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01/02/2013

Tout ce qui pivote, c'est de l'or

Pour citer la réplique immortelle du Faucon Maltais de Dashiell Hammett, filmé par John Huston, " parlons de l'oiseau noir" Parlons de cet oiseau d'or mystérieux, oui, parlons-en car c'est bien un scénario d'Hammett ou les protagonistes sont le Pentagone, Beijing, les guerres de l'ombre, le mouvement en général et surtout beaucoup d'or.

Commençons par la position officielle de Beijing : " Nous n'avons pas assez d'or ", ce qui mène la chine à des achats frénétique de tout l'or qu'elle peut trouver, particulièrement à Hong Kong, ce que tout le monde peut suivre en direct. La Chine est déjà le plus gros producteur et le plus important importateur d'or mondial.

Le solde or représente plus ou moins 70% des réserves détenus par les Etats-Unis et par l'Allemagne et c'est plus ou moins pareil pour la France et l'Italie. La Russie, elle aussi en pleine frénésie d'achat, n'en a que 10%. Mais le pourcentage de la chine, malgré ses spectaculaires 32.000 milliards de dollars de réserve n'est que de 2%.

Beijing observe attentivement les usuriers de la Réserve Fédérale à New York, à laquelle l'Allemagne a demandé de lui rendre son or, celle-ci lui a répondu que cela prendrait au moins sept ans.

Le journaliste financier allemand Lars Schall qui suit l'histoire depuis le début a fait, pratiquement tout seul, les liens cruciaux entre l'or, le papier monnaie, les ressources énergétiques et l'abysse auquel fait face le pétrodollar.

Si Beijing dit que la chine veut plus d'or c'est "pour garantir les risques sur ses réserves étrangères", c'est à dire les fluctuations du dollar, mais aussi en particulier, pour "promouvoir la globalisation de l'yuan" et obtenir finalement, en toute suavité, la liquidité de sa devise qui lui permettra de concourir sur les places internationales avec l'euro et le dollar, entre égaux.

Mais le cœur élusif de l'histoire, c'est que les Chinois aimeraient bien de se débarrasser de leur dépendance à l'égard du dollar et pour cela, ils ont besoin de beaucoup d'or. Ils tendent de faire pivoter leur économie vers l'yuan en espérant que l'économie globale suivra. Cette règle d'or est le Faucon Maltais de Beijing ; " le truc dont on fait les rêves".

Avons drones, accepte voyages

Le Qatar aussi pivote, mais dans le genre Moyen Orient Afrique du Nord. Doha a financé les Wahhabites et les Salafistes et même des salafistes combattants tout comme les rebelles de l'Otan en Libye, les bandes armées de l'Armée Libre Syrienne ainsi que la nébuleuse pan islamique qui occupe le nord du Mali.

Après le Département d'Etat, le Pentagone s'est réveillé en propulsant une série d'arrangements entre Doha et Washington et mettre au point une "coalition" plus comestible en Syrie. Mais des liens puissants et dangereux existent entre le francophile émir du Qatar et le quai d'Orsay, très actif, déjà, sous le règne du roi Sarko.

Tous les observateurs de la géopolitique connaissent les détails, après une fuite des renseignements généraux atterrie au Canard Enchainé, du modus operanti choisi par le Qatar. Ca n'a rien d'un casse-tête, sa politique étrangère c'est les Frères Musulmans, ici et partout, sauf à l'intérieur de cet émirat néo féodal. C'est là le Faucon Maltais du Qatar qui, en mène temps, pour la plus grande joie des élites françaises est un pratiquant avide du néo libéralisme dur et des premiers investisseurs de l'économie française

Ainsi, la coalescence de leurs intérêts met en œuvre le capitalisme du désastre avec succès en Libye et pas encore en Syrie. Le Mali, c'est autre chose, c'est là que les intérêts de Paris et de Doha divergent, sans parler de Doha et Washington, du moins pour ceux qui ne croient que le Mali pouvait être un prétexte pour rafraîchir l'empreinte de l'Africom

La presse algérienne se noie dans l'outrage en questionnant les agendas qataris et français, depuis que le prétexte fonctionne si bien.

Sans surprise, l'Africom est dans le rôle et l'Amérique s'apprête à installer une base de drones au Niger, c'est le résultat pratique de la visite du Général Carter Ham, commandant de l'Africom à Niamey, il y a quelques jours.

Il n'y a plus qu'à liquider les vieux turbo-props qui tournent au-dessus de l'Afrique de l'Est depuis des années. Voici venu l'époque des prédateurs, traduction : le futur chef de la Cia, John Brennan prévoit de couvrir une guerre de l'ombre, partout, dans la zone Sahara Sahel.

Pour l'Africom, le Niger, c'est de la tarte, le nord est le site de toutes ces mines d'uranium qui fournissent l'industrie nucléaire française. Cette région se trouve très près des réserves d'or du Mali. Imaginez tout cet or dans une région "instable" qui tomberait entre les mains des compagnies chinoises. L'instant du faucon maltais qui aurait enfin suffisamment d'or pour virer le dollar serait à portée de la main.

Le Pentagone a même donné la permission à tous ses appareils de se ravitailler en carburant partout et ainsi qu'à Agadez. La légion française a peut-être fait le sale boulot au sol. Mais c'est l'Africom qui, au final, en ramassera tous les profits partout au Sahara Sahel.

Que saviez vous à propos de l'oiseau (asiatique) ?

Ce qui nous ramène au fameux pivot vers l'Asie, censé être la priorité géopolitique de la seconde administration Obama. Tout irait bien avec les rotations, en mode drone, de l'Africom au Sahara Sahel, si ce n'est l'irritation croissante de la Chine et Washington, qui avec Doha font "pivoter" leur soutien vers d'anciens "terroristes" rhabillés en "Combattants de la Liberté" et vis et versa.

Sans mentionner ce qui ne bouge pas, dans cette sombre affaire, le soutien effarant de l'administration Obama 2.0, à l'institution médiévale de la maison Saoud et à la "stabilité dans la péninsule arabe"

La rotation vers l'Asie est un produit du plan Marshall, totem originel de la sécurité nationale américaineMarshall est à la Source de la révolution dans les affaires militaires, comme tous les fans de Donald Rumsfeld le savent. L'échec "Choc et Effroi", qui n'a servi qu'à détruire l'Irak presque sans retour, même en y injectant le capitalisme du désastre est suivi d'une doctrine nouvelle nommée "Combat Air Mer"

Cette assomption prévoit que Beijing attaquera les forces américaines dans le Pacifique, ce qui est ridicule, Alors les Etats-Unis riposteront par une "campagne aveuglante", l'équivalent naval de Choc et Effroi. La force aérienne et la marine adorent ce concept parce qu'il implique beaucoup de dépense en matériel stationné dans plein de bases sophistiquées dans le Pacifique et en haute mer.

Ainsi le style contre insurrection à la Petraeus devient la guerre des ombres de John Brennan. Pseudo stratégie, car la vraie raison de ce déploiement est de garder les budgets concoctés par le Pentagone à des niveaux exorbitants en vendant une nouvelle guerre froide avec la Chine. On a pu, un jour, entendre Marshall dire à propos de la Chine : " ils n'amasseront jamais assez d'or pour mener à bien leurs plans démoniaques ". Sans l'aplomb de Bogaert naturellement. Dashiell Hammett serait surpris. Le Faucon Maltais de Marshall est la guerre dont les rêves sont faits

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04/01/2013

Pour qui sonne le glas syrien

La tragédie géopolitique de 2013 restera celle de 2012 : le viol de la Syrie

Un des passages favoris d'Hemingway, Alep avec son souk le plus extraordinaire du Moyen-Orient, son architecture, son peuple et ses marchands, cœur d'Alep depuis ses siècles,, le voilà, incendié et détruit par les "rebelles" de la soi-disant Armée Libre de Syrie.

Dans cette tragédie syrienne, pas d'Hemingway et pas de Robert Jordan des Brigades Internationales pour combattre ensemble avec les révolutionnaires républicains durant la guerre civile espagnole. Ces brigades internationales sont faites de Salafistes et de Djiadistes qui décapitent et font exploser des voitures. Sans oublier quelques jeunes américains qui sont les pions technologiques de ces rapaces nommés OTAN et CCG (Conseil de Coopération du Golfe).

Le drame continue, l'état syrien, son appareil politique et ses institutions de sécurité militaire maintiendra sa petite guerre éclair, sans arrière pensées à propos des dommages collatéraux. Dans l'autre camp, les commandants rebelles parieront sur le nouveau Conseil Militaire Suprême encouragé par les Saoudiens et les Qataris

Les Salafistes et les Djiadistes du Front al-Nusrah, des fanatiques du septième siècle, décapiteurs enthousiastes font le gros des combats sans y être invités. Après tout le Front al-Nusrah n'est-il pas nommément décrit par Washington comme une organisation terroriste.

Si on observe la réaction des Frères Musulmans, le Député, Contrôleur Général Mohammed Farouk Tayfour dit que les réactions sont "trop hasardeuses" tandis que le nouveau chef de l'opposition syrienne, Ahmed Moaz al-Khatib, à Marrakech, pense que les décisions doivent être "réexaminées". Virtuellement, tous les porte-parole rebelles n'ont-ils pas déclarés leur amour immortel pour la radicalité en plaidant leurs allégeances à al-Nusrah.

Donc, avec tous les fanatiques d'al-Nusrah, qui, pour l'instant, dissimulent leurs barbes correctement islamiques, sous de prosaïques capuchons, s'attendent à de nouvelles avancées rebelles sur Damas, en dépit de deux défaites majeures (fin juin et en décembre) dues à la courtoisie de contre-offensives gouvernementales.

Après tout, ces jolis messieurs, entraînés aux Etats-Unis, des forces spéciales américaines, anglaises et jordaniennes doivent produire des résultats sans mentionner les quantités toujours plus grandes d'armes létales dispensées par ces parangons de la démocratie dans le Golfe Persique. Sinon, le Front al-Nusrah Front contrôle des sections entières d'Alep, ville dévastée.

Les règles de la haine sectaire

Nous avons aussi la toute nouvelle Coalition Nationale des Révolutionnaires Syriens et des Forces de l'Opposition, une coproduction Doha Washington. Rencontrez le nouveau chef, c'est le même que l'ancien, le Conseil National Syrien. Ce n'est que de la rhétorique, en fait, la seule chose qui les intéressent, c'est d'acquérir de plus en plus d'armes mortelles. Et ils aiment al-Nusrah, même si Washington ne l'aime pas.

Les Qatar, a déversé des tonnes d'armement "comme des bonbons" (d'après un marchand d'armes américain) sur la Libye "libérée" Après le coup de Benghazi, le Département d'Etat s'est dit qu'en continuant à armer les rebelles syriens comme çà, ils prenaient les mêmes risques qu'en Libye. Traduction: le Qatar continue à fournir de grandes quantités d'armes aux rebelles et l'Amérique continue à "diriger par derrière".

Il faut s'attendre à plus de massacres sectaires comme celui d'Aqrab, à d'autres distorsions contextuelles. Le Ministre des Affaires Etrangères russe Mikhaïl Bogdanov dit : " Les combats vont encore s'intensifier et la Syrie perdra encore des dizaines ou meme des centaines de milliers de civils. Si c'est le prix à payer pour l'empêchement du président et s'il vous semble acceptable, pas à nous".

La Russie fait tout ce qu'elle peut pour empêcher que cela n'arrive et si les "rebelles" de l'OTAN mènent à bien leurs menaces et qu'ils attaquent les ambassades de Russie et d'Ukraine à Damas, alors il va falloir qu'ils règlent leurs barbes sur la vitesse maximale pour échapper aux Spetnatz, les forces spéciales russes.

On peut s'attendre à plus grave comme le Cheikh Sunnite, vedette d'al-Jazeera, Yusuf al-Qaradawi qui formula incidemment une fatwa légitimant la mort de millions de syriens, qu'ils soient civils ou militaires peu importe tant qu'ils soient Alaouites ou Chiites.

La haine sectaire gouvernera, avec le Qatar à sa tète suivis par les Saoudiens avec leurs grands livres assortis d'islamistes purs et durs. L'agenda, c'est la guerre contre les Chiites, contre les Alaouites, même contre les modérés pas seulement en Syrie, mais partout au Moyen-Orient.

Un face à face Patriot contre Iskander

La nouvelle stratégie de l'Armée Syrienne Libre consiste à se retirer des ses bases à la campagne pour concentrer ses troupes dans les villes et les agglomérations.

Attendons-nous à ce que la stratégie générale du club de l'OTAN reste plus ou moins la même, tenter de battre l'Armée Syrienne, là où c'est possible, les démoraliser et savonner la planche pour son éventuelle intervention ( les armes chimiques et le discours sur la "catastrophe humanitaire" font partie du paquet psychologique opérationnel).

Les Syriens ont beau détenir les armes lourdes mais confrontés à un tsunami de mercenaires, de Salafistes et de Djiadistes armés et entraînés par l'OTAN, toute l'affaire peut prendre des années dans le style de la guerre civile au Liban. Ce qui nous mène à la "meilleure" option : la mort de l'état syrien par des milliers de blessures grandes et petites.

Ce qui est certain c'est que la "coalition des volontés" contre la Syrie, n'aura aucun problème à ramasser la mise quand le jeu s'achèvera. Washington parie sur un régime post-Assad gouverné par les Frères Musulmans. Il ne faut dont pas s'étonner de voir le petit Roi de Jordanie devenir nerveux, il sait que les Frères Musulmans prendront le pouvoir en Jordanie aussi, ce qui l'empêchera de rester le meilleur client permanent de chez Harrods.

Ces modèles de démocratie, les pétro monarchies médiévales du Golfe, ne sont pas moins inquiets tant ils craignent la popularité des Frères Musulmans comme on craint la peste. Le Kurdistan Syrien, maintenant bien engagé sur la voie d'une totale autonomie et d'une liberté éventuelle, aggrave la position d'Ankara dans un conflit que les Turcs mènent depuis quarante ans. Sans compter sur la perspective de Salafistes et de Djiadistes sans emploi coincés entre les frontières et qui sont prêts à tomber amok.

Téhéran a déjà prévenu Ankara en termes assez catégoriques des conséquences du déploiement prochain du système de missiles de défense de l'OTAN.

Le porte-parole du Pentagone, George Little, dans un de ses chef-d'œuvres n'a-t-il pas affirmé que " Les Etats-Unis aide la Turquie dans son effort d'autodéfense (contre la Syrie)."

Voilà pourquoi 400 militaires américains s'installent en Turquie afin de piloter les deux batteries de missiles Patriot pour mieux la défendre contre " les menaces potentielles émanant de la Syrie".

Traduction: çà n'a rien à voir avec la Syrie, c'est surtout la présence militaire russe en Syrie qui les énerve. Moscou a offert, non seulement les très efficaces missiles sol-sol hypersoniques Iskander (virtuellement immunisés contre les mesures antimissiles mais aussi le système de défense à cibles multiples Pechora 2M), un cauchemar pour le Pentagone si jamais une zone d'exclusion aérienne est décrétée contre la Syrie.

Bienvenue à la confrontation entre Patriot et Iskander. Juste sur la ligne de feu, nous trouvons le Premier Ministre turc Recep Tayyip Erdogan, à l'ego démesuré, et qui expose un profond complexe d'infériorité dans ses relations avec les Européens. On le laisse dans le froid, en attendant, la mise en œuvre des plans du maître.

Le talon d'Achille de la Turquie (à part les Kurdes), c'est le fait de se promouvoir au carrefour des routes de l'énergie entre l'Est et l'Ouest. Le problème, c'est que la Turquie dépend, pour ses fournitures en énergie, à la fois de la Russie et de l'Iran. Sottement, elle s'aliène les deux en même temps, avec sa politique syrienne informe.

Malédictions et brouillards

Comment résoudre cette tragédie ? Personne ne semble écouter le Vice-Président syrien Farouk Al-Sharaa.

Dans un échange de vue avec l'organe libanais Al-Akhbar, il souligne que " la menace de voir, par la présente campagne, la Syrie, son histoire, sa civilisation et son peuple... chaque jour qui passe, la solution s'éloigne, militairement et politiquement, Nous sommes dans la position de devoir défendre l'existence de la Syrie".

Il ne possède pas " une réponse claire à la question" mais il a un plan :

N'importe quelle solution soit en commençant des conversations entre arabes, dans les capitales régionales ou étrangères, ne peut exister sans une solide fondation syrienne ; La solution doit être syrienne. Elle se composerait d'un règlement entre les principaux pays de la région et le Conseil de Sécurité de l'ONU.

Cet arrangement doit inclure l'abandon de tout forme de violence et la création d'un gouvernement d'unité nationale avec de larges pouvoirs qui devra solutionner les dossiers sensibles relatifs à la vie des gens et à leurs demandes légitimes.

Ce n'est pas ce que veut le complexe otanesque, les Américains, les Anglais, les Français, les Turcs, le Qatar, l'Arabie Saoudite sont déjà tous engagés par leurs agendas divergents respectifs. L'OTAN a déjà accompli un objectif, assez similaire à l'Irak en 2003, réduire en poussière la fragile fabrique sociale syrienne.

C'est le capitalisme du désastre en action, phase I, le terrain est déjà prêt pour une "reconstruction" profitable de la Syrie, une fois le gouvernement turbo capitaliste pliable installé.

Parallèlement, les réactions sont souvent suscitées par leurs propres mouvements mystérieux ; des millions de Syriens qui initiallement, soutenaient l'idée de mouvement pro-démocratique, des classes d'affaire de Damas aux négociants d'Alep soutiennent aujourd'hui le gouvernement contre le nettoyage ethnique et religieux proposé par les "rebelles" du genre d'al-Nusrah.

Voilà, coincés entre l'OTAN, les Russes et les Iraniens de l'autre coté, les Syriens n'ont nulle part ou aller. Rien n'arrêtera l'OTAN de créer, dans le sang, n'importe quelle entité douteuse, allant d'émirats pro-américains à des "démocraties" gouvernées par les Frères Musulmans.

Il est facile de voir pour qui sonne le glas en Syrie, il ne sonne pas pour toi, mais pour la malédiction, l'égarement, l'errance, la mort et la destruction.

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13/12/2012

Pour Moscou, Le chemin de Damas passe par Groznyï

La politique russe conçernant la Syrie se préoccupe peut-être plus de Groznyï que de Tartous. Les critiques et les analystes, en Occident, ont déjà tout dit sur l'obstruction russe au Conseil de Sécurité relative à la crise humanitaire syrienne pour laquelle il ne semble y avoir aucune lumière au bout du tunnel.

Depuis le début du "soulèvement" armé en Syrie, vingt mois se sont passés, on se demande si le seul intérêt russe à soutenir le régime faiblissant de Bashar al-Assad n'est pas de protéger sa seule base navale, en mer chaude, de Tartous, unique facilité navale de ce genre en dehors de l'ancienne sphère soviétique et fournisseurs essentiels d'armes légères, d'artillerie et autres matériels militaires à la Syrie. Quoi qu'il en soit, ils savent très bien que les dictateurs à la recherche d'armement vont et viennent dans l'histoire de la guerre froide et que les contrats maritimes peuvent toujours se renégocier avec les régimes qui se succèdent.

Ce qui est crucial, pour le gouvernement de Vladimir Poutine, c'est la politique privilégiée des affaires intérieures d'une nation état. Les "Siloviki", sobriquet russe des élites dirigeantes se souviennent du chaos des années 90 et la perte brève mais si douloureuse à leur ego, de ce qui devint un état chètchène quasi-indépendant dans le nord du Caucase.

Boris Ieltsine affaibli, est obliger de négocier en août 1996, avec le chef nationaliste chètchène Aslan Maskhadov et de signer les accords de paix à Khasavyourt au Daguestan. Signature à laquelle il remédiera en lançant la seconde guerre russo-chètchène à l'automne de 1999. Poutine arrivait au pouvoir grâce à cette ré invasion de la chètchènie en exploitant la crise d'autorité de la fédération russe à son immense avantage, il y est toujours aujourd'hui.

Une Russie renouvelée économiquement et politiquement sous le duo rotatif Poutine Medvedev, soutenue par de copieuses ventes d'énergie en Europe et de métaux à la Chine trouvait le moyen de "perdre" Saddam et Kadhafi durant la tenue du duo. Ils se sont dits que la Syrie d'Assad, bon vieux client de la Russie depuis l'ère soviétique, ne serait pas une autre pièce de domino dans l'odieuse machination mise au point par les occidentaux sous les veneurs jumeaux de l'intervention humanitaire et de l'internationalisme libéral, concepts qui rendent les siloviki extrêmement sceptiques.

En dépit des coups significatifs portés par la vengeance des Chètchènes aussi loin au nord qu'à Moscou, secouée périodiquement par des bombardements suicide, le Kremlin est parvenu à prévenir toute intervention extérieure imposée en Chètchènie.

L'approche abstraite des puissances occidentales a laissé les forces terrestres russes et ses alliés chètchènes, pratiquer une politique de terre brûlée y compris la pulvérisation de la capitale Groznyï, ce qui ne manque pas de ressembler à la punition collective infligée par le régime d'Assad dans certains quartiers de Homs, Alep, Idlib et Daraa.

Assad et son frère, le vindicatif Maher ont, sans surprise, utilisé une artillerie russe identique ou similaire à celle utilisée à Groznyï contre la population

Sous Poutine, les Russes et les autorités locales ont supprimé avec succès l'accès de la presse dans la république chètchène, au point ou elle fut largement oubliée par l'Ouest, reléguée au chaos des années 90. Durant la gestion d'ivrogne de Ieltsine en 1994-1996, les journalistes occidentaux passèrent amok et rapportèrent la catastrophe humanitaire librement. Quand Poutine frappa à nouveau les rebelles trois ans plus tard, un de ses soucis principaux fut, après la mauvaise gestion des guerres antérieures, de contrôler l'accès au front des médias à tous les niveaux possibles.

Assad, ayant, au départ le sentiment que les puissances occidentales jouaient contre lui, a laissé deux options à la presse occidentale, fort réminiscente de la partition de Poutine, soit accepter les tours de piste orchestrées par le régime ou risquer la mort en entrant illégalement, avec les bandes erratiques de rebelles, sur son territoire. Poutine et Assad, par leurs tactiques contre insurectionnelles, à la fois anarchiques et brutales obtinrent un résultat similaire. Ils ont miné les commandements des rebelles nationaux et confinés les guerriers islamistes et djihadistes les plus virulents.

Pour éliminer toute évidence visuelle de la démolition de Grosnyi, Moscou s'est lancé dans sa reconstruction à toute vitesse. Mais tandis que le Kremlin y remet la main en sachant qu'il y avait défait l'ensemble de l'insurrection, elle s'est décentralisée, partout, loin, dans toute la région. La Russie s'est attaquée sans répit, avec un effet létal, au nationalisme ethnolinguistique chètchène. Le résultat de cette politique s'incarne dans une insurrection bien plus large qui se donne le nom d'Emirat du Caucase, dirigé par l'ambitieux commandant islamiste appelé "Emir" Doku Umarov. Si le Kremlin a écrasé le rêve d'un état chètchène, il a aussi donné naissance à l'ambition d'un état islamique qui s'étendrait des rives de la Caspienne à celles de la Mer Noire.

En Syrie, aujourd'hui, la rébellion a commencé avec des hommes qui proclamaient leur combat pour une nouvelle Syrie libérée de la dictature bathiste et qui doivent de plus en plus partager le chant de bataille avec des éléments qui prétendent installer un état islamique dans une Syrie traditionnellement pluraliste.

La Russie, après des décades de lutte contre des insurrections islamistes bien financées en Afghanistan et en Chetchènie pense que les faiseurs politiques occidentaux sont naïfs à propos de la dynamique politico-religieuse du monde musulman et que la Russie et l'Occident auront tous deux à faire face l'imprévisibilité des réactionnaires salafistes et djihadistes issus du printemps arabe.

La Russie et la Chine dans leurs empires, essentiellement continentaux, souffrent depuis toujours de périphéries peu sures, constellées de minorités irrédentistes aux mouvements nationalistes récurrents. Ces deux nations n'inclinent en aucune manière à acquiescer aux initiatives d'intervention occidentale, quelle qu'elles soient.

Pour les observateurs, Moscou et Beijing semblent montrer de la solidarité avec leurs pairs en autoritarisme ou craignent simplement la perte d'intérêts économiques établis depuis longtemps, quoi qu'il en soit, ils se voient comme les défenseurs du précepte infaillible de la souveraineté nationale contre la menace perceptible des projets d'intervention international avec un œil sur leurs propres colonies telles la Chètchènie et le Tibet. Préserver le statut quo en Syrie est devenu une de leurs "lignes rouges".

C'est Poutine, le premier gouvernant mondial à avoir téléphoné à George W Bush après les attaques du 9/11/2001 à New York pour manifester ses regrets. Les Russes étaient pressés de donner de la substance à leur intervention contre les séparatistes dans le Caucase, dans la perspective d'une "guerre totale" contre la terreur. Par la suite, les Etats-Unis tempérèrent fortement leurs critiques sur les tactiques brutales de la Russie en Chètchènie en échange de sa coopération avec sa nouvelle guerre globale.

La Russie cherche à interdire toute forme d'intervention militaire, partout, dans son ancienne sphère d'influence, avec actuellement la Syrie comme intérêt principal. La Chine a suivi avec sa position politique de non-intervention en Syrie, indiquant ainsi son anxiété à propos de Taiwan et du Tibet.

Les effets délétères des deux guerres chètchènes se reflètent dans les annonces de ses agences de presse, en Syrie, jusqu'au aujourd'hui, avec des rapports non-vérifiés de la présence de combattants chètchènes sur la ligne de front. Depuis des années, le gouvernement russe propage l'idée des la dangerosité des éléments chètchènes présentés comme les plus dangereux et les plus dispersés des djihadistes transnationaux.


Les généraux pakistanais racontent des histoires de cadavres chètchènes identifiés lors des opérations contre insurrectionnelles au Nord-Waziristan et les Marines américains croient s'être battus contre des nationaux chètchènes dans le gouvernorat d' al-Anbar en Irak, le cliché d'une guerre sans frontières de guerriers chètchènes avides de sang, se répand, maintenant, en Syrie

Ces rapports évitent de mentionner qu'en Syrie, en Irak, en Jordanie et en Turquie, il existe une diaspora Chètchène qui date de l'époque de la conquête tsariste du Caucase qui eut lieu au 19° siècle et poussa les Chètchènes à s'exiler dans l'Empire Ottoman.

Des opérateurs de l'Armée Libre Syrienne sont présents à Antioche, fiers à la fois d'être ethniquement chètchène et de nationalité syrienne, Dans ces régions du Levant, hautement factieuses, ce genre de rencontre n'est pas rare. En dépit des commentaires venus de Syrie du nord, l'archétype de ces djihadistes chètchènes n'auraient pas survécu à son utilité du moment.

Dans la perspective des jeux olympiques d'hiver à Sotchi en 2014, le Kremlin s'évertue, avec de grandes difficultés, à portraiturer la Chètchènie comme un république constituée, stable et revitalisée, dirigée par
Ramzan Kadyrov, l'homme fort de Poutine dans le Caucase, héritier des "bons" chètchènes vantés par le KGB, à l'époque, et par ses successeurs aujourd'hui.

La Russie, littéralement jetée hors d'Irak durant l'invasion anglo-américaine en 2003, avec des pertes financières considérables en termes d'énergie et d'armement, essaie, de se positionner à nouveau en Irak par le biez de sa principale organisation officielle de vente de systèmes d'armement, Rosoboronexport.

Une vente d'armes récente s'élevant à 4,2 milliards de dollars contractée par le gouvernement du Premier Ministre Nouri al-Maliki, est sur la table, ce qui démontre la volonté bien arrêtée, pour Moscou, d'influencer le nouvel ordre arabe. Le 10 novembre, l'agence Reuter rapporte l'histoire de nature très byzantine de la vente Rosoboronexport : le bureau de Maliki postpose sa signature sous des allégations de rétro commissions. En même temps le Ministre de la Défense faisant fonction, Sadoon al-Doulaimi, insiste pour dire que le contrat suit son cours.

Il a déclaré, pendant une conférence de presse, que l'Irak avait besoin de "diversifier ses sources" pour éviter de ne dépendre que d'un seul fournisseur (c. à d. les Etats-Unis) pour miner l'influence, des milices politiques armées, endémique dans le système politique irakien toujours très volatile.

La Syrie est tout à fait dépendante des modèles d'armes hérités de l'Union Soviétique et rien n'indique que Moscou ne continuera pas à en fournir à Damas même éventuellement post Assad comme elle le fait en Irak. Maliki joue sur les deux tableaux entre l'expansionnisme militaire américain au Moyen-Orient et le combat russe pour perpétuer une présence significative dans un monde arabe qui se remet en ordre.

A l'inverse de l'Iran, l'Irak ne peut se tenir entièrement aux cotés d'Assad, parce que Bagdad dépend énormément du complexe militaro-industriel américain. Washington reste le premier fournisseur d'armes de Maliki devant Moscou. Pour la bureaucratie américaine, ces priorités entre humanitarisme idéologique et le froid réalisme militaire entrent éventuellement en collision.

Pendant que le parlement américain stigmatise et sanctionne une entité comme Rosoboronexport parce qu'elle arme les régimes syriens et iraniens. Les prétoriens du Pentagone ne peuvent s'offrirent un tel luxe et ils ont besoin de leurs vieux compères de la guerre froide pour fournir à l'armée de l'air afghane des hélicoptères Mi-17 afin de permettre aux Américains de se dégager. Ce paradoxe très contre productif pose un dilemme embarrassant au Pentagone mais pas au Congrès.

Le système de sécurité actuel, qui date des cendres de la seconde guerre mondiale, montre que le schisme entre le Royaume-Uni, les Etats-Unis, la France et la Russie(suivie par la Chine) reste ce qu'il est. La guerre en Syrie devient aussi intracable que possible, en attendant d'en arriver à une solution très sanglante.

La situation a aussi la possibilité d'évoluer vers une dimension régionale plus problématique encore, en tirant les voisins de la Syrie tels le Liban et la Turquie, tout aussi fragmentés politiquement, jusqu'à la diffusion de l'insurrection et la recréation d'émirats, sur tout le pourtour, jusqu'au Nord Caucase.

Les activistes djihadistes se firent les courroies de transmission de l'argent wahhabite pour combattre les "infidèles" russes dans les années 1990-2000 et ils font la même chose maintenant. La seule différence importante, c'est que les saoudiens, dorénavant, le font ouvertement, avec l'aide de leur appareil d'état et le consensus des services secrets occidentaux.

Avec l'augmentation des violences sectaires et politiques dans le nord du Liban et dans les gouvernorats de la Bekaa, alors que des tirs sont dirigés vers les provinces méridionales de la Turquie couplés à une importante augmentation de l'activité du PKK dans toute la région, ce scénario effrayant se réalise sans doute déjà sous nos yeux.

                                                                                                                                       source

 

17/09/2012

Une guerre ouverte au Moyen-Orient telle qu'elle se profile

Les diplomates américains contemplent avec horreur la perspective d'une frappe unilatérale d’Israël sur l'Iran.

 Dans un rapport daté du 10 septembre, Anthony Cordesman, du Centre pour les Études internationales et Stratégiques de l'Université de Georgetown, prévient, « Si Israël attaque l'Iran, l'instabilité les conflits et le terrorisme, dans la région, ne feront qu'augmenter et les conséquences pour la sécurité régionale seront catastrophiques. »

 Un groupe d'experts « bi-partisan » mené par Brent Scowcroft , ancien conseiller national à la sécurité constate que « Des coûts sérieux pour les intérêts américains se feront sentir à plus long terme avec des conséquences problématiques pour la stabilité politique et économique, régionale et internationale. Une escalade dynamique faite d'actions et de contre-actions pourrait générer des conséquences inattendues qui coûteront très chers et conduiront potentiellement à une guerre générale dans la région.

 S'il est possible d'exposer une pensée contradictoire, considérons la possibilité que cette guerre soit une éventualité favorable aux intérêts américains, qu'une frappe d’Israël réussisse, même de façon limitée, un délai de deux ans, pour l'Iran, dans l'acquisition de l'arme nucléaire, mettait un point d’arrêt au déclin précipité des États-Unis comme super-puissance.

 Sans frappe israélienne, l'Amérique fait face à : un Iran nucléarisé, au glissement continu de l'Irak vers une alliance avec l'Iran. Un régime généralement hostile en Égypte, ou le régime des Frères Musulmans s'appuiera sur des éléments djihadistes afin de divertir le pays de son effondrement économique, une guerre égyptienne pour le pétrole de la Libye et l'eau du Soudan, un régime sunnite radical contrôlant la plupart du territoire syrien faisant face aux Alaouites alliés des iraniens retranchés dans les montagnes de la cote, une prise de contrôle de jure ou de facto de la Jordanie par les Frères Musulmans. A une campagne de subversion contre les monarchies du golfe encouragée par l'Iran et menée par les Chites de la province de l'est et à l'intérieur par les Frères Musulmans. Un Turquie affaiblie qui peut-être imploserait sous l'agitation de ses minorités avec, comme joker, l’émergence des kurdes syriens. Un Afghanistan dominé par les Talibans et le radicalisation des régimes islamiques en Tunisie et en Libye.

 Si cette configuration l'emporte, c'est l'Arabie Saoudite, la perdante et la Russie la gagnante. L’Europe et le Japon ont déjà conclu que les américains avaient déjà abandonnée leur dédication ancienne à la sécurité des approvisionnements en énergie provenant du golfe persique en retirant son soutien à la monarchie saoudienne. Ils ont donc tranquillement changer leurs plans de ravitaillement en se tournant vers la Russie. On ne lit pas ceci dans la presse mais la réorientation vers la Russie est en route, quoi qu'il arrive.

 Pour l'avantage israélien, le scénario devient pire. Les sanctions économiques sont une nuisance pour l'Iran mais ne remettent pas sérieusement en question ses ambitions nucléaires. Quand le Président de la conférence des Chefs d’État-major américains, le Général Martin Dempsey, déclarait, le 30 août dernier qu'il «  ne voulait pas être le complice » d'une frappe israélienne contre l'Iran, il faisait état publiquement ce que le Pentagone signale à l'Iran depuis six mois. Les États-Unis ne veulent aucune part dans cette frappe.

 La remontrance du Pentagone et le refus du Département d' État d'identifier une « ligne rouge » par laquelle l’Iran provoquerait une action militaire américaine, compte pour un feu vert à l'Iran qui lui permet de construire une bombe atomique d'après les analystes israéliens.

 Et si Israël frappait l'Iran ? Du point de vue technique, il va sans dire qu’Israël pourrait endommager sévèrement le programme nucléaire iranien. Comme, Hans Ruhl, analyste militaire allemand très respecté l'écrivait plus tôt cette année : il existe de 25 à 30 installations que l'Iran a, de manière exclusive ou prédominante, consacré au programme nucléaire, six d’entre elles sont de premier rang : l'usine d'enrichissement de Natanz, les ateliers de conversion d' Ispahan, le réacteur à eau lourde d' Arak, les usines d'armement de de munitions à Parchin, l'unité d'enrichissement à Fordow, et le réacteur à eau de Bushehr.

 Les données sur Natanzare sont certaines. La projet est sous surveillance satellite depuis le début et a été observer par des « touristes » israéliens. En ce moment y tournent plus de 10.000 centrifugeuses dont 6.500 en production. La bombe la plus puissante, la GBU-28 (poids 2,3 tonnes), qui a démontré sa capacité à faire un trou dans sept mètres de béton renforcé et dans 30 mètres de terre, suffirait à briser la structure de Natanz. En cas de doute, deux GBU-28s pourraient être utilisées en séquence, La seconde approfondirait le cratère de la première et réaliserait ainsi l'opération.

 Le truc serait de pousser la seconde bombe directement dans le cratère de la première. Si on en croit Cordesman, la probabilité d'un coup direct à l'aide de la technique des bombes intelligentes est de 50%. une demi douzaine de bombes devraient suffire pour chacun des six sites clé, en supposant qu’Israël, après dix ans de planification de l'opération n'aie rien de mieux sous la main, il est raisonnable de conclure que la force aérienne israélienne pourra accomplir la mission.

 Un autre question, plus profonde est : qu'est-ce qui constitue le succès ?

 Quand Israël bombarda les réacteur irakien Osiris en 1981, on s'attendait à un retard de trois ans pour leur programme, le retard fut de dix ans. Mais ce n'était pas le plus important, ce qui le devint ce fut l'effet subséquent sur toute la région. Ce sont ces effets que le Département d’État craint le plus. La vision partagée par les administrations Bush et Obama, à quelques variantes près, d'un Moyen-Orient parsemé de régimes qui leur seraient favorables éclaterait comme une bulle de savon.

 L'Iran essayera probablement de bloquer le détroit d'Ormuz, porte d'un cinquième des livraisons mondiales de pétrole et les États-Unis riposteraient en détruisant, par des voies aériennes, les infrastructures et les capacités militaires conventionnelles de la République Islamique. Cela renforcerait l'humiliation de l'Iran et renforcera son opposition domestique.

 L'influence de l'Iran en Irak et en Syrie diminuera bien que ses tenants verseraient beaucoup de sang entre temps.

 Le Hezbollah lâchera presque certainement son arsenal de missiles sur Israël, infligeant quelques centaines de morts d'après les estimations israéliennes. Israël envahira le sud Liban et ne craindra pas, comme en 2006, une intervention syrienne. Le gouvernement Olmert avait restreint la manœuvre des ses troupes pour cette raison mais l'armée syrienne n'est plus à craindre aujourd'hui.

 Il existe bien sur la possibilité que la Syrie lâchent ses têtes chimiques et biologiques contre Israël mais si le gouvernement passade employait ce moyen, Israël riposterait par un bombardement nucléaire. C'est assez dissuasif. L'influence de l'Iran au Liban se trouverait réduite drastiquement.

 Privé du soutien de son allié iranien, le régime alaouite s'effondrerait et la Syrie deviendrait un condominium turco-saoudien. La boucherie ethnique se trouverait engagée pour un certain temps.

L’Égypte verrait son soutien financier par les états du golfe, supprimé, en punition de son ouverture à l'Iran. Les conséquences domestiques seraient assez laides à voir. Le pays n'a presque plus d'argent. Certains de ses fournisseurs de pétrole ont cessé de l'approvisionner en août et les raffinerie égyptiennes n'ont pas de fonds pour en acheter au gouvernement. Le 12 septembre, Al-Ahram rapporte, qu'en haute Égypte, on souffre actuellement de 30% de manque de diesel. Le journal continue en expliquant qu' à la mi septembre, les égyptiens ont commencé à ressentir une autre crise du diesel, les quantités disponibles sont tellement basses que les queues s'allongent dans les stations. Un manque de liquidités a retardé les payements aux raffineries qui ne peuvent plus acheter du brut nécessaire pour produire le diesel. Le marché quotidien est passé de 40 à 33.000 tonnes.

 L’Égypte pourrait bien devenir un état islamique radical , une Corée du Nord sur le Nil, mais les effets d'une telle dévolution seraient limités, l’Iran neutralisé, l’Égypte cesserait d’être une menace pour l'Arabie Saoudite mais en deviendrait une pour la Libye et le Soudan, voilà qui est bien malheureux mais qu'ont fait le Libye et le Soudan pour nous récemment ?

En l'absence de choix clairs en matière d’intérêts stratégiques de l'Amérique dans la région, Israël se trouverait en position de sauver l'Amérique.

 Sur le long terme, il n'y a aucune raison d’être optimiste à propos du monde musulman qui comprend deux types de pays, ceux qui ne peuvent nourrir leurs enfants, comme l’Égypte et ceux qui ne peuvent cesser d'en avoir comme l'Iran, la Turquie, l'Algérie et la Tunisie. Les nations musulmanes semblent passer directement de l'enfance à la sénescence sans passer par l'age adulte, directement du pré au post modernisme.

 Les turcs ont 1,5 enfants par famille comme les européens peu féconds. Les Kurdes eux, en ont quatre ou  cinq par famille, ce qui rend le remaniement de la carte de Turquie inévitable tôt ou tard. Dans une génération L'Iran se retrouvera avec une pyramide d'age inversée comme les pays industrialisés vieillissants, mais sans la richesse pour la soutenir.

 Il n'y a aucune raison que les pays musulmans s'enfoncent tranquillement dans un déclin irréversible. Une guerre générale au Moyen-Orient ne peut que s'en suivre, faut mieux se faire à l'idée.

source

 

 

 

 

03/09/2012

L'iran prépare sa défense

 

L'Iran,sans surprise, a déclaré sa volonté de riposter à une attaque militaire de l'Ouest ou d' Israël, sur ses installations nucléaires militaires ou civiles. « C'est une réaction à l'égard de ceux qui sont discourtois politiquement pour le peuple iranien en disant que toutes les options sont sur la table. » à déclaré le Général Hossein Salami, d'après l'agence de presse officielle iranienne. D'autres déclarations viennent des Gardes Révolutionnaires durant une démonstration de force. Montrant le lancement réussi d'un missile à moyenne portée dans le désert. Si on en croit le Brigadier Général Amir Ali Hajizadeh, l'Iran ne cédera pas si la République devient la victime du pacte anglo-américano- israélien, fauteur de guerre.sans justification. La puissance militaire iranienne a la capacité de frapper les bases américaines, partout dans le golfe, quelques minutes après avoir subi des attaques. Ces paroles fortes viennent après la propagande continue des occidentaux qui entoure les capacités nucléaires de l'Iran et la militarisation du golfe par les États-Unis qui ont déployé plus d'avions de combat d'unités navales antimines, au cas ou l'Iran déciderait de bloquer le détroit d'Ormuz, en réponse à d'autres sanctions injustes. Le Brigadier Général a déclaré à l'agence de presse Fars «  nous avons réfléchi à des mesures pour neutralises ces bases, elles seront toutes détruites par des missiles, seulement quelques minutes après l'attaque. » 35 bases américaines et des cibles en Israël font déjà partie de notre stratégie. » Cette avertissement accompagnait des manœuvres de trois jours nommées « Grand Prophète 7 » mises au point pour préparer les contre-attaques et pour réitérer les capacités de défense. « Ces bases américaines est à la portée de nos missiles, et les territoires occupés (une référence à Israël) sont, pour nous, aussi, de bonnes cibles.» dit Hajizadeh. La Garde Révolutionnaire a montré des douzaines de missiles pendant l’entraînement, y compris le Shahab-3 et le Sejil. « Le message que porte ces manœuvres signifie la détermination, la volonté et la puissance du peuple iranien à défendre ses intérêts nationaux et ses valeurs essentielles. » continue le Général Salami. Contrairement à d'autres pays du Moyen-Orient faites de tribus guerrières et de factions paramilitaires, l'armée iranienne et les Gardes Révolutionnaires sont des institutions avancées et bien équipées qui pourraient rendre à n'importe quel assaillant la monnaie de sa pièce si la République islamique se trouvait l'objet d'une attaque. On peur supposer que c'est du fait de cette réalité que l'Ouest et Israël n'ont pas déjà lancer une attaque mais se sont contenter de passer les années à utiliser une rhétorique et une propagande qui dépeignent l’Iran comme le prochain ennemi tout en assassinant secrètement des cibles dans le pays et en soutenant les groupes d'opposition et des terroristes. La démonstration de force de l'Iran ne fait que souligner à nouveau l'inconséquence des certains traîneurs de sabre américains et des politiciens israéliens Le point faible de l'Iran, c'est la Syrie qui fait face à une guerre civile violente avec l'Ouest à la rescousse des rebelles de l'opposition et des terroristes. Le conflit pourrait assez facilement se répandre dans la République Islamique comme une guerre de proximité L’Iran augmente aussi ses défenses navales pour répondre aux menaces en cours et a envoyé des navires de guerre apponter en Syrie signifiant ainsi que n'importe quelle attaque de la Syrie par l'Ouest signifierait un la mise en œuvre du conflit

La tension demeure.

 

 

 

23:21 Écrit par walloween dans Politique, Région | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : guerre, iran |  Facebook