, cette année, la Banque Populaire de Chine a supprimé l'alignement de la devise sur le dollar (qu'on avait rétabli pendant la crise de 2008) et pris 2,5 % sur le billet vert cette année. David Goodman, directeur du centre d'études sur la Chine de l'Université de Sydney, pense qu'une valorisation soudaine du Yuan n'aura pas l'effet positif que beaucoup espèrent,en particulier, aux Etats-Unis." On a eu un groupe de parlementaires américains qui voudrait voir le Yuan s'apprécier de 40% ( afin de rendre les produits manufacturés américains plus compétitifs sur le marché intérieur). Moi, je vous dis ce qu'il se produira. L'économie chinoise deviendra la plus puissante du monde et le dollar américain périclitera. L'effet sera aussi important en Europe, puisqu'elle détient la plupart de ses réserves en dollars." L'autre grosse question financière qui attend la Chine dans les 10 années à venir, c'est de savoir si les deux grandes bourses de Shanghai et de Shenzhen seront entièrement ouverts aux investisseurs étrangers. Ils sont sujets à des contrôles sévères mais, la bourse de Shanghai, qui célèbre, cette année, le vingtième anniversaire de sa réouverture en 1990, commence à permettre, depuis 2011,  aux investisseurs étrangers d'en négocier les titres. Si les échanges se retrouvaient entièrement libres, il resterait  les risques de l'argent errant et des bulles financières. On pense que les marchés chinois vont devenir de plus en plus sophistiqués et que le capital spéculatif, les différents types d'investissements y trouveront des places, qui existent en Chine et qu'ils ne connaissent pas actuellement. Dans 10 ans, les institutions financières chinoises seront bien connues du public international et la Banque Commerciale et industrielle de Chine voisinera avec CityBank.

La Chine aujourd'hui

09:06 Écrit par walloween dans international, Monde, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

28/12/2013

JOHN BUNYAN

La vie de Bunyan n'est pas pour monsieur Southey un bien grand sujet et ne peut ajouter grand-chose à sa réputation littéraire. Mais n'est-il pas écris dans un anglais excellent, et dans ses intentions, pour la plupart, louables. Monsieur Southey entretient des opinions avec lesquelles nous ne sommes pas d'accord et ses tentatives pour excuser les odieuses persécutions que l'on imposa à Bunyan, parfois, soulève l'indignation. Mais évitons ce sujet. Nous sommes plus enclins pour l'instant à nous joindre à l'hommage rendu au génie d'un grand homme plutôt qu'à nous engager dans un débat sur le gouvernement de l’Église et la tolérance. Toutes les gravures qui décorent le volume et les quelques bois de monsieur Harvey sont admirablement conçus et exécutés. Les illustrations de monsieur Martin ne nous plaisent pas autant. Sa vallée de l'ombre de la mort n'est pas celle que monsieur Bunyan imagina, ce n'est pas ce ravin sombre et horrible qui frappait nos imaginations enfantines. La vallée est une caverne, le marais un lac, la ligne droite s'incurve et le chrétien apparaît comme un spectre dans l’obscurité d'une vallée immense. Nous manquons aussi ces formes hideuses qui rendent si frappantes une partie des descriptions de Bunyan, que Salvator Rosa aurait aimé peindre. C'est avec beaucoup de prudence que nous nous prononçons sur les questions picturales. Mais il nous apparaît que monsieur Martin n'a pas eu beaucoup de chance dans le choix de ses sujets, ces temps-çi. Il n'aurait jamais dû essayer d'illustrer Le Paradis Perdu. Il n'y a pas deux manières plus opposées que sa façon de peindre et la poésie de monsieur Milton. Les accessoires de description deviennent les sujets des peintures et ce qui est le plus important dans les descriptions ne peut être détecté dans les peintures sinon après une observation attentive. Monsieur Martin réussit parfaitement dans la représentation des candélabres et des piliers du Pandémonium. Mais il a oublié que celui de Milton est simplement le décor de Satan. Dans l'image, on distingue difficilement l'archange des colonnes interminables ce son palais infernal. Le Paradis de Milton, de nouveau, est simplement le décor de son "Adam et Eve" Mais dans la peinture de Martin, le paysage est tout. Adam, Eve et Raphaël attirent beaucoup moins l'attention que le lac et les montagnes, les fleurs gigantesques et les girafes qui les changent. Nous lisons que Jacques II posa pour Varelst le grand peintre de fleurs, quand il eut terminé, Sa Majesté apparut au milieu d'une vasque de tournesols et de tulipes, qui supprimait complètement l'attraction de la figure principale. Tout ceux qui la regardaient la prenaient pour une peinture florale. Nous pensons que monsieur Martin introduit les espaces démesurés, les multitudes innombrables, ses beaux prodiges d' architecture et de paysage d'une manière aussi hors de propos que monsieur Varelst avec ses pots de fleurs et ses bouquets.

Si monsieur Martin se mettait à peindre Lear dans l'orage, nous supposons que le ciel éclatant, les tranches de pluie, la forêt secouée distrairaient l'attention de l'agonie du roi et du père insulté, S' il peignait la mort de Lear. le vieil homme, auquel des suivants demandent de se déboutonner, serait jeté dans l'ombre par une envolée de papillons, étendards, armures et cottes de mailles. Martin illustrerait bien Roland Furieux, mieux, Roland amoureux et Nuits d'Arabie tout à fait convenablement. Des palais et des jardins féeriques, des portiques d'agate, ces drèves fleuries d'émeraudes et de rubis. habitées par des gens dont personne ne s'occupe. voilà son domaine. Il aurait beaucoup de succès à peindre les terres enchantées d'Alcina ou le palais d'Aladin. Mais il devrait éviter Milton et Bunyan. La particularité caractéristique du Progrès du Pèlerin est qu'il est le seul ouvrage du genre qui possède un véritable intérêt humain. Les autres allégories ne font qu'amuser la fantaisie. L'allégorie de Bunyan a été lue les larmes aux yeux par beaucoup de monde. Il y a en de bonnes dans les travaux de Johnson et d'excellentes chez Addison aussi subtiles et sages que celles de Bunyan. Mais le plaisir que crée la vision de Mizra. la vision de Théodore, le généalogie de l'esprit ou le conflit entre le repos et le travail, dérive exactement des odes de Cowley ou du canto d'Hudibras. C'est un plaisir qui découle totalement de l'entendement et où les sentiments n'ont point de part. Non, Spencer lui-même, assurément un des grands poètes qui ait jamais vécu, n'a pas réussi dans la tentative de rendre l'allégorie intéressante. C'est en vain qu'il distribue les richesses de son esprit dans La Maison de l'Orgueil et dans La Maison de la Tempérance. Une faute impardonnable. l'ennui envahit tout dans La Reine Des Fées. On se rend malade de vertus cardinales et de péchés mortels et pour longtemps de la société des hommes et des femmes ordinaires. Des personnes qui lisent le premier chant, pas une sur dix n'atteint la fin du premier livre et pas un sur cent qui finisse le poème. Il y en a très peu d'avertis qui sont là à la mort de la Bête Hurlante. Et les six derniers Livres détruits, dit-on, en Irlande avaient été préservés, nous doutons que quelque cœur moins brave que celui d'un commentateur, les eut terminés, Il n'en est pas ainsi avec Le Progrès du Pèlerin. Ce livre merveilleux, qui obtient l'admiration de la part des critiques les plus difficiles, est d'abord aimé d'esprits trop simples pour l'admirer. Le docteur Johnson, dont toutes les études étaient erratiques et qui haïssait, comme il disait, de finir un livre, fit une exception pour Le progrès du pèlerin. C'était un des deux ou trois ouvrages vers lesquels il revint souvent. Et ce n'est pas sans commun mérite que la secte des illettrés, extrait des prières à l'usage des critiques les plus pédants et des Tories les plus bigots. Dans les endroits les plus éculés d' Écosse, Le Progrès du Pèlerin faisait les délices de la paysannerie. Dans chaque garderie le Progrès du Pèlerin était plus apprécié que Jack le Tueur de géants. Chaque lecteur connaît le sentier droit et étroit aussi bien qu'il connaît la route empruntée cent fois.

Ce serait le miracle le plus haut du génie si les choses qui ne sont pas et devraient être existaient quand-même, que l'imagination de quelqu'un devienne les souvenirs de quelqu'un d'autre. C'est ce miracle que le penseur a façonné. Il n'y a pas d'ascension, pas de descente, pas de lieu de repos, pas de barrière avec lesquelles nous sommes plus parfaitement familiarisés La Porte Mauvaise et le Marais Désolé qui séparent la cité de la destruction, la longue ligne de la route aussi droite qu une règle, la Maison de l'Interprète et toute sa foire, le prisonnier de la cage de fer, le palais, où les hommes armés montent la garde et l'apparat des personnes vêtues d'or, la Croix et le Sépulcre, la colline escarpée et le havre plaisant, le digne fronton de la Maison Belle sur le bord du chemin, les lions rampants enchaînés au porche, la vallée basse et verte de l'humiliation, riche d'herbage et couverte de troupeaux, sont aussi bien connus de nous que le spectacle habituel de nos rues." Alors nous arrivons dans ce lieu étroit ou Apollyon couvre toute la largeur du chemin pour arrêter le voyage de Chrétien, après quoi, un pilier est élevé qui témoigne de la bravoure du pèlerin pour le bon combat. Comme nous avançons, la vallée s'approfondit, l'ombre des précipices, des deux côtés, s'assombrit, les nuages se rencontrent sur nos têtes, Les voix dolentes, le cliquetis des chaînes, le frottement des pas ici et là, s'entendent dans le noir. Le chemin difficilement discernable dans l'obscurité incertaine, court près de la bouche du puits brûlant, qui envoie loin ses flammes, sa fumée sifflante et ses formes hideuses pour terrifier l'aventurier. Ensuite, il continue, parmi les pièges et es précipices, avec les corps agglomérés de ceux qui ont péri, couchés dans la tombe à ses côtés. A la fin de la longue vallée profonde, il arrive où vivent les vieux géants, au milieu des os de ceux qu'ils ont égorgé. Ensuite la route passe par une vaste lande, et bientôt le voyageur aperçoit une ville lointaine et le voilà dans la foule nombreuse d'une kermesse, Il y a des jongleurs, des singes, les boutiques et les marionnettes. On y voit des Italiens, des Français, des Espagnols et leur foule d'acheteurs, de vendeurs, bredouillant toutes les langues de la terre. Nous allons par le petit chemin de la vieille mine d'argent, et par les prés de lys, longeant la rive de ce délicieux ruisseau bordé d'arbres fruitiers. La branche gauche du sentier mène à l' horrible château à la cour pavée des crânes des pèlerins; tandis qu'à droite, les troupeaux, les vergers des montagnes délectables, par les brouillards et les ronces des terres enchantées où çà et là s'offre un lit aux coussins moelleux protégé d'ombrage et par delà le pays de Beulah où les fleurs, les grappes, le chant des oiseaux jamais ne cessent et où le soleil brille nuit et jour. Ainsi on voit tout à fait le pavement d'or, les rues de perle, de l'autre côté de cette rivière noire et or, qui n'a pas de pont. A toutes les étapes du voyage, les formes qui traversent les pas du pèlerin ou qui s'en emparent, avec les farfadets défavorisés, les brillants, les grands, les comédiens, l'avenante et bistre madame Bulle, avec sa grande bourse à son côté, et ses doigts qui jouent avec l'argent, l' homme noir à l' habit éclatant, monsieur Le Sage-qui-le-Vaut et monseigneur Hait-Bien, monsieur le Parleur, et monsieur Timoré existent tous vraiment, pour nous. Nous suivons le voyageur dans ses progrès allégoriques avec le même intérêt que le voyage d' Élisabeth de Sibérie à Moscou ou celui de Molly Flanders d' Édimbourg à Londres. Bunyan est presque le seul écrivain qui donne à l'abstrait l'intérêt du concret. Dans les ouvrages de nombreux auteurs célèbres, les hommes sont de simples personnifications. Nous n'avons pas un homme jaloux, mais la jalousie; non pas le traître, mais la perfidie, non pas un patriote, mais le patriotisme. Au contraire, l'imagination de Bunyan était si vive que ses personnifications devenaient réelles. le dialogue des deux qualités, dans son rêve, possédait plus d'effet dramatique que le dialogue de deux hommes dans la plupart des pièces. Dans ces termes, le génie de Bunyan ressemblait à celui d'un homme qui avait très peu en commun avec lui, Percy Bysshe Shelley. La forte imagination de Shelley fit de lui l'adorateur de son propre dépit. Des termes indéfinis d'un système métaphysique dur, froid et sombre, il fit un splendide panthéon, plein, beau, majestueux, aux formes vivantes. Il tourna l'athéisme lui-même en mythologie, riche de visions aussi glorieuses que les dieux qui vivaient dans les marbres de Phidias ou des vierges saintes qui nous sourient des toiles de Murillo. L'esprit de beauté, le principe du bien et celui du mal, quand il les traitait cessaient d'être abstraits, ils prenaient de la matière et de la couleur. Ils n'étaient plus des mots ordinaires, mais des formes intelligibles, une franche humanité, objet d' amour, d' adoration ou de crainte. Il n'y a pas de signe plus évident de la destitution de la faculté poétique que la tendance si commune chez les écrivains de l'école française de tourner les images en abstractions, Vénus par exemple en amour, Minerve en sagesse, Mars en guerre et Bacchus en ivresse, l'esprit véritablement poétique renverse cette abstraction et individualise les généralités. Certaines théories métaphysiques et éthiques de Shelley seraient, sans doute, absurdes et pernicieuses. Mais nous doutons qu'aucun poète ait possédé à un degré égal quelques-unes des hautes qualités des grands maîtres anciens. Les mots barde et inspiration, qui semblent si froids et affectés quand on les applique aux autres auteurs modernes, retrouvent toutes leurs propriétés appliqués à lui. Il n'était pas un auteur mais un barde. Sa poésie n'était pas un art mais une inspiration. S'il eût vécu son âge d'homme, sans doute eusse-t-il offert au monde un grand ouvrage du plus haut rang dans l'ordre de la conception et de l'exécution. Mais, hélas nous devons retourner à Bunyan. Le Progrès du Pèlerin n'est pas une allégorie parfaite, les types sont souvent inconsistants les uns avec les autres; et parfois le déguisement allégorique est jeté aux orties. La rivière, par exemple, est emblématique de la mort et on nous dit que chaque vivant doit la traverser. Mais le fidèle n'y passe pas. Il est martyrisé, non dans l'ombre mais à la kermesse, dans la lumière, ainsi que des paroles pleines d'espoir aux Chrétiens sur le droit de naissance d' Esaü et sur ses propres conceptions du péché comme s'il l'avait dit à une de ses propres congrégations.

Les demoiselles de La Belle Maison catéchiseraient les garçons de Christ comme de bonnes dames d' œuvre catéchiseraient à l'école du dimanche. Mais nous ne croyons pas qu'un homme, quel que soit son génie et sa bonne fortune puisse continuer une histoire figurative sans tomber dans beaucoup d' inconsistances. Nous sommes certains que celles, moins grosses que d' autres, dans lesquelles il est tombé, peuvent se trouver, dans les allégories les plus courtes et les plus élaborées comme Le Spectateur et Le Promeneur, La légende du Bain et l' histoire de John Bull sont habitées de pareilles erreurs, si on peut appeler erreur ce qui est inévitable. Il n'est pas facile de les juger pareillement tous les quatre. Mais nous croyons qu'aucune intelligence humaine ne pourrait produire une allégorie si longue que la correspondance entre les signes extérieurs et la chose signifiée soit préservée exactement. Et certainement qu'aucun auteur moderne ou ancien n'a, à ce jour, mené à bien cette aventure. La meilleure chose, après tout, que peut achever un allégoriste est de présenter à ses lecteurs une succession d' analogies, chacune d'elle pouvant être frappante et joyeuse, sans trop regarder Si elles s'harmonisent. Ceci, Bunyan l'a fait, et bien qu'un instant d'attention puisse détecter des inconsistances à chaque page, le conte produit un effet général sur les personnes cultivées ou non, qui prouve que Bunyan ne s'est pas trompé. Les passages les plus difficiles à défendre sont ceux où il abandonne l'allégorie pour se mettre en bouche des jaculations religieuses et des digressions qui auraient mieux convenu à sa chaire de Bedford ou de Reading qu'à la Terre Enchantée ou au jardin de l'Interprète du Bien. Même ces passages, que nous n 'entreprendrons pas de défendre contre les objections des critiques, nous sentons que nous pourrions les épargner et l'histoire doit beaucoup au charme des impressions, occasionnelles de sujets solennels et affectés, qui ne seront pas cachés, qui trouveront leur chemin à travers le voile et nous apparaîtront dans leur aspect natif. L'effet ne doit pas être très différent de celui que produisait, dit-on, jadis, le théâtre comme il se jouait, quand on voyait les yeux de l'acteur lancer des flammes au travers de son masque et donner de la vie et de l'expression à ce qui, autrement, n'aurait été qu'un déguisement inanimé et sans intérêt. Il est très amusant et instructif de comparer le Voyage du Pèlerin et l'Abondance de Grâce. Ce dernier ouvrage est, sans doute, une des autobiographies les plus remarquables du monde. C'est la confession ouverte et complète de toutes les fantaisies qui passèrent par la tête d'un homme illettré aux affections chaleureuses, aux nerfs irritables, à l'imagination ingouvernable et qui se trouvait sous l'influence d'une grande exaltation religieuse. A quelque époque que ce soit, l'histoire de ses sentiments eût paru très curieuse, mais elle s'inscrivaient dans son temps, celui de profondes métamorphoses de l'esprit humain. Il se leva, formidable, contre la tyrannie de la hiérarchie et menaça les anciennes institutions ecclésiastiques de destruction. A l'obscure régularité d'une Église intolérante succéda. la licence, d'innombrables sectes, ivres de la douce musique de tête de leur nouvelle liberté. Le fanatisme, engendré par la persécution, à son tour, se répandit rapidement dans la société.

Même les esprits forts n'étaient pas à l 'abri de cet étrange tain. N'importe quelle époque aurait pu produire Georges Fox ou James Naylor. Mais seulement, celle-là vit les délires fanatiques. d'un homme d'état comme Vane ou les larmes hystériques d'un soldat comme Cromwell. L'histoire de Bunyan est celle d'un esprit très excitable dans une époque d'excités. Il a été traité injustement par la plupart de ses biographes. Ils comprirent dans un sens populaire toutes ces expressions puissantes d'auto-condamnation qu'il employait dans un sens théologique. Ils l'ont, dès lors, représenté, comme un infortuné, abandonné, qui se réclamait de moyens presque miraculeux ou pour utiliser leur métaphore favorite: " comme un brandon tiré du feu." Monsieur Ivimey le nomme Bunyan le dépravé et le mauvais chaudronnier d'Elston. Bien sûr, Monsieur Ivimey était-il trop familier avec ces accusations que les gens pieux portent à l'égard d'eux-mêmes pour comprendre la " puissance des idiotismes" que l'on peut trouver dans en abondance pour la Grèce. Il est clair, ainsi que le souligne justement Monsieur Southey, que monsieur Southey ne fut jamais un homme vicieux. Il se maria jeune et déclara qu'il était strictement fidèle.sa femme. Il n'apparaît jamais comme un buveur. Il prétendait, qu'enfant, il ne parla jamais sans permission, car une simple admonestation suffit à l'en dissuader pour la vie. Finalement, si bien élevé, il se retrouva aux armées du Parlement, où on l'accusa d'apporter la profanation dans le service, ce qui voulait dire recevoir rien moins qu'une remarque du Sergent "Ronde De Rois Enchaînés" ou du capitaine "Hue....A Genoux Devant Le Seigneur". Sonner les cloches ou jouer au hockey le dimanche, semblent avoir été les pires vices de ce penseur dépravé, ils auraient, d'ailleurs, sembler des vertus au Cardinal Laud. Il est assez clair que Bunyan depuis son jeune âge , était l' homme d'une vie stricte et d'une conscience tendre. N' a -t-il pas, comme le dit monsieur Southey "un garde noir." Je crois que ceci est impossible à ne pas relever. Bunyan, n'était. pas, nous l'admettons, un gentilhomme aussi distingué que Lord Digby ; mais il n'était pas plus garde noir que le laboureur ne pourrait l'être. Ainsi qu'on pouvait s'y attendre par sa naissance, son mariage et sa vocation, il n'aurait pas pu être autrement." dit Monsieur Southey. En effet, un homme avec de telles manières et de tels sentiments, si en dessous de sa classe, ne peut être appelé qu'un garde noir. Mais il est sans doute injuste de porter un jugement pareil sur quelqu'un qui est seulement ce que la grande masse de chaque communauté, doit inévitablement devenir. Ces horribles conflits intérieurs, décrits par Bunyan, dans une langue si puissante, prouvent qu'il n'est pas pire que ses voisins, que son esprit était constamment préoccupé de considérations religieuses, que sa ferveur dépassait son savoir et que son imagination exerçait un pouvoir despotique sur son corps et son esprit. Il entendait des voix venues du ciel. Il eut la vision de collines distantes, plaisantes et ensoleillées comme ses propres Montagnes Délectables. Rejeté de ces abbayes, jeté dans l'obscurité d'une horrible sauvagerie, ou il erra dans la neige et dans la glace, luttant pour parcourir le chemin qui mène à la lumière. Une fois, il fut tenté de faire des miracles, Une autre fois, il se senti réellement possédé par le démon. Il pouvait distinguer des murmures blasphémateurs. Il sentit son ennemi infernal tirer ses vêtements par-derrière. Il donna des coups de pied et frappa le destructeur avec ses mains.

Parfois, il fut tenté de vendre sa part dans le salut de l'homme. Parfois, une impulsion violente le faisait quitter son repas et tomber à genoux pour commencer une prière. A la longue, il se persuada d'avoir commis le péché mortel. Son agonie convulsa sa robuste constitution. Il sentait, disait-il, que sa poitrine allait éclaté; ce fut, pour lui, le signe qu'il allait connaître le sort de Judas. Le caractère de monsieur Peur, de monsieur Faible-d'Esprit, de monsieur Désespoir et de sa fille mademoiselle Très-Effrayée, le conte d'une pauvre petite foi, dont la bourse fut enlevée par trois voleurs, la description de la terreur du Chrétien dans le donjon du Grand Désespoir et son passage de la rivière, tout montre quelle forte sympathie Bunyan ressentait, après que sa vision s'éclaircit, pour les personnes affligées de mélancolie religieuse. Monsieur Southey, qui n'aime pas les Calvinistes, admet que ceux-ci n'ont jamais revêtu une apparence aussi sombre que celle adoptée par Bunyan, ce qui n’apparaît pas comme un reproche. En fait, les écrits de Bunyan auxquels nous sommes habitués ne sont en aucune façon plus calvinistes que les articles et homélies de l' Église d'Angleterre. La modération de ses opinions, l'agitation de ses nerfs habitait tous ses mouvements et il y voyait la marque visible de la malédiction qui punit Caïn. Il est vrai qu'une voix encourageante, par la fenêtre, comme l'aimable voix du vent, commanda, un jour, un grand calme dans son âme. "On lui cria un mot de réconfort qui apparaît devant lui et qui semblait écrit en grandes lettres". Mais ces intervalles d'aise était rares. Son état , durant deux ans et demi, restait généralement le plus horrible qu'une intelligence humaine puisse imaginer. "Je marchai ", disait-il, avec son éloquence si particulière, " vers une ville voisine; m'assis sur le bord du trottoir et m'immobilisai dans une pause très profonde à cause de l'état effrayant dans lequel me mettaient mes pêchers. Après une longue absence, je levai ma tête et il m'apparût que le soleil me marchandait sa lumière, tout comme les pavés de la rue, les tuiles sur les toits, se liguaient contre moi. Comme s'ils s'entendaient pour me bannir du monde. Ils m'abhorraient et je ne pouvais rester parmi eux, parce que j'avais péché contre le Sauveur. Et que furent heureuses toutes ces créatures quand sur moi, elles gardèrent leur posture. Mais j'étais parti et perdu." Et il n'est pas certain qu'un asile de fous puisse produire une quantité pareille de déceptions et de misères aussi présentes. C'était dans la vallée de l'ombre de la mort, suspendue de noirceur, peuplée de démons, résonnante de blasphèmes et de lamentations, et passant au milieu des fondrières, des pièges et des écueils, très près de la bouche des enfers, que Bunyan chemina vers le brillant et fertile pays de Beulah, Où il séjourna pendant la dernière partie de son pèlerinage. La seule trace des souffrances et des tentations cruelles lui faisait éprouver une compassion affectionnée pour qui vivait encore l'état terrible qu'il avait connu. La religion a rarement atteint une forme qui calme et soulage, telles que dans ses allégories. Le sentiment qui domine dans le livre tout entier est celui la tendresse pour les esprits faibles, qu'elles soit timide ou hardie, la prédestination offensa des gens zélés. Nous avons vu une allégorie absurde, où l' héroïne se nomme Hephzibah , écrite sans doute par un prêcheur super-hérétique insatisfait par ta théologie douce du Progrès du Pèlerin. Dans ce livre sot, l'Interprète s'appelle l' Illuminateur ou quelque chose comme ça, La Maison-Belle devient Le Château-Force. Monsieur Southey nous dit que les Catholiques possèdent aussi leur Progrès du Pèlerin , sans Pape-Géant dans lequel l'Interprète est le Directeur, et la Maison Belle le Palais de la Grâce. C'est une preuve certaine du génie de Bunyan, que deux partis religieux, qui regardaient ses opinions comme hétérodoxes, durent lui demander de l'aide. Il y a, je crois, quelques scènes et quelques caractères dans Le Progrès du Pèlerin , qui ne peuvent se comprendre et s'apprécier que par des personnes déjà familiarisées l' histoire du temps de Bunyan. Le caractère de monsieur Grand-Coeur, le Guide est un exemple. Son combat est, bien sûr, allégorique, mais l’allégorie n'est pas strictement préservée. Il délivre un sermon plein de rigueur à ses compagnons et bientôt il se bat avec une ombre géante, jetée sur lui pour aider les lions, Il expose le cinquante-troisième chapitre d'Isaïe, la maisonnée et les invités de Gaius; et alors, il sort pour attaquer Égorge-Bien, le carnassier, dans son repaire. Ce sont des Inconsistances mais nous croyons qu'elles ajoutent à la narration. Nous n'avons pas le moindre doute que Bunyan gardait l'œil sur quelques Grand-Coeur de Naseby et Worcester qui, d'abord, prièrent avec lui avant qu'il ne les entraîne, lui qui connaissait l'état spirituel de chaque dragon de sa troupe, et qui, les prières de Dieu à la bouche, l' épée à deux tranchants entre les mains, fit s'envoler, sur beaucoup de champs de bataille, les bravades et les jurons d'ivrognes de Rupert et Lundsford. Chaque âge produit de tels hommes. Mais le milieu du dix-septième siècle en fut éminemment prolifique. Monsieur Southey pense que la satire visait un individu en particulier; et ce n'est pas improbable, il a, sans doute connu, beaucoup de ces hypocrites qui suivent la religion seulement quand elle marche en pantoufles d'argent, quand te soleil brille et que le peuple applaudit. Il pouvait trouver facilement la parenté entre les finalités des hommes publics de son temps. Il aurait trouvé, parmi les pairs, Monseigneur Tourne-Autour, Monseigneur Sert-Le-Temps et Monseigneur Discours-Honnête, et aux Communes, Monsieur Doux-Homme , monsieur N'importe-Quoi et monsieur Aux-Deux-Chemins et encore la personne de la paroisse, monsieur Deux-Langues, qui a été demandé. La ville de Bedford contient, sans doute, plus d'un politicien, qui après avoir essayé de se construire une propriété en cherchant Le Seigneur pendant te règne des Saints, et garder ce que nous possédions alors, que gouvernaient les putains et plus d'un prêtre, durant les changements répétés dans la discipline et dans les doctrines de l' Église, ne demeura constant pour rien d'autre que pour son bénéfice. Un des passages les plus remarquables du Progrès du Pèlerin est celui dans lequel sont décrits les procédés contre Fidèle. On ne peut douter que Bunyan faisait de la satire de la façon dont se rendaient les jugements d' État sous Charles II. La licence donnée aux témoins de l' accusation, la partialité scandaleuse et l’insolence féroce du juge, la précipitation et la rancœur aveugle du jury, nous rappellent les odieuses mascarades qui, de la Restauration à la Révolution, servaient de simples préliminaires à la pendaison, au pal ou à l'écartèlement. Monseigneur Hait-Bien exécute l'office de conseiller pour les prisonniers aussi bien que Guignol l'aurait fait. Le juge: "Toi, renégat, hérétique et traître, as-tu entendu ce que ces honorables gentilshommes ont témoigné contre toi?" Fidèle: "Puis-je dire quelques mots pour ma défense? Le juge: " Shirah, Shirah, tu ne mérites plus de vivre, mais d'être égorgé de suite sur place; et maintenant, pour que tous entendent notre miséricorde, laisses-nous entendre ce que toi, renégat, veut dire." Personne qui connaisse les procès d’état ne peut s'y tromper, ce que voulait décrire Bunyan, c'était la bassesse et la cruauté des hommes de loi de ces époques " qui péchèrent jusqu'à la fin et encore plus loin." Le procès imaginaire de Fidèle devant un jury composé des vices personnifiés est juste comparé à celui bien réel d'Alice Lisle devant un tribunal ou tous les vices siégeaient dans la personne de Jeffreys. Le style de Bunyan est délicieux pour tous et indispensable à qui souhaite obtenir une bonne connaissance de la langue anglaise. Le vocabulaire est celui de l'homme ordinaire. Il n'y a pas une expression, exceptés quelques termes techniques de théologie, qui embarrasserait le plus rude paysan, nous avons observé plusieurs pages qui ne contiennent pas un seul mot de plus de deux syllabes. Et aucun écrivain n'a dit plus exactement ce qu'il voulait dire. Pour la magnificence, le pathos, la véhémence de l'exhortation, la subtilité de la discussion, pour les moyens du poète, de l'orateur, et le divin dialecte du foyer, celui du travailleur. Il n'y a pas de livre, dans notre littérature auquel nous penserions plus évidemment pour illustrer la gloire de la vieille langue anglaise intacte, pas de livre qui ne montre si bien à quel point la langue vit de sa propre source et combien peu elle s'est enrichie par ses emprunts. Cowper, il y a une cinquantaine d'années, déclarait qu'il ne pouvait citer le nom de John Bunyan dans ses vers, par crainte de la raillerie. Je suppose que pour nos ancêtres raffinés comme Lord Roscommon dans son essai sur la traduction poétique et le Duc du Buckinghamshire dans son essai de poésie apparaissaient des compositions infiniment supérieures à celles du prêcheur pensant. Nous vivons des temps meilleurs ; et nous ne sommes pas effrayés de dire que bien qu'il y eût beaucoup d'hommes intelligents en Angleterre à la fin du dix-septième siècle, il y eut seulement deux esprits qui possédèrent la faculté d'imagination au plus haut degré. Un de ces esprit produisit Le Paradis Perdu, et l'autre Le Progrès Du Pèlerin.



Sources: Macaulay's critical and historical essays in two volumes. Vol.II J.M.Dent & Sons, Ltd.

 

Le Commandant a quitté l'immeuble

 

Voilà de quoi faire un film, l'histoire d'un homme du peuple qui, contre tout attente devient le Johnny de l’Amérique latine. Plus grand que Johnny, en réalité, un président qui a remporté 13 des 14 élections nationale. Peu de chances qu'on puisse voir un tel film gagner un Oscar.

 Il est assez révélateur d'observer les réactions des politiciens autour de la planète à la mort d' El Commandante Hugo Chavez du Venezuela. Le Président Jose Mujica  d'Uruguay, un homme qui n'accepte que 10% de son salaire et qui pense que c'est plus que suffisant pour couvrir ses besoins rappelle une fois de plus qu'il qualifiait Chavez d'homme le plus généreux qu'il aille jamais connu tout en saluant la « forteresse de démocratie » dont il était le constructeur.

 

Comparé la déclaration copier/coller, d'Obama sans doute rédigée par un interne somnolent de la Maison Blanche, réaffirmant les soutien de l'Amérique au « peuple vénézuélien » celui-là même qui a réélu Chavez sans discontinuer depuis la fin des années 90, ou bien parlait-il du « peuple » qui échange des Martinis à Miami en le traitant de communiste démoniaque ? El Commandante a peut-être quitté l'immeuble, le corps défait par le cancer, mais la démonisation post-mortem continuera pour toujours. Une raison clé qui apparaît. La Venezuela détient une des plus importantes réserves de pétrole au monde. Washington et cette citadelle kafkaïenne ne train de s'effriter aussi connue sous l'expression Union européenne chantent des chansons d'amour aux monarchies pétrolières féodales du Golfe, pas tellement à leurs peuples, en échange de pétrole.

 

Contrairement, au Venezuela, El Commandante à mis à l'honneur l'idée subversive d'utiliser l'argent du pétrole, pour au moins essayer de soulager les problèmes d'une partie importante de son peuple. Le capitalisme turbo des occidentaux, c'est bien connu, ne fait pas dans la redistribution de richesses ni dans la mise en œuvre de valeurs communautaristes.D'après le Ministère des Affaires Étrangères, le Vice-Président Nicolas Maduro,et non pas le Président de l'Assemblée Nationale, Diosdado Cabello, près proche des milieux militaires restera provisoirement le Chef de l’État avant les nouvelles élections qui doivent se tenir dans les 30 jours Maduro est sur le chemin de les gagner; l'opposition politique vénézuélienne est parfaitement fragmentée. Ce qui s'épelle le Chavisme sans Chavez au grand dam de l'industrie du dénigrement pan américain et pan européen.

 

Ce n'est pas par hasard que le Commandant soit devenu si populaire parmi « le peuple » non seulement chez de nombreux sud-américains mais aussi sur la scène global des pays du sud. Ces « gens », pas dans le sens d'Obama, ont clairement vu la corrélation directe entre le néolibéralisme et l'augmentation de la pauvreté ( aujourd'hui, des millions d'européens en ont aussi le goût en bouche). Particulièrement en Amérique du Sud, c'est une réaction populaire contre le néolibéralisme qui, par le biez d'élections démocratiques à mener au pouvoir une vague de gouvernements de gauche depuis une décade, au Venezuela, en Bolivie, en Équateur et en Uruguay.

 

L'administration Bush, pour dire le moins abhorrait ces situations nouvelles, elle n'a rien pu faire pour Lula au Brésil, opérateur astucieux revêtu d' oripeaux néo libéraux (Wall Street l'adorait) qui su rester un progressiste du fond du cœur. Washington, incapable de s'en débarrasser après les réflexes putschistes des années 60 et 70, a pensé que Chavez constituait le maillon faible. Ce qui amena à la tentative d'avril 2002 dirigé par une faction militaire, prête à donner le pouvoir à un riche entrepreneur. Ce putsch soutenu par les États-Unis dura moins de 48 heures, Le pouvoir de Chavez fut rapidement restaurer, avec l'aide du peuple (le vrai truc) et de la plupart des militaires.

 

Donc, il n'y a rien d'inattendu à l'annonce de Maduro quelques heures avant le décès de Chavez, d'expulser deux employés d'ambassade dans les 24 heures, l'Attaché de l'Air David Delmonaco, et l'assistant Devlin Costal. Delmonaco était accusé de fomenter, avec quelques factions militaires, quoi d'autre, un nouveau coup. Ces gringos n'apprennent jamais rien. L'immense soupçon parmi les Chavistes qu' El Commandante  aurait pu être empoisonné, comme la aurait pu l’être Yasser Arafat en 2004 fait partie d'une éventualité. Du polonium 210 hautement radioactif, la CIA grande amie d'Hollywood a peut-être des idées la-dessus.

 
L'appel au verdict est ouvert, de quel genre de était-il exactement ? Il louait chacun dans le panthéon révolutionnaire de Mao au Che. Il incarnait certainement un chef populaire très habile avec une vision géopolitique bien ajustée pour identifier les schémas de subjugation séculaires du monde latino américain. Comme le montarit ses références constantes à la tradition révolutionnaire de Bolivar à José Marti. Son mantra voulait que la seule voie pour l'Amérique Latine se dirige vers une meilleur intégration, raison pour laquelle il soutenait un maesltrom de mécanismes institutionnelles tels l'ALBA (l'alliance bolivarienne), Petrocaribe, la Banco del Sur (la Banque du Sud) et l'UNASUR (Union des Pays d'Amérique du Sud).

 
Tout comme son « socialisme du 21ième siècle », qui au delà de toute camisole de force idéologique fait plus pour explorer le véritable esprit de valeurs communes comme antidote aux charges du capitalisme financier que des tonnes d'analyses académiques néo marxistes. Il ne faut donc pas s'étonner que la bande Goldman Sachs et ses cohortes le trouvait pire que la peste noire. Le Venezuela s'était muni de chasseurs  Sukhoi, entretenait des relations stratégiques avec les russes et les chinois, membres du BRICS, sans parler d'autres acteurs globaux du sud ; maintenant plus de 30.000 médecins cubains qui pratiquent la médecine préventive et vivent dans les communautés pauvres et qui ont suscité une augmentation considérables de jeunes vénézuéliens étudiant la médecine. 

 

Des chiffres forts qui disent l'histoire ont besoin d’être connus. Le déficit public atteint 7,4% et la dette publique atteint 51,3% du produit domestique, beaucoup moins que la moyenne de l'Union Européenne. Le secteur publique, défiant les accusations apocalyptiques de « communisme » compte seulement pour 18,4% de l'économie, moins que la France aux orientations étatistes et même que toute la Scandinavie, les quotas d'exportation sont établis par l'OPEC; le Venezuela exporte donc moins vers les États-Unis( et de plus en plus vers son partenaire stratégique, la Chine).

 

Et voilà l'argument conclusif ; la pauvreté comptait pour 71% des citoyens vénézuéliens en 1996 et il a été réduit à 21% en 2010. Il y a des années Garcia Marquez parlait du secret d' El Commandante, celui d'un grand communicateur, il était du peuple, il était l'un d'eux de l'apparence physique au maniérisme, de l'attitude convivial au langage, constat qui s'applique aussi à Lula dans sa relation à la plupart des brésiliens, on attend qu'un autre Garcia Marquez élève Chavez au Walhalla romanesque.

 

Une chose est certaine, c'est qu'en termes de mythologie du sud, l'histoire se souviendra que si le Commandant a quitté l'immeuble,l'immeuble ne sera plus jamais le même.

 

 

source


 

 

20:54 Écrit par walloween dans Histoire, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : venezuela, chavez |  Facebook