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04/02/2016

sur la génération du rythme

Si on me demande qui c'est Burroughs ou Warhol, qui suis de la génération censée admirer ces deux personnages. Moi qui ne m'intéresse pour la plupart du temps qu'à l'histoire et aux techniques. Mes premières pensées vont de la machine à calculer jusqu'au barbouilleur catholique tchèque, Tous deux tayloristes, en somme, l'un à démolir l’oeuvre de Papa par des excès de la «conscience » agrémentés de thèmes sulfureux, bien sur, quoi d'autre à propos de « queer » et de « junkies, termes fort défectifs en Anglais. Tu dirais « cette tapette est au cheval », pardon, excusez moi, « Ce gay à un léger problème d'addiction » que ce serait pareil. C'est sur qu'avec l'argent de Papa, çà devait être de la bonne. Enfin, la triste saga des puînés qui s'ennuient n'a pas encore finie. Admirable exemple pour les pauvres garçons qu'on rencontre à moitié morts dans la rue. Tandis que l'autre reproduit des starlettes et des boites de soupe à la chaîne, d’où son père sortait sans doute, attends, je vais voir. Oui, fils de mineur, immigré de la première génération d'une petite ville non pas allemande mais slovaque, produit d'un monde qui nous intéresse particulièrement aujourd'hui, dans ces régions, qui ont repris l'histoire que la papauté et l'orthodoxie leur avait apprise de façon si sanglante par les Habsbourg et les Tsars. Pas catholique romain comme je l'avais cru jusque là mais bien catholique byzantin de rite orientale. Il reconnaissent Rome, en somme, après s’être fait niquer par les Habsbourg et par un peu tout le voisinage car ils sont peu nombreux, on appelle cette formation à la fois ethnique, langagière et religieuse, les Lemko, qui parle russien. Il en reste plus ou moins 65.000 en Slovaquie, en Pologne et en Ukraine. Enfin voilà deux origines multimillionnaire et prolétarienne, le Taylorisme même dans leur représentation, qui se font littéralement des lèches sur la place publique. Moi ce genre, c'est pas mon truc. Toute cette complaisance, cette facilité, cette moquerie de la vie comme système ont finalement par ricochet, fait bien des victimes « culturelles » de leur vanités et de leurs vices. Cet algèbre du besoin tourne vite à la salle de bain par laquelle ils sont entrés et sortis, amertume d'un devenir, échec d'un destin. Tout ce qu'un étudiant de Harvard peut tirer de sa fantaisie, dans les années 30, par des moments expressionnistes hérités du délire des parnassiens et des symbolistes auquel bien sur, on s'identifie. Et les doutes qu'on a sur soi finissent par déteindre sur les autres. A Harvard, les pieds dans les chaussons, c'est possible aussi. Parles moi de Faulkner ou d'Hemingway, mais moi, ces compliqués de la braguette m'emmerde. Voilà ce qui restera,entre autres, dans les annales de la littérature américaine, comme des avatars séculaires des romantiques.


Si tu souhaites une version plus consensuelle, je m’évertuerais. Merci

Burroughs Warhol, Extrait

Burroughs : Cocteau faisait durer cette fête . Il s'allongerait, enlevait ses vêtements et éjaculait spontanément. Même au cours de ses années cinquante. Il était couché là, sa bite commençait à secouer et il partait. Genre truc de film qu'il avait.

Bockris : Comment il a fait çà ? As-tu déjà éjaculer seulement à partir du mental ?

Burroughs : Oh, plusieurs fois. C'est juste une question de recevoir une image sexuelle assez convaincante.

Warhol : Quel âge avait-tu quand tu as eu tes premiers rapports sexuels ?

Burroughs : Seize. Au pensionnat à Los Alamos, à l'École de Ranch où ils ont fait plus tard la bombe atomique.

Warhol : Avec qui ?

Burroughs : Avec ce garçon dans la couchette suivante.

Warhol : qu'a-t-il fait ?

Burroughs : masturbation réciproque. Mais pendant la guerre cette école, qui était en haut sur la mesa là 50 kilomètres au nord de Santa Fe, a été reprise par l'armée. C'est où ils ont fait la bombe atomique. Oppenheimer était parti là-bas pour sa santé et il descendait dans un ranch typique de cet endroit et a dit, “Bien, c'est l'endroit idéal.” Cela semble si juste et approprié d'une manière ou d'une autre que je devrais être allé à l'école là. Los Alamos l'École de Ranch était un de ces pensionnats où chacun était obligé de chevaucher. Maudits chevaux, je les déteste. J'avais le problème de sinus et j'étais allé à Nouveau-Mexique pour ma santé pendant les vacances d'été et ensuite ma famille a contacté le directeur, A. J. Connell, qui était un Unitarien et croyait beaucoup à la réflexion positive et je suis rester là, deux ans. C'est survenu dans le dormant d’une véranda en 1929.

Warhol: C’était comment! Était-ce vraiment comme une explosion ?

Burroughs : je ne m'en souviens pas depuis si longtemps.

Warhol : je crois que j'avais vingt-cinq ans où j'ai d'abord eu des rapports sexuels, mais la première fois que j'ai été au courant du sexe était sous les escaliers dans Northside, Pittsburgh. Un garçon bizarre en suçant un autre. Je n'ai jamais compris ce que çà signifiait

Burroughs : Quoi ?

Warhol : T’étais assis là à regarder et comment c’est arrivé ?

Burroughs : Oh je ne sais pas, beaucoup de mots ça et là …


(*) Le médiateur est Victor Bockris, biographe d’artiste.

Warhol lui avait dit ce que vous me disiez Christiane : “Andy nous avait dit à propos des interviews: N’ayez jamais de questions à l’avance, comportez vous comme dans un cocktail ”

07/07/2014

Remarques générales sur le formalisme

Le travail de l'art dépend de la qualité des compositions et un spectateur qui réfléchit est qualifié pour le percevoir . Ainsi, la composition, ou structure déterminée par le projet d'expression de l'artiste et la logique de sa vision sont fondamentaux pour la compréhension de l'œuvre d'art. On analyse la forme d’une œuvre d'art en examinant l'arrangement des éléments visuels liés à la ligne, à la couleur et à la texture, dans un processus approximatif imitant la prise de décision inhérente à la création d'une œuvre. Le formalisme est applicable à toutes les œuvres d'art, indépendamment de leur origine, sujet ou contenu. Il franchit les frontières entre les arts décoratifs et les "beaux" arts et s'applique également aux tapis persans et à une peinture de Rembrandt. Le formalisme est d'une utilité toute particulière pour les novices, pour instruire leurs yeux et les conduire à assimiler le raffinement des travaux s'attachant aux stimulus visuels.

Il démystifie et procure l'accès aux œuvres les plus ésotériques et les plus étrangères, les ouvrant à la compréhension et à l'appréciation. Dans la tradition occidentale, l'éducation des artistes et des artisans inclut généralement l'attention à la forme et l' interaction des procédés et matériaux autant que les précédents qui encouragent la nature humaine. Où qu'étudient les jeunes artistes, à l' Ecole des Beaux-Arts, au Bauhaus ou dans les collèges américains, ils encourent des exercices didactiques formalistes. Le premier pas pour débrouiller la menace formaliste dans l'art moderne est de reconnaitre la dualité des ses applications, qui est unique et propre à méthode criticiste; le formalisme est intégré à l'acte créatif et aide à comprendre les oeuvres d'art. Ces deux applications du formalisme ont beaucoup en commun, mais leurs différences sont significatives. A la fois les artistes et ceux qui étudient les oeuvres d'art se fient à la vision et l'analyse, à l'intuition, la créativité et à la logique. Scruter une œuvre d'art qui n'est pas la sienne positionne à postériori. Il est naturel pour la logique et l'objectivité de commander cette situation récréative, tout comme l'intuition prend la tête dans le processus créatif. Le formalisme provoque quelques réponses impartiales et tend à n'avoir que des champions et des adversaires. Les plus véhéments parmi les critiques du formalisme sont des professeurs aux approches iconographiques, sociologiques, psychologiques et marxistes. Bien que l 'évaluation du formalisme ne soit pas le but de cet essai, les aspects positifs et négatifs du formalisme demandent attention en tant que facteurs contribuant à la nature et à l'extension des son influence. Comme outil d'histoire de l'art, le formalisme peut ressembler au professionnalisme par sa scrutation de l'œuvre d'art .Il est aussi approprié à l'analyse stylistique et à la morphologie, la composition est aussi la clé de ces méthodes. La nature et la multitude des facettes des oeuvres d'art demandent une combinaison d'approches; le travail particulier que l 'on examine, dicte quelles approches et disciplines l'historien de l'art doit apporter pour effectuer une étude. Cette base large propre à l'apprentissage de l'historien de l'art, au moins, recèle un peu de la nature de l'art lui-même, ce qui conduisit Erwin Panofsky à affirmer avec insistance que l'histoire de l'art est une "discipline humaniste." Le formalisme n'est pas plus approprié comme méthode de critique que ne l'est l'histoire pour l'iconographie, les rayons X ou le simple arpentage. C'est seulement en combinant plusieurs approches de l'œuvre d'art, en contrôlant contradictoirement plusieurs sortes d'évidences, que l'on arrive à une compréhension pleine de n'importe quelle œuvre d'art. Et même alors, l'explication est ouverte à ta discussion et à la révision.

Le formalisme critique suit et dépend de la distinction augmentant graduellement entre la forme et le contenu dans la peinture d'avant-garde du dix-neuvième siècle; à l'époque de Manet, la forme et le contenu ne semblaient pas seulement différenciés mais aussi presque séparés. La flamboyante culmination de l'art pour l'art, dans sa maturité, triompha par sa puissance des contenus moralistes et narratifs, aimés des philistins, et pendant un siècle, les aspects visuels de l'art furent maintenus sous le boisseau par la littéralité. Ainsi, le formalisme en art évolua comme un esthéticisme progressif, mais sa contrepartie dans la critique évolua un peu comme un coup de force: Roger Fry et Clive Bell usurpèrent l'autorité de John Ruskin et de Walter Pater. Le formalisme critique naquit en Angleterre en 1910, quand Roger Fry avec Clive Bell et les autres de Bloomsbury, assemblèrent et cataloguèrent pour une exposition un troupe de travaux français, afin de démontrer l'influence libératrice de Manet sur la peinture et le triomphe ultime de la forme sur le contenu. La banalité des œuvres nécessita une expression commode à des fins publicitaires et manquant d'une véritable apposition, Fry inventa le "post-impressionnisme", une expression à l'emporte-pièce qu'il comprenait littéralement comme Manet et les post-impressionnistes Il enlumina les histoires de l'art et le criticisme de deux problèmes. distincts: un "style" qui n'en est pas vraiment un et le formalisme critique, sans parler de la fureur aussi générée. En insistant sur la composition dans le post-impressionnisme, Fry chercha à élucider les excès des écrits appréciatifs et moraux sur l'art qui fleurirent tard dans le dix-neuvième siècle. D'abord éduqué comme un scientifique, il s'attela à purger de la critique artistique ses côtés extrinsèques et chargés de valeurs et à les remplacer par un souci intrinsèque dont la nature conduirait à une étude objective et systématique de l'art, un vrai Kunstforschung ou science de l'art. Aurait-il résolu la formulation d'une discipline permettant une analyse quantitative consistante, rigoureuse et précisé des œuvres d'art. En tout cas, il aurait débarrassé l'humanisme du criticisme et de l'histoire de l'art. L 'émoi des journalistes, à l'exposition de 1910, et deux ans plus tard celui des leurs successeurs, concerna les travaux de Paul Cézanne, sans doute, la figure fécondante du modernisme. Indiscutablement, la stature et l'influence de Cézanne sont incontestables, sa peinture est autant d'impact sur la critique et l'histoire de l'art que sur les autres artistes. Comme résultat, il est maintenant virtuellement impossible de voir les peintures de Cézanne affranchies de ce qui s'est dit sur leurs formes, sur leur sens et sur leur influence.

C'est le point de vue inévitable de Ruskin, pour qui l' imaginaire est une nécessité absolue. Vue qui mène à un plaidoyer dur et particulier et même à l'autodérision, ce qui est moralement indésirable. Mais voici la religion puisqu'elle est aussi, une affaire d imaginaire, et bien qu'elle clame son influence directe sur la conduite, Je suppose qu'aucune personne un peu sage ne va se mettre à la justifier uniquement par les effets de sa morale, alors qu'historiquement parlant, elle ne lui fut uniformément avantageuse. Elle dira probablement que l'expérience religieuse correspondait aux capacités spirituelles de la nature humaine, à l'exercice de ce qui est bon et désirable, indépendamment de son effet sur la vie ordinaire. Songeons aussi à ce que l'artiste pourrait, s'il choisissait de prendre une attitude mystique et déclarait que la plénitude et la complétude de l' imaginaire qu'il vit correspond à une existence plus réelle et plus importante que celle de la vie mortelle, et en disant, ceci, il éveillerait des échos de sympathie dans la plupart des esprits, et la plupart des gens diraient, je pense, que les plaisirs dérivés de l'art sont d'un caractère fondamental tout différent des plaisirs sensuels ordinaires et qu'ils exercent des facultés senties comme appartenant à la part, de nous-même, quelle que soit, non entièrement éphémère et matérielle, c' est même de ce point de vue que, nous devrions justifier la vie réelle et sa relation à l'imaginaire par son identité avec l'art. On veut dire ceci pour expliquer que l' imaginaire, depuis l'origine représente, plus ou moins, ce que l'homme ressent comme étant l'expression la plus complète de sa propre nature, l'usage le plus libre de ses capacités innées La réalité peut être justifiée et expliquée par approximations, ici et là, mais comme toujours, partiellement et inadéquatement par cette vie plus libre et plus pleine. Avant de laisser la question de la justification de l'art, laissez moi vous le dire autrement: l'imaginaire d'un peuple atteint des niveaux très variés aux différentes époques et ils ne correspondent généralement pas à la morale publique. Et quand nous lisons la barbarie et la cruauté du treizième siècle qui nous choquent encore, même nous, admettrions que notre niveau moral, la qualité de notre humanité générale est décidément bien meilleure aujourd'hui, mais que le niveau de notre imaginaire est incomparablement plus bas et que nous nous satisfaisons de grossièreté, de barbarie et de miasmes qui eussent profondément choqué le treizième siècle. Admettons que la morale y gagna, heureusement, mais ne sentons-nous pas une perte, ne sentons-nous pas que, le commis voyageur, serait bien plus admirable et plus respectable si la vie de son imagination n'était pas à ce point sordide et incohérente qu’elle soit permise ou demandée. On ne pouvait regarder tes dernières peintures de Cézanne sans questionner l'objet et la mise au point de la plupart des études, spécialement celles des formalistes. L'exposition, ses catalogues et les réactions aux deux, ont initié une nouvelle ère dans les études sur Cézanne, qui, en aucune manière, ne réfute l'interprétation formaliste mais qui lui enlève son autorité solitaire. Wayne Anderson proclama que l'exposition de New York aurait autant d'impact sur l'étude de l'art moderne que la rétrospective Cézanne au salon d'automne 70 ans plus tard. Le formalisme voyagea sur un sentier long et étroit entre Paris et New York. L'étape la plus précipitée de ce voyage s'arrêta à Bloomsbury, à peu près entre 1905 et 1930. C'est le but de cette étude. Les activités de Bloomsbury, quoi qu'il en soit, dépendait d'une tradition et en établit une autre; négliger ces influences créerait une vue coquette mais distordue. S'attachent a l'extérieur de Bloomsbury, l’ usage est la perspective non la profondeur. Faire justice a ces sujets signifierait la récriture de presque tout l'art moderne. La réputation de Fry, comme seule grande impulsion contre la domination cinquantenaire du formalisme, demande une grande attention, tout comme le demande la quantité, la qualité et la diversité de ses efforts comme critique et comme historien, entrepreneur, peintre et enseignant. Avec la part de Fry en 1934, l'orientation de cette étude se déplace de Bloomsbury et de l'Angleterre. Beaucoup de gens ont reconnu l'influence durable de Fry y compris les très différents et distingués Henry Moore, Kenneth Clark, Herbert Read, Meyer Shapiro et Clément Greenberg. Mais Fry exerça une influence plus profonde et plus directe, plus éphémère sans doute qu'il n'est possible par l' écriture seulement. Alors que ses lectures, ses expositions et les ateliers Omega rencontrèrent un large intérêt en Angleterre, sa plus profonde influence. s'exerça au cours des conversations informelles de Bloomsbury avec Maynard Keynes, Virginia Woolf, Clive et Vanessa Bell et leurs enfants. Quelques rares impressions de ces discussions restent dans les fragments tourmentés de la correspondance et des mémoires de Bloomsbury. Et plus avant encore, l'art et la littérature conçus à Bloomsbury, atteste du pouvoir de persuasion et de la conviction de l' esthétique formelle initiée par Roger Fry. L'Angleterre a beaucoup brocardé Bloomsbury depuis le début. Le mythe de Bloomsbury, les images nostalgiques de personnages tel Lytton Strachey et Virginia Woolf délicieusement occupés ne rien faire, combine aux exagérations esthétisantes, le pouvoir et le privilège de créer une image immobile dans la durée, sans fards, plus fausse que vrai, perpétua les illusions sur la solidarité auto satisfaite, sur l'irresponsabilité et l'hédonisme et prédisposèrent les Anglais à une relation amour haine a l'égard de Bloomsbury. Mais la séduction exercée par le groupe sur les Américains est plus difficile à expliquer que l'antagonisme des Anglais.

La publication dans les années septante d'assez de matériel sur la personne fascinante et l' écrivain superbe qu'était Virginia Woolf précipita l'intérêt pour Bloomsbury. La splendeur édouardienne du vieux Bloomsbury dégage un allure similaire à la série télévisée "Ce soir au théâtre" et offre de la grande littérature, du gout, de la subtilité et des idées profondes de plus, Bloomsbury montre des valeurs que nous voyons disparaitre: de forts liens familiaux, de grandes amitiés, l'idéalisme en art, la vérité et l'amour. Beaucoup de ceux qui étudient Bloomsbury furent étudiants à la  fin des années soixante, et comme à Bloomsbury, ils croient dans la rébellion de la jeunesse contre le conservatisme de la génération précédente. Et peut-être qu'ayant cette expérience en commun avec Lord Keynes, Virginia Woolf et Roger Fry, ils nuancèrent le désappointement créé par cette époque trompeuse en approchant de l' âge mûr. La crédibilité des théories de Fry et de Keynes, qui détermina les disciplines que nous étudions en candidature, vient d 'être récemment. mise en question et supplantée, alors que nous entrons dans une période que quelques uns appellent "post-formaliste", "post-keynésienne" ou "post-moderne."

12/05/2014

Musique et Architecture

L'action et l'expérience se répondent, on peut mourir vite ou durer longtemps, partir d'un principe ou d'une variétés d'impressions, tonitruer, adoucir ou naviguer dans l’ambiguïté. Le présent est farci des expériences du passé que le besoin fait se manifester coloré par la symphonie de la résonance. Dites-moi, vous qui me semblez sensible aux effets de l'architecture, n'avez vous jamais remarqué en flânant dans la cité parmi tous ces immeubles peuplés, certains sont muets, d'autres parlent et certains plus rares chantent. Commençons par expérimenter cette complicité entre l'architecture et la musique, évoquons, en connaisseurs de l'art de construire , les photographies et les dessins des thermes de Vals, en Suisse par Peter Zumthor. Feuilleter ces pager est une chose, vivre l'expérience de la construction personnellement en est une autre. La constellation de ces chambres de bain organisée autour d'une d'une piscine intérieure centrale et d'une autre, extérieure, périphérique faites de murs en granite local, empilé haut, crée un environnement à la fois primitif et sophistiqué pour les sens de la vue et de l’ouïe. Pour la première visite, explorons, le mieux possible, les espaces de bain et leurs températures différentes. Le bain des grottes reste le favori, dans l'eau jusque la taille, déplaçons nous lentement vers l'étroit tunnel qui relie le grand bain extérieur avec cet espace beaucoup plus intime en carré tout en hauteur. Simplement éclairé par de petites lumières enfouies dans le sol, il donne la sensation d'un espace privé. Deux autres baigneurs sont déjà suspendus dans l'eau clair et se tiennent à la rampe tubulaire de cuivre qui coure tout autour des quatre murs. Après un ajustement visuel à l'espace lumineux évanouissant, un son léger, un soupir dans l'air nous fit remarquer les expressions plaisantes et ludiques adoptées par les visages des autres baigneurs. Que se passait-il? Apparemment, les rugueux à-plats de granit rendaient quelque peu audible le murmure des respirations. En recherchant l'accord vocal, chaque baigneur trouve rapidement une résonance sympathique entre corps et espace en fredonnant lentement dans un ambitus de fréquences différentes. En ajoutant les nôtres à ce concert impromptu, nous ne pouvions plus quitter la puissance de l'espace qui ridait nos corps des vibrations de l'air tout en les caressant d'eau chaude claire. Nous nous rappelons de cette expérience si vivement parce qu'elle combinait la plus sensible des vulnérabilités, presque nus et sans accessoires pour se défendre et simultanément, un moment sensoriel fait de vision et de son. Du point de vue de cette perspective, les torrents thermaux de Vals nous transportent vers une époque bien plus primitive, quand les humains furent prévenus de la puissance de leurs voix et des autres sons. Stephen J.Waller soutient que l'art paléolithique, à Lascaux, au Vallon des Roches résultaient de conditions acoustiques et culturelles particulières. Waller suggère que les facteurs d'outils du paléolithique , par le son de ceux-ci, créaient des échos qui, dans le lointain, semblaient le galop des hardes évanescentes et convoitées, invisibles. Elles incitèrent ces hommes à les saisir par la forme. Le son devint générateur des arts visuels. Après de nombreux millénaires, l'architecte grec Polyclèteconcevra l’amphithéâtre semi-circulaire d'Epidaure en 300 avant Jésus-Christ que l'on utilise encore aujourd’hui afin d'y donner des spectacles dramatiques. La forme du théâtre et de son environnement naturel creusée dans une colline devient un amplificateur de sons très précise quand les acteurs se produisent dans le skene. Ici, comme au paléolithique, des créateurs en techniques visuelles et sonores comprirent comment collaborer avec la nature pour l'avancement de leur art.. Á l'époque romaine, Vitruve (-80°-25), écrivain, architecte et ingénieur écrit De Architectura. Il infuse les préoccupations auriculaires dans les espaces intérieurs et naturels. Dans le livre V, au chapitre de la théorie musicale, il utilise la nomenclature grecque pour exposer les différents types de modulation, les notes et les tétracordes. Il insiste aussi pour que les architectes connaissent les principes acoustiques de base en citant pour exemple «les acteurs qui s'accompagnant eux-mêmes à la lyre, dans un théâtre de bois, quand ils veulent chanter plus haut, se tournent vers les portes de la scène et profitent du support harmonique que ces surfaces peuvent offrir à leur voix.» Pendant la Renaissance, la musique et l’architecture eurent une relation bien plus formelle que durant l'apogée des civilisations grecques et romaines. Le 25 mars 1436, la première du motet de Guillaume Dufay, Nuper Rosarum Flores,pour la consécration de la cathédrale de Florence. Dufay (1397-1474) écrit ce motet polyphonique en y incluant deux voix de ténor à l'unisson, aux mêmes symétries isorythmiques, en songeant, apparemment, au double dôme de la cathédrale conçuFilippo Brunelleschi entre 1420 et 1461. Quatorze ans plus tard, le polygraphe Leon Batista Alberti écrit, inspiré par Vitruve,De Re Aedificatoria et les nombres plus que l'acoustique deviennent la nouvelle focale dans la relation entre l'architecture et la musique. Rudolf Wittkower paraphrase Alberti quand il écrit que «la musique est une géométrie sonore, ses harmoniques informent de la géométrie de l'immeuble. L'écart structurel entre la musique et l’architecture est désormais bien défini. Si l'auditeur peut entendre les mêmes harmoniques utilisées dans l'architecture par la musique. Mais il y a peu de liens entre la musique et ses espaces architecturaux, Géométrisée, la musique perd sa relation à la matière dans l'expérience spatiale du son. Il n'est pas surprenant que les architectes de la Renaissance concentrèrent leur effort sur la mesure des proportions de l'espace plutôt que sur ses propriétés acoustiques plus spécialement à l'aide du nombre d'or et de la suite de Fibonacci utilisés comme outils générateurs pour de nombreux bâtiments. Les maisons de campagne d'Andrea Palladio (1508-1580), les exquises villasRotonda et Barbaro à Maser dans l'Italie du nord. Toutes, utilisent des ordonnancements formels tels la symétrie, le carré, les proportions harmoniques tout en reliant simultanément les espaces architecturaux à la campagne environnante. Le traité de Palladio I Quattro Libri dell' Architettura fait le plein des connaissances de l'art de construire mais nulle part il ne s'intéresse explicitement au son que ces immeubles pourraient produire. Cela ne signifie pas que de beaux espaces acoustiques n'existaient pas à la Renaissance mais ils restaient peu nombreux et fort dispersés. La Musique, naturellement, prit aussi une avance considérable en se distinguant des temps médiévaux. En l'espace de trois cent ans, les structures sonores monophoniques simples mais belles d' Hildegard von Bingen (1098-1179), dans O Viridissima Virga, l'Ave des Cantiques de l'Extase ont montré l'exemple de compositions polyphoniques relativement complexes à la Renaissance. Maddalena Casulana (1540-1583) qui créa son art et la poésie des autres en les tissant finement dans le réseau des quatre voix contrapuntiques de son célèbre Il Primo Libro di Madrigali a quattro voci en 1568. beaucoup de ces compositions sont chantées à l'intérieur d'espaces sacrés et leur long temps de réverbération; même les demeures privées possèdent de meilleurs caractéristiques acoustiques dues à leur hauteur de plafond et à des matériaux résonnants similaires à ceux qu'on peut trouver aujourd'hui. Du coté de l'architecture, ce n'est qu'en 1727 que le mathématicien suisse Leonhard Euler (1707-1783) publie le premier ouvrage théorique post vitruvien sur le son avec Dissertatio Physica de SonoLe jésuite allemand Athanasius Kircher (1601-1680) écrit un des premiers traités sur le son, Phonurgia Nova (1673), il y offre d'extraordinaires exemples d'instruments architecturaux pour entendre les domestiques dans la maison et faire parler les statues. Le travail avait du souffle, il n'avait pas la profonde compréhension théorique d'Euler. Ailleurs, le physicien allemand Ernst Chladni (1756-1827) mis au point les principes de l'analyse acoustique avec ses recherches sur les plateaux vibrantsil invente une méthode pour rendre le phénomène vibratoire visible en jouant de l'archet sur un plateau de métal uniformément recouvert de poudre fine. Cette technique est publiée en 1787, dans son ouvrage Entdeckungen uber die Theorie des Klanges, incita le scientifique suisse Hans Jenny (1904-1972) au vingtième siècle à explorer les schémas produits par les ondes sonores dans différents milieux, les fluides, les poudres, les liquides etc. Son livre Cinématique: Étude du Phénomène des Vagues (1967) témoigne de cette recherche. Les premiers signes d'un engagement post épidaurien entre la musique et l'architecture attendra 1723 quand Jean Sébastien Bach (1685-1750) devint maître de chapelle à la Thomasschulese mit à l 'orgue et dirigea le chœur de l'adjacente Thomaskirche à Leipzig en Allemagne. Cette église luthérienne, assez petite, avec un temps de réverbération plus court que n'importe quel édifice religieux médiéval existant en Europe permit à Bach de composer des mélodies polyphoniques complexes en usant de techniques contrapuntiques. L'espace, relativement sec, permet à l'auditeur de distinguer clairement la progression des accords et lui alloue ainsi l'écoute d'une musique à la complexité sans précédent dans un espace publique. Si ceci s'opérait dans le domaine sacré de la musique d'église, parallèlement, dans le monde profane du spectacle dramatiques, le renouveau voyait le jour. En Italie, vers le milieu du XVIIième. , l' opéra occupait le devant de la scène, il fallut néanmoins un siècle de plus pour construire un édifice approprié à ses performances. Le plan de Giuseppe Piermarini pour l'opéra de La Scala construit au bon endroit sur le site de l'église Santa Maria alla Scala, démolie à Milan entre 1776 et 1778 se fit le point de départ d'un grand nombre d'autres espaces de spectacles publics et ainsi transformer les interactions entre la musique, l'architecture et les arts dramatiques pour les 250 années suivantes. Pour l'oreille du connaisseur,le théâtre ovale Gewandhaus à Leipzig était le nec plus ultra au XVIIième.L'immeuble ne ressemblait en rien à celui d' Epidaure mais la capacité de résonance de ses surfaces intérieures en fit le précurseur de beaucoup de lieux musicaux de haute qualité. L'acoustique des ces espaces continuait pourtant à être basée sur une compréhension scientifique incomplète. Ce n'est qu'en 1962 que l'expert en acoustique Leo L. Beranek né en 1914, publia un livre Musique, Acoustique et Architecture qui révolutionna la perception des scientifiques et des artistes, il y analyse une série de salles au long de l'histoire et fournit aussi un langage pour décrire les caractéristiques acoustiques de ces immeubles. Il explique que nous avons besoin d'un idiome commun au trois disciplines pour comprendre les relations entre la musique, l'acoustique et l'architecture. Aujourd'hui, les architectes continuent à conjurer Epidaure sans retrouver l'épitomé originel du spectacle dramatique. L'architecte Gottfried Semper (1803-1874) y arriva presque avec son plan pour le théâtre de Munich, projet qui incorporait le demi cercle d' Epidaure dans un espace de style Renaissance. Initié par le compositeur Richard Wagner (1813-1883), que Semper connaissait et financé par le Roi de Bavière, le projet ne fut jamais réalisé. Et Wagner créa sa propre version, plus petite, à Bayreuth (sans en offrir le crédit à Semper qui avait eu la première idée). Il fit progresser à la fois les expériences musicales et spatiales dans le théâtre de Bayreuth qui représenta, pour assez longtemps, l'ultime intersection des arts. Paradoxalement, Wagner insistait, dans son intention, pour séparer visuellement la musique instrumentale, c'est à dire l'orchestre, du public et des chanteurs afin de créer un sentiment de communion sensuelle où la musique instrumentale viendrait de nulle part. Une section verticale du bâtiment montre la fosse d'orchestre munie d'un toit pointant vers la scène. L'espace, presqu'entièrement fermé contribue à la présence vocale des chanteurs au détriment de la projection instrumentale de l'orchestre vers le public. Il est vraisemblable que le format de l'orchestration wagnérienne grandit non seulement à cause de compositions aux dynamiques de plus en plus exigeantes mais aussi à l’idiosyncrasie et à la disposition du lieu. Si le théâtre de Wagner présentait une régression du point de vue acoustique, ses explorations musicales, au bord de l' atonalisme, devint le fondement du travail du compositeur et théoricien Arnold Schoenberg (1874-1951). A son tour, la musique dodécatonale de Schoenberg fut libérée par les compositions athématiques sérielles de Karlheinz Stockhausen (1928-2007) qui, pour les vingt ans qui suivirent prit de plus en plus en compte la construction spatiale de ses compositions qui culmina dan sa pièce Spiral au pavillon allemand de l'exposition d'Osaka au Japon en 1970. Là, l'audience se trouvait suspendue dans le plan équatorial de la sphère. Incidemment, c'est durant cette exposition mondiale que Iannis Xenakis (1922-2001) jouera sa composition électro-acoustique Hibiki Hana Ma dans le pavillon de la fédération nipponne de l'acier. Tous deux, Stockhausen et Xenakis, exhibent une sensibilité unique dans la relation entre l'espace et le son. plusieurs travaux de Xenakis, tel Psappha , par exemple qui demande que l'audience soit assisse en cercle entourés par un certain nombre de haut-parleurs. L'espace architectural devient un instrument. Peter Zumthor augmente la compréhension sensorielle de l'architecture en incluant son rôle comme instrument musical. Il écrit: «écoutez, les intérieurs sont comme de grands instruments qui collecte le son, l'amplifie et le transmette ailleurs. Comme empruntant une page de Zumthor, le groupe Music Architecture Sound (M.A.S.S.) crée des installations terre-harpe depuis quelques années. Il transforma aussi une des icônes du modernisme à Chicago,le Mies van der Rohe's Crown Hallconstruit, à l'origine sur le campus ITT entre 1950 et1956, en instrument à cordes avec lequel, le groupe étudia la résonance entre les matériaux de l'immeuble de verre et d'acier et l'espace qu'il enferme. Ces performances/exhibitions approche l'équilibre musical d'un immeuble dans son entièreté dans le sens du mot allemand stimmung qui signifie, à la fois, atmosphère et accord. Ici, la composition et la production de musique convergent dans le jeu de l'espace architectural. L'approche expérimentale de cette convergence a influencé la manière dont les compositeurs, désormais, conçoivent leur art. Zumthor rappelle que John Cagementionnait dans un de ses cours qu'il n'est «pas un compositeur qui entend de la musique dans son esprit puis essaie de la transcrire mais procède autrement en travaillant concepts et structures puis les jouent pour découvrir leurs sons.» Reprenant cette approche à propos de l’architecture, il suggère que de poser des questions sur des sujets, à priori, si peu visuels que site, but et matériaux de constructions, peut conduire à une conception architecturale, qui, tout comme les œuvres de Gage, possède le potentiel de trouver une audience que ce soit pour la musique ou l'architecture, à un niveau bien plus profond que «l'arrangement de formes stylistiques préconçues.» Volontairement, Zumthor restreint sa lecture de l'architecture à une expression matérielle qui crée un lien résonant à la musique. Il écrit que

l'architecture est toujours une affaire concrète,
elle n'a rien d'abstrait. Un dessin projeté
sur le papier est à peine de l' architecture 
mais une simple représentation,inadéquate 
comparable à une partition musicale. Elle doit 
se jouer comme l'architecture s'exécute. 
Alors seulement, son corps peut s'incarner et 
il est toujours sensuel.

La perception sensuelle de la symbiose entre ces composants fondamentaux que sont l'espace et le son demande un récepteur actif aux perceptions en éveil envers les deux éléments. Un exemple issu des arts peut nous aider à illustrer cette relation symbiotique. En 1977 durant l’événement international Documenta 6 à Kassel, l'artiste Joseph Beuys (1921-1986) installe l’exhibition principale dans l'espace Fridericianumune pompe qui transporte par un long tuyau transparent de l'escalier de la cave jusque bien au milieu du troisième étage, dénommé Université Libre Internationale, utilisé par l'artiste pour des conversations impromptues avec les visiteurs de l'exposition et les habitants de la vie à propos de la dimension sociale de l'art. Pendant ces longues conversations, les participants pouvaient voir et entendre le miel couler dans les tuyaux en plastique qui devenait parfois immobile et puis recommençait à couler, d'un coup, avec un grand slurp, en se pressant dans le tube, un peu comme les discussions de Beuys et de son audience. Ici, le son sert un peu simultanément d'interrupteur de routine, d'exposition d'art et d'expression symbolique de la difficulté d'improviser une conversation verbale. Les conventions complices s'instituent alors que nous tendons de prendre en mains des sujets difficiles. Une absence à la perception est ainsi impossible dans ces circonstances. Une approche plus direct de la musique et de l'architecture peut être localisée dans le travail de l'artiste en sonsBernhard Leitner (1938...) qui, initialement, étudia l’architecture à Vienne puis déménagea à New York en 1968 mais est aujourd'hui de retour à Vienne. Il représente un des premiers artistes à concentrer son attention sur l'esthétique spatiale du son. Sa méthode de représentation visualise le chemin du son dans l'espace en dessinant des lignes continues et interrompues avec des flèches sur des photographies qui décrivent habituellement une situation simple ou un mouvement mené par un environnement sonore altéré, outil utile mais inadéquat pour communiquer son art. Pour rendre son travail plus accessible aux auditeurs qui ne peuvent reproduire ses installations techniques, Leitner a publié en 2003 un disque compact Kopfräume-Headscapes qui demande à l'auditeur de porter un casque sonore pour percevoir l'effet des sons enregistrés qui tourne autour de sa tête. Ses expériences peuvent inspirer les architectes et les musiciens à emprunter les idées de ses conceptions qui vont de l'espace libre aux meubles, aux objets vestimentaires etc... Leitner admet qu'il n'est pas très intéressé à l'usage de la musique dans son travail parce que le cerveau «est immédiatement distrait si des paramètres musicaux sont présents. Pour moi, il est important que ces sons ne soient pas musicaux.» Bien sur, la présence de la musique est conditionnée culturellement et ouverte au changement. Bernd Schulz souligne:

En ce qui concerne la musique, le son et le bruit 
sont physiquement une seule et même chose qui
peuvent être compris par l' intégrale de leurs sinus. 
Tout ce qu'on peut dire c'est que le nombre de 
fréquences inclus dans les événements acoustiques 
acceptés comme «des sons» est limité alors que
le «bruit» comprend pratiquement toutes les
fréquences dans la gamme de l'oreille humaine.

Cette définition vague, que l'art du son de Leitner qualifie de musique même si il en pense autre chose est peut-être utile pour rappeler que notre réception du son en général et de la musique en particulier est conditionnée spécifiquement sur un plan culturel. Par exemple quand l'acteur Joe Pesci, une fois de plus en prison pour avoir manquer de respect au juge de la petite ville dans la comédie de 1992 My Cousin VinnyIl dort bien malgré la clameur des prisonniers qui l'entoure, le bruit des sirènes et les cris des gardiens feraient n'importe qui se dresser sur sa couchette. Pour Vinny qui n'entend pas les sons de la campagne tellement il est habitué aux bruits grossiers de New York, ce qu'il doit entendre en prison ressemble à une rengaine, c'est alors qu'il n'est pas temps de dormir.

Conclusion

J' entend le son de l'espace, les matériaux répondent au battement, 
à la frappe et le silence, prérequis de l'écoute.

Récemment la résonance créative entre l’architecture et la musique a commencé à porter ses fruits dans des endroits inhabituels. Par exemple chez le Groupe Technique Musical à l' Université Pompeu Fabra de Barcelone, qui a créé un élément d'ameublement interactif , le reactable permettant à l'utilisateur, avec l'aide d'un synthétiseur audio, d'un logiciel libre et de quelques composants électroniques sélectionnés de métamorphoser son environnement audio spatiale propre en événement musical et architectural. Un apprentissage intuitif sans manuel ni instructions autorise une interaction ludique entre le son et l'espace. Un autre groupe qui travaille en Suisse, Pe Lang et Zimoun ont conçus ces dernières années une série de musique architecturales usant de simples objets mécaniques tels des électro-aimants, des plaques métalliques, des accouplements excentriques, du papier, des senseurs. L'effet produit un curieux mélange de sophistication et de jouabilité qui rend l'intersection du son et de l'espace accessible au nouveau venu dans le genre. Leur site web à l'esthétique attrayante comprend des vidéos intelligentes et un dossier leur approche pratique et théorique de ce mariage interdisciplinaire.

 

source


12/10/2013

Peurs et angoisses de la maison Saoud

Tout personne un peu sensible possédant un cerveau fonctionnel aperçoit la possibilité de la fin des 34 années du mur  de défiance entre entre Washington et Téhéran dans une situation dont les deux nations pourraient tirer parti.

 

En voici quelques-uns des bénéfices:

 

- Le prix des hydrocarbures baisseraient.

- Washington et Téhéran pourraient créer un partenariat afin de combattre les Salafistes Djihadistes ( ils l’avaient d’ailleurs déjà fait directement après 911 ainsi que de coordonner leurs politiques en Afghanistan pour maintenir les Talibans en échec après 2014.

- L’Iran et les États-Unis partagent les mêmes intérêts en Syrie, aucun ne veut ni l’anarchie ni la perspective de la prise de pouvoir par les radicaux islamiques.

- Cette éventualité inciterait l’influence iranienne à favoriser une compromis entre le régime Assad et l’opposition modérée non armée(qui existe mais est actuellement marginalisée).

 

Sans rhétorique sur le changement de régime et sans sanctions, il n’y aurait plus de limites pour plus d’échanges, d’investissements et d’options en matière d’énergie pour l’Ouest, en particulier pour l’Europe, ( L’Iran est la meilleure alternative pour les européens  pour adoucir leur dépendance à l’égard de Gazprom.

Une solution sur le dossier nucléaire permettrait à Téhéran de gérer son nucléaire civil comme alternative industrielle, lui permettent ainsi d’exporter davantage de gaz et de pétrole.


Sur le plan géopolitique, en reconnaissant  la nation iranienne pour ce qu’elle est, c’est à dire, un acteur clé en Asie du sud ouest, les américains pourraient se libérer du dogme stratégique auto- imposé qui consiste à dépendre de l’axe Israel-Arabie Saoudite. Ainsi, l’Amérique pourrait même commencer son pivotement vers l’Asie pour de bon. Et pas seulement avec des moyens militaires.

Aie, voilà ou çà gratte. Tout le monde sait pourquoi l’extrême droite israélienne voudra combattre à tout prix un traité entre les américains et les iraniens qu’elle voit comme une lèpre, puisque l’Iran comme “menace existentielle” est le prétexte idéal pour faire oublier la vraie nature du débat, le régime d’occupation et d’Apartheid  imposé à la Palestine. Tout comme pour la Maison Saoud ou cette perspective n’est rien de moins que l’apocalypse tout de suite.

 

Je ne suis rien d’autre qu’un tueur modéré 

 

Ça  commence en Syrie. aujourd’hui, tout le monde sait que  Bandar Ben Sultan, aka Bandar Bush, tire les ficelles de la guerre ne Syrie depuis que son oncle, le roi Abdallah, l’a nommé directeur de la sécurité national

Bandar ne fait pas de prisonniers. D’abord, il élimine le Qatar, financier principal de la soi disant Armée Syrienne Libre du paysage après avoir aidé à l’auto déposition de l’émir du Qatar le Cheikh Hamad  au profit de son fils Tamin en juin dernier.

 

Fin juillet Bandar rebondit de manière spectaculaire durant son désormais fameux “voyage secret” en Russie pour essayer extorquer l’abandon de la Syrie à Vladimir Putin en le payant.

 

Il est notoire que la « politique » des Saoud à l’égard de la Syrie, c'est le changement de régime, un point c'est tout. Ce n'est pas négociable et il s'agit de porter un coup à ces « apostats » de Téhéran et d'imposer la volonté saoudienne à la Syrie, à l'Irak, en fait, à l'ensemble du levant sunnite, pour la plupart.

 

Fin septembre, le Jaish al-Islam ("Armée de l'Islam") entre en scène, c'est une combinaison de « rebelles » d'une cinquantaine de brigades, appartenant à une nébuleuse qui va des « modérés » à des Salafistes pure jus contrôlés par Liwa al-Islam, appartenait à l'Agence National de Sécurité. Le seigneur de guerre en charge de Jaish al-Islam est Zahran Alloush – son père, Abdallah, est un imam salafiste pur et dur en Arabie Saoudite et les pétrodollars qui le soutiennent sont saoudiens via Bandar et son frère le Prince Salman, ministre saoudien de la défense.

 

Si ceci ressemble à une remise à la mode du « réveil sunnite » en Irak concocté par le Général Petraeus en 2007, c'est, en effet, bien ce que c'est ; la différence dans ce « réveil » financé par les saoudiens, c'est que le but n'est plus de combattre Al-Qaïda mais de changer les régimes.

 

Voilà ce que veut Alloush (en arabe) : une résurrection du Califat Ommayade (Damas est sa capitale) nettoyer la Syrie de ses Sites et des ses Alaouites. Il sont tous considérés comme des incroyants, soit ils se soumettent à l'Islam Salafiste sinon, ils doivent mourir. Qui que ce soit interprétant ces phrases comme modérées sont sûrement des lunatiques.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, même Ayman al-Zawahiri, le chef d' Al-Qaïda a publié une proclamation bannissant le meurtre des Chiites.

 

L'option « modération » est au centre du présent, la campagne de relations publique ramollit les seigneurs de guerre sectaires, tel la gens Alloush pour les rendre acceptables par un maximum de sources de financement dans le Golfe et par ces occidentaux toujours si faciles à rouler.


Le cœur de la question, c'est que Jaish al-Islam ne montre qu'une différence essentiellement chromatique avec l’État Islamique d'Irak et al-Sham (ISIS), parapluie d'

Al-Qaïda, qui est la première force combattante en Syrie constitué des fanatiques armés jusqu'aux dents accrocs à des degrés d'intoxications divers à la méthédrine cristal

 

Le paradis des paranoïaques

 

Pur compliquer les choses, la maison Saoud est en pleine guerre de succession. L'infant, Prince de la Couronne Salman est le dernier fils du Roi Abdul Aziz, fondateur de la dynastie, qui veut faireun tour sur le trône ( et ça ne fait que de s'aggraver avec l'age).

 

Rien ne va plus, avec des hordes de princes, ensablés dans la bataille pour le grand prix.

Ici, nous trouvons personne d'autre que Bandar Bush, qui est pour l'instant, a toutes fins pratiques, l'entité la plus puissante d'Arabie Saoudite après Khalid Twijri, le chef de cabinet du Roi Abdallah, qui, nonagénaire, est près de rejoindre son créateur. Twijri n'est pas membre de la famille royale alors Bandar court contre la montre. Il a besoin d'une victoire en Syrie comme ticket pour la gloire ultime.

 

Quand l'accord entre les russes et les américains sur les armes chimiques en Syrie est intervenu, la Maison des Saoud a pété les plombs non seulement en blâmant les suspects habituels mais aussi la Russie et la Chine et Washington. C'est donc sans étonnement que le Ministre des Affaires Étrangères à perpétuité, le Prince Saud al-Faisal,

a snobé son discours annuel à l'Assemblée Générale de l'ONU. C'est peu ire que personne ne l'a regretté.

 

Le cauchemar de la maison Saoud est amplifié par sa paranoïa. Après toutes ces déclarations, à l'intention de Washington de « couper la tète du serpent (l'Iran) immortalisées par les fuites de Wikileaks. Après toutes ces supplications pour que les américains bombardent la Syrie, pour qu'ils déclarent une interdiction de survol, pour qu'ils arment les « rebelles ». Voilà tout ce que les Saoud obtiennent : Washington et Téhéran sur la route d'un accord aux frais de Riyad.

 

Pas besoin de dire que l'angoisse, l'horreur et la paranoïa règnent, suprêmes. La maison Saoud continuera à faire tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher que le Liban ne devienne un producteur de gaz. Elle continuera, sans relâche, à nourrir les flammes du sectarisme dans l’ensemble du spectre.

 

Et l'axe israelo-saoudien continuera à bourgeonner. Peu de monde sait qu'une agence israélienne, expérimentée dans la répression des palestiniens, est en charge de la sécurité à la Mecque. Si cela se savait, la rue, dans les pays arabes, n'y verrait qu'une preuve de plus de l'hypocrisie et de la duplicité, une fois de plus révélée de la couronne saoudienne.

 

Une chose est certaine, c'est que la clique des Saoud, Bandar et les israéliens, tireront

toutes les ficelles pour faire dérailler le train du rapprochement entre Washington et Téhéran.

 

Dans une perspective plus large, la vrai « communauté internationale » peur toujours rêver, qu'un jour, les élites de Washington verront finalement la lumière et qu'elles réaliseront que cette alliance stratégique scellée en 1945 entre Franklin D Roosevelt et le Roi Abdul Aziz ibn Saoud est désormais complètement dénuée de sens.

 

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